Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Société des prêtres du Séminaire de Québec

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Synthèse

En 1663, le vicaire apostolique en Nouvelle-France, François de Laval, fonde à Québec une société de prêtres diocésains, le Séminaire de Québec, pour former les futurs prêtres de la colonie et assurer le service pastoral dans les paroisses liées au Séminaire. Deux ans après sa création, le Séminaire de Québec est rattaché au Séminaire des Missions étrangères de Paris, à la demande de Mgr de Laval. L'objectif principal du Séminaire sera d'évangéliser les Amérindiens et de préserver la foi parmi les colons.

En 1666, Mgr de Laval achète le fief du Sault-au-Matelot, ayant appartenu à Louis Hébert. Le Séminaire s'y établit en 1668. La même année, il ouvre une résidence pour les élèves étudiant au collège des Jésuites, le petit séminaire, également fondé dans le but de franciser les jeunes Amérindiens. À cette époque, afin d'assurer la subsistance de la communauté, les directeurs du Séminaire et leur supérieur Henri de Bernières commencent à acquérir des domaines près de Québec, tels que la châtellenie de Coulonge et la seigneurie Saint-Michel. En 1680, Mgr de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France depuis 1674, leur cède tous ses biens, dont les seigneuries de l'Île-Jésus et de la Côte-de-Beaupré. Grâce à cette donation, le Séminaire de Québec devient le plus important propriétaire terrien de la colonie après les Jésuites.

En 1685, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, second évêque de la colonie, arrive en Nouvelle-France. Ses relations avec le Séminaire se détériorent rapidement. En 1692, Mgr de Saint-Vallier retire au Séminaire le contrôle des paroisses, à l'exception de la cure de Notre-Dame de Québec. Pour pallier cette perte, le Séminaire se tourne vers les missions. Ainsi, à partir de 1698, l'apostolat auprès des Amérindiens s'intensifie, alors que l'on envoie des prêtres au Mississippi et en Acadie.

Le XVIIIe siècle est une période difficile pour le Séminaire. Après avoir été victime de deux incendies en 1701 et en 1705, la communauté demeure très endettée jusqu'aux années 1730. En 1759, lors du siège de Québec, les bâtiments du Séminaire sont lourdement endommagés. Le grand séminaire doit attendre 1762 pour rouvrir ses portes, tandis que le petit séminaire reprend ses activités en 1765. Le mandat des prêtres est alors élargi car ils doivent assurer eux-mêmes l'enseignement du cours classique, dispensé jusque-là par les Jésuites. Le collège des Jésuites est alors réquisitionné par les troupes anglaises. De plus, à la suite du changement de régime, le Séminaire de Québec est coupé de sa maison-mère à Paris. Il redevient ainsi un séminaire diocésain soumis à l'évêque et doit mettre fin à ses oeuvres missionnaires. En 1768, le Séminaire renonce à la cure de Notre-Dame et se consacre désormais à l'éducation de la jeunesse en étendant sa formation aux professions libérales.

Jusqu'en 1840, le Séminaire de Québec est la seule institution responsable de la formation du clergé canadien. L'enseignement prodigué par les prêtres du Séminaire est de bonne qualité, notamment en raison de la contribution de ses supérieurs et de son corps professoral, dont les abbés Jérôme Demers, Jean Holmes et Louis-Jacques Casault. La valeur du Séminaire est consacrée en 1852 lorsque la reine Victoria lui accorde, par la signature d'une charte royale, la permission de fonder l'Université Laval, première université francophone et catholique d'Amérique du Nord. Pendant le XIXe siècle, le Séminaire étend son réseau de collèges classiques à tout le Canada français. La grande majorité des séminaires et collèges seront ensuite inféodés à l'Université Laval. Au XXe siècle, l'institution ne cesse de croître. Les prêtres la cèdent à une corporation laïque en 1970, tout comme le petit séminaire, dont ils se départissent en 1987. Les «Messieurs du Séminaire» auront contribué à la formation d'une partie de l'élite canadienne-française et québécoise. Ils demeurent encore actifs dans la formation des prêtres au grand séminaire.

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Références

Notices bibliographiques :

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