Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Peinture (Déposition de croix)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Variante(s) du titre :

  • La mise au tombeau
  • Le Christ au tombeau

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1866 – 1867 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Éléments associés

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Groupes associés (1)

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Inventaires associés (1)

Images

Description

La Déposition de croix a été peinte par l'artiste canadien Napoléon Bourassa (1827-1916). Datée de 1866, l'oeuvre a été terminée en 1867.

La scène religieuse représente un épisode de la Passion du Christ, suivant la Descente de croix. L'historien de l'art Mario Béland offre cette description précise de la composition dans le catalogue d'exposition intitulé Napoléon Bourassa, la quête de l'idéal, publié en 2011 :

"Comme sur une scène de théâtre, sans décor, si on exclut le sol et une partie de la grotte à peine évoquée à droite, le corps nu du Christ mort est couché sur un linceul étendu sur la pierre de l'Onction, la tête penchée vers l'extérieur, en direction du spectateur. Saint Jean, la Vierge Marie et Marie-Madeleine, affligés, veillent sur le corps inerte, chacun seul dans ses pensées et sentiments. Saint Jean, debout, soulève le suaire pour découvrir la tête et le torse de Jésus, tandis que la mère du Christ, accroupie devant le socle, lui prend la main droite, et que Madeleine, agenouillée, se tient en retrait aux pieds du crucifié. À l'avant-plan, un vase à parfum, seul accessoire de cette scène dénudée, fait pendant à quelques blocs de pierre."

La peinture a été restaurée en 2011 par Claude Belleau, au Musée national des beaux-arts du Québec.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2002.0072

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Montréal

Dimensions :

  • Hauteur : 180,5 centimètre(s)
  • Largeur : 241,2 centimètre(s)

Médium :

  • Huile

Support :

  • Toile

Représentation iconographique :

  • Déposition de croix
  • Scène religieuse (histoire)

Signature :

  • Initiales et date, en bas à droite : N.B. - 1866

Sujet :

  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

En 1866, à l'aube de la quarantaine, l'artiste Napoléon Bourassa joue un rôle de plus en plus marquant dans la vie culturelle de Montréal. Toutefois, malgré ses multiples projets, l'ancien élève du peintre Théophile Hamel (1817-1870) vit différentes difficultés. Sa femme, Azélie (1834-1869) - fille du célèbre patriote Louis-Joseph Papineau (1786-1871) - souffre de troubles nerveux. Plus encore, Bourassa n'obtient pas les commandes convoitées qui auraient pu assurer, à lui et à sa famille qui compte quatre enfants à cette époque, une indépendance financière.

Malgré les épreuves qui l'assaillent, et sans doute pour éventuellement attirer l'attention de collectionneurs ou de mécènes ecclésiastiques, Bourassa consacre son temps à de nouvelles créations, décidant d'aller au-devant des commandes. Travaillant sans restriction, il produit alors une composition originale, la Déposition de croix, où son grand ami, l'avocat et homme politique Siméon Le Sage (1863-1909), prête ses traits à saint Jean.

Terminée en 1867, l'oeuvre est exposée et mise en vente dans l'atelier de Bourassa, au numéro 14 de la rue de Bonsecours à Montréal. Présentée ainsi au public, la peinture suscite les commentaires élogieux de différents journaux, lui assurant une publicité avantageuse. Par exemple, L'Ordre du 7 juin 1867 avance que « M. Bourassa a fait là une grande oeuvre [...] qui conviendrait parfaitement à une église ». Puis, Le Journal de l'instruction publique publie : « nous croyons cette oeuvre digne de l'admiration des connaisseurs, et digne surtout de l'encouragement des hommes assez heureux pour être en état de donner l'essor au talent. »

Peut-être jugée trop noire et dramatique, avec son intense effet de clair-obscur, la peinture ne trouve toutefois pas preneur. Trois ans plus tard, en 1870, Bourassa estime néanmoins son tableau digne d'être présenté à l'exposition annuelle de l'Art Association of Montreal. Il demeure la propriété de l'artiste jusqu'à ce qu'il en fasse don, en septembre 1886, au bazar organisé pour financer la cathédrale Saint-Jacques-le- Majeur de Montréal (aujourd'hui Marie-Reine-du-Monde).

En 1908, une lettre de Bourassa nous apprend que l'oeuvre est placée « dans l'arrière-choeur de la chapelle des Soeurs du Bon Pasteur à Montréal ». Beaucoup plus tard, on la retrouve dans la réserve diocésaine de l'archevêché de Montréal après, sans doute, que la communauté ait déménagé à Pierrefonds en 1979. La toile est offerte en 1990 au Grand Séminaire de Montréal pour souligner le 150e anniversaire de sa fondation. Revalorisée par la recherche, elle est considérée aujourd'hui, tel que le mentionne Béland, comme « une composition très savante avec sa belle académie dans le torse du Christ et son étude du drapé dans le linceul ».

Auteur : Pierre-Olivier Ouellet, 2014

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Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • BÉLAND, Mario, dir. Napoléon Bourassa : la quête de l'idéal. Arts du Québec. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec / Les Publications du Québec, 2011. 319 p.
  • BELLERIVE, Georges. Artistes-peintres canadiens-français. Les anciens. Montréal, Librairie Beauchemin, 1927. 122 p.
  • BOURASSA, Napoléon. Lettres d'un artiste canadien: N. Bourassa. Bruges et Paris, Desclée de Brouwer et Cie, 1929. 496 p.
  • s.a. « Bulletin des beaux-arts ». Le Journal de l'instruction publique. Vol. 41, no 6-7 (1867), p. 95-96.
  • s.a. « Mr. N. Bourassa¿ ». La Minerve, 21 juin 1867, p. 1.
  • s.a. « Une Pièce d'Art ». L'Ordre (Montréal), 7 juin 1867, p. 1.

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