Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Statue (Notre-Dame de Bon-Secours)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Variante(s) du titre :

  • Vierge des marins
  • Vierge des navigateurs

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1848 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Événements associés (1)

Personnes associées (2)

Images

Description

La statue de Notre-Dame de Bon-Secours, parfois aussi nommée Vierge des marins ou Vierge des navigateurs, est une sculpture en ronde bosse en bois produite en 1848 et destinée à surmonter le faîte de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. D'une hauteur d'environ 170 cm, cette statue représente la Vierge. Le personnage féminin est debout, en contrapposto, et les bras sont légèrement écartés du corps. Sa tenue est constituée d'une tunique, d'une ceinture placée sous la poitrine et d'un ample manteau aux larges plis. Les pieds sont chaussés de sandales et posés sur une base rectangulaire.

Ce bien est classé objet patrimonial.

Dimensions :

  • Hauteur : 1,7 mètre(s)

Matériaux :

  • Bois

Technique de fabrication :

  • Sculpté

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2014-11-10
Prise d'effet : 2013-11-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2013-11-14
 

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Valeur patrimoniale

La statue de Notre-Dame de Bon-Secours présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Sa réalisation découle d'un événement ayant fortement marqué l'histoire de Montréal et du Québec, soit l'épidémie de typhus de 1847. Poussés par des conditions de vie très précaires et la famine, un grand nombre d'Irlandais émigrent en Amérique du Nord à la fin des années 1840. En 1847, plus de 100 000 d'entre eux s'entassent sur des navires à destination du Canada. Ce milieu surpeuplé et insalubre favorise le développement du typhus, une maladie parasitaire infectieuse. Malgré la période de quarantaine imposée aux immigrants à leur arrivée, la maladie se propage sur le territoire d'accueil et fait des milliers de morts, entre autres à Montréal. Mgr Ignace Bourget (1799-1885) sollicite l'intercession de la Vierge pour mettre fin à l'épidémie et s'engage à rétablir le pèlerinage à la chapelle si son voeu se réalise. Lorsque l'épidémie se résorbe, il met en oeuvre différents moyens pour encourager cette pratique. Il publie notamment une lettre pastorale en faveur de cette dévotion et organise des événements solennels, tels que le couronnement d'une statue de la Vierge, pour stimuler la ferveur religieuse. Il commande aussi une sculpture représentant Notre-Dame de Bon-Secours qu'il souhaite placer sur le faîte à l'arrière de la chapelle, tournée vers le fleuve. Cette oeuvre est hissée sur le toit le 30 octobre 1848 et elle y demeure jusque vers 1892, alors que les travaux de construction du campanile sont entrepris. Elle est depuis conservée dans le lieu de culte.

La statue présente également un intérêt pour sa valeur ethnologique. Elle témoigne d'une dévotion particulière des marins à la Vierge Marie. Le nom de « Maris Stella », ou « Étoile de la mer », est attribué à la Vierge depuis au moins le IXe siècle. Les marins et les pêcheurs en font leur sainte patronne. Ils l'évoquent souvent sous les noms de Notre-Dame de Bon-Secours, Notre-Dame de la Garde ou Notre-Dame de la Recouvrance pour se protéger des périls de la navigation. La statue de Notre-Dame de Bon-Secours est étroitement liée à cette dévotion particulière. Le 6 octobre 1848, son dévoilement public donne lieu à une démonstration religieuse de grande envergure. Sous les chants de la foule et au son des cloches de la ville, un cortège de navires accompagne la statue placée sur le Jacques-Cartier puis sur le Saint-Louis dans une traversée du fleuve. Elle est ensuite transportée dans la chapelle par six capitaines et des marins des différents vaisseaux ayant participé au cortège. Par la suite, l'endroit demeure un lieu de pèlerinage fréquenté par les voyageurs. À leur retour d'Italie en 1870, les zouaves pontificaux canadiens traversent une violente tempête et implorent la protection de la Vierge. Rentrés sains et saufs, ils se rendent en pèlerinage à la chapelle. Leur association maintient ce pèlerinage annuel jusqu'au tournant du XXIe siècle. La statue de Notre-Dame de Bon-Secours évoque donc la pratique d'un pèlerinage lié à cette dévotion particulière.

La statue présente aussi un intérêt pour sa valeur artistique reposant sur son association avec le sculpteur Charles-Olivier Dauphin (1807-1874). Né à Montréal, Dauphin fait son apprentissage auprès d'Urbain Desrochers (1781-1860), maître sculpteur de Pointe-aux-Trembles. Les débuts de sa carrière indépendante sont peu connus. En 1848, il établit son atelier rue Saint-Denis, à Montréal, et il y demeure jusqu'à son décès. À la fois statuaire et ornemaniste, il produit des oeuvres en bois et en plâtre tant pour les marchés religieux que profanes. Bien qu'il ait reçu une formation artisanale, il est estimé des artistes académiques, dont Napoléon Bourassa (1827-1916) et Louis-Philippe Hébert (1850-1917). La statue de Notre-Dame de Bon-Secours est l'oeuvre qui fait connaître l'artiste du public et lance ainsi véritablement sa carrière.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la statue de Notre-Dame de Bon-Secours liés à ses valeurs historique, artistique et ethnologique comprennent, notamment :
- son volume, dont la hauteur d'environ 170 cm et la base rectangulaire;
- les matériaux, dont le bois;
- la position du personnage féminin se tenant debout en contrapposto, les bras écartés du corps, la tête légèrement tournée vers la droite et le regard dirigé vers le bas;
- la tenue vestimentaire constituée d'une tunique retenue par une ceinture sous la poitrine, d'un manteau ample et de sandales;
- la représentation réaliste de la physionomie et des drapés de la tunique et du manteau.

