Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Maître-autel

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • après 1694 – avant 1706 (Production)
  • vers 1796 (Production)
  • vers 1877 (Donation)
  • vers 1877 – (Modification ou transformation de l'objet)

Période :

  • Le Régime français (1534 à 1760)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Autel et son environnement
  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Meuble lié à l'Eucharistie

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Fait partie de :

Autres biens associés :

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Patrimoine mobilier associé (1)

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Groupes associés (1)

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Description

Le maître-autel est une pièce du mobilier liturgique cédé à la chapelle historique des Sœurs-du-Bon-Pasteur en 1877. L'ensemble est constitué d'un tombeau réalisé vers 1796 et d'un tabernacle en bois sculpté et doré produit entre 1695 et 1705. Le tabernacle est d'une hauteur de 291 cm, d'une largeur de 272 cm et d'une profondeur de 63,5 cm. Il est composé d'une organisation architecturale à trois pyramides posées sur deux gradins qui logent la réserve eucharistique. Les gradins sont ornés de rinceaux de feuilles d'acanthe et de deux médaillons. Au centre, la porte en métal de la réserve eucharistique est ornée d'une croix. Une plinthe sépare les gradins du stylobate. L'étage de la monstrance est rythmé par des colonnettes, deux niches à coquille et des ressauts sculptés de fleurs aux ailes. Au centre, une grande porte pivotante ornée d'un relief du Bon Pasteur empiète sur l'entablement et l'attique. Le couronnement est composé d'une niche d'exposition à trois baies surmontée d'un dôme à godron et de deux reliquaires aux ailes. Les trois couronnements sont surmontés de croix faitières. Le tabernacle est supporté par le tombeau qui présente un profil galbé à la romaine. Des festons de feuilles d'acanthe dorés relient les coins jusqu'au centre du tombeau.

Ce bien est classé objet patrimonial.

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec

Dimensions :

  • Hauteur (Mesurée / intégral) : 291 centimètre(s)
  • Largeur (Mesurée / intégral) : 272 centimètre(s)
  • Profondeur (Mesurée / intégral) : 63,5 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois
  • Métal

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Assemblé, à tenon et mortaise
  • Doré
  • Sculpté

Représentation iconographique :

  • Bon Pasteur
  • Coeur rayonnant
  • Coquilles
  • Croix
  • Festons
  • Feuilles d'acanthe
  • Fleurs
  • Godrons
  • Médaillons
  • Rinceaux

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Situé dans un immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-10-08
 

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Valeur patrimoniale

Le maître-autel présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette pièce de mobilier témoigne de l'importance de la célébration de l'eucharistie dans la religion catholique. Traditionnellement, le maître-autel était composé d'un tombeau supportant la table où était célébrée l'eucharistie et d'un tabernacle destiné à conserver les hosties consacrées. Le tabernacle pouvant aussi servir à présenter l'ostensoir et contenant parfois des reliquaires, l'ensemble présentait souvent des dimensions imposantes. Ce meuble, au centre des pratiques liturgiques, était généralement placé au fond du choeur. Plusieurs changements sont apportés à la liturgie par l'Église catholique à la suite du concile Vatican II (1962 - 1965). Depuis, les autels anciens ne sont plus utilisés pour la célébration de la messe. De nouvelles tables d'autel sont plutôt installées au centre du choeur et le célébrant fait face aux fidèles. De nombreuses paroisses conservent toutefois leurs anciens autels qui gardent parfois leur fonction de réserve eucharistique. Le maître-autel de la chapelle historique des Soeurs-du-Bon-Pasteur évoque ainsi une pratique liturgique catholique ancienne. Ce dernier constitue également un ornement important depuis trois siècles pour divers lieux de culte et notamment pour les Soeurs du Bon-Pasteur qui en sont propriétaires depuis plus de 150 ans.

Le maître-autel présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique puisqu'il est associé à Jacques Leblond de Latour (1671 - 1715), artiste sculpteur reconnu pour son savoir-faire exceptionnel ainsi que l'élégance et la richesse de ses créations. Son influence marque toute une génération de sculpteurs, dont Charles Vézina (1685 - 1755) et probablement Noël Levasseur (1681 - 1740). Le maître-autel est également associé au menuisier et ornemaniste Pierre-Florent Baillairgé (1761 - 1812). Ce dernier fait partie de l'une des plus illustres familles d'artistes du Québec qui est reconnue pour un remarquable savoir-faire dans la sculpture religieuse. L'oeuvre richement ornée, comprenant tombeau et tabernacle, forme un ensemble exceptionnel. Le tabernacle du maître-autel s'apparente largement à celui que Leblond de Latour conçoit entre 1695 et 1705 pour l'église de L'Ange-Gardien. Le meuble de la chapelle des Soeurs du Bon-Pasteur se distingue toutefois par ses colonnettes doublées, ses panneaux ornés de fleurs sculptées et son couronnement plus élaboré avec ses riches ailerons finement sculptés. Dans un état de conservation exceptionnel, malgré quelques altérations, le tabernacle compte parmi les plus anciens meubles de ce type subsistant au Québec. Le tombeau du maître-autel, plus sobrement décoré, s'harmonise à l'ensemble par ses motifs de feuillage doré. Le maître-autel de la chapelle historique des Soeurs du Bon-Pasteur constitue une oeuvre d'art à la fois équilibrée et élégante.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2019.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du tabernacle du maître-autel liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- son volume, dont la hauteur de 291 cm, la largeur de 272 cm et la profondeur de 63,5 cm;
- les matériaux, dont le bois sculpté et la dorure appliquée sur l'ensemble du meuble;
- l'organisation architecturale à trois pyramides (surmontée de croix faitières);
- les gradins ornés de rinceaux de feuilles d'acanthe et de deux médaillons;
- la réserve eucharistique fermée par une porte métallique ornée d'une croix;
- l'étage de la monstrance, dont les colonnettes, les deux niches à coquille, les ressauts sculptés de fleurs aux ailes, la grande porte centrale pivotante ornée d'un relief représentant le Bon Pasteur;
- l'étage du couronnement, dont la niche d'exposition centrale à trois baies, le couronnement en dôme à godrons et les deux reliquaires aux ailes.

