Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Oka

Date :

  • 1916 – 1918 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine agricole
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (6)

Groupes associés (1)

Images

Description

Le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. La protection s'applique à l'extérieur des bâtiments et aux terrains. L'abbaye et la rotonde sont également des immeubles patrimoniaux classés.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-07-09
Prise d'effet : 2019-08-19

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-06-13
  • Proposition de statut national non retenue
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle est associée à une communauté de moines de l'ordre des cisterciens de la Stricte Observance. Cette communauté est issue d'un mouvement de réforme visant à revenir à l'idéal bénédictin organisé autour du travail manuel et de la prière. Le 3 mai 1881, la congrégation de Saint-Sulpice cède un vaste terrain de l'ancienne seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes aux moines trappistes de l'abbaye française de Notre-Dame de Bellefontaine. Les moines logent d'abord dans la maison du meunier s'élevant sur le site depuis le début du XIXe siècle. Dès 1882, la communauté fait construire une scierie. Les deux premières ailes du monastère sont bâties de 1889 à 1891, et la troisième en 1892, année où la Trappe d'Oka devient une abbaye autonome. L'église est érigée de 1895 à 1897. Une cinquième aile abrite l'hôtellerie. L'école d'agriculture, aménagée dans l'ancien monastère, ouvre ses portes en 1893. L'abbaye est détruite par les flammes en 1902, puis à nouveau en 1916. Les murs de pierre sont récupérés dans les travaux de reconstruction dirigés par l'architecte Joseph-Henri Caron (1878-1954). En 2009, la communauté quitte l'abbaye d'Oka pour s'installer à Saint-Jean-de-Matha. Le site patrimonial témoigne donc de la présence pendant plus d'un siècle à Oka de la première communauté de trappistes au Québec et rappelle le rôle joué par celle-ci dans l'histoire de l'agriculture dans la région et au Québec.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble monastique constitue un exemple particulièrement achevé de l'architecture cistercienne traditionnelle. La règle de saint Benoît énumère un certain nombre de caractéristiques de l'abbaye type. Celle-ci est généralement aménagée autour du préau et du cloître qui l'encadre, ce dernier assurant une voie de communication pratique entre les différentes ailes du monastère. L'église abbatiale forme traditionnellement un des côtés de ce carré. L'aile des religieux de choeur est disposée perpendiculairement à l'église, à hauteur du transept ou du choeur, tandis que l'aile des frères convers est aménagée perpendiculairement à l'extrémité de la nef, de façon à ce qu'ils ne croisent jamais les religieux de choeur. Une quatrième aile ferme le tout, parallèlement à l'église. Ce plan est repris presque intégralement dans la partie originale de l'abbaye Notre-Dame-du-Lac. Les ailes plus récentes se projettent vers l'extérieur. Bien que les différentes ailes aient été construites sur une longue période, le tout forme un ensemble d'une grande unité formelle. L'architecture de l'abbaye Notre-Dame-du-Lac se caractérise aussi par son caractère sobre, dépouillé, conformément aux principes de l'architecture cistercienne. Par ailleurs, le site compte plusieurs autres bâtiments d'importance, dont l'ancien institut agricole, érigé en 1930 selon les plans de Joseph-Henri Caron. La rotonde est l'un des rares bâtiments octogonaux s'élevant sur le territoire québécois. La maison du meunier, pour sa part, est caractéristique de l'architecture résidentielle vernaculaire québécoise du début du XIXe siècle.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur paysagère. L'implantation du monastère rappelle la tradition cistercienne de choisir un site en milieu rural, à proximité de terres fertiles permettant aux moines de vivre du travail manuel et en autarcie. L'implantation près d'un cours d'eau et dans un vallon plutôt que sur une colline est aussi typique des abbayes cisterciennes. Le site comporte des zones boisées, des vergers, des champs cultivés et des bâtiments agricoles témoignant de la vocation d'origine du lieu. En outre, l'ancien institut agricole, placé plus haut sur la colline et couronné d'un clocher, constitue un point de repère.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, entre autres :
- l'aménagement sur un site vallonné, traversé par un cours d'eau;
- les caractéristiques de l'aménagement du terrain, dont les portions gazonnées, les secteurs boisés, les vergers, les champs agricoles, les plantations de plantes ornementales, les voies de circulation, les sentiers, les murets et escaliers en pierre, les clôtures;
- la présence de l'abbaye proprement dite dans le vallon (composée de plusieurs ailes organisées autour du préau), de l'ancien institut agricole près du sommet de la colline, d'un amphithéâtre, de la maison du meunier et de nombreux bâtiments agricoles;
