Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice

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Description

Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice est un territoire aménagé à partir du milieu du XVIIIe siècle. Il se compose essentiellement de vieilles maisons de ferme et de résidences de villégiature implantées, pour la plupart, en bordure de la rue Fraser. Une végétation abondante et des aménagements diversifiés entourent les bâtiments. Le secteur est délimité par le fleuve Saint-Laurent au nord et s'étend depuis la limite est de la ville de Rivière-du-Loup jusqu'au croisement de l'autoroute Jean-Lesage à l'ouest. Vers le sud, le site du patrimoine se prolonge au-delà de la rue Fraser qui le traverse d'ouest en est. Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice est situé dans la partie nord-ouest de la ville de Rivière-du-Loup.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains. Le site comprend un immeuble patrimonial cité, la maison Ward.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Rivière-du-Loup) 2003-09-08
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice présente un intérêt pour sa valeur historique. Le site témoigne principalement de deux périodes d'occupation. Les terres de ce secteur, d'abord vouées à l'agriculture, sont concédées dès 1750. Un siècle plus tard, quelques fermiers louent leur maison à des familles anglophones durant l'été. L'arrivée du chemin de fer vers 1860 contribue à la popularité de l'endroit. À la recherche d'un milieu de vie sain pour profiter de la belle saison, les premiers estivants achètent des terrains pour y bâtir des résidences d'été; ainsi apparaissent les premières villas. Des figures marquantes de la vie politique canadienne séjournent dans le Vieux-Saint-Patrice. Au tournant du XXe siècle, le profil des estivants se diversifie avec l'arrivée de personnes du monde des affaires. La vocation de villégiature et la renommée du secteur s'étendent au XXe siècle. Certains agriculteurs louent ou vendent leur maison, tandis que d'autres ouvrent des pensions ou des auberges pour accueillir le tourisme estival. Par ailleurs, le site patrimonial est associé à plusieurs éminents personnages, dont le premier ministre John A. Macdonald (1815-1891) qui y séjourne entre 1871 et 1890. Louis S. Saint-Laurent (1882-1973), aussi premier ministre canadien, y réside entre 1950 et 1971.

Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Le site comprend une quarantaine de bâtiments construits principalement entre 1840 et 1930. Le paysage bâti se compose de maisons de ferme et de résidences de villégiature. Les habitations de ferme se rattachent à la maison québécoise d'inspiration néoclassique du milieu du XIXe siècle. Celles-ci se caractérisent par leur plan rectangulaire, leur élévation d'un étage et demi ainsi que leur toit à deux versants. Pour leur part, les résidences de villégiature sont issues de courants architecturaux à la mode au tournant du XXe siècle, dont l'architecture d'inspiration étasunienne et le style Second Empire. De même, sont présents divers styles popularisés dans la foulée du mouvement pittoresque au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Les maisons de ferme se caractérisent plutôt par leur sobriété. Les résidences de villégiature, quant à elles, se démarquent souvent par leurs détails ornementaux raffinés en bois.

Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice présente aussi un intérêt pour sa valeur urbanistique. Sa trame urbaine révèle la succession de deux modes d'occupation du territoire. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les terres de cette partie de la seigneurie de Rivière-du-Loup sont concédées suivant la forme de longues bandes perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent rejoignant celui-ci. Ces lots sont occupés exclusivement par des agriculteurs pendant plus d'un siècle. Le côté sud de la rue Fraser conserve quelques ensembles agricoles traditionnels, dont les maisons Malcolm et Homérile-Boucher. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, certaines propriétés agricoles sont subdivisées afin de recevoir des résidences secondaires le long de la rue Fraser. Les propriétaires implantent les bâtiments en retrait de la route, notamment sur le côté nord de la rue Fraser.

Le site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. L'abondance et la maturité de la végétation ainsi que les différents aménagements caractéristiques de la tradition anglo-saxonne confèrent au site une qualité paysagère d'exception à l'échelle de la région. Le site patrimonial est doté d'écrans d'arbres et de haies répartis en bordure du tracé étroit et sinueux de la rue Fraser. Cette disposition isole les propriétés et rend les bâtiments invisibles aux passants. Des allées sont dessinées depuis la rue Fraser jusqu'aux résidences principales. Ce type d'aménagement valorise les effets de surprise et de pittoresque.

Source : Ville de Rivière-du-Loup, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Village-de-Saint-Patrice liés à ses valeurs historique, architecturale, urbanistique et paysagère comprennent, notamment :
- sa situation en bordure du fleuve Saint-Laurent, traversé par la rue Fraser, dans la ville de Rivière-du-Loup;
- les traces des deux principales époques de l'occupation humaine du lieu, dont le lotissement des terres en bandes rectangulaires perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent et les subdivisions à proximité de la rue Fraser;
- la prédominance d'un couvert végétal mature;
- la sinuosité de la rue Fraser et l'encadrement de la route par la végétation;
- la présence d'écrans aux abords de la rue Fraser composés de haies d'arbres ou d'arbustes, de pierres ou de bois;
- la présence d'allées menant aux résidences;
- l'implantation de plusieurs bâtiments en retrait de la route;
- la présence de maisons rurales construites entre 1840 et 1880 témoignant de l'occupation agricole, dont la pension Chouinard;
- la présence de maisons bâties entre le milieu du XIXe siècle et 1930 témoignant de l'occupation de villégiature, dont la maison Ward (cité immeuble patrimonial), la maison Alexandre-Moreau, Lockiel-Cottage, la maison Pierre-Pelletier, la maison Edward-G.-Meredith et la maison Kenneth-Molson;
- les caractéristiques des maisons rurales d'inspiration néoclassique, dont leur plan rectangulaire, leur élévation d'un étage et demi ou de deux étages, leur toiture à deux versants retroussés protégeant les galeries en façade, la disposition symétrique de leurs ouvertures;
- les maisons de villégiature influencées par plusieurs styles populaires à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle et comportant une ornementation raffinée, dont les lucarnes monumentales, les impostes ouvragées, les lanternons rectangulaires, les grandes galeries couvertes, les garde-corps en croix de Saint-André, les aisseliers décoratifs;
- la présence d'un ensemble de cinq dépendances agricoles en bois, dont une grange-étable et plusieurs hangars bien conservés, reliés à la maison Malcolm;
- la présence de revêtements en bois à clins et en bardeau de bois.

