Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Sainte-Famille

Carte

Description

L'église de Sainte-Famille est un lieu de culte de tradition catholique construit en 1801 et 1802. Le bâtiment en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle. Sa façade comporte au centre un imposant portail ionique en pierre de taille. Elle est surmontée d'un clocher disposé sur le faîte du toit à deux versants légèrement retroussés. La sacristie en pierre est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage, elle est coiffée d'un toit à deux versants légèrement retroussés. Une annexe en pierre, coiffée d'un toit à croupe, est reliée au bras sud du transept par un chemin couvert en pierre. Un baptistère en pierre en hémicycle s'appuie à l'arrière de la sacristie. L'église se situe au coeur du noyau villageois de Boucherville, face au fleuve Saint-Laurent et aux îles de Boucherville.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection inclut le terrain. L'église bénéficie d'une aire de protection. Elle fait également partie d'un site patrimonial cité.

Des objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire avec abside en hémicycle ou à pans coupés

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre
  • Sacristie

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Entrée de cave
  • Escalier
  • Tambour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle en plaques

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif et vitrage, à battants
  • bois, à panneaux, à imposte
  • bois, à panneaux et vitrage, à battants
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Fenêtre(s) :

  • carrée, D'aération
  • cintrée, À guillotine, à carreaux
  • cintrée, Composée
  • cintrée, Composée
  • circulaire, Fixe
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Éléments architecturaux :

  • Applique
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Clé
  • Corniche moulurée
  • Entablement
  • Fronton
  • Ornement sculpté
  • Pierre millésimée
  • Portail
  • Tympan

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1964-04-15
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1976-09-06
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Boucherville) 1989-11-01
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Sainte-Famille présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Érigée en 1801 et 1802 selon les plans du curé de la paroisse, Pierre Conefroy (1752-1816), cette église a eu une grande influence dans la première moitié du XIXe siècle. Conefroy s'inspire de la tradition architecturale des siècles précédents, tout en y apportant quelques innovations afin de l'adapter au contexte. Il regroupera les données relatives à la construction des églises dans un plan et devis détaillé, aujourd'hui perdu. Le lieu de culte reprend donc des éléments du XVIIIe siècle, comme le plan en croix latine et l'emplacement du clocher. Il est toutefois plus vaste que la moyenne des églises précédentes, afin de répondre aux besoins d'une population croissante. La façade imposante, qui permet d'augmenter le nombre d'ouvertures, compte trois portes surmontées de fenêtres et deux oculus. L'important portail central témoigne de l'influence néoclassique. Les autres composantes de cette église, systématiquement appliquées par la suite, sont les soupiraux nécessaires à la ventilation du sous-sol et les deux murs de refend de la nef destinés à mieux supporter le plancher. Par ailleurs, peu d'églises québécoises comportent un baptistère. En raison de son influence, ce lieu de culte a marqué l'architecture religieuse du Québec.

L'église de Sainte-Famille présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor regroupe plusieurs éléments remarquables. Le tabernacle d'esprit baroque du maître-autel, créé vers 1745 par Gilles Bolvin (1710-1766), est un véritable chef-d'oeuvre de la sculpture ancienne au Québec. Par ailleurs, les tombeaux à la romaine (maître-autel et autel latéral droit), exécutés en 1803, sont typiques de la production de l'atelier des Écores. Le décor architectural réalisé par le sculpteur Louis-Thomas Berlinguet (1789-1863) illustre à la fois la facture ornemaniste de cet atelier où il a fait son apprentissage, notamment par les panneaux sculptés, et l'esthétique néoclassique de l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859) auprès de qui il a parfait sa formation, par le retable du choeur. Le décor des fausses voûtes, peint en 1879 par les peintres-décorateurs Delphis Beaulieu et Onésime Lavoie, reflète la pratique courante de mettre les intérieurs au goût du jour. Les fonts baptismaux (1877-1878) du sculpteur Nicolas Manny (1812-1883) rappellent quant à eux l'introduction de la mécanisation dans la production artisanale à la fin du XIXe siècle. Ce décor retrace ainsi plus de 125 ans d'évolution dans l'ornementation des églises du Québec.

