Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Séminaire de Québec

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • École d'architecture de l'Université Laval

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1675 – 1678 (Construction)
  • 1678 – 1681 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Collèges classiques)
  • Services et institutions (Collèges, séminaires et universités)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (5)

Événements associés (3)

Groupes associés (1)

Personnes associées (10)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

Le séminaire de Québec est un ensemble institutionnel dont les éléments les plus anciens remontent au Régime français. L'ensemble est formé d'ailes disposées en quadrilatère autour d'une cour intérieure. De plan allongé, ces édifices en pierre de quatre à six étages sont coiffés de toits à deux versants droits. Le séminaire de Québec est situé dans un noyau institutionnel, à proximité de l'hôtel de ville et de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à trois pavillons, soit l'aile de la Procure, l'aile (de la chapelle) de la Congrégation et l'aile des Parloirs (et des Salles). Un important site archéologique est associé à l'ensemble. Le séminaire de Québec est compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1968-07-30
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1929-01-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

Le séminaire de Québec présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et emblématique. L'institution se compose du grand et du petit séminaire. Fondé en 1663 par François de Laval (1623-1708), qui deviendra le premier évêque de la Nouvelle-France en 1674, le grand séminaire est, au moment de sa création, le foyer de l'Église canadienne naissante. Il est chargé de former le clergé diocésain, d'évangéliser les autochtones et d'administrer les paroisses de la nouvelle colonie. En 1668, François de Laval crée aussi le petit séminaire, qui a pour but de convertir les jeunes Amérindiens et d'instruire les garçons se destinant à la vie religieuse. À la suite de la Conquête britannique (1760), la vocation du petit séminaire s'élargit. Il devient le principal établissement d'éducation générale et poursuit l'enseignement du cours classique qui était dispensé auparavant par les Jésuites, cette communauté s'étant vu interdire tout recrutement à la Conquête. Le séminaire sert alors de modèle au vaste réseau des collèges classiques qui s'étend au Canada français. Il est aussi le lieu d'action de professeurs émérites, tels les abbés Jérôme Demers (1774-1853) et Jean Holmes (1799-1852), et de plusieurs sociétés savantes qui contribuent au rayonnement de la culture française. Le séminaire est enfin le lieu de fondation et l'emplacement originel de l'Université Laval (1852), première université de langue française en Amérique. Le séminaire de Québec est donc aujourd'hui considéré comme un symbole de l'Amérique française, en raison de son apport à la vie religieuse, intellectuelle et sociale et de sa contribution à la formation de l'élite canadienne-française et québécoise.

Le séminaire de Québec présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'ensemble, qui est le résultat de sept périodes de construction étalées entre 1675 et 1868, constitue l'un des plus anciens de la ville de Québec. Le plan est fortement inspiré par celui des collèges et couvents français du XVIIe siècle, comme en témoignent les longs pavillons peu profonds disposés autour d'une cour intérieure, à laquelle donne accès une porte cochère. Les bâtiments eux-mêmes sont représentatifs de l'architecture urbaine d'inspiration française par les murs en moellons, le crépi blanc, les fenêtres à battants à petits carreaux, les toits de forte pente et les cheminées massives intégrées dans les murs coupe-feu. Au fil des reconstructions, de nouveaux apports architecturaux et stylistiques sont intégrés. Parmi ceux-ci, se trouvent l'ornementation néoclassique des portes, les fenêtres palladiennes et le raccordement des toits des ailes de la Procure et des Parloirs de manière à masquer leur dénivellation. Ce raccordement, effectué par l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), utilise des lucarnes engagées afin de ne pas briser la ligne continue des avant-toits. L'intérieur remarquable comprend notamment deux chapelles, celle de la Congrégation (de la Sainte-Vierge), dessinée et ornée par l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), et celle de Mgr Briand, construite par le menuisier Pierre Émond (1738-1808) et considérée comme un joyau de l'institution. Des premiers bâtiments du séminaire, les caves voûtées et la cuisine de Mgr de Laval subsistent encore de nos jours.