- les caractéristiques du préau carré et ouvert, dont son terrain gazonné et planté d'arbres et de plantes ornementales;
- les caractéristiques de l'aile de l'église, dont l'implantation du côté sud-ouest du préau, le plan en croix latine, le toit à deux versants droits couvert de tôle posée à la canadienne et les toits en appentis des bas-côtés, le clocher s'élevant à la jonction du transept est et de l'aile du chapitre, la façade légèrement en saillie (dont la maçonnerie en pierre, la large fenêtre cintrée centrale incluant une rose, les fenêtres cintrées latérales), les murs de la nef, des bas-côtés et du choeur, le clocheton de la croisée;
- les caractéristiques de l'aile des frères convers (ou aile abbatiale), de l'aile du scriptorium et de l'aile des religieux de choeur (ou aile du chapitre), dont leur implantation autour du préau, respectivement sur les côtés nord-ouest, nord-est et sud-est, leur plan rectangulaire, l'élévation de quatre étages, les toits à deux versants droits couverts de tôle, la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux, les portes à panneaux ou à vitrage;
- les caractéristiques de l'aile de la sacristie, dont son implantation dans le prolongement du bras de transept sud-ouest de l'église, le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages, le toit à croupes couvert de tôle, la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires;
- les caractéristiques de l'aile du grand réfectoire, dont son implantation dans le prolongement de la façade vers l'est, le plan rectangulaire, l'élévation correspondant à deux étages, le toit plat surmonté d'une partie centrale à croupes couverte de tôle pincée, le parement en pierre, les hautes fenêtres cintrées;
- les caractéristiques de l'aile de l'hôtellerie, dont son implantation dans le prolongement de la façade vers l'ouest, le plan rectangulaire, l'élévation maximale de quatre étages, le toit à croupes couvert de tôle et percé de chatières, la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires;
- les caractéristiques de l'aile du noviciat, dont son implantation dans le prolongement sud-est de l'aile du scriptorium, son plan rectangulaire, l'élévation maximale de trois étages, le toit plat, la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires;
- les caractéristiques de l'aile de la bibliothèque, dont son implantation derrière l'aile des religieux de choeur et adossée au sud-ouest de l'aile du noviciat, le plan rectangulaire, l'élévation correspondant à trois étages, le toit à croupes couvert de tôle, la maçonnerie en pierre, les hautes fenêtres cintrées dotées de vitraux, les fenêtres rectangulaires de plus petites dimensions;
- les caractéristiques de la chaufferie, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit plat, la maçonnerie en pierre, les portes à panneaux et à vitrage, les fenêtres rectangulaires, la haute cheminée;
- les caractéristiques de la rotonde, dont le plan octogonal, la maçonnerie en pierre, les contreforts massifs placés aux angles du bâtiment, la couverture de tôle pincée, le lanternon faîtier, la souche de cheminée, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux jumelées, la porte en bois à double vantail et à panneaux;
- les caractéristiques de l'ancien institut agricole, dont son implantation au sommet de la colline, le plan d'origine en U complété d'ailes modernes, l'élévation maximale de cinq étages, le toit plat, l'avant-corps central précédé d'un porche à un étage, le clocher carré surmontant l'avant-corps central (doté de pinacles, coiffé d'une courte flèche, orné de croix et portant l'inscription « 1931 »), la maçonnerie en pierre à bossage de la façade, le parement en brique de certains murs, les fenêtres rectangulaires jumelées et celles groupées par trois au centre de la façade, l'escalier central à volée double à montées convergentes, les éléments ornementaux en pierre de taille (dont les chambranles, les bandeaux, les chaînes d'angle, la corniche à denticules et les garde-corps);
- les caractéristiques de la maison du meunier, dont son plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants à larmiers, légèrement retroussé et couvert de tôle, la charpente en pièce sur pièce laissée apparente, le parement en planches horizontales de la partie supérieure des murs pignons, la galerie en bois longeant la façade et couverte par l'avant-toit, les portes en bois à panneaux, les fenêtres rectangulaires en bois à petits carreaux, les fenêtres carrées en bois à petits carreaux des combles, la souche de cheminée en brique;
- les caractéristiques des bâtiments agricoles, dont leurs plans rectangulaires simples, les élévations maximales de quatre étages, les toits de formes diverses (plats, à versants droits ou arqués), les couvertures de tôle, les parements en pierre, en brique peinte, en planches ou en blocs de béton, les fenêtres rectangulaires ou carrées à grands carreaux, les lucarnes rampantes, les lanternons et les clochetons.

