Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Édifice Pamphile-Le May

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Description

L'édifice Pamphile-Le May est un bâtiment institutionnel d'architecture Beaux-Arts construit de 1910 à 1915. De plan rectangulaire, l'immeuble en pierre de quatre étages est coiffé d'un toit mansardé. Il présente un avant-corps en façade principale. Le rez-de-chaussée est séparé du premier étage par un bandeau continu et un entablement souligne le couronnement. L'édifice Pamphile-Le May voisine l'Hôtel du Parlement, auquel il est relié par une passerelle. Il est situé sur la colline Parlementaire, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, de la ville de Québec.

Ce bien fait partie de l'Assemblée nationale du Québec, déclarée site patrimonial national. L'édifice Pamphile-Le May est le lieu de conservation de la collection Pierre-Joseph-Olivier-Chauveau, classée document patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration par la Loi sur le patrimoine culturel Situé dans le site patrimonial national Gouvernement du Québec 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Déclaration par la Loi sur les biens culturels, 1985-06-20
 

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Valeur patrimoniale

L'édifice Pamphile-Le May présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce bâtiment est le siège de la bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec depuis 1915. L'histoire de cette institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854 et 1883) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865. La bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918), à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1867. En 1884, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée. C'est de 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), que l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. Elle possède une collection exceptionnelle de publications parlementaires et gouvernementales, un grand nombre de périodiques et de journaux, ainsi que plusieurs imprimés rares et anciens. L'édifice Pamphile-Le May est ainsi étroitement lié à l'histoire de la bibliothèque de l'Assemblée nationale.

L'édifice Pamphile-Le May présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit de 1910 à 1915, ce bâtiment s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, dérivée de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris. Ce courant est privilégié pendant les décennies 1910 et 1920 par l'homme politique Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. L'esthétique Beaux-Arts a été fréquemment utilisée pour les bâtiments publics au Québec et en Amérique du Nord dans le premier quart du XXe siècle. Elle emploie le vocabulaire classique, mais affirme un intérêt particulier pour la modernité, qui se traduit notamment dans les matériaux et le mode de construction. Ses principes de base sont la clarté du plan, l'équilibre des proportions ainsi que la représentation de la fonction et de l'importance du bâtiment dans son environnement. L'édifice Pamphile-Le May en est une illustration par ses élévations symétriques, le bandeau séparant le rez-de-chaussée du premier étage, l'entablement soulignant le couronnement et ses éléments décoratifs empruntés au répertoire classique. Par leurs références stylistiques à connotation française, les édifices de l'Assemblée nationale, siège du seul parlement et gouvernement francophone d'Amérique du Nord, forment un ensemble architectural harmonieux et imposent l'image de l'État.

L'édifice Pamphile-Le May présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec des architectes connus. Les plans sont conçus en collaboration par Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1858-1923) de Québec. Marchand est l'un des architectes québécois les plus réputés du premier quart du XXe siècle. Il a été le premier architecte canadien à obtenir un diplôme de l'École des beaux-arts de Paris, en 1903. Tanguay, architecte prolifique et aussi très renommé, a réalisé près de 300 bâtiments au Québec. Tous deux ont construit d'importants immeubles institutionnels dans leur ville respective, dont la maison mère de la Congrégation-de-Notre-Dame pour Marchand et l'hôtel de ville de Québec pour Tanguay. Outre l'édifice Pamphile-Le May, le duo a également dessiné les plans de l'édifice du restaurant Le Parlementaire (1912-1917), situé dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement (1877-1886).

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'édifice Pamphile-Le May liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son inclusion dans le site patrimonial national de l'Assemblée nationale du Québec, dans la ville de Québec;
- sa situation entre l'édifice Honoré-Mercier et l'Hôtel du Parlement et les passerelles couvertes le reliant à ces bâtiments;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'avant-corps servant d'amorce à la passerelle le reliant à l'Hôtel du Parlement et l'élévation de quatre étages (rez-de-chaussée, deux étages et toit mansardé);
- les matériaux, dont l'ossature d'acier enveloppée de brique, les élévations revêtues de pierre de taille en calcaire de Saint-Marc-des-Carrières et de granit de Rivière-à-Pierre ainsi que la couverture en cuivre sur baguettes;
- les caractéristiques Beaux-Arts, dont la composition symétrique des élévations, les trois registres, le bandeau séparant le rez-de-chaussée des étages supérieurs et l'entablement soulignant le couronnement;
- l'entrée principale du côté de l'Hôtel du Parlement, les deux derniers étages traités en attique et les fausses façades latérales;
- les ouvertures à ordonnance symétrique, dont les fenêtres à carreaux, celles du rez-de-chaussée cintrées et celles des étages rectangulaires, ainsi que les lucarnes;
- l'ornementation classique, dont la pierre à bossage continu du rez-de-chaussée, les chaînes d'angle, les balcons peu profonds supportés par des consoles et décorés d'une balustrade en pierre, les portes vitrées en bois à double vantail surmontées d'une imposte vitrée cintrée, les appuis et les chambranles ornés, les frontons à consoles et les colonnes engagées des ouvertures du premier étage ainsi que le bandeau continu les reliant, les frontons des lucarnes, l'entablement à modillons, l'arche à clef de voûte et le couronnement de la passerelle orné d'une armoirie.

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Informations historiques

L'édifice Pamphile-Le May est construit de 1910 à 1915. Il est érigé notamment pour abriter la bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec, aussi appelée « bibliothèque de la Législature » ou « bibliothèque du Parlement ».

