Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Rivière des Outaouais

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Grande rivière
  • Kitchisipi (Kitchisippi ou Katche-sippi)
  • rivière des Algoumequins

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue
  • Laurentides
  • Montérégie
  • Outaouais

Thématique :

  • Patrimoine maritime et fluvial

Éléments associés

Groupes associés (2)

Personnes associées (12)

Images

Description

La rivière des Outaouais prenant sa source à l'est du réservoir Dozois et se jetant dans le fleuve Saint-Laurent à l'ouest de Montréal. La rivière s'étend sur 1 271 km, et la majeure partie de son tracé sert de frontière naturelle entre l'Ontario et le Québec.

La rivière des Outaouais est un lieu historique. Cette désignation vise la portion de la rivière des Outaouais qui est située dans les limites territoriales du Québec, en excluant les îles, les affluents de la rivière et son bassin hydrographique.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Lieu historique Ministre de la Culture et des Communications 2017-08-14
 

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Valeur patrimoniale

Ce lieu historique est désigné pour les motifs suivants:

La rivière des Outaouais est la plus longue rivière du Québec. Elle a été formée par le mouvement des glaciers et le retrait de la mer de Champlain. Le lit actuel de la rivière a été façonné il y a environ 8 000 ans.

L'occupation humaine du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais remonte à plus de 6 000 ans. Au moment de la période dite de contact, plusieurs groupes amérindiens utilisent la rivière pour se déplacer.

En 1610, l'explorateur Étienne Brûlé est probablement le premier Européen à naviguer sur cette rivière. En 1654, les Outaouais descendent la rivière pour transporter une cargaison de fourrures à Montréal. Le nom de ce groupe amérindien est alors donné au cours d'eau.

La rivière des Outaouais devient pour les deux siècles suivants la route principale du commerce des pelleteries. Des forts et des postes de traite sont conséquemment érigés tout au long de son parcours. Les explorateurs, comme Pierre-Esprit Radisson, Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye ou encore Alexander Mackenzie, l'utilisent aussi pour pénétrer à l'intérieur du continent. Plus tard, des canaux, des réservoirs et d'autres ouvrages sont aménagés pour faciliter la navigation.

Au début du XIXe siècle, les premiers établissements permanents apparaissent le long de la rivière des Outaouais, avec l'installation de Philemon Wright et de ses associés dans le canton de Hull, en 1800, et l'acquisition de la seigneurie de La Petite-Nation par Joseph Papineau, en 1803. Les rives de l'Outaouais sont occupées par étapes et par des populations aux origines diverses.

Au XIXe siècle, le commerce des pelleteries s'affaiblit au profit du commerce du bois, moteur de l'économie du Bas-Canada. La rivière des Outaouais sert alors au transport des billes et des radeaux de bois équarri qui sont expédiés vers les ports du fleuve Saint-Laurent, pour être ensuite acheminés en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis. Progressivement, les billes qui transitent sur la rivière sont surtout employées dans les manufactures et dans les scieries qui voient le jour aux abords du cours d'eau.

Au cours du XXe siècle, l'urbanisation de certains territoires entraîne de nouveaux usages pour la rivière des Outaouais. Des centrales hydroélectriques sont aménagées le long du cours d'eau, qui est harnaché une première fois en 1907. La rivière fournit aussi certaines localités en eau potable.

La rivière des Outaouais est ainsi à l'origine du peuplement et du développement économique de la région du Québec qui porte son nom. Elle occupe une place déterminante dans l'histoire du Québec et continue de jouer un rôle important dans plusieurs sphères d'activité, notamment le transport et le tourisme.

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Informations historiques

À la suite du retrait du glacier continental, la mer de Champlain recouvre l'ensemble du secteur de la rivière des Outaouais, et ce, jusqu'à environ 12 000 ans avant aujourd'hui. Les premières traces d'occupation humaine sur le territoire sont principalement attribuées aux Archaïques laurentiens associés à la tradition dite laurentienne. Ces chasseurs-pêcheurs-cueilleurs sont au coeur d'un vaste réseau d'échanges qui s'articule déjà autour de cette grande rivière. Au XVIIe siècle, les Népissingues, les Hurons, les Iroquois et les Outaouais utilisent aussi la rivière et ses environs pour leurs déplacements saisonniers, leur commerce et la guerre. En juin 1613, Champlain effectue sa première expédition sur la rivière des Outaouais et désigne alors la rivière : « rivière des Algoumequins ». Au XVIIe siècle, la présence des tribus huronnes de la région inférieure de la baie Georgienne et des Outaouais du nord du Lac Huron est bien connue.

