Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Abbaye cistercienne d'Oka
  • La Trappe d'Oka
  • Monastère des Cisterciens d'Oka

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Oka

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Images

Description

L'abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est un immeuble patrimonial classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. La protection vise l'extérieur de tous les bâtiments et l'intérieur de l'église abbatiale, de la sacristie et du grand réfectoire, excluant les intérieurs de tous les autres bâtiments. L'abbaye se trouve dans le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka, qui est également classé.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-07-09
Prise d'effet : 2019-08-09

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-06-13
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-07-09

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-06-13
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

L'abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle est associée à une communauté de moines de l'ordre des cisterciens de la Stricte Observance. Cette communauté est issue d'un mouvement de réforme visant à revenir à l'idéal bénédictin organisé autour du travail manuel et de la prière. Ces moines sont aussi dits « trappistes » en référence au monastère de La Trappe, en France, où l'ordre des cisterciens a été réformé au XVIIe siècle. Le 3 mai 1881, la congrégation de Saint-Sulpice cède un vaste terrain de l'ancienne seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes aux moines trappistes de l'abbaye française de Notre-Dame de Bellefontaine. Les deux premières ailes du monastère actuel sont bâties de 1889 à 1891, et la troisième en 1892, année où la Trappe d'Oka devient une abbaye autonome. L'église est érigée de 1895 à 1897 grâce à une donation importante de René Rousseau, prêtre sulpicien. Une cinquième aile abrite l'hôtellerie. L'abbaye est détruite par les flammes en juillet 1902, puis à nouveau en décembre 1916. Les murs de pierre sont récupérés dans les travaux de reconstruction dirigés par l'architecte Joseph-Henri Caron (1878-1954). En 2009, la communauté quitte l'abbaye d'Oka. L'abbaye Notre-Dame-du-Lac témoigne donc de la présence pendant plus d'un siècle à Oka de la première communauté de trappistes au Québec.

