Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Chapelle Bonsecours
  • Chapelle des marins
  • Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1771 – 1773 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Patrimoine mobilier associé (4)

Événements associés (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (12)

Carte

Description

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1771 à 1773 et modifié à la fin du XIXe siècle. Le bâtiment en pierre présente un plan formé d'une nef rectangulaire et d'un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits couvert de tôle. Sa façade est dotée d'une saillie centrale évoquant une tour, terminée par un clocher octogonal surmonté d'une flèche et d'une croix. Un porche percé d'un portail cintré et doté d'un fronton triangulaire est construit contre cette saillie centrale. Deux tourelles couronnées d'un clocheton encadrent la façade percée de fenêtres cintrées et d'oculus. Une chapelle aérienne polygonale surmontée d'un dôme s'élève sur le faîte arrière. L'église est érigée en bordure immédiate de la voie publique, à l'intersection des rues Saint-Paul Est et Bonsecours, à proximité du fleuve, dans l'arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Trois biens mobiliers conservés dans l'église sont classés objets patrimoniaux. Le lieu de culte s'élève sur le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours, classé site patrimonial. Il se trouve également dans le périmètre du site patrimonial de Montréal.

Plan au sol :

Rectangulaire avec abside en hémicycle ou à pans coupés

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois, ossature en bois
  • Maçonnerie en pierre
  • Métal

Saillies :

  • Avant-corps
  • Baie en saillie
  • Belvédère
  • Campanile
  • Clocher
  • Clocheton
  • Dôme
  • Encorbellement
  • Mât
  • Oriel
  • Porche
  • Tour
  • Tourelle
  • Véranda

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Taillée, À bossages)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Autres façades : Métal (Tôle en plaque), Bois (Planche verticale)
  • Façade gauche : Pierre (Taillée, À bossages, Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : À l'impériale
    Matériau : Cuivre en plaques
  • Forme : Dôme
    Matériau : Cuivre en plaques

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif et vitrage, à imposte
  • bois, à panneaux, à imposte
  • métallique, à imposte
  • métallique
  • métallique

Fenêtre(s) :

  • carrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, À guillotine, à carreaux
  • cintrée, Fixe
  • cintrée, Fixe
  • cintrée, Fixe
  • circulaire, Oculus
  • circulaire, Oculus
  • Demi-circulaire, Fixe
  • palladienne, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, Composée

Éléments architecturaux :

  • Acrotère
  • Aisseliers
  • Amortissement
  • Arc
  • Balustrade en bois
  • Cartouche
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Clé
  • Corniche moulurée
  • Embase
  • Entablement
  • Épi
  • Fer ornemental
  • Fronton
  • Niche
  • Pilastre
  • Portail
  • Tympan
  • Vitrail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2014-11-10
Prise d'effet : 2013-11-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2013-11-14
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours présente un intérêt pour sa valeur historique. Dès 1655, Marguerite Bourgeoys (1620-1700) émet le souhait de dédier à la Vierge une chapelle de pèlerinage près du fort de Ville-Marie. En 1670, un petit lieu de culte en bois est érigé à cette fin. Ce bâtiment est remplacé par une chapelle en pierre en 1675. Les coûts sont assumés principalement par la congrégation de Notre-Dame de Montréal, la communauté religieuse fondée par Marguerite Bourgeoys. Les Sulpiciens, seigneurs de l'île, contribuent aussi à la réalisation du projet. En 1678, la chapelle est annexée à la paroisse Notre-Dame, mais la congrégation en demeure responsable. Un incendie détruit complètement le bâtiment en 1754. Les Sulpiciens décident, en 1771, de reconstruire la chapelle. Des souscriptions sont organisées pour financer le projet, auquel contribue également la congrégation de Notre-Dame de Montréal, malgré des ressources financières limitées. L'histoire de la chapelle est donc étroitement liée à celles de deux communautés religieuses implantées à Montréal au XVIIe siècle. Il s'agit en outre d'un des plus anciens lieux de culte subsistant sur l'île.

La chapelle présente aussi un intérêt pour sa valeur ethnologique. Dès l'origine, la chapelle est un lieu de pèlerinage. Cette fonction spirituelle connaît un renouveau au milieu du XIXe siècle. En 1847, une épidémie de typhus tue des milliers de personnes au Québec. Mgr Ignace Bourget (1799-1885) sollicite l'intercession de la Vierge pour mettre fin à l'épidémie et s'engage à rétablir le pèlerinage à la chapelle si son voeu est exaucé. Cette année-là, il met en oeuvre différents moyens pour encourager cette pratique. Le pèlerinage à Notre-Dame-de-Bon-Secours est pratiqué notamment par les marins. À leur retour d'Italie en 1870, les zouaves pontificaux canadiens se rendent à la chapelle pour remercier la Vierge de les avoir protégés lors d'une tempête durant la traversée. Ce pèlerinage des zouaves en septembre est maintenu jusqu'au début du XXIe siècle. La chapelle témoigne donc d'une pratique religieuse ancienne.

