Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de Beauport

Carte

Description

Le site patrimonial de Beauport, déclaré en 1964 et agrandi en 1985, couvre un territoire autrefois rural et villageois d'environ 96 hectares. Il englobe les propriétés situées de chaque côté du chemin Royal et de l'avenue Royale entre l'avenue des Martyrs à l'ouest et la jonction avec le boulevard des Chutes à l'est. Il s'étend ainsi sur près de six kilomètres et traverse les anciennes municipalités de Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. À deux endroits, il entre plus profondément dans les terres pour inclure la presque totalité de l'ancien bourg du Fargy et le secteur institutionnel de Courville.

Le site est situé sur la côte de Beauport, une pente bordée par le fleuve Saint-Laurent et formée de terrasses. Il compte plus de 650 bâtiments à caractère résidentiel, institutionnel et agricole, qui témoignent du développement de l'architecture depuis le XVIIIe siècle. La majorité de ces bâtiments est implantée le long du parcours sinueux et ascendant d'ouest en est formé par le chemin Royal et l'avenue Royale. Les rues secondaires, souvent obliques par rapport à la voie principale, rappellent l'orientation des parcelles initiales.

L'ensemble se situe dans l'arrondissement municipal de Beauport de la ville de Québec. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. Il compte également 11 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec ainsi qu'un potentiel archéologique qui résulte d'une fréquentation du territoire par des groupes amérindiens et d'une occupation euroquébécoise.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1985-07-03

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09

Statuts antérieurs

  • Déclaration, 1964-05-06
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Beauport présente un intérêt pour sa valeur historique. Des groupes amérindiens auraient fréquenté le territoire avant l'arrivée des Européens. Le peuplement permanent commence cependant par la concession de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges aux Jésuites, en 1626, et de la seigneurie de Beauport à Robert Giffard de Moncel, en 1634. Deux noyaux de peuplement se forment : le premier dans le bourg du Fargy et le second en bordure de la rivière Beauport. La voie qui les relie (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale) sera intégrée au chemin du Roy, reliant Montréal au village de Saint-Joachim. Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, les habitants s'établissent le long de ce chemin qui traverse leurs terres. Le territoire est le théâtre d'événements militaires importants. Il est notamment transformé en camp retranché au cours du siège de Québec (1759). À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, Beauport connaît un essor commercial et industriel considérable, ce qui provoque la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor traverse le noyau villageois de Giffard, celui de Beauport et les futures municipalités de Villeneuve et de Courville. Durant le XXe siècle, ces agglomérations vont devenir des municipalités et elles se doteront d'ensembles institutionnels.

Le site patrimonial de Beauport présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique. Ce territoire à caractère villageois conserve des traces visibles des XVIIe et XVIIIe siècles. L'ancien chemin du Roy suit un parcours sinueux qui s'adapte à la topographie de la côte de Beauport. L'implantation des maisons en dents de scie le long de celui-ci résulte du découpage des terres effectué à l'époque du Régime français. En effet, le chemin croise obliquement les parcelles initiales, longues et étroites, et les habitations ne sont pas rigoureusement alignées. Les maisons de ferme accusent généralement une marge de recul plus importante que les habitations villageoises, implantées en bordure de la voie publique. Les rues secondaires rappellent l'orientation des parcelles initiales qui suit un axe nord-sud. Par ailleurs, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de la présence des anciennes municipalités de la côte de Beauport et constituent, encore de nos jours, des points de repère dans le paysage. Le site patrimonial comporte, en outre, de multiples percées visuelles et des panoramas remarquables.

Le site patrimonial de Beauport présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble comprend un grand nombre de bâtiments de pierres, un matériau disponible en abondance à Beauport. Les bâtiments domestiques sont prédominants et rendent compte de l'évolution de l'architecture résidentielle depuis le XVIIIe siècle. En raison de la dénivellation du terrain, plusieurs habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentent un soubassement élevé en façade. Pour leur part, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de l'architecture religieuse et institutionnelle. Le site patrimonial comprend également quelques dépendances anciennes, dont des bâtiments agricoles.