L'abbaye présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'ensemble monastique constitue un exemple particulièrement achevé de l'architecture cistercienne traditionnelle. La règle de saint Benoît énumère un certain nombre de caractéristiques de l'abbaye type. Celle-ci est généralement aménagée autour du préau et du cloître qui l'encadre, ce dernier assurant une voie de communication pratique entre les différentes ailes du monastère. L'église abbatiale forme traditionnellement un des côtés de ce carré. L'aile des religieux de choeur est disposée perpendiculairement à l'église, à hauteur du transept ou du chœur, tandis que l'aile des frères convers est aménagée perpendiculairement à l'extrémité de la nef, de façon à ce qu'ils ne croisent jamais les religieux de choeur. La quatrième aile fermant le tout, parallèlement à l'église, renferme généralement les réfectoires séparés par la cuisine. Ce plan est repris presque intégralement dans la partie originale de l'abbaye Notre-Dame-du-Lac. L'aile de l'hôtellerie s'y ajoute, du côté est de l'église. La sacristie fait également saillie du côté est de l'église. Les ailes plus récentes aussi se projettent vers l'extérieur. Par exemple, la bibliothèque de l'abbaye, bâtie en 1929 et en 1935, est dans une aile autonome, afin de limiter le plus possible les risques d'incendie. Une aile est construite en 1947 et 1948 pour accueillir des salles de classe et le noviciat. L'aile du grand réfectoire est pour sa part érigée en 1936, dans le prolongement de la façade vers l'est. Bien que les différentes ailes aient été construites sur une longue période, le tout forme un ensemble d'une grande unité formelle. L'architecture de l'abbaye se caractérise aussi par son caractère sobre, dépouillé, conformément aux principes de l'architecture cistercienne. L'église abbatiale est la composante au décor le plus soigné, mais s'inscrit néanmoins dans cette recherche de simplicité. L'utilisation du bois pour la partie basse des murs et pour les stalles contraste avec le reste du décor entièrement blanc des murs et de la voûte. Le grand réfectoire se démarque aussi par son décor sobre et soigné, constitué principalement des murs en pierre de taille et du plafond à caissons en bois, de même que du décor peint sur celui-ci par Guido Nincheri (1885-1973), qui a également réalisé les vitraux ornant les hautes fenêtres cintrées percées sur trois côtés.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- l'aménagement de plusieurs ailes organisées autour d'un préau;
- les caractéristiques extérieures de l'aile de l'église, dont l'implantation du côté sud-ouest du préau, le plan en croix latine formé d'une nef rectangulaire encadrée de bas-côtés, de bras de transept courts et d'un choeur en hémicycle ceinturé de chapelles rayonnantes polygonales, le toit à deux versants droits couvert de tôle posée à la canadienne et les toits en appentis des bas-côtés, le clocher s'élevant à la jonction du transept est et de l'aile du chapitre (dont la base carrée, la chambre des cloches et la flèche octogonale, la croix faîtière, le parement et la couverture en tôle, les motifs ornementaux en saillie et l'inscription « 1917 »), la façade légèrement en saillie (dont la maçonnerie de pierre équarrie grise pour la partie inférieure et le pourtour, rose pour la partie supérieure, la large fenêtre cintrée centrale incluant une rose, les fenêtres cintrées latérales, le pignon comportant une niche et terminé par un fronton triangulaire et une croix), le porche en saillie, les murs de la nef, des bas-côtés et du choeur (dont la maçonnerie de moellons ébauchés, les hautes fenêtres cintrées, les fenêtres rectangulaires, les bandeaux, la corniche moulurée), le clocheton polygonal élancé et couvert de tôle de la croisée;
- les caractéristiques du décor et de l'aménagement intérieur de l'église, dont la nef à vaisseau unique, les transepts et le choeur en hémicycle ouvert sur les chapelles rayonnantes par des ouvertures cintrées, la fausse-voûte cintrée, les deux tribunes arrière (notamment leur garde-corps plein à arcatures cintrées aveugles), le revêtement en bois clair de la partie inférieure des murs, le décor monochrome de la voûte et de la partie supérieure des murs, les stalles en bois et le dais couvrant la rangée le long des murs, les éléments sculptés (dont les arcs doubleaux, les arcs décoratifs, l'entablement à modillon, les pilastres, les colonnettes jumelées, les caissons) ainsi que l'orgue Helmuth Wolff;
- les caractéristiques de l'aile des frères convers (ou aile abbatiale), de l'aile du scriptorium et de l'aile des religieux de choeur (ou aile du chapitre), dont leur implantation autour du préau respectivement sur les côtés nord-ouest, nord-est et sud-est, leur plan rectangulaire, l'élévation de quatre étages, les toits à deux versants droits couverts de tôle et percés de chatières, la maçonnerie de moellons ébauchés, les tambours de plan carré en pierre, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux, les portes à panneaux ou à vitrage, les chambranles en pierre de taille lisse, les bandeaux, la corniche à modillons;
- les caractéristiques de l'aile de la sacristie, dont son implantation dans le prolongement du bras de transept sud-ouest de l'église, le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages, le toit à croupes couvert de tôle, la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires, les chatières, la corniche à denticules et l'aménagement intérieur comportant de vastes armoires intégrées en bois, dont une cachant un lavabo;
- les caractéristiques de l'aile du grand réfectoire, dont son implantation dans le prolongement de la façade vers l'est, le plan rectangulaire, l'élévation correspondant à deux étages, le toit plat surmonté d'une partie centrale à croupes couverte de tôle pincée, le parement en moellons équarris, les hautes fenêtres cintrées, la corniche à denticules, et le décor et l'aménagement intérieurs constitués essentiellement du revêtement des murs en pierre de taille, des poutres en bois et du plafond à caissons peints de motifs géométriques et végétaux, des vitraux ainsi que de l'ambon en bois et son escalier;
- les caractéristiques de l'aile de l'hôtellerie, dont son implantation dans le prolongement de la façade vers l'ouest, le plan rectangulaire, l'élévation maximale de quatre étages, le toit à croupes couvert de tôle à la canadienne et percé de chatières, la maçonnerie de moellons, les fenêtres rectangulaires et les chambranles en pierre de taille, le bandeau et la corniche à denticules;
- les caractéristiques de l'aile du noviciat, dont son implantation dans le prolongement sud-est de l'aile du scriptorium, son plan rectangulaire, l'élévation maximale de trois étages, le toit plat, la terrasse partiellement couverte aménagée sur le toit (notamment sa structure de béton armé), la maçonnerie en pierre, les fenêtres rectangulaires, les larges fenêtres carrées du mur sud-est, le tambour carré à un étage en pierre;
- les caractéristiques de l'aile de la bibliothèque, dont son implantation derrière l'aile des religieux de choeur et adossée au sud-ouest de l'aile du noviciat, le plan rectangulaire, l'élévation correspondant à trois étages, le toit à croupes couvert de tôle, la maçonnerie en pierre, les hautes fenêtres cintrées dotées de vitraux, les fenêtres rectangulaires de plus petites dimensions, le bandeau de pierre de taille, la corniche à denticules.

