Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Ensemble liturgique de Mgr Henri-Marie du Breil de Pontbriand

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • après 1740 – avant 1742 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Mission curiale)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (7)

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Description

Cet ensemble liturgique a appartenu à Monseigneur Henri-Marie du Breil de Pontbriand (Vannes, Bretagne, France, 1708 - Montréal, 1760), sixième et dernier évêque de Québec sous le régime français. Il est l'un des deux ensembles réversibles que le prélat apporta au pays en 1741. Aujourd'hui, de tels ensembles sont devenus rares dans les inventaires des églises et des communautés, que ce soit au Québec ou en France.

L'ensemble comprend six ornements sacerdotaux, soit une chasuble (vêtement sans manches qui se porte par-dessus l'aube durant la messe du rite catholique), deux étoles (longue bande d'étoffe qui se porte autour du cou), un manipule (ornement similaire à l'étole, mais plus court et porté sur l'avant-bras gauche), une bourse (étui en carton recouvert de soie et destiné à recevoir une pièce de lin appelée corporal qu'on pose sous le calice durant l'office) et un voile de calice (carré de soie dont on recouvre le calice durant la première partie de la messe).

Tous ces éléments ont été taillés dans de la moire, une étoffe de soie à reflets chatoyants. Ils sont rouge d'un côté, beige de l'autre, et sont décorés sur leurs deux faces des mêmes motifs brodés de fils d'or ou d'argent passés à travers les deux épaisseurs du tissu. Ils peuvent donc être utilisés d'un côté ou de l'autre selon les besoins de la liturgie. Porté du côté rouge, l'ensemble s'adaptait à la fête de la Pentecôte ou à celles des martyrs. Porté du côté beige, il se prêtait aux fêtes solennelles, dont celles dédiées à la Vierge Marie.

Sur la chasuble, où l'ornementation est la plus élaborée, le décor apparaît sur les orfrois du vêtement où il trace, de part et d'autre, les mêmes entrelacs de feuillage, les mêmes tiges de blé, les mêmes grappes de raisin, les mêmes écussons quadrillés au centre desquels se détachent la même palmette largement déployée et stylisée.

Sur les étoles, le décor présente des grappes de raisin, des feuilles et des croix, ou encore des rinceaux et des feuilles de trèfle. Sur le manipule, ce sont des rinceaux, des feuilles de trèfle et des croix fleuries. Sur la bourse, le motif en forme de croix diffère légèrement sur l'une et l'autre face. Sur le voile de calice apparaît le monogramme IHS, de l'expression latine Iesus, Homo ou Hominum, Salvator qui signigie Jésus Sauveur des Hommes.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 1976.1311.1-6

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Matériaux :

  • Fibre (Soie)
  • Métal (Or)
  • Métal (Argent)

Technique de fabrication :

  • Brodé, à la main
  • Cousu, à la main

Représentation iconographique :

  • Épi de blé)
  • Fleur
  • Grappe de raisin
  • Palmette

Sujet :

  • Ornementation
  • Religion
  • Signe et symbole
  • Végétal

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

Mgr Henri-Marie du Breil de Pontbriand, commanditaire et premier propriétaire de cet ensemble réversible, est né à Vannes, en Bretagne, en 1708. Ce fils du comte Joseph-Yves du Breil de Pontbriand et d'Angélique-Sylvie Marot de La Garaye fut ordonné à Paris en 1731, après y avoir fait des études de philosophie et de théologie au Séminaire Saint-Sulpice et à la Sorbonne.

De retour en Bretagne, il assista l'évêque de Saint-Malo à titre de grand vicaire. Il fut consacré évêque de Québec, à Paris en avril 1741, et s'embarqua pour le Canada à La Rochelle au début du mois de juin suivant.

En 1759, alors que la ville de Québec était assiégée par les troupes britanniques, Mgr Pontbriand se réfugia à Montréal où il fut accueilli à l'Hôpital Général des Soeurs Grises, puis au Séminaire de Montréal, où il devait finir ses jours en juin 1760, non sans avoir légué par testament une partie de ses biens à ses hôtes.

Cet ensemble a sans doute été commandé à Paris peu avant le départ de l'évêque pour le Canada. Dans le type d'ornement réversible dont il est question ici, la broderie fait appel à une technique particulière que l'on appelait au XVIIIe siècle le « passé à deux endroits ». Pour dessiner dos à dos les mêmes motifs décoratifs sur les deux faces de l'ornement, on faisait passer le brin d'or ou d'argent à travers les deux épaisseurs de tissu tout en cachant soigneusement le premier et le dernier point de l'aiguillée.

La réversibilité affectait le choix du tissu. Pour ce type d'ornements liturgiques, on utilisait de préférence la moire de soie ou de taffetas, donc une toile qui avait été calandrée, c'est-à-dire passée entre deux cylindres chauffés (rouleaux de calandre) pour provoquer un rétrécissement des pores et un écrasement des fibres. L'étoffe y gagnait des tons chatoyants et un fini sec et grenu qui se prêtait bien au type de broderie utilisé ici.

La réversibilité permettait de faire des économies de tissu et de satisfaire, avec moins, aux exigences du culte catholique, deux aspects dont Mgr de Pontbriand avait dû tenir compte lorsqu'il s'était procuré cet ensemble à Paris peu avant de s'embarquer pour Québec.

Auteur : Hélène Sicotte, Univers culturel de Saint-Sulpice, 2014.

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Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • « Dépôt du testament de feu Monseigneur de Pontbriand, évêque de Québec », et « Inventaire des biens et effets de feu Monseigneur Lévêque, par le notaire Danré de Blanzy », Rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1957-1958 et 1958-1959, Québ.
  • LACROIX, Laurier. Trésors de Notre-Dame. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, 1976. s.p.
  • « Relation d'un voyage de Paris en Canada par M. Clément Pagès, p.s.s., 1741 », Rapport de l'Archiviste de la Province de Québec pour 1947-1948, Québec, Rédempti Paradis, 1948, p. 21-25.
  • TRUDEL, Jean, dir. Le Grand héritage : L'Église catholique et les arts au Québec. Québec, Musée du Québec, 1984. 369 p.

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