Le séminaire de Québec présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Depuis 1970, les fouilles qui ont été réalisées sur le terrain, et plus particulièrement dans la cour intérieure, ont révélé une occupation amérindienne et euroquébécoise. Le site archéologique comprend notamment des sépultures, des traces du siège de Québec (1759) et les vestiges de la première ferme de la Nouvelle-France, celle de Louis Hébert (1575-1627) et de son gendre Guillaume Couillard de Lespinay (vers 1591-1663).

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du séminaire de Québec liés à ses valeurs historique, emblématique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation dans le site patrimonial du Vieux-Québec, au coeur de son noyau institutionnel;
- la proximité des bâtiments plus récents du séminaire, de l'hôtel de ville et de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec;
- l'élévation de quatre à six étages des pavillons;
- ses caractéristiques inspirées des collèges et couvents français du XVIIe siècle, dont la disposition des pavillons en quadrilatère autour d'une cour intérieure, la porte cochère de l'aile de la Congrégation, le plan rectangulaire long et peu profond des bâtiments, le cadran solaire et le clocheton de l'aile de la Procure;
- ses caractéristiques rattachées à l'architecture urbaine d'inspiration française, dont la maçonnerie de moellons, le crépi blanc, les esses, les toits à deux versants droits couverts de tôle à la canadienne et les cheminées massives intégrées aux murs coupe-feu;
- ses apports architecturaux et stylistiques du XIXe siècle, dont les quelques fenêtres palladiennes formées d'une baie centrale au sommet cintré et de baies latérales rectangulaires, les lucarnes engagées de l'aile de la Procure et le portail à fronton de l'aile de la Congrégation;
- ses ouvertures, dont leur disposition régulière, les fenêtres à battants à petits carreaux, les soupiraux, les portes à double vantail et à imposte cintrée donnant sur la cour intérieure, la porte arrière à double vantail et à imposte cintrée de l'aile de la Procure (ornée de pilastres ioniques, d'un entablement, d'un fronton interrompu et d'une statue), les chambranles en pierre de taille et les perrons;
- la porte cochère de l'aile de la Congrégation ornée d'un fronton brisé, d'un oculus, de pilastres et du monogramme SME (séminaire des Missions étrangères);
- le mur de l'aile de la Procure et son lambris de cèdre;
- ses caractéristiques intérieures, dont l'escalier Saint-Joseph datant de la fin du XVIIe siècle, le dallage, la chapelle de Mgr Briand (retable, lambris et boiseries sculptées), la chapelle de la Congrégation (tabernacle, retable et colonnes ioniques), les caves voûtées et l'ancienne cuisine de Mgr de Laval dans l'aile de la Procure;
- les traces d'une occupation amérindienne et euroquébécoise;
- les vestiges de la maison de Guillaume Couillard, les sépultures et les traces du siège de Québec (1759).

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Informations historiques

Le séminaire de Québec, une société de prêtres séculiers découlant du séminaire des Missions étrangères de Paris, est fondé en 1663 par François de Laval (1623-1708), qui deviendra le premier évêque de la Nouvelle-France en 1674. Foyer de l'Église canadienne naissante, le séminaire est chargé de former le clergé diocésain, d'évangéliser les autochtones et d'administrer les paroisses de la nouvelle colonie. En 1668, François de Laval créé aussi le petit séminaire, qui a pour but de convertir les jeunes Amérindiens et d'instruire les garçons se destinant à la vie religieuse.

Les édifices du séminaire de Québec sont le résultat de sept périodes de construction. La première remonte à 1675, alors que Mgr de Laval revient de France avec une quinzaine d'artisans pour travailler à l'érection du petit (1675-1677) et du grand séminaire (1678-1681). Ils sont situés dans le fief du Sault-au-Matelot, accordé en 1622 à Louis Hébert (1575-1627), apothicaire, premier officier de justice en Nouvelle-France et premier colon canadien à tirer sa subsistance du sol. Cette terre est vendue à Mgr de Laval en 1666 par sa fille Guillemette (vers 1606-1684), veuve de Guillaume Couillard de Lespinay (vers 1591-1663), charpentier, matelot et calfat.

Les bâtiments du séminaire sont lourdement abîmés par deux incendies en 1701 et en 1705, qui ne laissent que les fondations et les murs de pierre. Ils sont reconstruits et de nouveau endommagés pendant le siège de Québec, en 1759. À la suite de la Conquête britannique (1760), l'ensemble est restauré. Le grand séminaire est rouvert en 1762 et le petit séminaire en 1765. La vocation de ce dernier s'élargit. Il devient le principal établissement d'éducation générale et poursuit l'enseignement du cours classique auparavant dispensé par les Jésuites.

