Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-André

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-André-de-Kamouraska

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-André

Date :

  • 1805 – 1811 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (5)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (6)

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Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-André est un lieu de culte de tradition catholique construit de 1805 à 1811. L'édifice en pierre de plan rectangulaire, sans transept et au choeur plus étroit que la nef, est terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé par un toit aux versants droits. Une sacristie est adossée à l'église et un passage couvert en appentis les relie. L'église de Saint-André est implantée parallèlement au fleuve et située sur un cran rocheux légèrement en retrait de la route qui traverse le noyau villageois de la municipalité de Saint-André.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'église abrite cinq oeuvres d'art classées, soit le tabernacle du maître-autel, l'orgue, les tableaux « Le Martyre de saint André » et « Sainte Philomène », ainsi que la statue de saint André.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2004-08-05
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1985-01-01
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Saint-André) 2004-12-06
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-André présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construite de 1805 à 1811, elle est la plus ancienne de la région du Bas-Saint-Laurent. Elle compte aussi parmi les trente plus anciennes du Québec.

L'église de Saint-André présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice reflète la persistance de la tradition architecturale religieuse héritée de la Nouvelle-France et traduit certaines influences britanniques. Les églises des paroisses rurales sont caractérisées par la simplicité de leur plan et la sobriété de leur façade. L'église de Saint-André, construite par les entrepreneurs Benoni Martin et François-Xavier Boucher, est l'une des dernières de la vallée du Saint-Laurent à emprunter le plan récollet, défini par une nef rectangulaire sans transept et un choeur plus étroit. Elle est l'une des rares églises de ce type à ne pas avoir été modifiée par un agrandissement. La façade, d'une grande simplicité, possède une seule porte surmontée de deux oculus. Son fronton triangulaire, formé par les retours de corniche, suggère une influence palladienne. Il en va de même du portique monumental construit en 1893 ou 1894 selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Le clocher, composé de deux lanternons superposés, donne de l'élégance au bâtiment. Une sacristie extérieure est adossée au chevet et un chemin couvert la relie à l'église. Construite de 1822 à 1824, la sacristie a aussi servi de presbytère jusqu'en 1851. L'intégrité de l'église de Saint-André est remarquable.

