Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre

Images

Carte

Description

L'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre est un ensemble institutionnel de tradition catholique développé à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Il comprend l'église Saint-Pierre-Apôtre, son presbytère, les anciennes maîtrise et école Saint-Pierre ainsi qu'un garage.

L'église, élevée de 1851 à 1853, occupe la partie est de l'îlot. Cet imposant édifice en pierre d'inspiration néogothique présente un plan rectangulaire composé d'une nef à trois vaisseaux terminée par une abside polygonale. Sa façade monumentale est dotée au centre d'une imposante tour-clocher hors oeuvre surmontée d'une flèche. Les bas-côtés sont dotés de nombreuses chapelles coiffées de toits à pignon. Une sacristie en pierre d'inspiration néogothique, à deux étages et coiffée d'un toit plat, est greffée à l'arrière contre la nef et l'abside.

Le presbytère, qui s'élève à côté de l'église, est un édifice néoclassique érigé de 1854 à 1856. Le bâtiment en pierre de taille, de plan rectangulaire à trois étages et demi, est coiffé d'un toit plat et encadré de deux annexes. Sa façade comporte un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire.

Située dans le prolongement du presbytère, l'ancienne maîtrise Saint-Pierre date de 1868. De plan rectangulaire, elle compte deux étages sur un soubassement exhaussé et est coiffée d'un toit plat. L'ancienne école Saint-Pierre, construite en 1886 et 1887, est implantée dans l'axe de la sacristie. L'édifice en pierre d'influence Second Empire présente un plan rectangulaire à quatre étages et est coiffé d'une fausse mansarde.

L'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre occupe un quadrilatère délimité par le boulevard René-Lévesque Est et les rues de la Visitation, Sainte-Rose et Panet. Quelques arbres bordent les façades, alors qu'une grande cour intérieure asphaltée fait office de stationnement. L'ensemble est situé dans un environnement urbain dense, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Les biens de cet ensemble sont classés immeubles patrimoniaux. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1977-10-05
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre présente un intérêt pour sa valeur historique. L'ensemble évoque la lutte de pouvoir qui oppose les Sulpiciens à l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget (1799-1885), pendant plusieurs décennies. Au XIXe siècle, les Sulpiciens bénéficient du privilège de diriger toutes les paroisses catholiques de Montréal. Afin de le conserver, ils évitent de fonder de nouvelles paroisses en créant des dessertes. En 1848, l'évêque demande aux Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée de s'établir dans le quartier Sainte-Marie (appelé aussi « faubourg Québec ») afin d'asseoir son autorité. Une chapelle provisoire dédiée à saint Pierre est bâtie à partir d'un vieux hangar en attendant la construction de l'église Saint-Pierre-Apôtre, qui est amorcée en 1851. L'édifice est ouvert au culte en 1853. Le presbytère est élevé de 1854 à 1856. En 1859, les Oblats fondent la maîtrise Saint-Pierre, une école privée pour garçons. Logée d'abord dans une petite maison de bois, elle est installée dans un nouveau bâtiment situé près de l'église en 1868. Afin de répondre à la demande croissante, l'école Saint-Pierre est édifiée en 1886 et 1887. La constitution de la paroisse Sainte-Brigide par les Sulpiciens, dont l'église est établie en 1878 aux limites de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre, réaffirme la rivalité existant entre les communautés religieuses. La paroisse Saint-Pierre-Apôtre demeure sous la tutelle des Sulpiciens jusqu'en 1900. Érigée canoniquement cette année-là, elle est officiellement confiée aux Oblats. L'ensemble témoigne en outre de l'action sociale des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée dans le Centre-Sud de Montréal et représente l'un des plus grands complexes oblats de l'Amérique du Nord.

