Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Ensemble institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce
  • Site historique de Saint-Joseph-de-Beauce
  • Site institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Joseph-de-Beauce

Date :

  • 1865 – 1947 (Construction)

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (11)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (8)

Carte

Description

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce est un ensemble institutionnel réalisé en plusieurs chantiers entre 1865 et 1947. Il se compose principalement de cinq bâtiments : l'église, le presbytère, l'école Lambert, le vieux couvent et l'ancien orphelinat, ces deux derniers étant reliés par un passage couvert. L'ensemble comprend aussi le garage du presbytère, la remise de l'ancien orphelinat, l'école d'Youville, l'ancien cimetière, les aménagements paysagers ainsi que des tronçons de l'avenue du Palais et des rues Sainte-Christine et Martel. Ce site, dont les bâtiments occupent différents niveaux de terrasses, est situé dans la municipalité de Saint-Joseph-de-Beauce, au creux de la vallée de la rivière Chaudière.

Ce bien est classé site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1985-10-15
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2006-11-27
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce présente un intérêt pour sa valeur historique. Il est représentatif des ensembles institutionnels des villes de petite taille qui sont aussi des chefs-lieux. Les principaux bâtiments de l'ensemble, aux fonctions religieuse et éducative, illustrent remarquablement l'importance de ces institutions au sein de la collectivité locale et leur rayonnement régional. Les trois édifices associés à la fonction religieuse sont l'église (1865-1868), le presbytère (1890-1892) et le vieux couvent (1887-1889). Les deux autres constructions, associées à la fonction éducative, sont l'ancien orphelinat (1907) et l'école Lambert (1911). Ces bâtiments, dont la plupart conservent leur vocation d'origine, forment le noyau de la ville de Saint-Joseph-de-Beauce, une des plus anciennes de la Beauce. Par sa taille et la diversité des éléments patrimoniaux qui y sont concentrés, ce site est l'un des ensembles institutionnels les plus représentatifs au Québec.

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. L'ensemble est bien intégré à l'environnement naturel. Les bâtiments occupent un emplacement remarquable. Situés sur un coteau qui domine la rivière Chaudière, ils occupent différents niveaux de terrasses, et leurs façades principales sont orientées vers la rivière, ce qui rehausse leur valeur d'ensemble. Le site illustre ainsi le souci de construire les édifices publics en étroite relation avec le cadre naturel, pour qu'il contribue à leur mise en valeur.

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Les principaux bâtiments de l'ensemble s'inspirent de courants représentatifs des XIXe et XXe siècles. L'église Saint-Joseph est construite selon l'esthétique néoclassique, qui privilégie la monumentalité, la symétrie, la rigueur de la composition et la cohérence des proportions. Le presbytère, véritable joyau du groupe, s'inspire du style Château et possède des éléments décoratifs néo-Renaissance française. C'est une oeuvre originale, qui présente peu de similitude avec les autres presbytères québécois. Quant au couvent et à l'orphelinat, ils sont d'esprit Second Empire et coiffés d'un toit mansardé caractéristique de ce style. Enfin, l'école Lambert est un exemple achevé du fonctionnalisme, courant selon lequel la forme doit résulter d'une adaptation parfaitement rationnelle à l'usage et qui met l'accent sur la simplicité des lignes et de la décoration. Bien qu'ils soient de styles différents, ces bâtiments présentent une belle unité des formes architecturales et des matériaux, la pierre et la brique.

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec des architectes et des artistes québécois réputés du XIXe siècle et du début du XXe siècle : François-Xavier Berlinguet (1830-1916), Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), Georges-Émile Tanguay (1858-1923), David Ouellet (1844-1915), Lorenzo Auger (1879-1942), Louis et Francis Dion. Berlinguet, auteur des plans de l'extérieur de l'église, est un important architecte, sculpteur et ingénieur civil, dont les travaux s'inscrivent dans la lignée de l'oeuvre de Thomas Baillairgé. L'architecte Peachy, qui a conçu les plans de l'intérieur de l'église ainsi que ceux du couvent et de l'orphelinat, est l'un des premiers tenants de l'éclectisme. Les plans du perron de l'église et ceux du choeur de la sacristie sont signés David Ouellet, tandis que les autels et le retable ont été sculptés par Louis et Francis Dion. Georges-Émile Tanguay, un élève de Peachy, aussi architecte de la bibliothèque et du café du Parlement à Québec, est le concepteur du presbytère. Enfin, Lorenzo Auger, maître d'oeuvre de l'école Lambert, est un architecte qui a réalisé quelques bâtiments d'importance dans la ville Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- l'ensemble formé de l'église, du presbytère, de l'école Lambert, du vieux couvent et de l'ancien orphelinat, ainsi que du garage du presbytère, de la remise de l'ancien orphelinat, de l'école d'Youville et de l'ancien cimetière;
- la position des bâtiments à différents niveaux de terrasses sur le coteau en bordure de la rivière Chaudière, le presbytère au niveau le plus bas entre la rue principale et la rivière, l'église face au presbytère, le vieux couvent et l'ancien orphelinat au troisième niveau, et l'école Lambert au niveau le plus haut;
- l'orientation des façades des principaux bâtiments vers la rivière;
- la relation harmonieuse entre tous les éléments du site;
- la volumétrie des bâtiments, dont leur élévation de trois étages ou de trois étages et demi;
- les matériaux utilisés, dont la maçonnerie en pierre et en brique et le revêtement des toits en tôle;
- les caractéristiques de l'église, dont son plan au sol en croix latine composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants, la sacristie perpendiculaire à l'église et reliée par un chemin couvert, la façade dotée d'une tour en saillie couronnée d'un clocher élancé, le portail dorique et des ouvertures cintrées disposées symétriquement;
- les caractéristiques du presbytère, dont son plan rectangulaire, ses façades avant et arrière identiques qui donnent l'une sur la rue et l'autre sur la rivière, le parement de brique rouge à chaînage d'angle en pierre, le toit en croupe avec terrasse faîtière, la galerie couverte sur quatre côtés, l'avant-corps des façades avant et arrière, la disposition symétrique des ouvertures, les oculis, les lucarnes à pavillon du toit, les deux cheminées, les frontons, les frises à denticules, les linteaux en pierre des fenêtres et la ferronnerie d'art;
- les caractéristiques du vieux couvent, dont son plan en « T », le toit mansardé, l'avant-corps central de la façade principale couronné d'une flèche pyramidale trapue, la rangée de lucarnes dans le brisis, la disposition symétrique des ouvertures, la galerie de la façade et l'escalier central à double volée;
- les caractéristiques de l'orphelinat, dont son plan rectangulaire, le toit mansardé, l'avant-corps principal sans couronnement, la rangée de lucarnes dans le brisis, la disposition symétrique des ouvertures, les linteaux en pierre, les galeries couvertes à l'arrière sur deux niveaux et le chemin couvert le reliant au couvent;
- les caractéristiques de l'école Lambert, dont son plan rectangulaire, la simplicité des lignes, la simplicité de la décoration limitée à l'avant-corps central de la façade couronné par un fronton galbé, la disposition symétrique des ouvertures surmontées d'un linteau en pierre et le toit plat caché par un parapet à créneaux, ainsi que l'annexe (1947) du côté nord-ouest, parfaitement intégrée.

