Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ancienne église de Saint-Pierre

Carte

Description

L'ancienne église de Saint-Pierre est un lieu de culte de tradition catholique construit de 1717 à 1719. L'église en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur terminé par une abside en hémicycle. Sa façade à pignon aigu est percée d'une porte centrale surmontée d'un oeil-de-boeuf. Le toit à deux versants légèrement retroussés est couronné d'un clocher en façade. La sacristie en brique jaune est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Cette construction de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants droits. Quant au cimetière, attenant à l'église, il est entouré d'un muret de pierre. Implantée le long du chemin Royal, face à l'ouest, l'église se situe dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi à la sacristie et au cimetière. L'ancienne église de Saint-Pierre fait partie du site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Des objets patrimoniaux classés et un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1958-11-05
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1970-03-11
 

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Valeur patrimoniale

L'ancienne église de Saint-Pierre présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle constitue un exemple d'église paroissiale du Régime français. Ce type d'église en pierre, qui s'est implanté au Québec en milieu rural à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, a connu une grande diffusion. Celle de Saint-Pierre en illustre les éléments distinctifs notamment par ses petites dimensions et sa façade très simple avec son pignon élancé couronné d'un clocher et sa grande porte surmontée d'un oeil-de-boeuf. La porte latérale, située à proximité de la façade sur le long-pan sud, est également caractéristique de ce type. C'est par là que les fidèles entrent dans l'église, excepté lors des grands événements, où ils utilisent l'entrée principale en façade avant. Par ailleurs, le plan en croix latine la distingue des autres églises de ce type, qui habituellement ne comportent pas de transept. Parmi les rares exemples d'églises paroissiales du Régime français, celle de Saint-Pierre est l'un des plus accomplis.

L'ancienne église de Saint-Pierre présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le décor a été conçu par l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859) et réalisé par le menuisier et sculpteur André Paquet dit Lavallée (1799-1860) au cours des années 1830 et 1840. Ce décor forme un ensemble homogène caractéristique du vocabulaire décoratif classique de Baillairgé, notamment avec le retable en arc de triomphe du choeur, la fausse voûte et le banc d'oeuvre. Ce décor intègre aussi quelques oeuvres plus anciennes, telles que les autels. Par ailleurs, la nef comporte des éléments peu communs, soit l'escalier fermé en colimaçon menant à la tribune arrière, les bancs à portes qui jadis servaient à conserver la chaleur procurée par des briques chaudes apportées par les fidèles et le tuyau ouvragé de l'ancien système de chauffage.