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Informations historiques

Le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est associé à une communauté de moines de l'ordre des Cisterciens de la Stricte Observance, issu d'un mouvement de réforme visant à revenir à l'idéal bénédictin organisé autour du travail manuel et de la prière. Ces moines sont aussi dits « trappistes » en référence au monastère de La Trappe, en France, où l'ordre des Cisterciens a été réformé au XVIIe siècle.
Le 3 mai 1881, la congrégation de Saint-Sulpice cède un vaste terrain de sa seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes aux moines trappistes de l'abbaye française de Notre-Dame de Bellefontaine qui acceptent l'offre, notamment en raison des relations tendues entre l'État français et l'Église qui poussent un grand nombre de communautés religieuses à s'établir au Québec. Les moines logent dans la maison du meunier s'élevant sur le site en attendant de pouvoir occuper leur monastère à partir de novembre 1881.

Dès 1882, la communauté fait construire une scierie qui forme avec le moulin à farine de 1795 le premier noyau du complexe agricole qui sera établi au fil des ans.

Le premier bâtiment monastique devenant rapidement trop exigu, la construction d'un nouvel édifice est entreprise, selon les plans de l'architecte Moïse-Amédée Sigouin (1869-1912). Ce nouveau bâtiment s'inspire davantage des abbayes cisterciennes européennes et est constitué de quatre ailes principales formant un quadrilatère. Une cinquième aile, aménagée dans le prolongement de la façade vers la droite au-delà de l'église, abrite l'hôtellerie. De plus, l'édifice est implanté dans la vallée, conformément aux usages cisterciens, plutôt que sur la colline. L'école d'agriculture, aménagée dans l'ancien monastère, ouvre ses portes en 1893.

L'abbaye récemment achevée est complètement détruite par les flammes le 23 juillet 1902. La communauté se réfugie quelque temps dans l'école d'agriculture, mais un monastère temporaire en bois est rapidement érigé pour loger les moines durant la reconstruction de l'abbaye, dirigée par Sigouin. La nouvelle abbaye, construite sur les fondations de la précédente, en reprend donc le plan. Le monastère temporaire de bois est utilisé comme juvénat après 1906.

La rotonde a vraisemblablement été érigée au début du XXe siècle pour servir de salle de cours de l'école d'agriculture. L'aménagement reprenait les grandes lignes des amphithéâtres de médecine.

À l'été 1916, les granges sont à leur tour détruites par les flammes. En décembre de la même année, un incendie prend naissance dans le juvénat en bois et se propage à l'abbaye. Seuls les murs de pierre peuvent être récupérés. La communauté confie les travaux de reconstruction à l'architecte Joseph-Henri Caron (1878-1954), qui sera leur architecte attitré de 1917 à 1933. Les murs du bâtiment précédent sont réutilisés, mais un étage est ajouté et le tout est coiffé d'un toit à croupes à faible pente percé de chatières. La façade de l'église forme une légère saillie et est terminée par un fronton, tandis que le clocher est placé en retrait, au-dessus de la jonction de l'aile de l'église et de l'aile des religieux de choeur.

L'aile de la bibliothèque, érigée en 1929 et en 1935, était auparavant liée à la salle du chapitre par un passage en pierre, démoli en 1992. La bibliothèque est aujourd'hui accessible par l'aile du noviciat construite de 1947 à 1948.

En 1930, le bâtiment en bois abritant l'institut agricole d'Oka est remplacé par le bâtiment en pierre actuel, érigé selon les plans de Joseph-Henri Caron.

Au tournant du XXIe siècle, la communauté ne compte plus qu'une trentaine de moines. En 2009, la communauté délaisse donc l'abbaye Notre-Dame-du-Lac pour s'installer dans l'abbaye Val-Notre-Dame, nouvellement érigée à Saint-Jean-de-Matha.

Le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est classé en 2020. L'abbaye et la rotonde sont classées immeubles patrimoniaux au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • Deux-Montagnes

Municipalité :

  • Oka

Adresse :

  • 1600, chemin d'Oka

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 699 804
  • Lot 5 699 818 Ptie
  • Lot 6 125 112
  • Lot 6 125 111
  • Lot 6 125 110

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