Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison James-Monk

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Villa-Maria

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1803 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (11)

Images

Carte

Description

La maison James-Monk est une résidence bourgeoise d'inspiration palladienne érigée en 1803 et agrandie au milieu du XIXe siècle. Le corps de bâtiment rectangulaire en pierre grise, à deux étages et demi sur un soubassement surhaussé, est coiffé d'un toit bas à croupes percé de lucarnes et dominé par d'imposantes souches de cheminée. Une annexe arrière et deux ailes latérales ont été ajoutées. La porte principale est précédée d'un escalier monumental et d'un porche ouvert surmonté d'un balcon à balustrade. Un édicule couronne le centre de la façade. La maison James-Monk s'élève sur un vaste terrain paysager, au coeur d'un ensemble institutionnel de la congrégation de Notre-Dame, dans l'arrondissement municipal de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison James-Monk bénéficie d'une aire de protection.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1976-01-30
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1978-01-20

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison James-Monk présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La partie centrale de cette somptueuse résidence a été érigée en 1803 pour servir de villa. L'édifice, encore entouré aujourd'hui d'un vaste terrain paysager, se trouvait alors dans un milieu de villégiature, à cinq kilomètres de Montréal. Le corps de bâtiment est caractéristique de l'architecture palladienne par l'horizontalité de sa composition en trois registres (soubassement exhaussé, étage noble et dernier étage en attique), sa façade symétrique ornée d'un portique central et son toit bas à croupes. Le courant palladien, qui naît en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, est inspiré des oeuvres de l'architecte italien Andreas Palladio (1508-1580). Il est introduit au Québec au tournant du XIXe siècle et demeure en vogue jusqu'aux années 1830. Le gouvernement et l'élite anglophone l'adoptent afin d'affirmer la présence britannique. La transformation de l'immeuble en résidence vice-royale puis son intégration dans un ensemble institutionnel, au milieu du XIXe siècle, entraînent des modifications. Ces additions s'intègrent harmonieusement au corps initial par leur utilisation du vocabulaire classique, mais donnent à l'ensemble une apparence éclectique. Le vitrage et la galerie des deux ailes basses à colonnade toscane s'inscrivent dans le courant pittoresque. Le balcon à balustrade qui surmonte le porche, l'édicule central à fronton triangulaire, les lucarnes à arc en plein cintre et les hautes souches de cheminée confèrent plus de verticalité à la façade. La valeur architecturale de la maison repose également sur l'intégrité et la richesse de son intérieur. L'influence palladienne s'observe dans le plan du rez-de-chaussée du corps de bâtiment qui se divise en grandes pièces distribuées autour d'un hall central. Plusieurs éléments du décor original se rattachent au style de l'architecte écossais Robert Adam (1728-1792), dont les boiseries raffinées, les appliques en plâtre et les manteaux de cheminée à bas-reliefs. L'esprit néoclassique règne, par ailleurs, sur la décoration des ailes latérales utilisées comme salles de réception et de bal. La maison James-Monk reste l'un des plus anciens exemples d'architecture palladienne qui subsistent au Québec.

La maison présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La villa est construite pour James Monk (vers 1845-1826), propriétaire du terrain depuis 1795. Celui-ci l'habite jusqu'en 1824, date de son départ pour l'Angleterre. Monk est un homme de loi qui est aussi engagé dans la politique coloniale. Entre 1794 et 1824, il est juge en chef de la Cour du banc du roi à Montréal. Il est aussi membre du Conseil exécutif et du Conseil législatif du Bas-Canada de 1795 à 1820. En 1844, « Monklands » est louée au gouvernement du Canada-Uni. Jusqu'en 1849, année au cours de laquelle le Parlement quitte Montréal, la maison sert de résidence au gouverneur. C'est ainsi que Lord Metcalfe (Charles Theophilus Metcalfe, 1785-1846), Lord Cathcart (Charles Murray Cathcart, 1783-1859) et Lord Elgin (James Bruce, 1811-1863) y résident. En 1854, la congrégation de Notre-Dame fait l'acquisition de la propriété et y établit le pensionnat pour jeunes filles Villa Maria. La valeur historique de la maison repose de plus sur la renommée de l'architecte George Browne (1811-1885). Originaire de Belfast, Browne est un architecte marquant du milieu du XIXe siècle au Québec et au Canada. Pour le gouvernement du Canada-Uni, il conçoit ou réaménage plusieurs édifices d'inspiration néoclassique. Ainsi, il est chargé de la transformation de l'ancienne maison de James Monk en résidence vice-royale.

