Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Georges

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Cacouna

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Cacouna

Date :

  • 1845 – 1848 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (7)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Georges est un lieu de culte catholique construit de 1845 à 1848. Le plan de cet édifice en pierre est composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par un chevet plat. La façade est symétrique et ses ouvertures cintrées sont alignées selon une grille composée de trois divisions horizontales et verticales. L'église est coiffée d'un toit à deux versants légèrement retroussés couronné par un clocher posé sur le faîte en façade et par un clocheton au-dessus du chevet. Une sacristie en pierre est adossée au chevet dans le prolongement du choeur. Orientée vers l'ouest, l'église s'élève au coeur du noyau religieux de la municipalité de Cacouna. Elle se situe en retrait de la rue, entre la salle paroissiale (1932) et le presbytère (érigé de 1835 à 1841), et le cimetière la jouxte du côté sud.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-01-03
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Georges présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construite de 1845 à 1848, elle s'inspire du courant néoclassique, comme de nombreuses églises de cette époque. Bien que son concepteur demeure inconnu, elle reflète l'influence de Thomas Baillairgé (1791-1859), architecte qui s'inscrit dans ce courant et qui a marqué l'architecture religieuse de la région de Québec. Cette influence se remarque notamment dans la rigueur de la façade symétrique, dont les ouvertures sont alignées selon une grille composée de trois divisions horizontales et verticales, ainsi que dans la présence d'un élégant clocher à deux lanternes sur le faîte en façade. L'église présente par ailleurs un plan simple, composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit, très populaire au XIXe siècle. Ce plan, plus économique que celui en croix latine en raison de l'absence de transept, offre néanmoins la possibilité d'installer des autels latéraux. L'édifice illustre aussi une pratique courante à partir de la fin du XVIIIe siècle, qui consiste à aménager la sacristie dans une annexe greffée au chevet, permettant ainsi de dégager complètement l'espace du choeur. L'église de Saint-Georges a été légèrement modifiée à la fin du XIXe siècle, lors de travaux effectués sous la direction de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Ce dernier agrandit la sacristie et dote le chevet d'un clocheton en 1892. Quatre années plus tard, il retouche les ouvertures. Cette église, qui est dans un état de conservation remarquable, constitue un exemple achevé des petites églises paroissiales érigées en milieu rural durant la première moitié du XIXe siècle. Elle rappelle aussi l'apport de David Ouellet, architecte renommé et prolifique, à l'architecture religieuse québécoise.

L'église de Saint-Georges présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le décor est réalisé de 1852 à 1858 par François-Xavier Berlinguet (1830-1916) et constitue l'une des premières oeuvres de ce sculpteur et architecte qui figure, lui aussi, parmi les plus renommés du Québec. Cette oeuvre de jeunesse est notamment composée d'emprunts à la production de son père Louis-Thomas (1790-1863), auprès de qui il a fait son apprentissage. François-Xavier s'est inspiré, notamment pour le retable du choeur, du décor de l'église de Saint-Rémi de Napierville, réalisé par son père de 1845 à 1855. Ce retable constitue d'ailleurs un élément remarquable par son avancée qui dissimule les portes donnant accès à la sacristie. Le décor sculpté, dont l'ornementation abondante évoque la production associée à l'atelier des Écores où son père a été formé, reflète la maîtrise de Berlinguet comme sculpteur. Conçu avec rigueur, ce décor est structuré selon l'esthétique de Thomas Baillairgé, chez qui Berlinguet a parfait sa formation. La hiérarchisation et la correspondance des éléments se remarquent, entre autres, dans la fausse voûte ornée de gloires rythmée par des arcs doubleaux dont les retombées sont alignées aux pilastres du choeur. Les trophées aux instruments de la Passion, ajoutés en 1892 par David Ouellet, élève de Berlinguet, complètent l'ornementation. Le traitement massif du retable du choeur et de l'ornementation donne à l'ensemble monumental d'inspiration néoclassique une grande cohérence. L'intérieur comporte, en outre, un orgue d'un grand intérêt; fabriqué et installé en 1888 par Eusèbe Brodeur (1839-1913), facteur québécois réputé à l'époque, il constitue l'un des plus anciens instruments du genre conservés au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Georges liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- son orientation dans un axe est-ouest avec le choeur tourné vers l'est;
- le volume du corps de bâtiment, dont le plan composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par un chevet plat et le toit à deux versants légèrement retroussés souligné d'une corniche;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons équarris, les chaînes d'angle et les chambranles en pierre de taille, la couverture en tôle à la canadienne, le chevet revêtu en tôle à la canadienne ainsi que le parvis en pierre doté d'un escalier central et d'escaliers latéraux;
- la façade symétrique d'inspiration néoclassique, où les ouvertures sont alignées selon une grille composée de trois divisions horizontales et verticales;
- les ouvertures cintrées de la façade, le premier registre comprenant un portail central monumental (porte à deux vantaux, tympan en plein cintre, pilastres, entablement et fronton) flanqué de deux portails plus petits (porte à deux vantaux, imposte en arc surbaissé, pilastres et entablement), le deuxième registre présentant une fenêtre tripartite centrale entre deux fenêtres simples et le troisième registre percé d'un oculus central;
- les ouvertures à arc en plein cintre des longs-pans;
- le clocher sur le faîte en façade (base carrée, deux lanternes octogonales et flèche incurvée surmontée d'une croix) et le clocheton au-dessus du chevet (base carrée à pans coupés, lanternon à pans coupés muni de quatre ouvertures cintrées et flèche polygonale surmontée d'une croix);
- la sacristie en pierre adossée au chevet, de plan rectangulaire et à un étage, présentant entre autres un toit à croupe souligné d'une corniche et couvert de tôle à baguettes, des fenêtres à battants à arc surbaissé aux chambranles en pierre de taille et un fronton surmontant un oculus à l'arrière;
- le chemin couvert reliant la sacristie à l'église du côté sud;
- les éléments du décor intérieur, dont la fausse voûte en arc surbaissé dans la nef et en berceau dans le choeur rythmée par des arcs doubleaux et ornée de gloires (François-Xavier Berlinguet, 1852-1858) et de quatorze trophées aux instruments de la Passion (David Ouellet, fin du XIXe siècle), les tribunes au garde-corps orné de rinceaux (Berlinguet) et les planchers de bois;
- le retable monumental du choeur (Berlinguet), dont l'avancée centrale composée de deux colonnes en saillie supportant l'entablement surmonté d'un fronton en segment de cercle orné d'une gloire représentant l'Agneau de Dieu, l'attique et son couronnement, les portes d'accès à la sacristie sur les côtés de l'avancée, les colonnes adossées aux angles, les pilastres des murs latéraux et l'entablement se poursuivant sur les murs derrière les autels latéraux;
- les trois autels composés d'un tombeau (Ouellet) et d'un tabernacle (Berlinguet), dont le tabernacle du choeur orné de quatre statuettes à l'effigie des évangélistes;
- la chaire (Berlinguet) et son escalier (Ouellet) en bois teint foncé;
- l'abondance des ornements sculptés, dont la corniche de la nef, la clôture du choeur ornée de rinceaux de vigne, les multiples appliques aux symboles liturgiques ainsi que les médaillons et les guirlandes de motifs végétaux;
- les vitraux (maison Bernard Leonard, 1897);
- l'orgue comprenant 18 jeux et deux claviers (Eusèbe Brodeur, 1888);
- le décor de la sacristie (Ouellet), dont la fausse voûte en arc-de-cloître déprimé, la corniche et la chapelle chargée d'ornements.