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Informations historiques

La statue de Notre-Dame de Bon-Secours a été conçue pour être placée sur le faîte du toit arrière de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Les origines de ce lieu de culte remontent à 1670, alors que Marguerite Bourgeoys (1620-1700) fait construire la première chapelle de pèlerinage. Le bâtiment est reconstruit en 1675, puis en 1771.

Au milieu du XIXe siècle, poussés par des conditions de vie très précaires et la famine, un grand nombre d'Irlandais émigrent en Amérique du Nord. En 1847, plus de 100 000 d'entre eux s'entassent sur des navires à destination du Canada. Ce milieu surpeuplé et insalubre favorise le développement du typhus, une maladie parasitaire infectieuse. Malgré la période de quarantaine imposée aux immigrants à leur arrivée, la maladie se propage sur le territoire d'accueil et fait des milliers de morts, entre autres à Montréal. Mgr Ignace Bourget (1799-1885) fait le voeu de rétablir le pèlerinage à la chapelle si l'épidémie s'arrête.

L'épidémie se résorbant, Mgr Bourget met en oeuvre différents moyens pour encourager le pèlerinage. Il publie notamment une lettre pastorale en faveur de cette dévotion et organise des événements solennels, tels que le couronnement d'une statue de la Vierge, pour stimuler la ferveur religieuse. Il commande aussi à Charles-Olivier Dauphin (1807-1874) une sculpture représentant Notre-Dame de Bon-Secours qu'il souhaite placer sur le toit de la chapelle, tournée vers le fleuve.

Né à Montréal, Dauphin fait son apprentissage auprès d'Urbain Desrochers (1781-1860), maître sculpteur de Pointe-aux-Trembles. Les débuts de sa carrière indépendante sont peu connus. En 1848, il établit son atelier rue Saint-Denis, à Montréal, et il y demeure jusqu'à son décès. À la fois statuaire et ornemaniste, il produit des oeuvres en bois et en plâtre tant pour les marchés religieux que profanes. Bien qu'il ait reçu une formation artisanale, il est estimé des artistes académiques, dont Napoléon Bourassa (1827-1916) et Louis-Philippe Hébert (1850-1917).

Le 6 octobre 1848, le dévoilement public de la statue réalisée par Dauphin donne lieu à une démonstration religieuse de grande envergure. Sous les chants de la foule et au son des cloches de la ville, un cortège de navires accompagne la statue placée sur le Jacques-Cartier puis sur le Saint-Louis dans une traversée du fleuve. Elle est ensuite transportée dans la chapelle par six capitaines et des marins des différents vaisseaux ayant participé au cortège. Cette cérémonie découle d'une dévotion particulière des marins, des pêcheurs et des voyageurs maritimes pour la Vierge, à qui le nom de « Maris Stella », ou « Étoile de la mer », est attribué depuis au moins le IXe siècle. Ils l'invoquent souvent sous les noms de Notre-Dame de Bon-Secours, Notre-Dame de la Garde ou Notre-Dame de la Recouvrance pour se protéger des périls de la mer.

La statue est hissée sur le toit du lieu de culte le 30 octobre 1848. En 1892, le peintre François-Édouard Meloche (1855-1914), qui peint le décor de la chapelle, conçoit le campanile de la chapelle aérienne. Les travaux entraînent le remplacement de la statue sculptée par Dauphin par une imposante représentation de la Vierge d'environ huit mètres de haut, oeuvre du sculpteur Philippe Banlier dit Laperle (1860-1934). La sculpture de 1848 est par la suite conservée dans le lieu de culte.

La statue Notre-Dame de Bon-Secours est classée en 2014, en même temps que la chapelle et deux autres biens mobiliers.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BELISLE, Jean et John R. PORTER. La sculpture ancienne au Québec : trois siècles d'art religieux et profane. Montréal, Éditions de l'Homme, 1986. 503 p.
  • KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres. Québec, Musée du Québec / Les Presses de l'Université Laval, 1992. 962 p.
  • LELEU, Joseph Mary. Histoire de Notre-Dame de Bon-Secours à Montréal. Montréal, Cadieux et Derome, 1900. 153 p.
  • POTHIER, Louise et Patricia SIMPSON. Notre-Dame-de-Bon-Secours - Une chapelle et son quartier. Montréal, Fides, 2001. 151 p.

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