Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-Jean-Baptiste-de-L'Isle-Verte

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • L'Isle-Verte

Date :

  • 1846 – 1855 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (3)

Personnes associées (9)

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Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1846 à 1855. Le bâtiment en pierre équarrie présente un plan composé d'une nef rectangulaire terminée par un chevet plat. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits. Une tour-clocher couronnée d'une flèche et d'une croix s'élève au centre de la façade dotée de trois portails à arc brisé. Une chapelle-sacristie est greffée au chevet. Elle présente un plan rectangulaire complété par une abside plus étroite à pans coupés et elle est surmontée d'un toit à deux versants droits. Le lieu de culte est érigé sur un terrain plat et dégagé situé dans le noyau villageois.

Ce bien, y compris une partie du terrain, est classé immeuble patrimonial. L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste est aussi comprise dans l'îlot religieux de L'Isle-Verte, un site patrimonial cité par la municipalité. Des objets patrimoniaux classés sont conservés dans le lieu de culte.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2015-11-17
Prise d'effet : 2013-11-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2014-10-09
  • Avis d'intention de classement, 2013-11-14
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (L'Isle-Verte) 2008-02-11
 

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Valeur patrimoniale

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu de culte est implanté sur un site occupé à des fins religieuses depuis les débuts de la localité. Concédée au XVIIe siècle, la seigneurie de l'Île-Verte est toutefois surtout occupée à partir du XVIIIe siècle. À cette époque, la mission est desservie par des prêtres missionnaires. Le terrain où s'élève aujourd'hui l'église est donné officiellement par le seigneur en 1778. Le lieu de culte en bois qui y est construit à partir de 1798 est probablement le troisième de la mission. La population de L'Isle-Verte croît de façon considérable au début du XIXe siècle et la paroisse est érigée canoniquement en 1828. C'est dans ce contexte qu'est autorisée, en 1833, la construction de l'église, laquelle commencera finalement 13 ans plus tard. Le lieu de culte témoigne donc d'une période importante dans l'histoire de la localité. Par ailleurs, le terrain sur lequel s'élève l'église comprend une zone de potentiel archéologique qui pourrait contenir, notamment, des vestiges d'un ancien presbytère et d'une dépendance témoignant de l'ancienneté de l'occupation du site à des fins religieuses.

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Plusieurs architectes marquants de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle ont contribué à donner au bâtiment de style néogothique son apparence actuelle. Les plans originaux de l'église construite entre 1846 et 1855 sont attribués à Charles Baillairgé (1826-1906). Ce dernier, issu d'une importante famille de sculpteurs et d'architectes, a conçu plusieurs lieux de culte et d'autres bâtiments importants, dont l'ancienne prison des plaines d'Abraham. L'extérieur de l'église est achevé en 1855 sous la supervision de François-Xavier Berlinguet (1830-1916), lui aussi issu d'une famille de sculpteurs et d'architectes. Ce dernier travaillera d'ailleurs avec son père, Louis-Thomas Berlinguet (1789-1863), à la création du décor intérieur original de l'église. Le lieu de culte est ensuite modifié d'après les plans de David Ouellet (1844-1915), un architecte prolifique du tournant du XXe siècle. En 1890, le clocher placé sur le faîte de l'église est ainsi remplacé par la tour-clocher actuelle. La même année, une chapelle-sacristie est ajoutée contre le chevet. L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste est donc un témoin représentatif de l'architecture religieuse de la seconde moitié du XIXe siècle.