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Informations historiques

Au XVIIIe siècle, le territoire de l'actuel Vieux-Saint-Patrice fait partie de la seigneurie de Rivière-du-Loup. Les lots initiaux se composent d'étroites et profondes bandes de terre perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent. Le chemin du Roy (l'actuelle rue Fraser), établi au tournant du XIXe siècle, plus au sud que le parcours initial, traverse le territoire d'ouest en est.

La paroisse de Saint-Patrice est érigée en 1833 et englobe ce territoire agricole en marge du noyau villageois. À partir de 1840, les habitations rurales de l'actuel site sont construites. Il s'agit de maisons québécoises d'esprit néoclassique avec leurs toits à deux versants retroussés, leurs galeries couvertes et l'ordonnance symétrique de leurs ouvertures. Plusieurs dépendances agricoles complètent les propriétés. Ce secteur a alors une vocation agricole. Un certain nombre de bâtiments du site témoignent de cette période, dont la maison Homérile-Boucher.

Au cours de la décennie 1850, les lieux retiennent l'attention de familles bourgeoises anglophones, qui s'y installent pour la période estivale. À l'image d'autres agglomérations du Bas-Saint-Laurent, le secteur attire des estivants de Montréal et d'Ottawa qui désirent profiter d'un environnement naturel de qualité. Ces premiers résidents estivaux louent d'abord les maisons des fermiers. Ils achètent ensuite des terres afin d'y construire des résidences secondaires. Leurs bâtiments sont principalement implantés en retrait du côté nord du chemin du Roy, renommé rue Fraser en 1851. L'arrivée du chemin de fer vers 1860 facilite l'accès à Rivière-du-Loup. Cette dernière devient le terminus est du chemin de fer du Grand-Tronc, contribuant à en faire la métropole du Bas-Saint-Laurent. Un premier bureau de poste est ouvert dans le secteur par Abraham Joseph en 1879.

Les estivants font connaître l'endroit, suscitant un engouement auprès de la classe politique. Entre 1871 et 1890, le premier ministre du Canada John A. Macdonald (1815-1891) occupe une maison d'été à Saint-Patrice. Au cours de cette période, les gouverneurs généraux Lord Monck (Charles Stanley Monck, 1819-1894) et Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902) louent des résidences. Au début du XXe siècle, la bourgeoisie d'affaires s'ajoute à cette première vague. Elle entraîne la subdivision de plusieurs terres aux abords de la rue Fraser ainsi qu'une intensification de la construction résidentielle. Pour répondre aux besoins des nouveaux résidents en matière de loisirs, un golf est aménagé en 1902.

La communauté anglophone apporte ses traditions, notamment en architecture et en aménagement. Les maisons de villégiature s'inspirent des courants architecturaux à la mode de l'époque, dont l'architecture pittoresque et le style Second Empire. Pour leur part, les aménagements paysagers se composent d'allées, de jardins et de courts de tennis. Des écrans d'arbres et de haies, disposés en bordure de la rue Fraser, isolent les propriétés de la route sinueuse. Les effets de surprise qui en résultent sont typiques du mouvement pittoresque.

La vocation de villégiature du secteur se poursuit au XXe siècle, alors que les agriculteurs continuent de louer ou de vendre leurs propriétés aux estivants. Certains d'entres eux ouvrent des établissements destinés aux touristes tels que la pension Chouinard, ou encore dans les années 1940 le St. Patrick Inn. De 1950 à 1971, le premier ministre canadien Louis S. Saint-Laurent (1882-1973) réside à Saint-Patrice durant l'été. La persistance de la vocation de villégiature a favorisé la conservation du milieu tant bâti que naturel du Vieux-Saint-Patrice.

Le site du patrimoine du Vieux-Saint-Patrice est constitué en 2003. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Rivière-du-Loup

Latitude :

47° 48' 48.0"

Longitude :

-69° 34' 30.0"

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Bergeron Gagnon, Inc. Ville de Rivière-du-Loup: Inventaire du patrimoine bâti, rapport synthèse. Ville de Rivière-du-Loup (Québec), Ville de Rivière-du-Loup, 2001. 159 p.
  • BOUCHER, Denis. Découverte des secteurs patrimoniaux: Vieux Saint-Patrice. Rivière-du-Loup (Québec), Ville de Rivière-du-Loup, 2006. s.p.
  • BOUCHER, Denis. Rivière-du-Loup : Paysages urbains et architecture traditionnelle: guide de découverte des secteurs patrimoniaux : Centre-ville, Faubourg, La Pointe, Saint-François, Saint-Ludger, Vieux-Saint-Patrice. Rivière-du-Loup, Service loisirs, culture et communautaire, Ville de Rivière-du-Loup, 2003. 36 p.
  • s.a. Bas-Saint-Laurent: circuit patrimonial. Lennoxville (Québec), Réseau du patrimoine anglophone du Québec, 2004. 2 p.

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