La chapelle présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Elle témoigne de l'évolution de l'architecture religieuse du XVIIIe siècle jusqu'au tournant du XXe siècle. La chapelle est érigée de 1771 à 1773 selon un modèle traditionnel du Régime français. Elle présente un plan simple composé d'une nef rectangulaire, d'un choeur polygonal et d'un toit à deux versants droits surmonté d'un clocher à deux lanternes. La façade comporte un portail d'inspiration classique. À la fin du XIXe siècle, l'église est mise au goût du jour selon les plans de Maurice Perrault (1857-1909) et d'Albert Mesnard (1847-1909). Une nouvelle façade monumentale est plaquée contre l'ancienne. Une chapelle aérienne richement ornée est construite au-dessus du choeur, créant une seconde façade orientée vers le fleuve. Cette disposition est unique dans l'architecture religieuse québécoise. La chapelle témoigne donc des moyens originaux utilisés pour adapter des bâtiments anciens aux styles en vogue.

La chapelle présente en outre un intérêt pour sa valeur artistique. Vers 1886, le peintre François-Édouard Meloche (1855-1914) peint un décor en trompe-l'oeil et en grisaille pour remplacer le décor sculpté exécuté en 1823. L'oeuvre de Meloche comporte, entre autres, huit tableaux représentant des scènes de la vie de la Vierge. Plusieurs de ces tableaux sont inspirés de la Bible illustrée par le peintre allemand Julius Schnorr von Carolsfeld (1794-1872). Dès 1908, un autre décor peint, plus clair, réalisé par Delphis-Adolphe Beaulieu (1849-1928), remplace celui de Meloche, néanmoins conservé sous la toile marouflée. Le décor de Meloche est redécouvert et restauré au cours des années 1990. La chapelle rappelle la popularité des décors peints en grisaille à la fin du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours liés à ses valeurs historique, ethnologique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- son implantation en bordure immédiate de la voie publique, à l'intersection des rues Saint-Paul Est et de Bonsecours, à proximité du fleuve Saint-Laurent, dans le quartier historique du Vieux-Montréal;
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire et d'un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés, ainsi que le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont les murs en moellons équarris, en pierre à bossage et en pierre de taille lisse, la couverture en tôle et en cuivre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en métal, en bois ou en pierre;
- les composantes de la façade, dont la saillie centrale évoquant une tour-clocher (percée d'une fenêtre cintrée inscrite en retrait d'un arc cintré encadré de pilastres et ornée d'un entablement et d'un fronton triangulaire), le clocher (composé d'une base carrée, d'un tambour et d'une chambre des cloches de forme polygonale ainsi que d'une flèche surmontée d'une croix), les tourelles latérales à deux niveaux (surmontées de clochetons de plan carré coiffés d'une flèche et d'une croix), le porche central (doté d'un portail cintré composé d'une porte à double vantail et d'un tympan cintré ainsi que d'un fronton surmonté d'une statue dorée de la Vierge à l'Enfant), les fenêtres cintrées et les oculus;
- les composantes des longs pans, dont les fenêtres cintrées disposées régulièrement et les chambranles en pierre de taille;
- la chapelle aérienne et les éléments surmontant la partie arrière du toit, dont la base à pans coupés, les deux niveaux de plan octogonal surmontés d'un dôme et de la statue L'Étoile de la mer, les clochetons latéraux de plan carré, les fenêtres cintrées (certaines groupées par trois), les ouvertures rectangulaires, l'oculus présentant le « A » et le « M » imbriqués de l'Ave Maria, les corniches, les pilastres, la balustrade et les statues d'anges;
- les éléments fixes intégrés au décor intérieur, dont le retable, le maître-autel en marbre blanc, les autels latéraux en marbre comportant les tombeaux commémoratifs de Marguerite Bourgeoys et de Jeanne Le Ber, les vitraux colorés réalisés par Delphis-Adolphe Beaulieu, les mosaïques produites par l'artiste Giocondo Vorano, les marbres gris couvrant les murs de la nef ainsi que la balustrade de marbre avec portes de bronze signées T. Carli;
- le décor peint directement sur les lattes de bois de la voûte par François-Édouard Meloche, dont les huit tableaux en grisaille représentant des scènes de la vie de la Vierge (la naissance de Marie, la présentation de Marie au temple, les fiançailles de Marie et Joseph, l'Annonciation, la Visitation, la naissance de Jésus, la présentation de Jésus au temple, la vie de la Sainte Famille à Nazareth), le tableau principal représentant le couronnement de la Vierge ainsi que la décoration en trompe-l'oeil dans les tons de rose, de turquoise et de gris rehaussés d'or;
- la tribune et l'orgue de la maison Casavant datant de 1910 (opus 401).