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et artistique reposant sur la qualité de son décor intérieur. En 1906, la fabrique adopte une résolution pour inviter le chanoine Georges Bouillon (1841-1932) à proposer des façons d'embellir l'intérieur. Originaire de la région, Bouillon jouit d'une bonne réputation en matière d'architecture religieuse à cette époque. Il conçoit plusieurs lieux de culte, dont la cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, et préconise l'emploi du style néogothique. Les plans du nouveau décor intérieur de l'église de L'Isle-Verte sont tracés par l'architecte Thomas Raymond (1853-1923) d'après les esquisses de Bouillon. Les travaux sont exécutés de 1914 à 1917. La fausse voûte à nervures multiples, les piliers fasciculés, le foisonnement d'éléments sculptés couvrant une large part des surfaces et les pièces de mobilier fixes, comme la chaire surmontée d'une flèche ajourée, constituent l'un des intérieurs d'influence néogothique les plus achevés de l'architecture religieuse catholique québécoise de cette époque. L'ensemble intègre de manière harmonieuse et cohérente quelques éléments plus anciens, dont le maître-autel probablement conçu par Louis-Thomas Berlinguet entre 1857 et 1862.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste liés à ses valeurs patrimoniales comprennent notamment :
- son implantation sur un terrain plat et dégagé situé dans le noyau villageois;
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire terminée par un chevet plat, le toit à deux versants droits surmonté d'un campanile au-dessus du choeur, ainsi que la tour-clocher centrale couronnée d'une flèche et d'une croix;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre équarrie de différentes teintes, la couverture en tôle posée à la canadienne ainsi que les éléments ornementaux et architecturaux en bois ou en pierre de taille (certains couverts de tôle);
- les ouvertures, dont le portail central composé d'une porte en bois à panneaux et à double vantail surmontée d'un tympan à arc brisé, les portails latéraux composés de portes en bois à panneaux et à double vantail surmontées d'un tympan à arc brisé surbaissé, les fenêtres à arc brisé à remplage en bois, la petite ouverture à trois côtés arrondis, les soupiraux et les chambranles en pierre de taille;
- les éléments ornementaux, dont les pinacles, les faibles saillies évoquant les contreforts en façade, les bandeaux, la corniche et les clés décoratives;
- la souche de cheminée;
- l'aménagement intérieur, dont la division de la nef en trois vaisseaux séparés par des piliers fasciculés dotés de chapiteaux sculptés, la clôture sculptée séparant le choeur des tribunes et d'un passage vers la chapelle-sacristie, la tribune arrière et la fausse voûte à nervures multiples;
- le décor intérieur peint en blanc et doré et composé principalement d'éléments sculptés, de caissons et de moulures ornant une large part des surfaces, notamment celles des quartiers, des tiercerons, des écoinçons, des murs latéraux, des ébrasements et des garde-corps;
- les éléments fixes en bois sculpté intégrés au décor intérieur, dont le maître-autel (composé d'un tombeau rectangulaire orné, entre autres, de colonnettes et d'arcs en accolade, ainsi que d'un tabernacle doté de niches, orné notamment d'arcs brisés et de gâbles et couronné d'une flèche à crochets), les autels latéraux (composés d'un tombeau rectangulaire orné de colonnettes et d'un tabernacle orné de pinacles et de gâbles et doté d'une niche surmontée d'un dais), la chaire (composée d'une cuve polygonale historiée, d'un escalier courbe et d'un abat-voix polygonal à flèche ajourée), la table de communion, les confessionnaux, les stalles du ch¿ur, le banc du connétable et le chemin de croix;
- l'orgue de la Compagnie d'orgues canadiennes ltée;
- la chapelle-sacristie greffée au chevet, dont le plan rectangulaire à un étage terminé par une abside à pans coupés plus étroite, le toit à deux versants droits, la maçonnerie en moellons équarris, la pierre à bossage et la pierre de taille lisse, le parement de planches horizontales, la couverture en tôle (dont une partie posée à la canadienne), les fenêtres à arc brisé, le porche fermé de plan carré (doté d'une porte à panneaux surmontée d'un tympan à arc brisé et d'un fronton triangulaire), la lucarne à pignon et la souche de cheminée sur le faîte arrière;
- le décor intérieur de la chapelle-sacristie, dont la voûte en arc-de-cloître déprimée peinte en blanc et doré, les grandes portes coulissantes en bois à vitrage séparant le sanctuaire du reste de la sacristie, les éléments sculptés (notamment les pilastres, arcs et clés encadrant les ouvertures et la corniche à denticule), les boiseries du bas des murs et de l'ébrasement des fenêtres, l'autel composé d'un tombeau rectangulaire et d'un tabernacle orné notamment de colonnettes et d'arcs brisés, les confessionnaux et les grandes armoires intégrées.

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Informations historiques

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste s'élève sur un site occupé à des fins religieuses depuis le XVIIIe siècle. La seigneurie de l'Île-Verte est concédée au XVIIe siècle, mais Jean-Baptiste Côté (1670-1736) est le premier seigneur de l'endroit à y résider, de 1711 à son décès. C'est possiblement à sa mémoire que la mission et la paroisse seront dédiées à saint Jean-Baptiste.

Au XVIIIe siècle, la mission est desservie par des prêtres missionnaires qui oeuvrent sur l'ensemble du territoire du Bas-Saint-Laurent. La construction d'un lieu de culte, possiblement le troisième de la mission, commence en 1798, sur un terrain donné officiellement à cette fin par le seigneur de l'endroit vingt ans plus tôt.

