Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Notre-Dame-de-la-Victoire

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Chapelle de la Congrégation

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Lévis

Date :

  • 1850 – 1851 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (15)

Carte

Description

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire est un lieu de culte de tradition catholique de style néoclassique érigé en 1850 et 1851 et agrandi à deux reprises entre 1854 et 1896. L'édifice néoclassique en pierre de taille à deux étages présente un plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits muni de croupes au transept. La façade monumentale à cinq travées comprend un avant-corps central orné d'un fronton et d'un couronnement. Elle est surmontée d'un clocher à deux lanternes terminé par une flèche. Un campanile est disposé à la croisée du transept. La sacristie rectangulaire en pierre à bossage, à deux étages et à soubassement surhaussé, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Contiguë au presbytère, l'église s'élève en retrait de la voie publique, sur un terrain paysager planté d'arbres. L'ensemble occupe un plateau surplombant la ville de Lévis et le fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection inclut également la sacristie et la chapelle de la Congrégation.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2002-12-13
 

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Valeur patrimoniale

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire présente un intérêt pour sa valeur architecturale. L'édifice évoque la persistance de l'esprit néoclassique dans la construction des églises catholiques québécoises au milieu du XIXe siècle. Apparu en Europe à la fin du XVIIIe siècle, le néoclassicisme est introduit au Québec par les architectes et les entrepreneurs britanniques et est également diffusé grâce aux traités et aux livres de modèles, dans la première moitié du siècle suivant. Prisé par le clergé, ce style est fréquemment utilisé en architecture religieuse, notamment par Thomas Baillairgé (1791-1859). L'église Notre-Dame-de-la-Victoire, construite en 1850 et 1851 et agrandie par le chevet en 1854 et 1855, s'inscrit dans cette tradition entre autres par la maçonnerie en pierre de taille, la composition de la façade marquée par les retours de corniche et comprenant un avant-corps central orné d'un fronton et d'un couronnement, la disposition régulière des ouvertures en arc cintré et les bandeaux. Elle a été érigée par l'entrepreneur David Dussault (1811-1875) et le maçon Augustin Trépanier (1811-1865), ainsi que par le charpentier Régis Audet dit Lapointe (né en 1801). Il s'agit du témoin le plus important et le mieux conservé de l'école de Thomas Baillairgé. Elle reflète l'influence de l'architecte au-delà de son retrait de la pratique, par l'entremise d'hommes de métier souvent formés dans ses chantiers.

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire présente également un intérêt pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Le décor du lieu de culte, de style néoclassique, est typique de la production de l'école de Thomas Baillairgé. L'architecte a conçu pour plusieurs églises de la région de Québec des intérieurs dotés de collatéraux étagés, séparés de la nef centrale par des arcades. Le décor de l'église Notre-Dame-de-la-Victoire, réalisé à partir de 1853 par le sculpteur André Paquet (1799-1860), disciple de Baillairgé, révèle l'influence du maître. Le rez-de-chaussée est traité en soubassement et marqué par des piliers massifs soutenant les galeries, qui forment le bel étage rythmé par une élégante colonnade ionique. L'esthétique de Baillairgé est aussi présente dans l'ordonnance rigoureuse des éléments décoratifs, sculptés avec soin par Paquet. Cet intérieur est l'un des exemples subsistants les plus achevés de la production de l'école de Thomas Baillairgé. Par ailleurs, l'architecte David Ouellet (1844-1915) a contribué au décor intérieur en le réaménageant en 1895 et 1896. Le lieu de culte est doté de nouvelles pièces de mobilier, dont les tombeaux d'autel et les bancs. En outre, Ouellet a dressé les plans de la sacristie actuelle, qui traduit l'éclectisme en vogue auprès du clergé catholique au tournant du XXe siècle. Les boiseries de la chapelle de la Congrégation, au second étage, de même que sa fausse voûte en arc-de-cloître, sont exceptionnelles. L'église Notre-Dame-de-la Victoire témoigne ainsi de deux courants qui ont marqué l'architecture religieuse au XIXe siècle.

