Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

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Fondation du Séminaire de Québec

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Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Événement historique Ministre de la Culture et des Communications 2013-10-10
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Le Séminaire de Québec, une société de prêtres diocésains, est fondé le 26 mars 1663 par Mgr François de Laval, vicaire apostolique de Nouvelle-France et futur premier évêque de Québec. L'ordonnance promulguant la création du Séminaire est émise à Paris et confirmée par le roi Louis XIV dans les semaines suivantes. Le mandement d'érection du Séminaire de Québec, enregistré à Québec le 10 octobre 1663, établit en même temps la dîme au Canada.

À son arrivée à Québec en 1659, Mgr de Laval, chargé d'organiser le clergé canadien, constate que les structures en place sont insuffisantes et qu'une institution permettant de renouveler efficacement le corps ecclésiastique manque à la colonie. Il conçoit alors le projet de fonder une société apostolique qui serait appelée à devenir le foyer de l'Église canadienne naissante. Le 9 octobre 1665, à la demande de Mgr de Laval, le Séminaire de Québec est rattaché au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cette affiliation lui assure des appuis métropolitains de taille et l'amène à adopter le monogramme S.M.E., encore utilisé aujourd'hui.

La fondation du Séminaire de Québec s'inscrit dans l'esprit du Concile de Trente de 1542 qui exige des responsables diocésains qu'ils établissent des lieux d'enseignement destinés à former les membres du clergé. La société de prêtres mise en place par Mgr de Laval diffère sensiblement du modèle métropolitain, entre autres par ses larges attributions. En plus de servir à la formation des prêtres, le Séminaire est conçu par son fondateur pour être au coeur de l'entreprise du clergé séculier sur le territoire canadien, l'ensemble des cures et des dîmes devant s'y rattacher.

Toujours afin de se conformer aux décrets du Concile de Trente, Mgr de Laval souhaite également mettre sur pied une école qui lui permettrait d'accueillir des enfants en bas âge pour amorcer très tôt leur éducation religieuse. Ce projet est mis en branle lorsque Louis XIV demande à ce qu'on accélère les efforts d'évangélisation et de francisation des jeunes Amérindiens. Mgr de Laval jette alors les bases du petit séminaire, en 1668, qui a pour but de convertir les jeunes autochtones à la foi catholique et d'héberger les garçons étudiant aux collèges des Jésuites. Bien que les tentatives de conversion des Amérindiens n'aient pas connu le succès escompté, le petit séminaire continuera de servir de lieu d'enseignement pour les enfants se préparant à entrer au grand séminaire, dédié à la formation des prêtres.

Le projet initial de Mgr de Laval entre toutefois en conflit avec les visées de la France. Dans le but de tendre vers une uniformisation de l'Église canadienne avec celle de la métropole, le souverain décrète, en 1678, que les dîmes ne seront plus affectées au Séminaire et que celui-ci ne pourra plus révoquer les cures à volonté. Les réformes mises de l'avant en 1692 par Mgr de Saint-Vallier, successeur de Mgr de Laval, achèvent de circonscrire le projet du fondateur en retirant au Séminaire le contrôle des paroisses, à la seule exception de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec qui demeurera sous la gouverne du Séminaire jusqu'en 1768. À partir de 1692, le Séminaire de Québec se voue essentiellement à l'enseignement et à la formation du clergé.

À l'origine de la création du réseau des collèges classiques qui s'est étendu au Canada français et de la fondation de l'Université Laval en 1852, le Séminaire de Québec est une société de prêtres qui a traversé les siècles et poursuit encore de nos jours sa mission éducative. En plus d'oeuvrer à l'enseignement, le Séminaire se positionne dès le XVIIe siècle en tant que grand propriétaire foncier, notamment par l'administration des seigneuries de la Côte-de-Beaupré, de Beauport, de l'Île-d'Orléans, de l'Île-Jésus ainsi que des fiefs de l'Île-aux-Coudres et du Sault-au-Matelot. Il contribue ainsi au développement de diverses régions du Québec.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BAILLARGEON, Noël. « 325 ans d'histoire: le Séminaire de Québec (1663-1988) ». Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec. Vol. 4, no 1 (1988), p. 13-16.
  • BAILLARGEON, Noël. « Aux origines d'une institution ». Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec (1993), p. 6-9.
  • BAILLARGEON, Noël. « Le Séminaire de Québec et les cures sous l'épiscopat de Mgr de Laval ». Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec (1993), p. 22-25.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec sous l'épiscopat de Mgr de Laval. Université Laval, 1969. 743 p.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec sous l'épiscopat de Mgr de Laval (1663-1688). Université Laval, 1969. 743 p.
  • PROVOST, Honorius. « La fondation du Séminaire de Québec ». Rapports annuels de la Société historique du Canada. Vol. 42, no 1 (1963), p. 19-30.
  • PROVOST, Honorius. « Les Séminaires des Missions-Étrangères de Paris et de Québec ». Les Séminaires des Missions-Étrangères de Paris et de Québec. Vol. 38 (1971), p. 1-16.

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