Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Statue (Vierge à l'Enfant)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • vers 1731 – vers 1732 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Arts décoratifs > Orfèvrerie
  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Objet religieux > Objet de dévotion

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Description

Cette Vierge à l'Enfant a été réalisée en 1731-1732 par l'orfèvre parisien Guillaume III Loir (vers 1694-après 1769). Il s'agit d'une pièce d'orfèvrerie religieuse associée aux rites pratiqués dans l'Église catholique. La ronde-bosse, en argent massif, est un objet de piété lié à la dévotion mariale. Celle-ci est généralement exposée dans une église à l'adoration des fidèles et, lors de célébrations particulières, elle peut être portée sur un brancard durant des processions.

Cette sculpture mesure 112,3 cm de haut sur une largeur extérieure de 52 cm et une profondeur de 25,8 cm. Il s'agit d'une représentation de la Vierge Marie portant l'Enfant du bras gauche tandis que de la main droite elle tient un sceptre, orné d'une fleur de lys, au bout de son bras tendu. C'est en tant que Reine du ciel et de la terre que la mère du fils de Dieu présente avec éclat son fils à l'adoration des fidèles pendant que celui-ci leur ouvre les bras en signe d'accueil. L'orfèvre a créé une oeuvre équilibrée toute en mouvements où les drapés sont conçus pour accrocher la lumière et la refléter par un jeu subtil de surfaces légèrement amaties qui voisinent des zones polies.

La figure est soudée à une base carrée déposée sur un socle en bois peint noir qui porte à l'avant en appliqué d'argent le monogramme de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, soit les lettres AM entrelacées pour Ave Maria. Une couronne d'étoiles le surmonte, deux palmes, symbolisant le martyre à venir de l'Enfant, sont appliquées dessous et une paire de trois bouquets de fleurs et de fruits, tenus par un ruban à trois noeuds, complètent l'ornementation de la face avant du socle.

La Vierge à l'Enfant, par sa taille, son élégance et ses qualités esthétiques et techniques intrinsèques est considérée, à juste titre, comme une des plus belles oeuvres d'orfèvrerie du Régime français à être conservée au Québec.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2002.0545

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Dimensions :

  • Hauteur : 112,3 centimètre(s)
  • Largeur : 52 centimètre(s)
  • Poids : 11,17 kilogramme(s)
  • Profondeur : 25,8 centimètre(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Représentation iconographique :

  • Enfant Jésus
  • Vierge Marie

Poinçon :

  • maison commune de Paris 1731-1732 : la lettre P couronnée
  • maître : les lettres G et L et un grain
  • poinçon de charge de Paris 1726-1732 : la lettre A, sur le côté, couronnée

Inscription :

sur le devant de la base : monogramme AM

Sujet :

  • Figure
  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

Cette Vierge à l'Enfant a été réalisée dans l'atelier du maître orfèvre parisien Guillaume III Loir (vers 1694- après 1769). Cet orfèvre prestigieux fait partie d'une grande famille d'artisans dont certains membres ont travaillé pour les rois de France. Plusieurs de ses oeuvres sont conservées dans des musées, des communautés religieuses ou des paroisses du Québec et quelques-unes de celles-ci comptent parmi nos plus belles pièces d'orfèvrerie française d'Ancien Régime. Ajoutons à cela qu'il est reconnu que certaines pièces de Loir ont grandement influencé les orfèvres locaux, en particulier le fameux calice de l'église Notre-Dame de Montréal dont on retrouve intégralement le vocabulaire formel et décoratif dans certaines oeuvres de François Ranvoyzé ou de Laurent Amiot pour ne nommer qu'eux.

En 1638, Louis XIII déclare placer son royaume sous la protection de la Vierge et demande alors à ce que chaque église lui consacre un autel. Dès lors, de nombreuses commandes de représentations de la Vierge sont passées, entre autres, aux orfèvres. C'est dans ce contexte de la dévotion mariale mise en place par le roi qu'il faut situer la statue de Loir. Celle-ci semble avoir été acquise pour orner l'église de la mission sulpicienne du Lac des Deux-Montagnes concédée en 1718 par Louis XV.

Nous ne savons pas à quel moment la ronde-bosse est arrivée au pays, ni par quel canal. Depuis le milieu du XIXe siècle, les écrits se succèdent répétant que la Vierge à l'Enfant a été offerte par Louis XV en 1754 pour l'église d'Oka. Le mythe veut que le sulpicien François Picquet (1708-1781), alors en voyage en France, l'ait rapporté au pays. Cette hypothèse ne résiste cependant pas à l'analyse. En effet, pourquoi le roi aurait-il alors offert une oeuvre datant d'une vingtaine d'années? Le récit s'est bâti à partir du fait que l'abbé Picquet a fait construire un brancard pour déplacer la statue lors d'une procession dans la mission alors aux prises avec une épidémie de picote qui faisait des ravages dans la population. Étant donné que c'est le plus ancien témoignage de la présence de la sculpture dans la mission, on en a déduit que l'abbé Picquet avait rapporté la Vierge de France en 1754. Il faut plutôt trouver une autre occasion pour expliquer l'arrivée de cette statue dans la mission et l'événement contemporain à sa fabrication c'est l'érection de l'église d'Oka à l'automne 1732. En l'absence de documents, il n'est cependant pas possible de vérifier et de prouver cette assertion ni aucune autre, ni de savoir qui a commandé l'oeuvre.

Auteur : Joanne Chagnon, 2014.

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Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • CHAGNON, Joanne. « L'orfèvrerie des Messieurs de Saint-Sulpice ». LACROIX, Laurier. Les arts en Nouvelle-France. Collection Arts du Québec. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec : Publications du Québec, 2012, p. 186-187.
  • CUOQ, André, p.s.s., Notes pour servir à l'histoire de la Mission du Lac des Deux-Montagnes, 130p., département des archives, Univers culturel de Saint-Sulpice, voûte 2, armoire 7, tiroir 115, dossier 27.
  • MORISSET, Gérard. « Le trésor de la mission d'Oka ». La Patrie (Montréal), 13 novembre 1949, p. 18.
  • TRUDEL, Jean, dir. Le Grand héritage : L'Église catholique et les arts au Québec. Québec, Musée du Québec, 1984. 369 p.
  • TRUDEL, Jean. L'orfèvrerie en Nouvelle-France. Ottawa, Galerie nationale du Canada pour la Corporation des Musées nationaux du Canada, 1974. 239 p.
  • VILLENEUVE, René. Du baroque au néo-classicisme. La sculpture au Québec. Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, 1997. 220 p.

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