En 1772, un nouvel incendie endommage les bâtiments du séminaire, qui sont encore une fois rénovés. En 1784 et 1785, Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794), septième évêque de Québec, fait construire à ses frais, par le menuisier Pierre Émond (1738-1808), une chapelle dans l'aile de la Procure. En 1822, l'aile des Parloirs est élargie et l'aile de la Congrégation est reconstruite. Dans cette dernière, la chapelle de la Congrégation (de la Sainte-Vierge) est dessinée et ornée par l'architecte Thomas Baillairgé de 1824 à 1826. En 1827 et 1828, le grand séminaire est doté d'une aile neuve qui sera lourdement endommagée par un incendie en 1865. Les travaux de réfection sont réalisés selon les plans de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), qui fait aussi construire une chapelle (chapelle du Musée de l'Amérique française) entre 1889 et 1900. Le séminaire prend alors son aspect actuel.

Pendant le XIXe siècle, le séminaire de Québec étend le réseau des collèges classiques à tout le Canada français. C'est le lieu d'action de professeurs émérites, tels les abbés Jérôme Demers (1774-1853) et Jean Holmes (1799-1852), ainsi que le foyer de plusieurs sociétés savantes qui contribuent au rayonnement de la culture française. La fondation de l'Université Laval, première université francophone en Amérique, s'inscrit dans l'oeuvre du séminaire. L'institution, qui contribuait déjà considérablement à la vie religieuse et intellectuelle de la collectivité, participera désormais à la formation de l'élite canadienne-française et québécoise.

À la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, de nouveaux bâtiments sont construits pour loger des classes et un nouveau grand séminaire. Dans les années 1960, l'Université Laval quitte le Quartier latin pour un nouveau campus, en banlieue. Le séminaire veille à son développement jusqu'en 1970. Quant au petit séminaire, il devient une institution privée vouée à l'enseignement secondaire et collégial.

Le séminaire de Québec est classé en 1968. Depuis 1987, les bâtiments sont loués à l'École d'architecture de l'Université Laval, qui revient ainsi à son lieu d'origine.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 1, rue des Remparts

Latitude :

46° 48' 53.133"

Longitude :

-71° 12' 19.407"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 130 Ptie
  • Lot 1 213 474
  • Lot 1 213 475
  • Lot 1 314 552
  • Lot 1 314 554
  • Lot 1 314 556
  • Lot 1 315 077

Code Borden

CeEt-32      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec de 1685 à 1760. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1977. 459 p.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec de 1760 à 1800. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1981. 297 p.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec de 1800 à 1850. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1994. 410 p.
  • BAILLARGEON, Noël. Le Séminaire de Québec sous l'épiscopat de Mgr. de Laval. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1972. 312 p.
  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • CAMERON, Christina et Nive VOISINE. « Séminaire de Québec ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • Cap-aux-Diamants, numéro spécial «Foi et culture feray valoir». Le petit séminaire de Québec. Vol. Hors série (1993).
  • Cap-aux-Diamants, numéro spécial « François de Laval : premier évêque de Québec ». Vol. Hors série (1993).
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec. Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec [En Ligne]. http://www.patrimoine-religieux.com/
  • COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2001. 457 p.
  • DUBOIS, Martin, dir. Recyclage architectural à Québec: 60 réalisations créatives. Sainte-Foy (Québec), Les Publications du Québec, 2004. 159 p.
  • Groupe de recherches en histoire du Québec Inc. Étude d'ensemble : sous-secteur Hôtel-de-Ville. Synthèse. Québec, Ville de Québec, 1998. 262 p.
  • Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • LEBEL, Jean-Marie. Le Vieux-Québec: guide du promeneur. Sillery, Septentrion, 1997. 338 p.
  • Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
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  • s.a. « Séminaire de Québec ». Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec. Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.com/patrimoine_fr.asp?no=19077
  • THIBAULT, Marie-Thérèse. Monuments et sites historiques du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 250 p.
  • VACHON, André. « Séminaire de Québec ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 167-179.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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