Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Société Notre-Dame de Montréal

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

Haut de la page

Synthèse

La Société Notre-Dame de Montréal est une organisation à vocation pieuse, formée à Paris en 1639, responsable de la fondation de Ville-Marie (Montréal) et de son développement au cours de ses deux premières décennies d'existence.

C'est vers 1635 que l'idée de fonder une colonie missionnaire sur l'île de Montréal germe dans l'esprit du Français Jérome Le Royer de La Dauversière. Quatre ans plus tard, ce dernier, par l'entremise de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, fait la rencontre du prêtre Jean-Jacques Olier. Les trois hommes décident alors de fonder une société regroupant des individus influents et fortunés dans le but de réaliser leur projet de convertir les autochtones de la Nouvelle-France au catholicisme et de les sédentariser sur l'île de Montréal. Leur association vise ultimement à créer une nouvelle société chrétienne où cohabiteraient Français et Autochtones. Ils sont rejoints par Gaston de Renty, supérieur de la Compagnie du Saint-Sacrement, à laquelle appartiennent d'ailleurs Chevrier et La Dauversière. Composée de donateurs laïcs et ecclésiastiques, la Société cherche dès lors à amasser des fonds afin de lever des recrues pour faire le passage en colonie.

Le premier objectif des sociétaires est de s'approprier la seigneurie de l'Île-de-Montréal. Celle-ci fut précédemment concédée à Jean de Lauson, directeur de la Compagnie des Cent-Associés. Après de longues négociations, Lauson consent à la vente de la seigneurie en août 1640, mais la transaction est annulée par les Cent Associés. Considérant que Lauson n'a pas rempli son obligation de peupler l'île, ces derniers révoquent son titre de propriété et concèdent eux-mêmes le territoire en seigneurie à la Société Notre-Dame de Montréal, le 17 décembre 1640.

Pour commander et édifier leur colonie, les gens de la Société s'adjoignent deux nouveaux membres, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Alors que le premier est un officier choisi pour gouverner l'île de Montréal, la seconde s'est jointe au groupe dans l'intention d'y fonder un hôpital. Accompagnés de colons, Maisonneuve et Jeanne Mance arrivent au Canada en 1641. Après avoir passé l'hiver à Sillery, ils débarquent sur l'île de Montréal le 17 mai 1642 et fondent Ville-Marie. Maisonneuve prend officiellement possession de l'île au nom de la Société Notre-Dame de Montréal.

Également active en France, la Société Notre-Dame de Montréal compte au moins 35 membres en février 1642. Durant plus de vingt ans, les grandes orientations de l'association sont déterminées au cours d'assemblées tenues à Paris sur une base irrégulière. Celles-ci servent notamment à ratifier les choix pris par les administrateurs de Montréal ainsi que par le directeur, le procureur et le secrétaire de la Société.

Tout au long de son administration de Montréal, la Société est confrontée aux raids incessants des Iroquois qui mettent en péril la survie même de l'établissement. La précarité de la colonie est amplifiée par les rapports souvent tendus qu'entretient la Société avec les autorités à Québec ainsi qu'avec les Jésuites, qui voient tous deux en Ville-Marie une rivale.

Au début des années 1660, la plupart des membres fondateurs de la Société sont décédés et le nombre de sociétaires est en baisse. Ainsi, les ressources à la disposition des administrateurs déclinent tandis que les besoins pour la défense et l'expansion de l'établissement ne cessent de croître. Lors d'une assemblée tenue à Paris le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal est dissoute et la seigneurie de l'Île-de-Montréal est remise à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui s'occupe depuis 1657 de la desserte religieuse de l'île.

Au cours de son existence, la Société Notre-Dame de Montréal aura compté environ 50 membres différents. Parmi ses réalisations, l'association est parvenue à établir une colonie durable à Ville-Marie, principalement grâce aux quelques centaines d'immigrants recrutés en France à ses frais.

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • DAVELUY, Marie-Claire. La Société de Notre-Dame de Montréal, 1639-1663 : son histoire - ses membres - son manifeste. Montréal, Fides, 1965. 553 p.
  • DECHÊNE, Louise. Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle. Paris, Plon, 1974. s.p.
  • DOLLIER DE CASSON, François. Histoire de Montréal de 1640 à 1672. Montréal, Éditions 101, 1992. 227 p.
  • FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2012. 1596 p.
  • LANCTOT, Gustave. Montréal sous Maisonneuve, 1642-1665. Montréal, Beauchemin, 1966. 325 p.
  • LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2007. 189 p.
  • RUMILLY, Robert. Histoire de Montréal. Vol. 1. Montréal, Fides, 1970. 474 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2024