Le site patrimonial de Beauport présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le périmètre compte plusieurs sites archéologiques connus qui renseignent sur l'occupation du XVIIe siècle à nos jours. Ces sites archéologiques témoignent notamment du passé rural du site patrimonial, mais également d'activités industrielles. Ainsi, des vestiges d'habitations, de bâtiments secondaires, d'églises, de même que ceux d'une distillerie et d'une brasserie ont été trouvés. Par ailleurs, le site patrimonial présente un important potentiel archéologique résultant d'une présence amérindienne et euroquébécoise.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2016.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Beauport liés à ses valeurs historique, urbanistique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur la côte de Beauport, le long du chemin Royal et de l'avenue Royale (ancien chemin du Roy);
- l'implantation sur des terrasses offrant des panoramas vers le sud;
- le long parcours sinueux et ascendant d'ouest en est du chemin Royal et de l'avenue Royale;
- les caractéristiques liées au découpage des terres au Régime français, dont l'orientation oblique de plusieurs parcelles et rues secondaires par rapport à l'avenue Royale ainsi que l'implantation des maisons en dents de scie;
- les marges de recul variables, témoignant d'époques différentes;
- la prédominance des fonctions résidentielles;
- les noyaux paroissiaux des anciennes municipalités de Beauport et de Courville;
- le parc des Martyrs;
- le corpus architectural majoritairement composé d'habitations rurales et villageoises;
- les deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante;
- certaines habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentant un soubassement très dégagé en façade;
- les maisons rurales d'inspiration française en maçonnerie de pierre caractérisées par un carré simple à un étage et demi, une façade asymétrique ainsi qu'un toit à deux versants droits;
- les maisons québécoises d'inspiration néoclassique en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par un plan rectangulaire, une façade symétrique ainsi qu'un toit à deux versants à larmiers débordants, parfois recourbés;
- les maisons mansardées en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par une élévation à un étage et demi ou deux étages, un toit brisé généralement à deux versants ainsi que des ouvertures aux proportions verticales habituellement disposées de façon symétrique;
- les maisons typiques de l'architecture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, dites vernaculaires industrielles, dont les maisons cubiques ou « Four square », les maiosns à toit à deux versants et les maisons à toit plat, caractérisées par un volume cubique et une élévation à deux étages ou deux étages et demi;
- les bâtiments institutionnels témoignant de styles en vogue au XIXe siècle, dont l'église de Saint-Louis-de-Courville présentant une façade monumentale d'influence néoromane ainsi que l'église de La-Nativité-de-Notre-Dame et le couvent de la congrégation de Notre-Dame d'esprit néogothique;
- les sites archéologiques euroquébécois connus, témoignant du passé rural et d'activités industrielles;
- le potentiel archéologique du territoire.

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Informations historiques

L'histoire du site patrimonial de Beauport est essentiellement celle d'une voie de circulation, soit le chemin Royal et l'avenue Royale, et de son environnement. Bien que ce territoire ait été fréquenté par les Amérindiens, son peuplement commence véritablement avec la concession des seigneuries de Notre-Dame-des-Anges et de Beauport, deux des plus anciens terriers de la Nouvelle-France. Concédée aux Jésuites en 1626, la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges s'étend de la rivière Saint-Charles à la rivière Beauport. Quant à la seigneurie de Beauport, elle est attribuée en 1634 à Robert Giffard de Moncel (vers 1589-1668), premier seigneur colonisateur de la Nouvelle-France. Elle s'étend de la rivière Beauport à la rivière Montmorency. C'est à l'intérieur de cette ancienne seigneurie que se trouve la majeure partie de l'actuel arrondissement historique.

Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, Beauport connaît un développement plutôt modeste. Les pionniers s'installent dans le bourg du Fargy, en bordure de la rivière Beauport, où Giffard fait construire son manoir seigneurial en 1642. Un autre noyau de peuplement se forme près de la rivière du Buisson, où se trouve le pôle institutionnel. Ces deux noyaux sont reliés par une voie de circulation qui sera intégrée au chemin du Roy (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale), rattachant Montréal au village de Saint-Joachim. Les habitants, dont l'agriculture et l'élevage sont les principales activités économiques, s'établiront le long de ce chemin. La paroisse de Notre-Dame-de-Miséricorde-de-Beauport est érigée canoniquement en 1684 et comprend l'entièreté de la seigneurie de Beauport. Elle est agrandie en 1722 pour englober une partie de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.

Le territoire du site patrimonial est le théâtre d'événements militaires importants. En 1690, les Britanniques menés par sir William Phips (vers 1651-vers 1695) débarquent sur la grève de Beauport et sont repoussés. En 1759, lors du siège de Québec, la côte de Beauport est transformée en camp retranché par le marquis Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759). La bataille de Montmorency y est livrée. Puis, en 1776, les Américains hivernent à Beauport à la suite de leur échec devant Québec.

À la fin du XVIIIe siècle, la côte de Beauport connaît un essor industriel et commercial important. Cette impulsion est donnée par l'implantation en 1792 de la distillerie du marchand John Young (vers 1759-1819), le long de la rivière Beauport. Cet élan se poursuit pendant le XIXe siècle, notamment par le développement des carrières de pierre et l'établissement de quelques autres industries, dont les clouteries de John Henderson et de François-Xavier Méthot (1796-1853), le moulin à farine de Jean-Baptiste Renaud (1816-1884) et de Louis-Napoléon Larochelle (1834-1890) et la fabrique d'allumettes de Joseph Labrecque. Enfin, les fours à chaux se multiplient tandis que des boutiques et des ateliers surgissent. Les liens entre Beauport et la ville de Québec, qui sont consolidés par l'arrivée du chemin de fer en 1889, permettent à ces entreprises de s'épanouir.

La croissance de Beauport provoque une augmentation de la population et la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor est occupé de manière continue et traverse quatre noyaux villageois : Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. Pendant le XXe siècle, ces noyaux vont devenir des municipalités et se doter d'ensembles institutionnels.

À partir des années 1950, Beauport se transforme en banlieue de la ville de Québec, et son secteur ancien est menacé.

Le site patrimonial de Beauport est déclaré en 1964, puis agrandi en 1985, afin de préserver l'intégrité du paysage du chemin Royal et de l'avenue Royale. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. De nos jours, ce tracé constitue un ensemble ethnohistorique exceptionnel.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Beauport

Latitude :

  • 46° 51' 31.7"

Longitude :

  • -71° 11' 24.7"

Code Borden

CfEs-20 CfEs-34 CfEt-14 CfEt-16
CfEt-18 CfEt-2 CfEt-20 CfEt-21
CfEt-22 CfEt-5    

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • CÔTÉ, Louise et Yves LAFRAMBOISE. Beauport : Au coeur du vieux bourg. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 20 p.
  • DUFRESNE, Michel. « Arrondissement historique de Beauport ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 245-249.
  • DUFRESNE, Michel. Beauport, de la côte à l'arrière-pays : ses paysages et ses traditions. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. s.p.
  • Ethnotech inc. Étude d'ensemble du patrimoine : ville de Beauport. Beauport, Ville de Beauport, 1987. s.p.
  • GARIÉPY, Gino. Courville, Villeneuve, un sault en héritage. Beauport, Ville de Beauport, 1999. s.p.
  • LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Beauport. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 56 p.
  • LETENDRE, André. Beauport : ville du Québec riche d'histoire. Beauport, André Letendre, 1993. s.p.
  • LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Beauport. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2016. 111 p.
    • Le document intitulé Site patrimonial de Beauport. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
  • Ministère des Affaires culturelles / Direction générale du patrimoine. Promenade à Beauport. Québec, Ministère des Affaires culturelles, s.d. s.p.
  • PARADIS, Francine. L'arrondissement historique de Beauport en bref. Beauport, Ville de Beauport, 1996. s.p.
  • PAULETTE, Claude. Giffard : un souvenir des Jésuites. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 16 p.
  • PROVOST, Honorius. « Giffard de Moncel, Robert ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca

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