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Informations historiques

Le village agricole de Saint-Joseph devient, en 1856, le chef-lieu du district judiciaire de la Beauce. Cinq années plus tard, un palais de justice, aujourd'hui classé immeuble patrimonial, ouvre ses portes. Le nouveau bâtiment transforme radicalement la physionomie de la localité. La rue devant le palais de justice devient l'artère principale du village, tandis que les nouvelles constructions adoptent l'orientation de la façade de l'édifice vers la rivière Chaudière.

La deuxième église de la paroisse Saint-Joseph est édifiée entre 1865 et 1868, en remplacement du temple précédent détruit par un incendie. Les plans de cette église, qui est le plus vieux bâtiment du site patrimonial, sont l'oeuvre de François-Xavier Berlinguet (1830-1916). Berlinguet est un important architecte, sculpteur et ingénieur civil, dont les travaux s'inscrivent dans la lignée de l'oeuvre de Thomas Baillairgé. Le décor intérieur est conçu par Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), l'un des premiers tenants de l'éclectisme, et réalisé par les maîtres sculpteurs Louis et Francis Dion de Saint-Michel.

En 1875, un premier couvent est construit en surplomb de l'église, mais il est rapidement détruit par les flammes. Sur le même emplacement, un nouveau couvent est érigé en 1889, selon les plans de Peachy. Les Soeurs de la Charité y assureront l'éducation des jeunes filles jusqu'en 1973.

Le presbytère actuel, construit en face de l'église, est le troisième édifice du site patrimonial à voir le jour. Il est érigé entre 1890 et 1892, selon les plans de Georges-Émile Tanguay (1858-1923), élève de Peachy, aussi architecte de la bibliothèque et du café du Parlement à Québec. Ses dimensions imposantes se justifient par l'intervention du cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, qui entrevoit déjà la transformation de l'église en cathédrale, et donc du presbytère en palais épiscopal, ce qui ne se réalisera jamais.

Au XXe siècle, deux nouveaux édifices viennent compléter l'ensemble. Il s'agit de l'orphelinat et de l'école Lambert. L'orphelinat est construit en 1908-1909, selon les plans de Peachy. Cet orphelinat est aussi géré par les Soeurs de la Charité, qui y hébergent des filles et des garçons jusqu'en 1973. L'école Lambert, du nom de Thomas Lambert, premier président de la Commission scolaire de Saint-Joseph, est construite en 1911 pour remplacer l'ancienne école, désuète. Les plans sont dessinés par Lorenzo Auger (1879-1942), architecte connu de Québec. En 1947, l'école est agrandie par une allonge, bien intégrée au bâtiment.

De nos jours, la majorité des bâtiments du site patrimonial conservent leur fonction d'origine. Le couvent et l'orphelinat, quant à eux, sont occupés par des associations culturelles, et notamment par le musée Marius-Barbeau.

Le site patrimonial de Saint-Joseph-de-Beauce est classé en 1985. Il est également désigné lieu historique national du Canada en 2006.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Robert-Cliche

Municipalité :

  • Saint-Joseph-de-Beauce

Latitude :

46° 18' 39.4"

Longitude :

-70° 52' 55.1"

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BRETON, Jean-René. L'ensemble institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce. Québec, Fondation Robert-Cliche, 1986. 10 p.
  • CARRIER, Daniel. L'ensemble institutionnel et le palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce. Saint-Joseph-de-Beauce, Ville de Saint-Joseph-de-Beauce, 2007. 62 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DORION, Jacques. « Église et presbytère de Saint-Bernard ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 438-439.
  • GOBEIL-TRUDEAU, Madeleine. L'étude de l'ensemble institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce. Québec, Groupe Harcart, 1984. s.p.
  • LÉGARÉ, Denyse. « L'église de Saint-Joseph-de-Beauce. Un bel usage du caisson ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sjosbeauce/sjosbeaucef.htm

Multimédias disponibles en ligne :

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