L'ancienne église de Saint-Pierre présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. À l'instar de nombreuses églises de la vallée du Saint-Laurent, elle est orientée dans un axe est-ouest, avec le choeur vers l'est, soit vers le soleil levant qui symbolise le Christ ressuscité. Elle est entourée d'éléments propres aux ensembles religieux catholiques ruraux, dont une sacristie, contiguë à l'abside, et un cimetière clos par un muret de pierre, attenant au long-pan nord de l'église. Aménagé au coeur du village, en bordure du chemin Royal, l'ensemble est caractéristique des vieilles paroisses de la vallée du Saint-Laurent. Par ailleurs, construite de 1717 à 1719, elle est la plus ancienne église du Québec qui ait été conservée. Elle a été érigée pour desservir l'une des premières paroisses du diocèse de Québec, soit la paroisse de Saint-Pierre, érigée canoniquement en 1678. Elle est aussi associée au premier évêque d'origine canadienne, Louis-Philippe Mariauchau d'Esgly (1710-1788), curé de Saint-Pierre pendant 54 ans, d'où il administre parallèlement le diocèse de Québec de 1784 à sa mort.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'ancienne église de Saint-Pierre liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont ses petites dimensions et son plan en croix latine (composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept au toit aussi élevé que celui de la nef et d'un choeur terminé par une abside en hémicycle) ainsi que son toit à deux versants légèrement retroussés;
- ses matériaux, dont les murs de moellons et la couverture en bardeaux de cèdre;
- sa façade très simple, dont le pignon aigu, la porte centrale en bois à double vantail de six panneaux surmontée d'une imposte vitrée en plein cintre et l'oeil-de-boeuf;
- ses autres ouvertures, dont la porte latérale en bois à quatre panneaux surmontée d'une imposte cintrée et entourée d'un portail composé de pilastres cannelés et d'un entablement denticulé, les fenêtres latérales terminées par une imposte cintrée ornée d'un claveau et les chambranles en bois moulurés;
- son clocher sur le faîte en façade comprenant, entre autres, une chambre des cloches carrée ornée de pilastres et d'ouvertures cintrées, un lanternon ajouré et une flèche couronnée d'une croix et d'un coq;
- son décor sculpté homogène de vocabulaire classique, dont le retable du choeur composé entre autres d'un entablement, de pilastres et de colonnes d'ordre corinthien supportant un fronton en segment de cercle orné d'un relief représentant un nuage et des rayons, le retable des chapelles reprenant des éléments de celui du choeur, la corniche de la nef et des chapelles, la fausse voûte en arc surbaissé ornée d'arcs doubleaux et de gloires, les lambris ainsi que le banc d'oeuvre;
- l'ébrasement des fenêtres orné de caissons;
- les oeuvres de Pierre Émond (1738-1808), dont le maître-autel (1795) et les autels latéraux (1800);
- l'escalier fermé en colimaçon menant à la tribune arrière, les bancs à portes (1856) et le tuyau ouvragé (1862) de l'ancien système de chauffage;
- la situation de l'église au coeur du village, en bordure du chemin Royal, dans la municipalité de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans;
- son orientation dans un axe est-ouest avec le choeur vers l'est;
- la sacristie en brique jaune, greffée à l'abside, de plan rectangulaire, à un étage et demi, coiffée d'un toit à deux versants droits couverts de bardeaux de cèdre percé d'une cheminée à l'est, le mur pignon aveugle revêtu de planches à clins, les portes à l'extrémité ouest des longs-pans, les fenêtres à grands carreaux et leurs linteaux et appuis en pierre ainsi que les deux lucarnes du versant nord;
- le cimetière attenant au long-pan nord de l'église, comportant quelques arbustes, des pierres tombales et une ancienne croix de clocher en fer forgé, entouré d'un muret de pierre protégé par un chaperon en bois rejoignant celui de l'église.

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Informations historiques

La paroisse de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans est érigée canoniquement en 1678, soit quatre ans après la création du diocèse de Québec. Une chapelle en bois, bâtie entre 1673 et 1676, y dessert déjà les fidèles. Détériorée au début du XVIIIe siècle, la chapelle s'avère trop exiguë pour la population croissante. L'ancienne église de Saint-Pierre est donc construite de 1717 à 1719 pour la remplacer. En 1734, Louis-Philippe Mariauchau d'Esgly (1710-1788) devient curé de la paroisse, fonction qu'il exerce pendant 54 ans. Premier évêque d'origine canadienne, c'est de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans qu'il administre, à partir de 1784, le diocèse de Québec. Avant leur transfert dans la crypte de la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec en 1969, ses restes reposaient sous le choeur de l'église, selon ses voeux.

À l'origine, le choeur loge la sacristie, aménagée dans l'abside et séparée par une cloison contre laquelle s'adosse le retable du maître-autel. Le choeur est prolongé en 1775, ce qui permet un aménagement plus spacieux du sanctuaire et de la sacristie. Vers 1830, la sacristie est déplacée dans une annexe. Agrandie en 1867, cette construction est remplacée par la sacristie actuelle en 1900.

