Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Dessin (Grand Séminaire et Collège de Montréal)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Variante(s) du titre :

  • Vue aérienne du Domaine de la Montagne

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1894 (Production)

Période :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Beaux-arts > Dessin

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Images

Description

Le dessin « Grand Séminaire et Collège de Montréal » offre une vue à vol d'oiseau de plusieurs édifices sulpiciens qui ont marqué l'histoire du domaine de la Montagne, sur le flanc sud du mont Royal, dont certains sont encore debout.

Dessinés à la pierre noire, à l'encre et au lavis brun, les édifices sont identifiés à l'encre sur cette oeuvre de grand format. Leur date d'inauguration est précisée au crayon. Dans l'ovale central, apparaissent le Grand Séminaire et le Collège de Montréal, éléments centraux du domaine de la Montagne au XIXe siècle. Derrière la rue Sherbrooke, bordée de rangées d'arbres, les bâtiments se dressent, massifs, sur l'axe ouest-est. À gauche, on reconnaît ainsi le Grand Séminaire en arrière de ses deux tours. Le corps central est augmenté des divers agrandissements qui ont eu lieu entre 1857 et 1894. À droite, le Collège de Montréal reprend l'aspect général du Grand Séminaire. Tout autour, l'artiste représente le grand terrain des sulpiciens sur la Montagne, ponctué de différents éléments, dont le bassin et le Séminaire de philosophie à gauche. À droite, un tramway remonte la côte Sainte-Catherine vers les riches demeures dispersées sur le mont Royal. Des personnages, silhouettes esquissées, parcourent les allées le long des kiosques et des statues disposés dans le domaine, et animent cette vue topographique.

Quatre médaillons encadrent cette vue principale : en haut à gauche, une vue rapprochée du Séminaire de philosophie, le bâtiment le plus récent du territoire sulpicien à l'époque de la réalisation de ce dessin. En haut à droite, une vue de l'ancien édifice du Collège de Montréal, alors situé sur la rue McGill, ancêtre du collège présenté dans l'espace central. En bas à gauche, le dessinateur offre le détail d'une des tours du fort de la Montagne. En bas à droite, la ferme des prêtres dite aussi « ferme sous les noyers ».

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 2018.1710

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Montréal

Dimensions :

  • Hauteur : 72,7 centimètre(s)
  • Hauteur de l'image : 62,9 centimètre(s)
  • Largeur : 88,6 centimètre(s)
  • Largeur de l'image : 87,3 centimètre(s)

Médium :

  • Aquarelle
  • Encre
  • Gouache
  • Mine de plomb

Support :

  • Papier

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Dessiné

Signature :

  • En bas à droite : EUGENE HABERER, des. / 1894

Inscription :

en haut au centre: POSUERUNT ME CUSTODEM / COLLÈGE DE MONTRÉAL; en haut à gauche: Séminaire de / Philosophie. / 1894 / -1970; en haut à droite: 1804 -1861 / Ancien / Collège.; en bas à gauche: Tour / de l'ancien / Fort. / 1694; en bas à droite: Ferme. / 1806; en bas à droite, entre l'image principale et l'image de la ferme: dessiné en 1894; en bas au centre: GRAND SÉMINAIRE ET COLLÈGE DE MONTRÉAL dessinés / ici / en 1894; sous GRAND SÉMINAIRE : terminé en 1857; sous COLLÈGE DE MONTRÉAL : terminé en 1870; en bas au centre : et Séminaire de Philosophie - terminé en 1894

Sujet :

  • Architecture
  • Histoire
  • Paysage

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

Le dessin « Grand Séminaire et Collège de Montréal » offre un témoignage précieux de l'évolution du site historique en plus de nous éclairer sur l'histoire même de la ville à la fin du XIXe siècle.

En 1894, les Sulpiciens passent commande à Eugène Haberer (1837-1921), dessinateur pour la presse et auteur de nombreuses vues topographiques, de cette vue à vol d'oiseau. Le résultat a été diffusé par l'estampe et notamment reproduit en cartes postales pour les touristes et les curieux. Ce dessin préparatoire fige le domaine de la Montagne à une étape précise de son histoire inscrite, du XVIIe siècle à nos jours, dans le temps long.
L'oeuvre présente les bâtiments qui témoignent de l'empreinte des Sulpiciens dans le quartier. La plus ancienne implantation sulpicienne encore visible aujourd'hui réside dans les tours du Fort (en macaron sur le dessin), aménagées en 1684, quand les Sulpiciens établissent une mission auprès des Premières Nations et la dotent d'une enceinte défensive rectangulaire, avec une tour en poivrière à chaque angle. Deux d'entres elles sont encore préservées aujourd'hui et figurent parmi les plus anciens bâtiments montréalais.
Également en médaillon, la ferme sous les noyers (construite entre 1803 et 1807) témoigne du passé agricole du domaine de la Montagne depuis 1675. Elle a aussi servi de maison de campagne jusque 1840, avant la construction du Grand Séminaire.

La propriété sulpicienne n'a cessé de s'agrandir au fil des siècles, surtout avec l'inauguration, en 1857, du Grand Séminaire d'après les plans de John Ostell. C'est là que les Sulpiciens se consacrent à l'éducation des jeunes adultes à la prêtrise. Le dessin de 1894 donne à voir un séminaire déjà agrandi : s'il n'a pas encore ses éléments actuels de 1907 (dont la grande chapelle rénovée), il comporte déjà, vers l'ouest, une première aile nouvelle datant de 1877. Un second agrandissement vers l'ouest viendra plus tard, en 1902, pour répondre à l'afflux croissant d'étudiants.

À l'est, prolongeant le Grand Séminaire comme une répétition architecturale, le Collège achevé en 1870 déploie son corps principal et ses ailes en retour. Ce sont ses armoiries et la devise du Collège tenu par les Sulpiciens qui dominent la composition : « Posuerunt me custodem » (« Ils m'ont confié la garde »). En médaillon apparaît ainsi l'ancêtre de ce bâtiment : le collège que les Sulpiciens ont fondé en 1767 et l'édifice qu'ils ont occupé jusqu'en 1861 sur l'actuelle rue McGill.

Dernier de ces agrandissements sur le domaine figurés dans le dessin, le Séminaire de philosophie, construit en 1894 sur les pentes du mont Royal, est une étape intermédiaire entre les études classiques et le sacerdoce. Aujourd'hui, le Séminaire de philosophie tout comme la ferme sous les noyers ont été reconvertis en habitations.

Le dessin d'Eugène Haberer présente donc une vision très différente de celle que nous connaissons aujourd'hui, avec un domaine aménagé avec soin. Si les Sulpiciens ont conservé cet îlot de verdure autour de leur propriété, des constructions ont maintenant pris place aux alentours du domaine de la Montagne et sur tout le flanc sud du mont Royal. Présents sur le site depuis le XVIIe siècle, les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal ont ainsi contribué au développement de cette partie de la ville qui, excentrée à l'époque, constitue aujourd'hui un des arrondissements moteurs pour l'économie et la culture de la métropole.

Auteur: Jean Rey-Regazzi, 2019

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Références

Mention de droits d'auteurs :

Pascale Bergeron © Univers culturel de Saint-Sulpice

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