L'église de Saint-André présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Son décor intérieur, réalisé de 1834 à 1836, constitue le témoignage artistique le plus complet du sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876), d'abord disciple de l'atelier des Écorres de Louis-Amable Quévillon (1749-1823) et qui travaille ensuite pour Thomas Baillairgé (1791-1859). Ce décor témoigne ainsi de l'influence de deux écoles stylistiques. Il est largement inspiré par l'esthétisme et la sobriété de Baillairgé, mais laisse transparaître le goût pour l'ornementation surchargée de l'atelier des Écorres. Le traitement de la fausse voûte de la nef et de la voûte du choeur en constitue un bon exemple. La fausse voûte est rythmée par des arcs doubleaux à la manière de Baillairgé, tandis que dans le sanctuaire, ces arcs doubleaux sont interrompus par des cordons disposés en rayons à partir de la rosace centrale, ce qui rappelle un principe décoratif propre à Quévillon. Il en va de même de la chaire, du banc d'oeuvre ainsi que du retable au fronton cintré du choeur, inspirés des préceptes de Baillairgé mais plus richement ornementés. Cette église renferme aussi des oeuvres d'art du XIXe siècle réalisées par des artistes réputés. Le tabernacle du maître-autel, attribué à Thomas Baillairgé, est la réplique la plus fidèle qui subsiste de l'ancien tabernacle de la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec. L'église compte aussi un tableau de Louis-Hubert Triaud (1790-1836), une composition originale d'Antoine Plamondon (1804-1895) ainsi qu'un petit orgue fabriqué par Louis Mitchell (vers 1823-1902). Enfin, une statue de saint André, sculptée par Louis Jobin (1845-1928), domine le porche. Le décor intérieur de l'église de Saint-André est fort bien conservé et particulièrement représentatif de l'architecture religieuse du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de l'église de Saint-André liées à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, entre autres :
- sa situation sur un cran rocheux légèrement en retrait de la route qui traverse le noyau villageois de la municipalité de Saint-André;
- les éléments hérités de la tradition architecturale religieuse de la Nouvelle-France, dont le plan récollet (caractérisé par une nef rectangulaire sans transept terminée par un choeur plus étroit), l'abside en hémicycle, la maçonnerie de moellons, le crépi d'origine, la porte centrale surmontée par deux oculi, les fenêtres semi-circulaires avec encadrement en bois, le toit à deux versants droits (couvert de tôle à baguettes) et la charpente de la toiture en grosses pièces de bois équarries;
- les éléments d'influence palladienne de la façade, dont le fronton triangulaire formé par les retours de corniche et le portique à fronton triangulaire;
- les deux clochers, dont l'un sur le faîte en façade, formé d'une base carrée et de deux lanternons superposés sous une flèche octogonale très fine, et l'autre au-dessus du choeur;
- la sacristie extérieure lambrissée de planches à feuillure et coiffée d'un toit à deux versants;
- le chemin couvert en appentis reliant la sacristie et l'église;
- les éléments du décor intérieur (Louis-Xavier Leprohon, 1834-1836) rattachés à l'influence de Thomas Baillairgé, dont la fausse voûte de la nef (en forme d'anse de panier un peu aplatie, rythmée par des arcs doubleaux et ornée de simples caissons avec quelques gloires et monogrammes), la corniche, l'adossement du trône curial, les fonts baptismaux de la façade antérieure, la chaire et le banc d'oeuvre, ainsi que les colonnes, les stalles et le retable à fronton cintré du choeur;
- les éléments du décor intérieur (Louis-Xavier Leprohon, 1834-1836) rattachés à l'influence de Louis-Amable Quévillon, dont la voûte du choeur (ornée de cordons disposés en rayons à partir de la rosace centrale) et l'attique du choeur (décoré de panneaux comportant des motifs et des sculptures);
- la tribune arrière ornée d'une guirlande sculptée et d'une corniche à denticules;
- le maître-autel, dont le tabernacle en bois bronzé (Thomas Baillairgé, 1826-1828) et le tombeau (David Ouellet, 1890);
- les autels latéraux, dont les tabernacles (Thomas Baillairgé, 1843) et les tombeaux (André Paquet dit Lavallée, 1842);
- l'orgue de sept jeux à traction mécanique (Louis Mitchell, 1874);
- les tableaux, dont « Le Martyre de saint André » (Louis-Hubert Triaud, 1821), « Sainte Philomène » (Antoine Plamondon, 1843) et « La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock » (Antoine Plamondon, 1843);
- la statue de saint André au-dessus du portique (Louis Jobin, 1895).

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Informations historiques

La paroisse de Saint-André de L'Islet-du-Portage est érigée canoniquement en 1791. La même année, une chapelle en bois est construite, mais ce bâtiment se révèle rapidement inadéquat. En 1803, les paroissiens demandent à l'évêque de Québec la permission d'entreprendre la construction d'une église. Les travaux débutent deux ans plus tard, au sud de la première chapelle. Le gros oeuvre est confié aux entrepreneurs Benoni Martin, de Saint-Louis de Kamouraska, et François-Xavier Boucher, de Rivière-Ouelle. L'église de Saint-André reflète la persistance de la tradition architecturale religieuse héritée de la Nouvelle-France. Elle est d'ailleurs l'une des dernières de la vallée du Saint-Laurent à avoir été construite selon le plan récollet. Elle est bénie et ouverte au culte en 1811. En 1822, une sacristie extérieure, qui sert de presbytère jusqu'en 1851, est ajoutée au chevet.

En 1825, les marguilliers planifient la réalisation de l'intérieur. Le sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876) signe un marché pour la réalisation du décor en 1833. Originaire de Montréal, Leprohon est un disciple de l'atelier des Écorres de Louis-Amable Quévillon (1749-1823). Il travaille ensuite à Québec pour l'atelier de Thomas Baillairgé (1791-1859). De 1834 à 1836, Leprohon sculpte la voûte, le retable au fronton cintré du choeur, la chaire, le banc d'oeuvre, l'adossement du trône curial et les fonts baptismaux. Il exécute aussi une corniche qui ceinture l'intérieur de l'église. Ce décor constitue le témoignage le plus complet et le plus significatif de son art.