L'ensemble présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Les quatre édifices principaux datent de la seconde moitié du XIXe siècle. Deux d'entre eux, soit l'église et son presbytère, sont l'oeuvre de l'architecte montréalais Victor Bourgeau (1809-1888). L'église, déterminante dans la carrière de Bourgeau, est considérée comme l'un des exemples les plus achevés d'architecture néogothique à Montréal. À l'extérieur, la verticalité de la composition, recherchée par ce style, est conférée notamment par l'imposante tour-clocher surmontée d'une haute flèche de la façade, les bas-côtés coiffés de toits à pignon, les contreforts, les ouvertures en arc brisé et les pinacles. Les arcs-boutants, utilisés ici à des fins décoratives, font partie du vocabulaire néogothique. L'intérieur se démarque par la qualité de sa conception, redevable entre autres à Bourgeau et à l'artiste Guido Nincheri (1885-1973). Le courant néogothique est illustré notamment par la voûte d'ogives élaborée, les arcs brisés et les piliers qui séparent le vaisseau central des bas-côtés, les triforiums ainsi que le décor sculpté et menuisé remarquable. Un décor peint en trompe-l'oeil d'une grande finesse rehausse cet intérieur. La présence de nombreuses chapelles dans les bas-côtés particularise l'édifice. Par ailleurs, le presbytère reflète l'influence néoclassique par sa façade symétrique présentant un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire, son parement en pierre de taille et ses chaînes d'angle harpées. Les autres bâtiments de l'ensemble, soit la maîtrise et l'école Saint-Pierre, témoignent de l'architecture de la fin du XIXe siècle par leurs éléments tirés de divers répertoires, dont le néoclassicisme et le style Second Empire. L'ensemble de Saint-Pierre-Apôtre trouve son unité dans la qualité architecturale des bâtiments, leur affinité stylistique et leurs parements en pierre. Le lien créé par leur regroupement dans un même quadrilatère renforce cette unité.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la relation entre l'église, son presbytère, l'ancienne maîtrise Saint-Pierre et l'ancienne école Saint-Pierre;
- l'occupation de tout un quadrilatère, dans un environnement urbain dense;
- les caractéristiques de l'extérieur de l'église, notamment le volume, dont le plan rectangulaire composé d'une nef à trois vaisseaux terminée par une abside polygonale, le toit à deux versants droits, les bas-côtés dotés de nombreuses chapelles coiffées de toits à pignon et la sacristie greffée contre la nef et l'abside, les matériaux, dont le parement en pierre de taille, la couverture en ardoise de la partie centrale et la couverture en tôle des bas-côtés, les composantes néogothiques, dont l'imposante tour-clocher centrale hors oeuvre surmontée d'une haute flèche en façade, les arcs-boutants, les contreforts, les pinacles et les ouvertures en arc brisé (telles que les lancettes du choeur et les fenêtres hautes ainsi que les portails), la sacristie de plan rectangulaire à deux étages coiffée d'un toit plat, son parapet crénelé ainsi que ses ouvertures en arc brisé;
- les caractéristiques de l'intérieur de l'église, notamment le décor architectural, dont la voûte d'ogives dotée de liernes, de tiercerons et d'arcs doubleaux, les boiseries du choeur et des autels latéraux, les arcs-formerets retombant sur des piliers cantonnés de colonnettes, les triforiums ainsi que la double tribune arrière logeant l'orgue Casavant et Frères, le maître-autel et les autels latéraux, les tabernacles, la chaire avec son abat-voix et son escalier, la table de communion ainsi que les confessionnaux, les oeuvres d'art, dont les peintures en trompe-l'oeil ornant les écoinçons, les statues et les vitraux;
- les caractéristiques du presbytère, notamment le volume, dont le corps principal de plan rectangulaire à trois étages coiffé d'un toit plat ainsi que les annexes latérales de plan rectangulaire à deux et trois étages disposées en retrait et coiffées de toits plats à fausse mansarde, les matériaux, dont le soubassement en pierre à bossages et le parement en pierre de taille, les composantes néoclassiques, dont l'avant-corps central coiffé d'un fronton triangulaire, le portail, le soubassement, les chaînes d'angle harpées et la corniche moulurée, les ouvertures rectangulaires distribuées de façon symétrique, dont la porte centrale à imposte vitrée et les fenêtres aux appuis en pierre, la galerie protégée par un avant-toit de la façade arrière ainsi que l'escalier en pierre double à montées convergentes;
- les caractéristiques de l'ancienne maîtrise Saint-Pierre, notamment le volume, dont le plan rectangulaire à deux étages, le soubassement exhaussé et le toit plat, les matériaux, dont le parement en pierre à bossages et en pierre bouchardée ainsi que les chaînes d'angle harpées et les chambranles en pierre de taille, les composantes d'influence néoclassique, dont les ouvertures rectangulaires et à arc surbaissé disposées symétriquement, le portail à arc surbaissé ainsi que le fronton-pignon au centre de la façade, ainsi que l'escalier central en bois;
- les caractéristiques de l'ancienne école Saint-Pierre, notamment le volume, dont le plan rectangulaire à quatre étages et le toit plat à fausse mansarde, les matériaux, dont le parement de pierre à bossage, les chaînes d'angle harpées et les chambranles en pierre de taille ainsi que la couverture en tôle à baguettes, les éléments d'inspiration Second Empire, dont la fausse mansarde et les lucarnes à pignon trapézoïdal, les ouvertures distribuées régulièrement, dont les fenêtres rectangulaires et les portes à imposte, ainsi que l'annexe arrière en pierre;
- le site archéologique associé au lieu.