L'église de Sainte-Famille présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La paroisse de Sainte-Famille, fondée en 1678 par le premier évêque de la Nouvelle-France François de Laval (1623-1708), est l'une des plus anciennes du Québec. La crypte de l'église compte les tombeaux de personnages importants, dont le seigneur Pierre Boucher (1622-1717), le vicaire général Pierre Conefroy (1752-1816), le premier ministre du Québec et sénateur sir Charles Boucher de Boucherville (1822-1915), et le poète, compositeur et dramaturge Joseph Quesnel (1746-1809).

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Sainte-Famille liés ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation, dans le Vieux-Boucherville, au coeur du noyau villageois et d'un ensemble religieux comprenant aussi le presbytère (1896), l'ancienne écurie, l'école primaire, la salle paroissiale, l'ancien couvent de la congrégation de Notre-Dame (1890) et la place du Sacré-Coeur;
- son implantation face au fleuve Saint-Laurent et aux îles de Boucherville;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants légèrement retroussés (pourvu de croupes au transept), le clocher central à deux lanternes disposé sur le faîte en façade, la sacristie de plan rectangulaire à un étage greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, le baptistère en hémicycle greffé à la sacristie dans le même axe ainsi que l'annexe de plan rectangulaire à un étage disposée perpendiculairement à la sacristie et reliée au bras sud du transept par un chemin couvert;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de moellons, certains détails architecturaux en pierre de taille, la couverture en tôle à baguettes de l'église, de la sacristie et de son annexe ainsi que du chemin couvert, la couverture en tôle à la canadienne du baptistère, le recouvrement en tôle du clocher, la corniche et les ouvertures en bois;
- les composantes de la façade, dont la grande porte centrale cintrée et son portail ionique en pierre de taille, les deux portes latérales cintrées, les deux fenêtres cintrées, les deux oculus, ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes des longs-pans, du transept et du choeur, dont les fenêtres cintrées ainsi que les chambranles à imposte et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes de la sacristie, dont le toit à deux versants légèrement retroussés, le tambour en bois, les fenêtres à battants ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes du baptistère, dont les fenêtres cintrées;
- les composantes de l'annexe de la sacristie, dont le toit à croupe, les fenêtres cintrées ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes du chemin couvert, dont le toit à deux versants, le portail, les fenêtres cintrées et les chambranles en pierre de taille;
- le décor intérieur de l'église, dont les fausses voûtes (nef, transept et choeur) ornées d'arcs doubleaux ainsi que de gloires et de caissons, le retable d'ordre corinthien du choeur orné de panneaux sculptés (parmi lesquels deux bas-reliefs de la Foi et de l'Espérance), l'entablement continu, la table de communion, la clôture de choeur ainsi que la tribune arrière ornée de panneaux sculptés et supportée par des colonnes toscanes;
- le maître-autel doté d'un tombeau à la romaine ornementé et d'un tabernacle baroque très ouvragé, les autels latéraux et la chaire;
- le décor peint des fausses voûtes de l'église et du baptistère.

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Informations historiques

L'église de Sainte-Famille s'élève sur un terrain donné par le seigneur Pierre Boucher (1622-1717). Une chapelle en bois y est construite en 1670. François de Laval (1623-1708), premier évêque de la Nouvelle-France, fonde en 1678 la paroisse de Sainte-Famille, l'une des premières de la rive sud du fleuve dans la région de Montréal. En 1712, la chapelle est remplacée par une église en pierre, qui fait place à son tour à l'église actuelle.

