Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours

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Description

Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours est un terrain et un ensemble de vestiges dont les plus anciens remontent au Sylvicole moyen ancien (de 2400 à 1500 ans avant aujourd'hui). Le sous-sol du site renferme notamment des éléments associés à une occupation amérindienne, dont des traces de pieux et celles d'un foyer. Il recèle aussi des vestiges de l'époque de la fondation de Montréal, tels que ceux de la chapelle érigée en 1675. D'autres éléments témoignent des fonctions domestique, religieuse, militaire, scolaire et d'entreposage du lieu au cours de l'histoire. Une chapelle et un musée s'élèvent aujourd'hui sur ce terrain. Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours présente un périmètre formant un « L » et sa superficie est d'environ 1 450 mètres carrés. Il est notamment bordé par les rues de la Commune, Bonsecours et Saint-Paul, dans l'arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé site patrimonial. La chapelle qui s'y trouve est classée immeuble patrimonial. Les 402 objets les plus significatifs qui ont été extraits du site sont classés objets patrimoniaux. Le bien est compris dans le périmètre du site patrimonial de Montréal.

Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2014-11-10

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2013-11-14
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Des groupes amérindiens habitent ou fréquentent le lieu durant la préhistoire. Le site aurait été occupé à partir du Sylvicole moyen ancien, période s'étendant de 2400 à 1500 ans avant aujourd'hui. Dès 1655, Marguerite Bourgeoys (1620-1700) émet le souhait de construire une chapelle de pèlerinage. Un premier projet est amorcé en 1657, mais le premier lieu de culte en bois n'est finalement érigé qu'en 1670 et il est dédié à Notre-Dame de Bon-Secours. Il est remplacé par un bâtiment en pierre en 1675. Au tournant du XVIIIe siècle, le faubourg Bonsecours se développe rapidement. Jacques Testard de Montigny (1663-1737), un officier, fait construire sa maison en bois tout près de la chapelle, en 1693. Elle est reconstruite en pierre 31 ans plus tard. En 1709, le périmètre du secteur de la ville protégé par une palissade est agrandi et il inclut désormais la chapelle. Un violent incendie détruit complètement la chapelle et la maison Testard en 1754. La reconstruction du lieu de culte ne constitue pas une priorité en contexte de guerre et de changement de régime. Un entrepôt surnommé « La Friponne » est érigé en 1759 sur le terrain où s'élevait la maison Testard. Une nouvelle chapelle, beaucoup plus grande que la première, est finalement édifiée de 1771 à 1773. Un corps de logis contigu à la chapelle est construit en 1784 et 1785. C'est ce bâtiment qu'occupera l'école Bonsecours à partir de 1838, laquelle sera reconstruite en 1893 et demeurera un établissement scolaire jusqu'en 1968. L'ancienne école est occupée depuis 1998 par le centre et le musée Marguerite-Bourgeoys, tandis que le lieu de culte conserve ses fonctions d'origine. Le site est donc un témoin privilégié de l'histoire de Montréal, en particulier de la période de sa fondation.

Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Une importante campagne de fouilles y a été menée en 1996 et 1997, et une autre plus courte en 2005. Différentes phases d'occupation du site ont pu être documentées. Plusieurs éléments liés à la présence amérindienne à différentes époques de la préhistoire y ont été découverts, notamment un alignement de pierre ainsi que les traces d'un foyer et de piquets ayant servi de supports. Le site est l'un des plus anciens qui ont été identifiés dans le Vieux-Montréal. Les vestiges de la chapelle de 1675, premier lieu de culte en pierre de l'île, ont également été retrouvés. Divers éléments permettent de mieux comprendre les procédés de construction de l'époque, notamment les traces de pieux témoignant de l'utilisation d'un palan ainsi que des structures liées à la fabrication de la chaux. La couche liée à l'incendie de 1754 a aussi été identifiée. Des traces de la palissade de bois de 1709 ont été découvertes. Il s'agit d'un rare témoin des ouvrages défensifs qui ont précédé les fortifications en pierre de la ville. Les fouilles ont aussi permis de mettre au jour des vestiges d'autres bâtiments s'étant élevés près du lieu de culte, dont la maison Testard, l'entrepôt « La Friponne » et le corps de logis ayant abrité la première école Bonsecours. Ces éléments et d'autres, tels que les traces du chemin Saint-François, permettent de documenter les différentes fonctions du secteur et l'évolution du quartier. Les vestiges localisés, présentant un grand intérêt didactique, ont fait l'objet d'aménagements destinés à les mettre en valeur et à les rendre accessibles au public. Par ailleurs, de vastes sections n'ont pas encore été explorées, et le site conserve d'importantes portions résiduelles.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation entre les rues de la Commune Est et Saint-Paul Est, en bordure de la rue de Bonsecours, à proximité du fleuve Saint-Laurent, dans le site patrimonial de Montréal;
- son périmètre formant un « L » et sa superficie d'environ 1 450 m2;
- les vestiges d'une occupation amérindienne préhistorique, dont un alignement de pierres et les traces d'un foyer et de piquets ayant servi de supports;
- les vestiges liés à la première chapelle en pierre et à son histoire, dont les murs de fondation, la base de l'autel, le parvis, les traces laissées par l'utilisation d'un palan pour la construction et la couche liée à l'incendie de 1754;
- les vestiges du système défensif de la ville, dont les traces de pieux de la palissade;
- les vestiges de la maison en pierre construite pour Jacques Testard de Montigny en 1734;
- les segments de murs et les vestiges des latrines de l'entrepôt La Friponne;
- les éléments liés à la construction du lieu de culte actuel, dont la fosse à chaux, le bassin de rétention et la rigole ainsi que le drain en barbacane;
- les vestiges du corps de logis de 1784-1785 correspondant à la première école Bonsecours;
- les vestiges d'aménagements anciens, dont ceux du chemin Saint-François;
- les portions résiduelles du site.