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Informations historiques

L'abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est érigée pour une communauté de moines de l'ordre des Cisterciens de la Stricte Observance, issu d'un mouvement de réforme visant à revenir à l'idéal bénédictin organisé autour du travail manuel et de la prière.

Le 3 mai 1881, la congrégation de Saint-Sulpice cède un vaste terrain de sa seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes aux moines trappistes de l'abbaye française de Notre-Dame de Bellefontaine qui acceptent l'offre. Les moines logent dans la maison du meunier s'élevant sur le site en attendant de pouvoir occuper leur monastère à partir de novembre 1881.

Le monastère est érigé en prieuré en 1887. Le premier bâtiment monastique devenant rapidement trop exigu, la construction d'un nouvel édifice est entreprise, selon les plans de l'architecte Moïse-Amédée Sigouin (1869-1912). Ce nouveau bâtiment s'inspire davantage des abbayes cisterciennes européennes et est constitué de quatre ailes principales formant un quadrilatère, soit l'aile de l'église, l'aile des religieux de choeur, l'aile des frères convers et l'aile du réfectoire. De plus, l'édifice est implanté dans la vallée, conformément aux usages cisterciens, plutôt que sur la colline. Les deux premières ailes du monastère sont bâties de 1889 à 1891 et la troisième aile en 1892, année où la Trappe d'Oka devient une abbaye autonome. L'église est érigée de 1895 à 1897 grâce à une donation importante de René Rousseau, prêtre sulpicien. Une cinquième aile, aménagée dans le prolongement de la façade vers la droite au-delà de l'église, abrite l'hôtellerie.

L'abbaye récemment achevée est complètement détruite par les flammes le 23 juillet 1902. La communauté se réfugie quelque temps dans l'école d'agriculture, mais un monastère temporaire en bois est rapidement érigé pour loger les moines durant la reconstruction de l'abbaye, dirigée par Sigouin. La nouvelle abbaye, construite sur les fondations de la précédente, en reprend donc le plan, légèrement modifié.

En décembre 1916, un incendie prend naissance dans le juvénat en bois et se propage à l'abbaye. Seuls les murs de pierre peuvent être récupérés. La communauté confie les travaux de reconstruction à l'architecte Joseph-Henri Caron (1878-1954), qui sera leur architecte attitré de 1917 à 1933. Les murs du bâtiment précédent sont réutilisés, mais un étage est ajouté et le tout est coiffé d'un toit à croupes à faible pente percé de chatières. La façade de l'église forme une légère saillie et est terminée par un fronton, tandis que le clocher est placé en retrait, au-dessus de la jonction de l'aile de l'église et de l'aile des religieux de choeur. Vers la fin des années 1930, Guido Nincheri (1885-1973) peint les poutres et le plafond du grand réfectoire, et réalise également les vitraux de cette pièce.

L'aile de la bibliothèque, érigée en 1929 et en 1935, était auparavant liée à la salle du chapitre par un passage en pierre, démoli en 1992. La bibliothèque est aujourd'hui accessible par l'aile du noviciat construite de 1947 à 1948.

L'intérieur de la chapelle subit des modifications dans la foulée du concile Vatican II. Alors qu'au début des années 1920, les espaces des frères convers et des religieux de choeur sont nettement séparés par un jubé, après les travaux des années 1960 et 1970, l'église présente une nef sans division.

Des travaux sont effectués de 1992 à 1995 selon les plans de l'architecte Christian Dionne. À cette occasion, les éléments colorés et le marbre qui avaient été graduellement ajoutés dans l'église abbatiale ont été retirés afin de lui redonner sa sobriété typiquement cistercienne d'origine.

En 2009, la communauté en décroissance délaisse l'abbaye d'Oka pour s'installer dans l'abbaye Val-Notre-Dame, nouvellement érigée à Saint-Jean-de-Matha.

L'abbaye Notre-Dame-du-Lac-à-Oka est classée immeuble patrimonial en 2020. Au même moment, le site patrimonial de l'Abbaye-Notre-Dame-du-Lac-à-Oka et la rotonde sont aussi classés.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • Deux-Montagnes

Municipalité :

  • Oka

Adresse :

  • 1600, chemin d'Oka

Désignation cadastrale :

  • Lot 6 125 111

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Gouvernement du Québec

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