Le lieu de culte est élevé en 1801 et 1802 par le maître maçon Louis Bouillereau dit Comtois et le charpentier François Garaud dit Saint-Onge. Les plans sont de Pierre Conefroy (1752-1816), curé de la paroisse depuis 1790. L'intérieur est doté d'un tabernacle du sculpteur Gilles Bolvin (1710-1766), acquis en 1745 pour l'église précédente, et d'un décor réalisé par l'atelier des Écores de 1803 à 1811. Dans le cadre des rébellions de 1837 et de 1838, le patriote Bonaventure Viger (1804-1877) prononce un discours sur le perron de l'église, au cours duquel il mobilise les paroissiens.

Le 20 juin 1843, plus de 200 bâtiments de Boucherville sont détruits par une conflagration. Il ne subsiste que la maçonnerie de l'église, mais les objets liturgiques sont sauvés. Parmi eux se trouvent des oeuvres françaises du XVIIe siècle, certaines pièces du mobilier et trois tableaux du peintre Jean-Baptiste Roy-Audy (1778-vers 1848) exécutés en 1818 et 1825. Le mobilier comprend le maître-autel, formé du tabernacle de Bolvin et d'un tombeau de 1803 de l'atelier des Écores, et les autels latéraux, réalisés par l'atelier des Écores en 1803 (tombeaux) et entre 1807 et 1811 (tabernacles). Les paroissiens consolident aussitôt les murs et reconstruisent le toit. L'église est ouverte au culte à Noël.

En 1844, le clocher est reconstruit. L'intérieur est refait selon les plans de l'architecte et sculpteur Louis-Thomas Berlinguet (1789-1863), qui signe un contrat cette année-là. Il exécute alors la fausse voûte, et de 1847 à 1850, avec l'aide de son fils Louis-Flavien, le retable, les stalles et la clôture du choeur, la table de communion, une tribune arrière, les galeries du transept et une chaire. Le tombeau à la romaine de l'autel latéral gauche est remplacé par le tombeau actuel en 1870. Une nouvelle chaire est installée en 1879.

En 1879, Victor Bourgeau (1809-1888) conçoit le baptistère, où sont placés les fonts baptismaux (1877-1878) du sculpteur Nicolas Manny (1812-1883). Les fausses voûtes de l'église et du baptistère sont ornées de peintures ornementales et figuratives réalisées par Delphis-Adolphe Beaulieu et Onésime Lavoie. Les cloches sont installées en 1898.

Jusqu'en 1957, plus de trois cents tombeaux sont placés dans la crypte située sous la nef, dont ceux du seigneur Pierre Boucher (1622-1717), du vicaire général Pierre Conefroy (1752-1816), du premier ministre du Québec et sénateur sir Charles Boucher de Boucherville (1822-1915), et du poète, compositeur et dramaturge Joseph Quesnel (1746-1809).

L'église de Sainte-Famille est classée en 1964. Des biens mobiliers sont classés au même moment. Cette année-là, l'annexe de la sacristie est construite et le chemin couvert d'origine est remplacé. L'église est restaurée en 1969. Entre autres, l'une des deux tribunes arrière de même que les galeries du transept sont retirées, et le décor est retouché. Le lieu de culte bénéficie d'une aire de protection depuis 1976.

L'église est intégrée au Vieux-Boucherville, un site constitué en 1989. En 1996, l'orgue Warren acquis vers 1863 est remplacé par un nouvel orgue Casavant et Frères.

Le site du Vieux-Boucherville est devenu cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Longueuil

Municipalité :

  • Boucherville

Adresse :

  • boulevard Marie-Victorin

Latitude :

  • 45° 36' 44.6"

Longitude :

  • -73° 27' 19.4"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Chambly Village de Boucherville Absent 63 (ptie)

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église Sainte-Famille de Boucherville. La présence exceptionnelle d'un baptistère en architecture religieuse québécoise ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sfamboucher/sfamboucherf.htm
  • CHAGNON, Joanne et Laurier LACROIX. « Oeuvres d'art de l'église de Sainte-Famille ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 26-33.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LACELLE, Claudette. « Conefroy, Pierre ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • ROY, Guy-André. « Église de la paroisse de Sainte-Famille ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 222-224.

Multimédias disponibles en ligne :

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