Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Arrivée des Récollets en Nouvelle-France

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Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Événement historique Ministre de la Culture et des Communications 2015-11-09
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains se réclamant de saint François d'Assise. En 1615, les premiers missionnaires récollets arrivent en Nouvelle-France. Les Récollets constituent ainsi la toute première communauté religieuse à s'installer sur le territoire québécois.

L'histoire des Récollets en Nouvelle-France débute avec le passage de Samuel de Champlain en France, de 1613 à 1615. Champlain est alors en quête de religieux pour l'accompagner à Québec. Suivant la recommandation de Louis Houël, sieur du Petit-Pré, secrétaire du roi et contrôleur général des salines de Brouage, il porte son attention sur les Récollets. Les pères de Brouage sont les premiers à être approchés, mais ce sont finalement les Récollets de la province de Saint-Denis, à Paris, qui font la traversée de l'Atlantique.

En compagnie de Champlain, les pères Denis Jamet (commissaire provincial), Jean Dolbeau et Joseph Le Caron, ainsi que le frère Pacifique Duplessis, quittent Honfleur le 24 avril 1615 et débarquent à Tadoussac le 25 mai. Arrivés à Québec le 8 juin, ils entreprennent la construction d'une première chapelle près de l'Habitation. Après avoir remonté le fleuve Saint-Laurent, les pères Jamet et Le Caron célèbrent la première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615. Le lendemain, le père Jean Dolbeau effectue la même célébration à Québec.

À compter de 1615, les Récollets assurent les soins spirituels de la population de Québec et se consacrent à l'instruction et à l'évangélisation des Amérindiens. Ils partent notamment à la rencontre des Montagnais de la rive nord du Saint-Laurent et des Hurons de la région des Grands Lacs. Ils établissent leur couvent en 1620 au bord de la rivière Sainte-Croix, à laquelle ils donnent le nom de Saint-Charles, probablement en l'honneur de Charles Borromée. Le couvent doit notamment servir de séminaire pour l'éducation de jeunes amérindiens. En 1625, l'arrivée des Jésuites à Québec met fin à dix années d'exclusivité missionnaire pour les Récollets. Quatre ans plus tard, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke, les Récollets retournent en France avec Champlain et la majorité des colons.

Les Récollets reviennent en Nouvelle-France en 1670. Ils érigent un monastère à Montréal et reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église et un nouveau monastère. Ils fondent également une mission au poste de pêche de Percé en 1673. En 1692, les Récollets sont nommés aumôniers du gouverneur et des soldats en Nouvelle-France. La même année, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, fait l'acquisition du couvent Saint-Charles pour y établir l'hôpital général de Québec. Les Récollets s'installent alors à la haute ville. Ils prennent aussi la charge de certaines paroisses.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. À ce moment, la majorité des Récollets sont d'origine canadienne. Les autorités britanniques interdisent alors à certaines communautés religieuses, dont les Récollets, de recruter des novices. Faute de relève, la communauté disparaît progressivement de la colonie avec la mort du père Louis Demers en 1813. Dès lors, les seuls récollets encore vivants au Canada sont sécularisés. Le dernier d'entre eux, Marc Coutant, meurt en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine reviennent s'installer sur le territoire québécois. Les Franciscains s'établissent à Trois-Rivières en 1888, à Montréal vers 1890, puis à Québec en 1900. Ils sont toujours présents sur le territoire québécois.

En 2015, l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France est désignée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

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Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Les Récollets font partie des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains. Recrutés en France par Samuel de Champlain, ils constituent la première communauté religieuse à s'établir en Nouvelle-France, au printemps 1615. Ils vont assurer le ministère spirituel et se consacrer à l'instruction et à l'évangélisation des Amérindiens. Absents de la colonie à compter de 1629, ils reviennent en 1670. À la suite de la Conquête britannique, les Récollets sont privés de recrutement et la communauté disparaît en 1813. Les religieux de la famille franciscaine, qui ont été les premiers missionnaires et les premiers instituteurs en Nouvelle-France, sont de retour sur le territoire québécois à la fin du XIXe siècle.

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Références

Notices bibliographiques :

  • GALLAND, Caroline. Pour la gloire de Dieu et du roi : les récollets en Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris, Cerf, 2012. 528 p.
  • HAMELIN, Jean, dir. Les franciscains au Canada: 1890-1990. Sillery, Septentrion, 1990. 438 p.
  • JOUVE, Odoric. Dictionnaire biographique des Récollets - missionnaires en Nouvelle-France. Montréal, Bellarmin, 1996. 903 p.
  • KAUPP, Dorothée. « Nos premiers missionnaires. L'histoire des récollets dans les ouvrages franciscains au Canada, XIXe-XXe siècles ». Études d'histoire religieuse. Vol. 75 (2009), p. 25-38.
  • LAPERRIÈRE, Guy. Histoire des communautés religieuses au Québec. Montréal, Vlb éditeur, 2013. 329 p.
  • LAVALLÉE, Madeleine et Pierre VALCOUR. Les communautés religieuses au Québec. Québec, Septentrion, 2009. 390 p.
  • TRUDEL, Marcel. Le comptoir 1604-1627. Montréal, Fides, 1966. 554 p.
  • TRUDEL, Marcel. « Les Récollets sous le régime militaire ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 10, no 2 (1956), p. 191-221.

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