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire présente aussi un intérêt pour sa valeur historique liée à son implantation. Situé sur un plateau qui surplombe le Saint-Laurent, l'édifice domine les hauteurs de Lévis et est visible à bonne distance, notamment de Québec. L'endroit avait été choisi par le général James Wolfe (1727-1759) en 1759 pour y installer la batterie de canons destinée à bombarder cette ville. La présence de l'église a aussi favorisé l'établissement d'édifices institutionnels d'importance, tels que le Collège de Lévis et l'ancien couvent, et la construction de nombreuses maisons cossues à proximité. L'église Notre-Dame-de-la-Victoire est ainsi un lieu historique hautement symbolique et forme avec les bâtiments environnants le plus imposant centre institutionnel de la région.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église Notre-Dame-de-la-Victoire liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation sur un plateau surplombant la ville de Lévis et le fleuve Saint-Laurent, visible à bonne distance;
- son implantation en retrait de la voie publique, sur un terrain paysager planté d'arbres;
- son emplacement au coeur du Vieux-Lévis, à proximité de résidences et d'édifices institutionnels;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants droits muni de croupes au transept, le campanile à la croisée du transept, la sacristie et le chemin couvert reliant la sacristie et le bras sud du transept sud;
- les matériaux, dont la maçonnerie de l'église en pierre de taille crépie à l'abside, la sacristie en pierre à bossage et la couverture en cuivre;
- les composantes de la façade de cinq travées, dont l'avant-corps central de trois travées (orné d'un fronton portant le millésime, d'un couronnement percé d'un oculus et encadré d'amortissements, de bandeaux marquant les étages, de pilastres au deuxième étage et percé d'ouvertures disposées en retrait incluant une porte à panneaux à double vantail surmontée d'un tympan cintré), le clocher sur le faîte à l'avant (composé d'une base carrée, d'une lanterne inférieure dotée d'une horloge, d'une seconde lanterne polygonale, d'une flèche, d'une croix et d'un coq), les retours de corniche, les portails latéraux en arc surbaissé et les fenêtres cintrées à carreaux;
- les composantes des longs-pans, du transept à trois travées et du choeur, dont les fenêtres à carreaux cintrées ou en arc surbaissé et la corniche;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire à deux étages, le soubassement surhaussé, le toit à deux versants droits, l'avant-corps de deux étages (couronné d'un fronton, souligné de chaînes d'angle et doté d'un porche), les fenêtres à carreaux rectangulaires ou cintrées, les fenêtres rectangulaires de dimensions réduites du soubassement, les chambranles en pierre lisse et les bandeaux;
- le décor architectural intérieur, dont les motifs dorés, la voûte en arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux et de gloires), les collatéraux étagés, les plafonds voûtés en arc surbaissé des collatéraux et des galeries, les piliers massifs soutenant des arcs surbaissés, les colonnes ioniques soutenant des arcs en plein cintre, les garde-corps sculptés, l'arcature et le retable du choeur (composé de colonnes composites, d'un entablement, d'un fronton cintré à base interrompue et d'une gloire) ainsi que la tribune arrière logeant l'orgue Mitchell;
- le maître-autel doré (composé d'un tombeau rectangulaire et d'un tabernacle orné de niches, de colonnettes, d'un entablement, de frontons et surmonté d'un dôme), les autels latéraux (composés d'un tombeau rectangulaire et d'un tabernacle doré), la chaire (composée d'une cuve circulaire ornée de bas-reliefs à motifs végétaux, de gloires, d'un panneau sculpté, d'un abat-voix surmonté d'un ange à la trompette et d'un escalier courbe à balustrade menuisée), le banc d'oeuvre (doté d'un dorsal orné d'un bas-relief et surmonté d'un dais) et les stalles du choeur;
- les vitraux;
- l'intérieur de la sacristie et de la chapelle, dont le plafond à caissons en bois verni, la voûte en arc-de-cloître en bois verni orné de bas-reliefs, le retable de la chapelle, les boiseries et les portes en bois (certaines à imposte vitrée).

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Informations historiques

La paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire, issue de la paroisse Saint-Joseph de Lauzon, est fondée en 1850. La construction de l'église Notre-Dame-de-la-Victoire est l'oeuvre de l'abbé Joseph-David Déziel (1806-1882), premier curé de la paroisse, à qui on doit aussi le Collège de Lévis, le couvent et la fondation de la ville de Lévis (1861). L'édifice s'élève à l'endroit même où le général James Wolfe (1727-1759) avait installé une batterie de canons pour bombarder Québec en 1759.