Pendant les décennies suivantes, la fabrique fait l'acquisition de quelques éléments du mobilier d'église. Déjà, en 1828, Thomas Baillargé lui avait livré une réplique du fameux tabernacle conçu en 1797 par François Baillairgé (1759-1830) pour la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec. En 1842, les deux autels latéraux sont commandés au sculpteur André Paquet dit Lavallée (1799-1860), élève de Thomas Baillairgé, et le peintre Antoine Plamondon (1804-1895) est chargé de réaliser les toiles des autels l'année suivante. En 1874, on achète un orgue de sept jeux à traction mécanique fabriqué par Louis Mitchell (vers 1823-1902)

Le presbytère est construit en 1850-1851 et, en 1854, la partie de la sacristie qui servait à cette fonction est mise à la disposition des commissaires d'école. Quatre ans plus tard, le rez-de-chaussée de la sacristie est exhaussé par l'architecte François-Xavier Berlinguet (1830-1916).

En 1865, le clocher de l'église est reconstruit par Joseph Morin, un menuisier local. L'année suivante, les paroissiens décident d'ajouter un autre clocher au-dessus du choeur.

En 1893 et 1894, des modifications sont apportées à l'église, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les travaux sont réalisés par l'entrepreneur Cyrias Ouellet, de Saint-Louis de Kamouraska, d'après les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Parmi ces transformations, un portique monumental vient remplacer les deux portails latéraux de la façade. De plus, la sacristie est agrandie et un chemin couvert la relie désormais à l'église.

Entre 1989 et 1992, le lieu de culte est l'objet d'une restauration complète effectuée sur la base de recherches approfondies.

L'église de Saint-André est classée en 2004. La municipalité a protégé son environnement en 2004 en constituant un site du patrimoine englobant notamment l'église, le presbytère et le cimetière. Ce site est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Kamouraska

Municipalité :

  • Saint-André

Adresse :

  • rue Principale

Lieux-dits :

  • Saint-Andre-de-Kamouraska

Localisation informelle :

Située au centre de la municipalité de Saint-André, sur la rue Principale 580 mètres à l'est de la Route de la Station.

Latitude :

  • 47° 40' 24.949"

Longitude :

  • -69° 43' 44.047"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Kamouraska Paroisse de Saint-André Absent 151 ptie

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Documents

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BARRY, J., Yvan FORTIER et P. PARÉ. Église de Saint-André (Kamouraska), Québec : rapport de conservation. Québec, Service canadien des parcs, 1988. s.p.
  • BELISLE, Jean et John R. PORTER. La sculpture ancienne au Québec : trois siècles d'art religieux et profane. Montréal, Éditions de l'Homme, 1986. 503 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CROTEAU, André. Les belles églises du Québec. Vol. 2, Québec et la vallée du Saint-Laurent. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996. 222 p.
  • DARISSE, Gervais. Saint-André-de-Kamouraska: une église d'une authenticité remarquable. Montmagny, La Plume d'Oie, 2016. 96 p.
  • FORTIER, Yvan. « L'église de Saint-André, comté de Kamouraska : s'entendre pour protéger ». Continuité. No 54 (1992), p. 38-43.
  • MICHAUD, G.-Y. Conservation et mise en valeur de l'église Saint-André comté de Kamouraska : synthèse des données historiques. Québec, Groupe de recherches en histoire du Québec, 1989. s.p.
  • MORISSET, Gérard. « L'église de Saint-André (Kamouraska) ». La Patrie, 19 novembre 1950, p. 26, 27 et 39.
  • NOPPEN, Luc et al. Andréville. L'église Saint-André : étude historique et analyse comparative. Québec, 1985. Québec, 1985. s.p.
  • PARADIS, Alexandre. Kamouraska (1674-1948). Kamouraska, Conseil de fabrique de paroisse, 1948. 337 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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