L'histoire de l'institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Elle loge dans les édifices parlementaires de Québec jusqu'en 1838. Entre 1840 et 1865, elle suit la capitale itinérante à Kingston, Montréal, Toronto et Québec (de 1852 à 1855 et de 1859 à 1865). Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865.

En 1867, à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, la « bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec » est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918). Toutefois, la plus grande partie des collections est détruite dans l'incendie des édifices parlementaires du parc Montmorency en 1883. L'année suivante, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. Les volumes sauvés sont déménagés en 1885 dans l'aile Saint-Louis du nouvel Hôtel du Parlement. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée.

À la fin du XIXe siècle, l'espace occupé par la bibliothèque est réclamé pour les fonctionnaires. Vers 1900, on envisage la construction d'un édifice pour l'accueillir. Eugène-Étienne Taché (1836-1912), qui avait prévu une bibliothèque dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement dans son projet initial de 1875, en dessine les esquisses. C'est toutefois la « bâtisse des pouvoirs », qui doit loger les systèmes de chauffage et d'électricité de l'Hôtel du Parlement, qui est implantée dans la cour. Taché proposera finalement l'emplacement actuel.

En 1910, le ministre des Travaux publics Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) autorise la construction du bâtiment. Il s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, privilégiée par l'homme politique afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. Les travaux sont exécutés par l'entrepreneur Joseph Gosselin de Lévis, selon les plans des architectes Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1857-1923) de Québec. La réalisation de l'édifice, relié à l'Hôtel du Parlement par une passerelle, marque la naissance de la cité administrative que l'on nommera « colline Parlementaire ».

La bibliothèque occupe le rez-de-chaussée. Les étages supérieurs accueillent les bureaux du Conseil exécutif et du Conseil de l'Instruction publique. En 1916, la verrière est installée. Elle est exécutée par Guido Nincheri (1885-1973), d'après un dessin de Charles Huot (1855-1930). La décoration intérieure est achevée en 1921.

De 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. En 1965, le sous-sol est creusé pour y entreposer les journaux et les périodiques ainsi que pour aménager une salle de lecture.

En 1980, l'immeuble, connu sous le nom d'édifice « B » depuis 1938, est renommé édifice Pamphile-Le May, en l'honneur de son premier directeur. Il est restauré au cours de cette décennie.

En 1985, le quadrilatère formé par le boulevard René-Lévesque, l'avenue Honoré-Mercier, la Grande Allée et la rue des Parlementaires, incluant l'Hôtel du Parlement et les édifices du restaurant Le Parlementaire, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, est déclaré site historique national. Ce bien est devenu un site patrimonial national à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, le périmètre du site est agrandi afin d'inclure les édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 1035, rue des Parlementaires

Latitude :

  • 46° 48' 32.2"

Longitude :

  • -71° 12' 54.8"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 212 892 Ptie
  • Lot 1 315 204

Code Borden

CeEt-740      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BEAULIEU, André. L'Assemblée nationale du Québec. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1973. 69 p.
  • BÉLANGER, Réal. « L'Hôtel du Parlement, symbole de l'État du Québec en devenir (1867-1982) ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Atlas historique du Québec. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2001, p. 412-438.
  • COSSETTE, Jean-François et Guy HUOT. « La conservation du patrimoine immobilier à l'Assemblée nationale du Québec ». Bulletin de la bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 34, no 3-4 (2005), p. 5-10.
  • DESCHÊNES, Gaston et Luc NOPPEN. L'Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1996. 204 p.
  • DESCHÊNES, Gaston et Maurice PELLERIN. Le Parlement du Québec: deux siècles d'histoire. Québec, Publications du Québec, 1991. 123 p.
  • DESCHÊNES, Gaston et Michel DESGAGNÉS. « L'identification des édifices parlementaires ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 10, no 1 (1980), p. 33-46.
  • DESCHÊNES, Gaston. Entretiens sur l'histoire de l'Hôtel du Parlement, des anciens édifices parlementaires et du Salon bleu. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1982. 38 p.
  • DESCHÊNES, Gaston. Le Parlement de Québec. Histoire, anecdotes et légendes. s.l. Éditions MultiMondes, 2005. 323 p.
  • DESGAGNÉS, Michel. Les édifices parlementaires depuis 1792. Québec, Assemblée nationale, 1979. 84 p.
  • GALLICHAN, Gilles. Au fil des pages et du temps : la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, deux siècles d'histoire. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 2002. 122 p.
  • GALLICHAN, Gilles. « Les 70 ans de l'Édifice Pamphile-Lemay ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 15, no 2 (1985), p. 2-4.
  • HUDON, Francine. Les édifices parlementaires. Québec, Assemblée nationale, 1980. 264 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.
  • NOPPEN, Luc. « Hôtel du Parlement ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 196-201.
  • PELLETIER, Jean-Guy. Témoignages sur la Bibliothèque. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 2002. 106 p.
  • POTVIN, Damase. Aux fenêtres du Parlement de Québec : histoire, traditions, coutumes, usages, procédures, souvenirs, anecdotes, commissions et autres organismes. Québec, Éditions de la Tour de pierre, 1972. 337 p.
  • s.a. La Bibliothèque de l'Assemblée nationale : l'immeuble, les oeuvres d'art et les collections. Québec, La Bibliothèque, 1998. 22 p.
  • SAINT-PIERRE, Jocelyn. « La Bibliothèque de l'Assemblée nationale et la quête séculaire d'espace ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 31, no 1-2 (2002), p. 16-24.

Multimédias disponibles en ligne :

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