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Informations historiques

La première occupation du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours remonte vraisemblablement au Sylvicole moyen ancien, soit la période qui s'étend de 2400 à 1500 ans avant aujourd'hui. Le lieu est occupé à différentes époques avant l'arrivée des Européens.

Ville-Marie est fondée en 1642. Marguerite Bourgeoys (1620-1700) s'y établit en 1653, dans le but d'y fonder une communauté religieuse enseignante non cloîtrée, qui prendra le nom de congrégation de Notre-Dame de Montréal. Dès 1655, elle évoque son souhait de dédier à la Vierge une chapelle de pèlerinage près du fort. Vers 1657, des matériaux sont amassés pour la construction de la chapelle, mais le projet demeure sans suite jusqu'en 1670. À ce moment, un petit lieu de culte en bois est érigé à quelques centaines de pas à l'est des limites de Ville-Marie. En 1675, la chapelle de bois est remplacée par un bâtiment en pierre.

Le faubourg Bonsecours se développe au cours du dernier quart du XVIIe siècle et une grande proportion de sa population est composée d'artisans. Jacques Testard de Montigny (1663-1737), un officier, fait construire sa maison en bois tout près de la chapelle, en 1693. Il la fait reconstruire en pierre en 1724.

En 1709, les autorités royales décident d'agrandir le secteur protégé par une palissade de bois. Cette dernière est accolée à l'abside de la chapelle, qui est de ce fait intégrée dans la ville.

De 1734 à 1737, le lieu de culte est aussi utilisé par les religieuses de l'Hôtel-Dieu. À la fin de l'année 1734, neuf hospitalières meurent d'une maladie contagieuse et sont inhumées sous la chapelle.

En 1754, un violent incendie détruit complètement la chapelle. La reconstruction du lieu de culte ne constitue pas une priorité pour le clergé catholique, qui doit composer avec le contexte économique et social difficile. L'incendie ayant aussi fait disparaître la maison Testard, la propriété est vendue et l'entrepôt surnommé « La Friponne » y est construit en 1759.

Au cours des années 1760, les autorités britanniques envisagent d'acquérir des terrains dans le quartier Bonsecours, y compris celui de la chapelle, pour y construire des casernes pour les militaires, mais ce projet ne se concrétise pas.

En 1771, les Sulpiciens, la fabrique de Notre-Dame de Montréal et les paroissiens décident de reconstruire la chapelle. La cérémonie de bénédiction de la chapelle se déroule le 30 juin 1773. Les dimensions du nouveau lieu de culte sont d'environ vingt et un mètres sur quatorze, s'y ajoute un choeur polygonal d'environ dix mètres sur neuf. Un corps de logis contigu à la chapelle est construit en 1784 et 1785. L'école Bonsecours y ouvre ses portes en novembre 1838.

À la fin du XIXe siècle, la chapelle centenaire est mise au goût du jour. Une nouvelle façade est érigée contre l'ancienne et un décor peint remplace le décor sculpté de 1823. En 1893, un nouveau bâtiment est construit à la place de l'ancien corps de logis latéral, pour accueillir l'école Bonsecours. Il conserve cette vocation jusqu'en 1968.

En 1950, le premier musée Marguerite-Bourgeoys est aménagé dans la voûte sous le choeur de la chapelle, dans la foulée de la béatification de la fondatrice.

Des travaux visant à réaménager le musée dans l'ancienne école Bonsecours et à modifier le sous-sol pour accueillir des espaces de rangement et divers locaux sont amorcés à la fin de l'année 1996. Deux découvertes majeures sont rapidement faites, soit des vestiges de la préhistoire et les ruines de la chapelle incendiée en 1754. Les travaux sont revus afin de permettre la mise en valeur de ce riche patrimoine archéologique et une stratégie de fouille est établie. D'autres fouilles archéologiques sont effectuées en 2005.

Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bonsecours est classé en 2014, ainsi que les 402 objets les plus significatifs qui en ont été extraits. La chapelle et trois objets patrimoniaux qui lui sont associés sont classés au même momen

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • rue de la Commune Est
  • rue Saint-Paul Est

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 822 601

Code Borden

BjFj-96      

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Références

Notices bibliographiques :

  • POTHIER, Louise et Patricia SIMPSON. Notre-Dame-de-Bon-Secours - Une chapelle et son quartier. Montréal, Fides, 2001. 151 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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