Durant une brève période, les Outaouais monopolisent la traite des fourrures sur la grande rivière. Les Français attribuent dès lors le nom de rivière des Outaouais. Vers 1630, les Mowaks ennemis des Algonquins multiplient les embuscades sur la grande rivière. La restriction de l'accès à la rivière imposée par les Iroquois nuit grandement aux Français puisque le blocus sur cette artère commerciale névralgique empêche ceux-ci d'accéder au vaste marché des pelleteries des Grands Lacs et de l'Ouest. Ceci donne lieu en 1660 aux affrontements menés par Dollard des Ormeaux au Long-Sault sur la rivière des Outaouais.

La Compagnie du Nord-Ouest et, plus tard, la Compagnie de la Baie d'Hudson construisent leurs monopoles notamment sur cette voie commerciale. Les nombreux forts et postes de traite situés stratégiquement sur les rives de l'Outaouais, depuis le lac Témiscamingue jusqu'à Montréal, témoignent de la forte concurrence commerciale de l'époque. Plusieurs explorateurs dont Nicollet, Radisson, La Vérendrye, Dulhut, D'Iberville et De Troyes affrontent ces rapides et les documentent. Les principaux chroniqueurs de la rivière, témoins privilégiés du commerce des fourrures, sont également tous ces missionnaires qui ont emprunté la rivière des Outaouais pour se rendre entre autres au pays des Hurons. Le commerce des fourrures connaît un déclin durant la première moitié du XIXe siècle qui vient redéfinir la vocation économique de la rivière des Outaouais au profit de l'industrie forestière. Rapidement, la rivière devient le pays des draveurs et des « cageux ».

La division du haut et du bas Canada à même la rivière des Outaouais en 1791 avec l'Acte constitutionnel modifie l'occupation du territoire. En juin 1806, un certain Philemon Wright navigue sur la rivière des Outaouais à bord du premier radeau de bois équarri, le Columbo, en direction de Québec. Wright parvient rapidement à la tête d'une industrie en pleine croissance. En 1820, la rivière des Outaouais s'avère la plaque tournante de l'exploitation forestière en Amérique. Le développement du marché américain pour le bois de charpente avec la signature du traité de réciprocité avec les États-Unis ouvre le commerce au sud et amène la diversification de l'industrie.

Avec l'effervescence du commerce du bois au premier tiers du XIXe siècle, de premiers bateaux à vapeur font leur apparition. Une série d'ouvrages sont entrepris afin de faciliter la navigation sur la rivière entre autres à Grenville, Carillon et Sainte-Anne-de-Bellevue. C'est cependant vers les années 1870 que la plupart des canaux sont élargis afin de faciliter le passage des navires à vapeur de forte dimension. Durant la première partie du XXe siècle, la rivière devient l'hôte de barrages permettant la production d'énergie hydraulique. En 1908, le premier barrage hydroélectrique de la rivière, le barrage des Chaudières, est construit et entre en opération dès 1910. Encore aujourd'hui, la rivière des Outaouais représente la frontière séparant le Québec et l'Ontario.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue
  • Laurentides
  • Montérégie
  • Outaouais

Localisation informelle :

La rivière des Outaouais constitue le principal affluent du fleuve Saint-Laurent. La rivière est d'une étendue de 1 271 km et prend sa source principale dans le Lac des Outaouais.

Après le lac Témiscamingue, la rivière devient la frontière naturelle entre l'Ontario et le Québec. Elle poursuit alors son cours dans un axe sud-est. À pointe Fortune, l'Outaouais cesse de servir de frontière et continue de descendre au Québec exclusivement. La rivière se sépare en quatre bras distincts par les îles de Montréal, Jésus et Perrot. Avant de se séparer, la rivière forme le lac des Deux-Montagnes pour se jeter dans le Saint-Laurent.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOILEAU, Gilles. « La grande route de l'Outaouais ». Histoire Québec. Vol. 4, no 2 (1999), p. 22-25.
  • COMITÉ DE DÉSIGNATION PATRIMONIALE DE LA RIVIÈRE DES OUTAOUAIS, QLF Canada. Document de mise en candidature de la rivière des Outaouais [En Ligne]. http://ottawariver.org/html/news/whatsnew_f.html
  • Commission de toponymie du Québec. Rivière des Outaouais [En Ligne]. http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=46338
  • GAFFIELD, Chad. Histoire de l'Outaouais. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994. 876 p.
  • LABELLE, Ernest. « L'Outaouais, voie d'eau navigable ». Histoire Québec. Vol. 3, no 1 (1997), p. 5-7.
  • LAPOINTE, Pierre-Louis. « Géographie, histoire et définition d'une identité régionale : le cas de l'Outaouais ». Histoire Québec. Vol. 11, no 2 (2005), p. 4-17.
  • NADEAU, Richard. « La rivière des Outaouais, la voie royale vers l'Ouest ». Histoire Québec. Vol. 11, no 2 (2005), p. 35-39.

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