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Informations historiques

L'église de Saint-Georges est érigée pour remplacer la chapelle de bois qui desservait les habitants de Cacouna depuis 1810. La paroisse de Saint-Georges est fondée en 1825 et les marguilliers reçoivent la permission de bâtir une nouvelle église en 1830. Les appels d'offres paraissent en 1834, mais les travaux tardent en raison d'un désaccord sur le choix du terrain. Le chantier ne débute donc qu'en 1845, pour se terminer en 1848. Le concepteur de ce bâtiment d'inspiration néoclassique demeure inconnu. L'historien de l'art Gérard Morisset (1898-1970) l'a attribué à l'architecte et sculpteur Louis-Thomas Berlinguet (1790-1863). Comme le veut la tradition, l'église est orientée dans un axe est-ouest, avec le choeur vers l'est, soit en direction du soleil levant qui symbolise le Christ ressuscité. À la fin du XIXe siècle, l'apparence de l'édifice est légèrement modifiée lors de travaux effectués sous la direction de l'architecte David Ouellet (1844-1915). En 1892, la sacristie est, entre autres, allongée et un clocheton est ajouté au-dessus du chevet. Six ans plus tard, les ouvertures sont retouchées, toujours d'après les plans de Ouellet.

Le décor intérieur est entrepris en 1852 sous la direction de François-Xavier Berlinguet (1830-1916). Ce jeune architecte et sculpteur, formé dans l'atelier de son père Louis-Thomas et qui a ensuite parfait son apprentissage auprès de Thomas Baillairgé (1791-1859), réalise ici l'une de ses premières oeuvres. L'exécution va s'échelonner sur plus de cinq ans. François-Xavier Berlinguet est notamment l'auteur du retable du choeur, de la fausse voûte à arcs doubleaux, des tabernacles des trois autels, de la chaire, des tribunes et de certains éléments sculptés de la nef. Les quatorze trophées aux instruments de la Passion qui ornent la fausse voûte sont ajoutés en 1892 par David Ouellet, qui exécute également les tombeaux des trois autels, afin de remplacer ceux de Berlinguet, ainsi que le décor intérieur de la sacristie.

L'église renferme d'autres éléments d'intérêt. L'orgue, situé au centre de la tribune supérieure, est fabriqué et installé en 1888 par Eusèbe Brodeur (1839-1913), un facteur québécois réputé à cette époque; cette pièce constitue l'un des plus anciens instruments du genre conservés au Québec. Des vitraux exécutés par la maison Bernard Leonard de Québec sont disposés dans les fenêtres du choeur en 1897.

L'église de Saint-Georges est classée en 1957, au même moment que le presbytère adjacent.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Cacouna

Adresse :

  • rue de l'Église

Lieux-dits :

  • Saint-Georges-de-Cacouna

Localisation informelle :

Située sur la rue de l'Église, 120 mètres au sud-est de la route 132.

Latitude :

  • 47° 54' 57.6"

Longitude :

  • -69° 29' 56.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Témiscouata Paroisse de Cacouna Absent 17 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église Saint-Georges de Cacouna. La beauté des tribunes doubles au revers des façades ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sgeocacouna/sgeocacounaf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • EAST, Marie. À la découverte de biens patrimoniaux exceptionnels : Saint-Pascal-de-Kamouraska, Cacouna, Sainte-Luce-sur-Mer. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction régionale de l'Est du Québec, 1986. 21 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • RACINE, Paul. « Le néoclassicisme vu à travers l'oeuvre des Berlinguet ». Fédération Histoire Québec. Histoire Québec [En ligne]. http://www.histoirequebec.qc.ca/
  • ROY, Guy-André. « Église Saint-Georges ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 506-507.

Multimédias disponibles en ligne :

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