Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Le Séminaire de Saint-Sulpice devient seigneur de l’île de Montréal

Type :

Événement

Date :

  • 1663‑03‑09

Période historique :

  • Le Régime français (1534 à 1760)

Thème commémoratif :

  • Gouvernance
  • Religion

Éléments associés

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Groupes associés (2)

Inventaires associés (1)

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Synthèse

Le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal cède à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice la seigneurie de l'île de Montréal. Cette compagnie, créée à Paris par Jean-Jacques Olier de Verneuil en 1641, avait établi une succursale à Montréal en 1657.

La Société Notre-Dame de Montréal est fondée officiellement en 1642, mais active depuis 1639. Dirigée par Jérôme Le Royer de la Dauversière, elle veut créer une nouvelle cité de Dieu à Montréal dans laquelle cohabiteraient Français pieux et Amérindiens convertis. À cette fin, elle se fait concéder la seigneurie de l'île par la Compagnie de la Nouvelle-France (Cent-Associés). En 1650, Jean-Jacques Olier de Verneuil devient l'un des directeurs de la Société. Il recrute ensuite des collègues sulpiciens pour fonder un séminaire à Montréal et assurer le service spirituel d'une future paroisse. Quatre prêtres viennent ainsi s'établir le 12 avril 1657 : Gabriel Thubières de Lévy de Queylus, Gabriel Souart, Dominique Galinier et Antoine d'Allet.

La Société Notre-Dame de Montréal n'a jamais eu toutes les ressources nécessaires à son projet et se trouve à court de donateurs. Conséquemment, elle se tourne vers les Sulpiciens pour prendre le relais. Le supérieur de Saint-Sulpice, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers, possède une richesse suffisante pour absorber les dettes accumulées. Le contrat de cession est signé le 9 mars 1663 et la prise de possession de la seigneurie survient le 18 avril. Ainsi, les Sulpiciens élargissent le spectre de leurs activités dans la colonie en devenant des gestionnaires fonciers et des bâtisseurs.

De 1663 à 1740, les Sulpiciens mettent au point des outils de gestion du territoire. Le premier inventaire des terres est réalisé en 1667 et l'île de Montréal est organisée sur deux fronts. En 1672, un premier plan des rues de la ville est tracé par le supérieur montréalais, François Dollier de Casson. L'espace rural en périphérie est progressivement découpé selon des éléments de la topographie. Les premières côtes et les montées sont balisées et des chemins sont aménagés. Des paroisses qui regroupent des côtes voisines sont graduellement érigées. Les seigneurs complètent l'attribution des censives de l'île en 1834.

Après la Conquête, les autorités britanniques interdisent les congrégations religieuses masculines. Le supérieur montréalais des Sulpiciens, Étienne Montgolfier, se rend à Londres en 1763 pour démontrer que sa compagnie n'est pas une congrégation, mais bien une association de prêtres assurant le ministère paroissial. Le gouvernement britannique accepte les arguments des Sulpiciens, pourvu qu'ils rompent tout lien avec la France. L'année suivante, Montgolfier va à Paris afin que la seigneurie soit cédée au Séminaire montréalais. Toutefois, cette cession crée des problèmes, car celui-ci n'a pas d'existence légale et les arrangements de 1764 sont postérieurs à la Conquête. Les droits des Sulpiciens restent donc fragiles jusqu'à l'adoption d'une nouvelle charte en 1840 qui les reconnaît et confirme leurs titres seigneuriaux.

En 1854, le régime seigneurial est aboli, mais les Sulpiciens continuent à percevoir des rentes jusqu'au XXe siècle. Les ressources que leur procure la seigneurie au fil des siècles leur permettent de contribuer financièrement à de nombreuses initiatives religieuses, éducatives, sociales et culturelles.

L'acquisition de la seigneurie de Montréal par les Sulpiciens marque un tournant dans l'histoire de la gestion de l'espace montréalais. Elle permet d'accélérer le peuplement et structure le territoire.

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Références

Notices bibliographiques :

  • DESLANDRES, Dominique, John Alexander DICKINSON et Ollivier HUBERT. Les Sulpiciens de Montréal: une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007. Montréal, Fides, 2007. 670 p.
  • HAREL, Bruno et Josette MICHAUD. Le séminaire de Saint-Sulpice de Montréal. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1990. 22 p.
  • Les Sulpiciens de la Province canadienne. Les Sulpiciens de la Province canadienne [En Ligne]. http://www.sulpc.org/hist.html
  • MAURAULT, Olivier. « Les Sulpiciens seigneurs de Montréal ». Revue trimestrielle canadienne. Vol. 28 (1942), p. 237-253.
  • THÉRIAULT, Michel. « Sulpiciens ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.ca/
  • TREMBLAY, Louise. La politique missionnaire des Sulpiciens au XVIIe et au début du XVIIIe siècles, 1668-1735. Université de Montréal, 1981. 187 p.
  • VIAU, Roland. « L’archipel du négoce, 1650-1701 ». FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2012, p. 150-164.
  • s.a. Les Prêtres de Saint-Sulpice au Canada : grandes figures de leur histoire. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1992. 430 p.

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