Les éléments caractéristiques du tombeau du maître-autel comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire et le profil galbé à la romaine;
- les matériaux, dont le bois sculpté et doré;
- l'ornementation des angles, dont les motifs de festons de feuilles d'acanthe;
- l'ornementation de l'avant, dont les festons de feuilles d'acanthe et le coeur rayonnant de Jésus-Christ sculpté et doré.

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Informations historiques

Le tabernacle de ce maître-autel est conçu entre 1695 et 1705. Il était anciennement situé dans l'église de Saint-Louis-de-Lotbinière construite de 1717 à 1724 et remplacée en 1818 par l'église actuelle. Il n'aurait toutefois pas été sculpté pour Lotbinière, mais pour une paroisse voisine. Ce tabernacle est attribué au sculpteur Jacques Leblond de Latour (1671 - 1715). L'ornemaniste est originaire de Bordeaux où il est formé en peinture et en sculpture, notamment par son père Antoine (vers 1630 - 1706). Leblond de Latour arrive en Nouvelle-France en 1690. Tout en poursuivant sa carrière de sculpteur, il étudie au Séminaire de Québec avant d'être ordonné prêtre en 1706. Ce talentueux sculpteur prend une part importante, au début du XVIIIe siècle, à la réalisation des décors intérieurs des églises de la Côte-de-Beaupré. Il est aussi le maître d'oeuvre d'une grande quantité de commandes dans les paroisses environnantes de Québec. Son impressionnante production s'explique par la présence, dans son entourage, d'une équipe qu'il compose et forme.

Bien qu'il soit attribué à Leblond de Latour, ce tabernacle pourrait également avoir été sculpté selon les méthodes et les influences de ce dernier par l'un des artistes de son atelier. Plusieurs détails de l'architecture, de la composition et de la riche ornementation du tabernacle s'apparentent aux ouvrages attribués à Leblond de Latour, tandis que quelques détails rappellent certaines réalisations du sculpteur Noël Levasseur (1680 - 1740).

Le tombeau sur lequel le tabernacle repose aurait été produit par Pierre-Florent Baillairgé (1761 - 1812) vers 1796 pour l'église de Château-Richer. Reconnu comme menuisier, sculpteur et ornemaniste de talent, Baillairgé s'est spécialisé dans la production de mobilier religieux dans la région de Québec auprès de son père Jean (1726 - 1805). Vers la fin du XVIIIe siècle, Pierre-Florent et son père réalisent plusieurs contrats, dont celui d'un tabernacle et d'un tombeau en bois sculpté, peint et doré, pour l'église de Maskinongé. Il aurait produit, seul, les autels latéraux vers 1800 ainsi que le tombeau du maître-autel de l'église de Château-Richer. Ces meubles liturgiques ont été offerts aux Soeurs du Bon-Pasteur par la fabrique de Château-Richer dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1877, le curé de la paroisse de Saint-Louis-de-Lotbinière aurait fait donation du tabernacle aux Soeurs du Bon-Pasteur pour leur chapelle construite entre 1866 et 1868, en échange de peintures pour sa propre église.

Dans les semaines qui suivent l'arrivée du tabernacle dans la chapelle de la communauté en 1877, ce dernier voit son aspect modifié. Il est alors redoré et est transformé afin de permettre le rangement de ciboires et d'ostensoirs de plus grands formats. Aussi, il aurait été exhaussé par l'addition d'éléments afin de le rendre plus harmonieux avec l'organisation spatiale de la chapelle. Une plinthe est ajoutée aux gradins et au stylobate. L'entablement est découpé et un empiètement est ajouté à l'attique afin d'installer une porte pivotante ornée d'un relief du Bon Pasteur. Trois croix sont aussi ajoutées aux couronnements. La porte de la réserve eucharistique, anciennement ornée d'un pélican, est remplacée au milieu du XXe siècle par une porte métallique.

Ce maître-autel est classé en 1975, en même temps que plusieurs autres objets patrimoniaux conservés dans la chapelle historique des Soeurs-du-Bon-Pasteur, classée au même moment.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église Saint-Louis de Lotbinière. Chevet plat et sacristie axiale ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sloulot/sloulotf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999. 428 p.
  • DEROME, Robert et Madeleine LANDRY. L'art sacré en Amérique française : le trésor de la Côte-de-Beaupré. Québec, Éditions du Septentrion, 2005. 207 p.
  • DROLET, Lise. « Oeuvres d'art de la chapelle du Bon-Pasteur ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 194-198.
  • DUVAL, Monique. « Les religieuses du Bon-Pasteur veulent égargner leur chapelle de la démolition ». Le Soleil, 2 octobre 1974, p. 1-1.
  • GAUTHIER, Raymonde. « Baillairgé, Pierre-Florent ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • GAUTHIER, Raymonde. Les tabernacles anciens du Québec des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1974. 112 p.
  • PAYER, Claude et Daniel DROUIN. Les tabernacles du Québec des XVIIe et XVIIIe siècles. Québec, Les publications du Québec, 2016. 271 p.
  • TRUDEL, Jean. « Leblond de Latour, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/leblond_de_latour_jacques_2F.html

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