Haut de la page

Informations historiques

L'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre s'est développé à partir du milieu du XIXe siècle. À cette époque, les Sulpiciens bénéficient du privilège de diriger toutes les paroisses catholiques de Montréal. Afin de le conserver, ils évitent de fonder de nouvelles paroisses en créant des dessertes. En 1848, l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget (1799-1885), demande aux Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée de s'établir dans le quartier Sainte-Marie (appelé aussi « faubourg Québec ») afin d'asseoir son autorité. Dès leur arrivée, une chapelle provisoire dédiée à saint Pierre est construite à partir d'un vieux hangar. Les Oblats demeureront cependant sous la tutelle des Sulpiciens jusqu'en 1900.

Grâce à plusieurs dons, le terrain s'agrandit rapidement. En 1850, la décision est prise de remplacer la chapelle devenue trop exiguë par une église. C'est l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888) qui prépare les plans du nouveau temple de style néogothique. Cette oeuvre, déterminante dans la carrière de l'architecte, lui permet d'accéder au poste de conseiller officiel de l'évêque en matière d'architecture et d'obtenir une grande partie des contrats du diocèse de Montréal. Les travaux commencent en 1851. Le gros oeuvre, à l'exception du clocher, est achevé en 1853, année de l'ouverture de l'édifice au culte. Le décor intérieur est amorcé en 1854. Quant au presbytère, il est érigé de 1854 à 1856, d'après les plans de Bourgeau.

En 1859, les Oblats fondent la maîtrise Saint-Pierre. Logée d'abord dans une petite maison de bois, elle est installée dans un nouveau bâtiment situé près de l'église en 1868. Ce dernier abrite à la fois un établissement d'enseignement, une maîtrise formant les chantres de l'église ainsi que le Cercle Saint-Pierre, une salle de loisirs accessible aux membres payant une cotisation.

En 1874 et 1875, la tour-clocher en pierre surmontée d'une flèche en bois, prévue aux plans initiaux de Bourgeau, est construite.

La constitution de la paroisse Sainte-Brigide par les Sulpiciens, dont l'église est établie en 1878 aux limites de celle de Saint-Pierre-Apôtre, réaffirme la rivalité existant entre les communautés religieuses.

La maîtrise Saint-Pierre est transformée en École normale en 1884. Deux ans plus tard, les Frères Maristes sont chargés de sa direction. Afin de répondre à la demande croissante, l'école Saint-Pierre est bâtie en 1886 et 1887. Elle est reliée par une passerelle couverte à l'ancienne maîtrise, devenue la résidence des Frères Maristes.

En 1900, la paroisse de Saint-Pierre-Apôtre est érigée canoniquement et confiée aux Oblats. La sacristie est agrandie en 1904. En 1905, une annexe est ajoutée à l'école afin de loger les enseignants. En 1908, le presbytère est agrandi du côté nord et relié à l'ancienne maîtrise Saint-Pierre.

En 1912, l'école tombe sous la responsabilité de la Commission des écoles catholiques de Montréal. La même année, un pavillon est bâti à l'arrière du bâtiment, d'après les plans des architectes Ulric J. Asselin et Joseph Brousseau, pour loger les cabinets d'aisance. Sa construction entraîne la démolition partielle de la passerelle reliant l'école à l'ancienne maîtrise.

En 1922, la sacristie est agrandie pour atteindre ses dimensions actuelles, d'après les plans des architectes Donat-Arthur Gascon et Louis Parant. En 1922 et 1923, le presbytère fait l'objet d'un agrandissement du côté sud, qui le relie désormais à l'église. En 1931, une partie du décor de l'église est réalisée par l'artiste Guido Nincheri (1885-1973).

En 1972, la diminution de la population du quartier entraîne la fermeture de l'école Saint-Pierre. Les Oblats réaffectent alors l'édifice et l'ancienne maîtrise, qui accueillent depuis 1975 le Centre Saint-Pierre, un centre d'animation populaire.

L'ensemble d'immeubles patrimoniaux de Saint-Pierre-Apôtre est classé en 1977.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • boulevard René-Lévesque Est
  • rue de la Visitation
  • rue Panet
  • rue Sainte-Rose

Latitude :

  • 45° 31' 7.9"

Longitude :

  • -73° 33' 12.3"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 566 757

Code Borden

BjFj-165      

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal. Un néogothique d'inspiration française ou anglaise? ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/spiapomtl/spiapomtlf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FERRETTI, Lucia. Entre voisins: la société paroissiale en milieu urbain: Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, 1848-1930. Montréal, Boréal, 1992. 266 p.
  • GAUTHIER, Raymonde. « Site de l'église Saint-Pierre-Apôtre ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 143-145.
  • MILLETTE, Éric. « Église Saint-Pierre-Apôtre, Montréal ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/bulletins/003-609-1.htm
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 3. Montréal, Les Éditions La Presse, 1989. 560 p.
  • s.a. Cinquantenaire, 1900-1950, paroisse St-Pierre-Apôtre, 8 décembre 1950. Montréal, s.n., 1950. 40 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013