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire est le témoin le plus important et le mieux conservé de l'école de l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), de Québec. En août 1850, un marché de construction est passé avec l'entrepreneur et maître maçon David Dussault (1811-1875). Les travaux seront exécutés par le maçon Augustin Trépanier (1811-1865), en sous-traitance. Un second marché est signé le même jour par le sculpteur André Paquet (1799-1860), pour les travaux de charpente et de menuiserie. Ce dernier confie la réalisation de la charpente à Régis Audet dit Lapointe (né en 1801). Le gros oeuvre est terminé en 1851 et l'église est bénite le 20 novembre. La paroisse est officiellement détachée de celle de Saint-Joseph de Lauzon en 1852.

En 1853, un second contrat est passé avec André Paquet, qui doit parachever l'intérieur. L'exécution s'étale jusque vers 1860. Quelques éléments, dont les bancs, sont réalisés par le menuisier et sculpteur Raphaël Giroux (1815-1869). Dès 1854, l'église est agrandie par le chevet et la sacristie est reconstruite. Antoine Pampalon (1821-1891), tailleur de pierre de Québec, est responsable des travaux, achevés en 1855. En 1869, la couverture en bardeaux de cèdre cède la place à une couverture en tôle. L'année suivante, un orgue du facteur Louis Mitchell (1823-1902), de Montréal, est installé dans la tribune arrière.

Des travaux majeurs sont entrepris en 1895, selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Les bancs sont changés, de nouveaux tombeaux d'autels sont réalisés et les planchers sont remplacés. La sacristie est reconstruite et dotée de deux étages, notamment pour permettre l'aménagement de la chapelle de la Congrégation. Le maçon Joseph Couture et les menuisiers Olivier Michaud et Joseph Gosselin terminent l'ouvrage en 1896.

Au XXe siècle, l'édifice est modifié à quelques reprises. En 1909, un vestibule intérieur est bâti. En 1912, la tribune arrière est agrandie par Olivier Marchand d'après les plans de l'architecte Lorenzo Auger (1879-1942), et l'orgue est restauré par la maison Casavant et Frères. En 1943 et 1944, le choeur est orné de verrières de la compagnie Hobbs, de Montréal. À la même époque, le sculpteur Lauréat Vallière (1888-1974) ajoute des motifs eucharistiques dans la voûte, le mobilier du choeur est renouvelé par l'atelier Villeneuve de Saint-Romuald, le banc d'oeuvre est installé et la chaire est complétée par un abat-voix. En 1957, une horloge provenant du bureau de poste est installée dans le clocher. En 1959 et 1960, on pose une couverture en cuivre. En 1971, le choeur est réaménagé selon les plans de Marcel Gagnon, afin de s'adapter aux décisions du concile Vatican II. En 1980, divers travaux de consolidation et de réparation sont effectués à la façade et au clocher. En 2000, l'orgue est restauré par la maison Casavant et Frères.

L'église Notre-Dame-de-la-Victoire est classée en 2002. La protection inclut la sacristie et la chapelle de la Congrégation.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Lévis

Municipalité :

  • Lévis

Arrondissement municipal :

  • Desjardins

Adresse :

  • rue Notre-Dame

Latitude :

  • 46° 48' 36.664"

Longitude :

  • -71° 10' 53.768"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 434 780
  • Lot 2 660 570

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NOPPEN, Luc. L'église Notre-Dame-de-la-Victoire à Lévis: étude historique et analytique du potentiel monumental. Lévis, Ministère de la Culture et des Communications, Direction régionale Chaudière-Appalaches, 2001. 88 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • ROY, Pierre-Georges. L'église paroissiale de Notre-Dame de la Victoire de Lévis: notes et souvenirs. Lévis, s.n., 1912. 296 p.
  • s.a. Le centenaire de Notre-Dame de Lévis, 25-30 juillet 1950. Lévis, s.n., 1950. 144 p.
  • s.a. Lévis, 125 ans d'histoire: 1861-1986. Québec, s.n., 1986. 96 p.

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