La paroisse est érigée canoniquement en 1828, alors que la population croît considérablement. Dès 1833, l'archevêque de Québec, Mgr Joseph Signay (1778-1850), donne son autorisation pour la construction d'une nouvelle église. Le chantier n'est toutefois lancé qu'en 1846. Les plans originaux auraient été produits par Charles Baillairgé (1826-1906). Toutefois, la construction commence alors que les plans ne sont vraisemblablement pas encore approuvés officiellement par l'évêque, qui apprend en 1848 que l'église est plus grande que ce qui était prévu deux ans plus tôt. Mgr Signay laisse planer la menace d'arrêter les travaux, voire de faire démolir ce qui a déjà été fait. Finalement, au début de l'année 1849, l'archevêque donne l'autorisation de reprendre les travaux et accepte les nouvelles dimensions.

L'extérieur de l'église est achevé en 1855 par François-Xavier Berlinguet (1830-1916). Par la suite, aidé de son père Louis-Thomas Berlinguet (1789-1863), il crée le décor intérieur du lieu de culte. Le presbytère construit à cette époque (vers 1857) et certaines dépendances, dont un fournil, s'élevaient alors tout près de l'église.

De 1884 à 1890, de nouveaux travaux d'importance sont effectués par l'entrepreneur Cyrias Ouellet selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Le clocher construit sur le faîte est remplacé par une tour-clocher centrale, et la chapelle-sacristie est érigée. L'autel de cette sacristie est aussi conçu par David Ouellet. Ce dernier, associé à Pierre Lévesque (1880-1955), produira aussi les plans pour les travaux sur les fondations de l'église qui seront effectués par l'entrepreneur Joseph Dagneau en 1910.

En 1906, la fabrique adopte une résolution demandant au curé d'inviter le chanoine Georges Bouillon (1841-1932), établi à Ottawa et qui avait conçu la chapelle de l'archevêché de Rimouski en 1901, à venir visiter l'église et à proposer des façons d'embellir l'intérieur du lieu de culte. Les plans du nouveau décor intérieur sont tracés par l'architecte Thomas Raymond (1853-1923), d'après les esquisses de Bouillon. Les travaux sont effectués de 1914 à 1917 par Joseph Dagneau et le sculpteur Alyre Prévost (vers 1880-1937). La fabrication des bancs est confiée à Philodime Michaud. Un orgue de 29 jeux de la Compagnie d'orgues canadiennes de Saint-Hyacinthe est installé en 1915. Les lampes à l'huile cèdent la place à l'éclairage électrique durant cette campagne de travaux. Le maître-autel fabriqué à ce moment est jugé moins réussi, et le maître-autel précédant, probablement conçu par Louis-Thomas Berlinguet entre 1857 et 1862, retrouve sa place dans le choeur. L'inauguration de l'église ainsi redécorée a lieu lors de la messe de minuit en 1917.

Le lieu de culte est inclus dans l'îlot religieux de L'Isle-Verte, un site du patrimoine constitué en 2008 qui devient un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

L'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste est classée en 2015. Le classement inclut une partie du terrain. Un tableau placé au-dessus du maître-autel, un calice et une patène sont classés au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • L'Isle-Verte

Adresse :

  • rue Saint-Jean-Baptiste

Latitude :

  • 48° 0' 53.8"

Longitude :

  • -69° 20' 18.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 351 405 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • Corporation de développement économique de l'Isle Verte. Le circuit patrimonial de l'Isle-Verte. Saint-Pascal, Imprimerie Mot à Mot, 2002. 62 p.
  • CÔTÉ, Léopold et Odette DIONNE CÔTÉ. L'Isle-Verte au fil des ans. L'Isle-Verte, 2001. 355 p.
  • GAUTHIER, Richard. Étude patrimoniale de l'église La-Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste, L'Isle-Verte, Bas-Saint-Laurent. s.l. 2008. 50 p.
  • GAUTHIER, Richard. Étude patrimoniale de l'église La-Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste, L'Isle-Verte, Bas-Saint-Laurent: Recommandation et Énoncé d'importance et historique. s.l. 2008. 13 p.
  • MICHAUD, Robert. Guide patrimonial de L'Isle-Verte. Trois-Pistoles, Centre d'édition des Basques, 1998. 77 p.
  • s.a. Album souvenir des fêtes du 150e anniversaire d'érection canonique de L'Isle-Verte. L'Isle-Verte, Castelriand, 1978. 192 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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