Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Restaurant de L'Île-de-France

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • 9ème Étage du magasin Eaton
  • Restaurant du Eaton

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1931 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité

Usage :

  • Fonction commerciale (Restaurants et bars)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (5)

Carte

Description

Le restaurant de l'Île-de-France est un espace commercial de style Art déco aménagé en 1931. L'ensemble comprend une salle à manger et un foyer-promenoir. Il est situé au 9e étage d'un édifice de la rue Sainte-Catherine qui abritait un magasin Eaton, dans l'arrondissement municipal Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. De nombreux objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2000-08-24
 

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Valeur patrimoniale

Le restaurant de l'Île-de-France présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cet espace commercial s'inscrit, en effet, parmi les premières oeuvres Art déco au Québec. Ce style apparaît pendant l'entre-deux-guerres et est consacré par l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels de Paris en 1925. L'Art déco est présent en architecture, mais aussi et surtout dans la conception de mobilier, d'objets décoratifs et d'affiches. Il se veut à la fois classique par sa composition (le plan symétrique, par exemple) et moderne par ses lignes épurées. Dans le restaurant de l'Île-de-France, le classicisme s'exprime par la longue nef de plan rectangulaire de la vaste salle à manger, les seize piliers de marbre qui la rythment et l'architrave qu'ils supportent. Les fenêtres en longueur dans le bandeau de l'architrave, les ornements géométrisés et l'emploi de nouveaux matériaux (garde-corps en acier satiné et plancher en linoléum bicolore, par exemple) expriment la modernité. Le décor du restaurant de l'Île-de-France s'inspire également de celui de la salle à manger du paquebot français du même nom. Aujourd'hui, le restaurant de l'ancien magasin Eaton est considéré comme l'un des exemples les mieux réussis du style Art déco à Montréal et au Québec. En outre, il présente encore l'aspect qu'il avait lors de son ouverture en 1931. La plupart des matériaux d'origine ont été conservés, notamment le plancher du foyer en marqueterie de chêne et de noyer ainsi que les marbres des piliers et des murs.

Le restaurant de l'Île-de-France présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme espace commercial complémentaire d'un grand magasin. Au début du XXe siècle, les grands magasins se dotent de salles de spectacle, de restaurants, de salons de coiffure et d'aires de repos pour attirer la clientèle. Ils comptent ainsi parmi les rares lieux publics de sociabilité féminine. C'est le cas du restaurant de l'Île-de-France où, jusque dans les années 1960, en plus de se restaurer, les clientes et les clients pouvaient assister à des défilés de mode dans le foyer-promenoir.

Le restaurant de l'Île-de-France présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec l'architecte français Jacques Carlu (1890-1976). Récipiendaire du Grand Prix de Rome en 1919 (la plus haute distinction attribuée à un élève de l'École des beaux-arts de Paris), il occupe un poste de professeur d'architecture au Massachussetts Institute of Technology de 1924 à 1933 et dirige l'École d'art américaine de Fontainebleau environ au même moment. Figurant parmi les maîtres de l'Art déco, il est considéré comme le représentant de l'architecture moderne française en Amérique. Carlu y connaît en effet une grande fortune critique. La publication de ses projets et réalisations dans certaines des meilleures revues étasuniennes spécialisées en architecture et en design, comme « The Architectural Record » et « Pencil Point », en témoigne. Sa réalisation la plus connue est le palais de Chaillot à Paris érigé à l'occasion de l'exposition universelle de 1937. Il est aussi reconnu pour la qualité de ses aménagements intérieurs, et notamment pour celui du restaurant de l'Île-de-France.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du restaurant de l'Île-de-France liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- ses éléments classiques, dont le plan symétrique de la salle à manger, du corridor et des espaces connexes, les seize piliers de marbre distribués régulièrement de part et d'autre de la nef ainsi que l'architrave;
- ses éléments reflétant la modernité, dont les garde-corps en acier satiné, le plancher en linoléum bicolore, les fenêtres en longueur dans le bandeau de l'architrave, les ornements géométrisés ainsi que le fini des plafonds et des murs des salons privés;
- ses divisions originales, dont le foyer-promenoir, la grande salle à manger et les alcôves;
- ses matériaux, comme le marbre importé de France, les marbres verts et noirs des Pyrénées et de Belgique ainsi que le chêne et le noyer du plancher du foyer;
- ses couleurs d'origine.

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Informations historiques

La compagnie Eaton ouvre son magasin de la rue Sainte-Catherine à Montréal en 1927. Elle s'installe dans un ancien édifice du magasin Goodwin, qui est alors presque entièrement reconstruit selon les plans des architectes Ross and McDonald. En 1930, le bâtiment de six étages est surhaussé de trois étages.

Au début du XXe siècle, les grands magasins se dotent de salles de spectacle, de restaurants, de salons de coiffure et d'aires de repos pour attirer la clientèle. Ils comptent ainsi parmi les rares lieux publics de sociabilité féminine. Dans cet esprit, le magasin Eaton aménage un restaurant de 600 places, l'Île-de-France, au 9e et dernier étage de l'édifice. L'architecte français Jacques Carlu (1890-1976) est chargé de concevoir les décors et tout le mobilier. La conception et la réalisation de quelques bas-reliefs sont laissées aux bons soins du sculpteur Denis Gélin et deux murales (« Dans un parc » et « Amazone ») sont commandées à l'artiste Natacha Carlu, épouse de l'architecte. Le restaurant ouvre ses portes en janvier 1931 et connaît une grande popularité. La compagnie Eaton utilise l'endroit pour promouvoir son image de marque. Elle y invite des chanteurs et des musiciens et organise régulièrement des défilés de mode. Ceux-ci demeurent une tradition de la compagnie jusque dans les années 1960. À la toute fin des années 1990, la compagnie Eaton annonce la fermeture de neuf de ses magasins, dont celui de la rue Sainte-Catherine.

Le restaurant de l'Île-de-France est classé en 2000. Le mobilier est classé au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 677, rue Sainte-Catherine Ouest
  • 685, rue Sainte-Catherine Ouest

Latitude :

45° 30' 10.964"

Longitude :

-73° 34' 13.545"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 825 029 Ptie
  • Lot 2 825 032 Ptie
  • Lot 2 825 037
  • Lot 2 825 038
  • Lot 2 825 049
  • Lot 2 825 050

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Continuité. No 1 (1989).
  • GOURNAY, Isabelle. « Le restaurant Eaton ». Continuité. No 1 (1989), p. 20-23.
  • s.a. Actes du colloque «Art Déco de France et du Canada». s.l. ICOMOS Canada, 1994. s.p.
  • VANLAETHEM, France. « L'architecture Art Déco à Montréal ». s.a. Actes du colloque «Art Déco de France et du Canada». s.l. ICOMOS Canada, 1994, p. 53-71.

Multimédias disponibles en ligne :

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