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Informations historiques

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est le troisième lieu de culte érigé sur le site depuis le XVIIe siècle. Dès 1655, Marguerite Bourgeoys (1620-1700) évoque son souhait de dédier une chapelle de pèlerinage à la Vierge, près du fort. En 1670, un petit lieu de culte en bois est enfin érigé à cette fin. Il est remplacé en 1675 par une chapelle en pierre. Les coûts de construction sont assumés par la congrégation de Notre-Dame de Montréal et par les Sulpiciens, seigneurs de l'île depuis 1663. La chapelle est annexée en 1678 à la paroisse dirigée par les Sulpiciens, mais la congrégation de Notre-Dame de Montréal en demeure responsable.

La chapelle est complètement détruite par un incendie en 1754. La reconstruction du lieu de culte ne constitue pas une priorité pour le clergé catholique, qui doit composer avec un contexte économique et social difficile.

En 1771, les Sulpiciens, la fabrique de Notre-Dame de Montréal et les paroissiens décident de reconstruire la chapelle. Des souscriptions sont organisées pour financer le projet, auquel contribue également la congrégation de Notre-Dame de Montréal, malgré des ressources financières limitées. Les travaux sont confiés au maçon Joseph Morin et au charpentier Pierre Raza dit Rangeard (né en 1722). La façade de la chapelle reprend un modèle répandu au cours du Régime français. Un premier décor est effectué en 1823 par le sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876).

La communauté catholique anglophone montréalaise, majoritairement d'origine irlandaise, croît rapidement au XIXe siècle. Elle fréquente la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, desservie par des prêtres irlandais de 1815 à 1846, jusqu'à la construction de l'église de Saint-Patrick.

En 1847, une épidémie de typhus tue des milliers de personnes au Québec, dont un grand nombre à Montréal. Mgr Ignace Bourget (1799-1885) sollicite l'intercession de la Vierge pour mettre fin à l'épidémie et s'engage à rétablir le pèlerinage. Ses prières ayant été exaucées, il met en oeuvre différents moyens pour encourager cette pratique. La dévotion et le pèlerinage à Notre-Dame-de-Bon-Secours deviennent populaires parmi les marins. À leur retour d'Italie en 1870, les zouaves pontificaux canadiens traversent une violente tempête et implorent la protection de Notre-Dame de Bon-Secours. Rentrés sains et saufs, ils se rendent en pèlerinage à la chapelle. Leur association maintient son pèlerinage annuel jusqu'au tournant du XXIe siècle.

L'emplacement de la chapelle, tout près du port, est très convoité dans les dernières décennies du XIXe siècle. Afin de préserver la chapelle centenaire menacée de démolition, celle-ci est mise au goût du jour selon les plans des architectes Maurice Perrault (1857-1909) et Albert Mesnard (1847-1909). Les travaux sont amorcés en 1885. Une nouvelle façade, beaucoup plus imposante que l'ancienne, est érigée contre celle-ci. Le peintre François-Édouard Meloche (1855-1914) peint un décor en trompe-l'oeil et en grisaille. Il conçoit aussi, en 1892, le campanile de la chapelle aérienne consacrée à la Sainte Famille, orné notamment d'une imposante statue de la Vierge exécutée par Philippe Banlier dit Laperle (1860-1934).

Dès le début du XXe siècle, le décor de Meloche est vivement critiqué. En 1908, l'artiste décorateur Delphis-Adolphe Beaulieu (1849-1928) obtient le mandat de refaire un décor intérieur plus clair et plus sobre.

Au cours des années 1950, des modifications importantes sont apportées au clocher en façade et au campanile. L'aménagement intérieur est aussi modifié, entre autres, par l'élargissement de l'allée centrale et le remplacement des bancs et des confessionnaux.

En 1994, le décor de Meloche qu'on croyait disparu est redécouvert et remis en valeur.

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est classée en 2014, en même temps que trois biens mobiliers qui lui sont associés, le site archéologique sur lequel elle s'élève et la collection d'objets issus de ce site.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • rue de la Commune Est
  • 400, rue Saint-Paul Est

Localisation informelle :

Située au coin des rue Saint-Paul Est et de la Commune Est.

Latitude :

  • 45° 30' 35.6"

Longitude :

  • -73° 33' 5.6"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 822 601

Code Borden

BjFj-96      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • LELEU, Joseph Mary. Histoire de Notre-Dame de Bon-Secours à Montréal. Montréal, Cadieux et Derome, 1900. 153 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 2. Montréal, Les Éditions La Presse, 1988. 421 p.
  • POTHIER, Louise et Patricia SIMPSON. Notre-Dame-de-Bon-Secours - Une chapelle et son quartier. Montréal, Fides, 2001. 151 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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