Le décor intérieur de l'église, d'abord constitué du mobilier récupéré de l'ancienne chapelle, est modifié à plusieurs reprises. Le sculpteur Charles Vézina (1685-1755) dote l'église d'un décor sculpté entre 1731 et 1736. La majeure partie disparaît cependant en 1759 durant l'occupation de l'île par les troupes britanniques lors de la guerre de Conquête. Gabriel Gosselin (1690-1769), sculpteur et charpentier, rétablit le décor entre 1761 et 1769 et travaille notamment au retable du maître-autel. Toutefois, avec l'agrandissement du choeur en 1775, le décor doit être remanié. Le sculpteur Antoine Jacson (entre 1720 et 1730-1803) exécute vraisemblablement des retables pour les chapelles latérales de 1781 à 1784. Pierre Émond (1738-1808), maître menuisier et sculpteur, enrichit le décor du maître-autel (1795), une pièce majeure dans sa carrière. En 1800, il réalise les autels des chapelles latérales ainsi que les cadres des trois tableaux qui s'ajoutent à ce décor sculpté, soit « Le repentir de saint Pierre » (1788) qui orne le choeur et deux tableaux (1800) du peintre et sculpteur François Baillairgé (1759-1830), « L'Immaculée Conception » et « L'Éducation de la Vierge », qui parent les chapelles.

Au cours des années 1830 et 1840, l'ensemble du décor sculpté est refait, à l'exception des oeuvres d'Émond. Entre autres, avec le déplacement de la sacristie, le sanctuaire est réaménagé dans l'ensemble du choeur. Conçu par l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), ce nouveau décor intérieur est réalisé en trois étapes par le menuisier et sculpteur André Paquet dit Lavallée (1799-1860). Il comprend la fausse voûte, les retables, la corniche, l'entablement, le banc d'oeuvre, la table de communion et la tribune arrière. En outre, Paquet a réalisé le clocher actuel en 1830, toujours selon les plans de Baillairgé, qui remplace celui refait en 1788.

Avec la construction à proximité d'une nouvelle église, l'ancienne église de Saint-Pierre est fermée au culte en 1955. Acquise en 1959 par le gouvernement du Québec, elle est restaurée par la suite. L'enduit extérieur et le revêtement de planches à clins de la façade et du choeur disparaissent, entre autres, lors des travaux. La sacristie et le cimetière, avec son muret de pierre qui daterait en partie de 1754, sont aussi restaurés. Fermé en 1949, le cimetière a servi pendant plus de deux cents ans. Une centaine de paroissiens sont, de plus, inhumés sous l'église.

L'ancienne église de Saint-Pierre est classée en 1958. Onze objets patrimoniaux qui y sont conservés sont classés en 1958 et en 1965. Depuis les années 1960, l'église sert à des activités culturelles et d'interprétation.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • L'Île-d'Orléans

Municipalité :

  • Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans

Adresse :

  • chemin Royal

Lieux-dits :

  • Saint-Pierre-Ile-d'Orléans

Latitude :

46° 53' 19.45"

Longitude :

-71° 4' 24.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Paroisse de Saint-Pierre Absent 101-1

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BÉLAND, Mario et Denis CASTONGUAY. « Oeuvres d'art de l'ancienne église de Saint-Pierre ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 79-83.
  • BELISLE, Jean et John R. PORTER. La sculpture ancienne au Québec : trois siècles d'art religieux et profane. Montréal, Éditions de l'Homme, 1986. 503 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LÉGARÉ, Denyse. « L'île-d'Orléans. La ferveur religieuse au 18e siècle ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/ileorleans/ileorleansf.htm
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • PELLETIER, Jean-Guy. « Mariauchau d'Esgly, Louis-Philippe ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • ROY, Guy-André et Andrée RUEL. Le patrimoine religieux de l'île d'Orléans. Cahiers du patrimoine, 16. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 313 p.
  • ROY, Guy-André. « Ancienne église de Saint-Pierre ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 267-268.

Multimédias disponibles en ligne :

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