Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Borne seigneuriale

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • borne

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • vers 1779 (Production)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Classification :

  • Bien archéologique > Structures > Autre structure

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

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Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (1)

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Inventaires associés (1)

Images

Description

La borne seigneuriale des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal est un grand bloc de pierre taillé et gravé. Il porte sur le devant le monogramme sulpicien : les lettres « A » et « M » entrelacées. Le dos est gravé d'un « D » majuscule. Utilisée en extérieur, cette borne a subi le passage du temps dont elle porte les marques comme témoins.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 2016.0220

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Montréal
  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Oka

Dimensions :

  • Hauteur (Mesurée / subsistant) : 23,2 centimètre(s)
  • Largeur (Mesurée / subsistant) : 33 centimètre(s)
  • Profondeur (Mesurée / subsistant) : 12 centimètre(s)

Matériaux :

  • Pierre

Technique de fabrication :

  • Gravure sur pierre
  • Taillé

Représentation iconographique :

  • Monogramme
  • Propriété

Inscription :

Inscription en creux, d'un côté : la lettre D. Du côté opposé : le monogramme des Sulpiciens, à savoir les lettres A et M entrelacées.

Marque de commerce :

  • Monogramme sulpicien

Altérations :

  • Érosion (Utilisation normale) : ensemble  
  • Cassure (Utilisation normale) : bords  

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

La borne seigneuriale des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal témoigne de l'enracinement des Sulpiciens dans le territoire québécois. Cet enracinement remonte au temps de la Nouvelle-France. La Société Notre-Dame de Montréal, qui avait présidé, en 1642, la fondation de Ville-Marie, arrive, 21 ans plus tard, à un moment charnière de son histoire. En effet, en 1663, les coûts de la colonisation sont plus importants que prévus, et la Société est criblée de dettes. La colonie de Montréal, qui a crû plus lentement qu'espéré, menace d'arriver à son terme. Cependant, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, fondée à Paris en 1642 et présente à Montréal dès 1657, a trop d'enjeux à défendre pour laisser Ville-Marie péricliter. Parce que cette communauté religieuse ne prête pas de voeu de pauvreté, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers, supérieur du séminaire de Paris, puise alors dans ses ressources personnelles pour racheter les dettes de la Société Notre-Dame de Montréal auprès du roi. Ce faisant, les Prêtres de Saint-Sulpice deviennent seigneurs de l'île de Montréal et, par la suite, de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (1717). Ils le resteront jusqu'à l'abolition du régime seigneurial au XIXe siècle, traversant le Régime français et la Conquête anglaise.

Ville-Marie comme Oka (Lac-des-Deux-Montagnes) sont alors encore quasiment vierges, et tout est à faire pour doter les villes d'un urbanisme et d'infrastructures (paroisses, écoles, moulins, hôpitaux, etc.) dignes de ce nom qui leur permettront de fonctionner. Ce sont les Prêtres qui sont chargés de partager et de céder les terres aux Européens, puis de percevoir les rentes. Ces efforts ont conduit à donner à Montréal le visage qu'on lui connaît aujourd'hui encore et qui se lit dans la toponymie comme dans le patrimoine architectural.

La borne seigneuriale des collections d'Univers culturel de Saint-Sulpice est un rare vestige de l'influence des Sulpiciens sur le territoire du Québec. On ne connaît pas avec exactitude l'emplacement passé de cette borne retrouvée au Séminaire de Saint-Sulpice, où elle avait été remisée après avoir perdu sa fonction. Elle a très probablement servi dans la seigneurie de l'île de Montréal ou d'autres seigneuries sulpiciennes (Lac-des-Deux-Montagnes), pour marquer le tracé des propriétés attribuées par les Prêtres. Dans son article « Une histoire de bornage qui dure près d'un siècle » (« Cahier d'histoire de Deux-Montagnes », août 1980), l'historien et prêtre sulpicien Germain Lalande indique que de telles bornes ont été placées dans la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes en 1779 par les arpenteurs employés par les Prêtres, notamment pour résoudre le conflit qui opposaient les seigneurs avec le propriétaire terrien Eustache Dumont. Ce conflit de territorialité pourrait ainsi expliquer cette borne biface : le recto affichant le monogramme sulpicien identifiait la parcelle appartenant aux Prêtres; le verso, avec son « D », celle de M. Dumont.

Quant à elle, la face présente, en excellent état de conservation, le monogramme AM gravé en creux dans la pierre. Il identifie la compagnie de Saint-Sulpice, sur cette borne comme en d'autres espaces des villes où les Sulpiciens ont agi à titre de seigneurs. Référence à la devise de la Compagnie, « Auspice Maria », qui peut se traduire par « Sous la protection de la Vierge Marie », ce monogramme témoigne de la dévotion à la Vierge, figure majeure pour la foi sulpicienne telle qu'elle est née et s'est répandue dans le Bas-Canada. Autant marque de dévotion que symbole du pouvoir, la borne seigneuriale incarne le double rôle qu'ont joué les Prêtres, à la fois hommes d'Église -- portant le culte aux fidèles et prônant la conversion -- et administrateurs efficaces d'un territoire à coloniser.

Auteur: Jean Rey-Regazzi, 2019

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Références

Mention de droits d'auteurs :

Pascale Bergeron © Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • LALANDE, Germain. « Une histoire de bornage qui dure près d'un siècle ». Cahier d'histoire de Deux-Montagnes. Vol. 3, no 4 (1980), s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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