Source : Ministère de la Culture. des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison James-Monk liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, entre autres :
- la situation sur un vaste terrain paysager, au coeur d'un ensemble institutionnel et le lien avec les autres édifices;
- l'ensemble formé par le corps de bâtiment, l'annexe arrière et les ailes latérales;
- le volume, dont le plan rectangulaire à deux étages et demi sur un soubassement surhaussé et le toit bas à croupes;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons, certains détails architecturaux en pierre de taille, la couverture en tôle à baguettes et les ouvertures en bois;
- les composantes de la façade de composition symétrique, dont la division horizontale en trois registres (soubassement, étage noble, dernier étage en attique), le porche ouvert composé de colonnes à chapiteau corinthien supportant un entablement et une corniche à modillons et surmonté d'un balcon à balustrade, l'escalier monumental ainsi que l'édicule central orné de deux colonnes supportant un fronton triangulaire à modillons et d'ailerons;
- les ouvertures, dont les fenêtres à guillotine à grands carreaux, les fenêtres à battants à petits et grands carreaux, la porte d'entrée à deux vantaux et baies latérales ainsi que la grande fenêtre centrale au deuxième étage;
- l'ornementation extérieure, dont les chambranles en pierre de taille au linteau orné d'une clé, les chaînes d'angle en pierre de taille et la corniche à modillons;
- les souches de cheminée recouvertes de tôle à motifs de caisson et de pointe de diamant;
- le volume de l'annexe, dont le plan rectangulaire à deux étages et le toit à deux versants droits;
- les caractéristiques des deux ailes latérales, dont le plan rectangulaire à un étage, le soubassement percé de larges ouvertures à arc surbaissé et le toit à deux versants droits, la façade avant entièrement vitrée et dotée d'une galerie (colonnes toscanes reliées par un garde-corps en fer forgé et un avant-toit) et la façade arrière en pierre percée d'ouvertures rectangulaires;
- les éléments clés de l'intérieur, dont le plan du rez-de-chaussée se divisant en grandes pièces distribuées autour d'un hall central, les lambris d'appui, les plinthes, les corniches, les manteaux de cheminée richement ornés et les moulures (anthémions, oves, dards, palmettes, volutes, camées, guirlandes, denticules, rosettes et fleurs), les larges ouvertures à arc surbaissé et les chambranles, les plafonds peints et les plafonds en pavillon aux angles arrondis des salles de bal et de réception (dans les ailes), le plancher à tuiles octogonales du hall d'entrée et les seuils en marbre.

Haut de la page

Informations historiques

Cette maison est construite en 1803 pour James Monk (vers 1745-1826), sur une vaste propriété acquise en 1795. L'édifice, encore entouré aujourd'hui d'un vaste terrain paysager, se trouvait alors dans un milieu de villégiature, à cinq kilomètres de Montréal. Il a été bâti par les maçons Gilbert Duchatel et J.-B. Séné, le charpentier Pierre Poitras et le menuisier Germain Durette, mais son architecte demeure inconnu.

Monk habite la demeure jusqu'en 1824, date de son départ pour l'Angleterre. Cet homme de loi était aussi engagé dans la politique coloniale. Il a été juge en chef de la Cour du banc du roi à Montréal de 1794 à 1824 et aussi membre du Conseil exécutif et du Conseil législatif du Bas-Canada de 1795 à 1820. À son décès en 1826, la propriété est léguée à sa nièce, Elizabeth Ann Monk.

En 1844, la maison est louée au gouvernement du Canada-Uni. Sous la supervision de l'architecte George Browne (1811-1885), elle est agrandie pour accueillir le gouverneur. Browne ajoute deux ailes latérales qui servent de salles de bal et de réception et une annexe arrière pour loger les employés. Les gouverneurs Lord Metcalfe (Charles Theophilus Metcalfe, 1785-1846), Lord Cathcart (Charles Murray Cathcart, 1783-1859) et Lord Elgin (James Bruce, 1811-1863) habitent la demeure. En 1849, le Parlement quitte Montréal et la résidence est désaffectée.

En 1854, la congrégation de Notre-Dame acquiert la propriété de Samuel Cornwallis Monk (1814-1888) et y établit le pensionnat pour jeunes filles Villa Maria. Au fil des ans, plusieurs bâtiments s'élèvent autour de l'ancienne résidence. L'édifice, qui est maintenant au centre de l'ensemble institutionnel, subit peu de modifications à l'exception de l'ajout des lucarnes cintrées et de la niche contenant une statue de la Vierge.

La maison James-Monk est classée en 1976. Elle bénéficie d'une aire de protection depuis 1978.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Côte-des-Neiges - Notre-Dame-de-Grâce

Adresse :

  • 4245, boulevard Décarie

Latitude :

  • 45° 28' 54.7"

Longitude :

  • -73° 37' 1.5"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Municipalité de la paroisse de Montréal Absent 201 ptie

Code Borden

BiFj-86      

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
  • STEWART, Douglas J. « Browne, George ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • STIER, Wendela. « Maison James-Monk (ou Villa Maria) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 146-147.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013