Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Dagenais

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1774 – 1787 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

La maison Dagenais est une résidence d'inspiration française érigée entre 1774 et 1787. La demeure en pierre de plan presque carré possède un étage et demi et est coiffée d'un toit aigu à deux versants retroussés. Un corps de bâtiment secondaire en bois reconstruit après 1930 et dont le plan se rapproche d'un « T » est adossé au mur arrière du corps de logis. Sa première aile, contiguë à la maison, est une cuisine d'été avec un toit à pignon. La seconde aile, perpendiculaire à la cuisine d'été, est une remise coiffée d'un toit en pavillon. Implantée sur un terrain agrémenté d'un couvert végétal, la maison Dagenais se trouve au carrefour de deux artères, dans l'arrondissement municipal de Saint-Léonard de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1981-01-16
 

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Valeur patrimoniale

La maison Dagenais présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est représentative de la maison rurale d'inspiration française par ses murs de maçonnerie qui forment un corps de logis de plan presque carré bas et peu dégagé du sol, ses cheminées latérales et la composition asymétrique de sa façade. En raison de la masse des cheminées, les fenêtres latérales sont également asymétriques quant à leur taille et à leur disposition. La maison Dagenais se distingue aussi par l'utilisation de la pierre de taille, tant pour la façade que pour les cheminées.

La maison Dagenais présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construite entre 1774 et 1787, elle constitue l'un des rares exemples de maison rurale du XVIIIe siècle sur l'île de Montréal et témoigne de la colonisation de la côte Saint-Michel. Située au nord-est de l'île, dans la paroisse du Sault-au-Récollet, la côte Saint-Michel est concédée par les Sulpiciens à partir de 1699. La famille Dagenais s'y établit dès 1704, louant d'abord une ferme, puis devenant propriétaire de la terre où François Dagenais fils fera construire cette maison en pierre. La résidence évoque aujourd'hui l'histoire du peuplement de la côte Saint-Michel et les activités agricoles qui s'y sont déroulées.

La maison Dagenais présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Certains de ses détails architecturaux témoignent de la manière d'habiter la maison rurale aux XVIIIe et XIXe siècles et de son adaptation aux changements survenus dans les modes de vie. À titre d'exemple, les lucarnes, qui apparaissent dans la première moitié du XIXe siècle, attestent que les combles ont acquis une fonction résidentielle au détriment de la fonction d'entreposage. La cuisine d'été, construite à l'emplacement d'une ancienne laiterie, accueille de son côté les occupants durant la saison chaude. Enfin, le four à pain de la cuisine d'été illustre la préparation domestique de cet aliment à la base de l'alimentation traditionnelle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Dagenais liés à ses valeurs architecturale, historique et ethnologique comprennent, notamment :
- sa situation en milieu urbain, sur la rue Jarry, dans l'arrondissement municipal de Saint-Léonard de la ville de Montréal;
- sa relation avec son emplacement, en retrait de la rue, évoquant l'histoire de la colonisation de la côte Saint-Michel;
- ses caractéristiques associées à la maison rurale d'inspiration française, dont le corps de logis en pierre presque carré peu dégagé du sol, l'élévation d'un étage et demi et le toit aigu à deux versants;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre de taille de la façade et des cheminées, la maçonnerie de moellons des murs latéraux et de l'arrière ainsi que la couverture en tôle pincée du toit;
- la disposition asymétrique des ouvertures de la façade et des murs pignons, les lucarnes à fronton surmontées d'un pinacle en bois en façade et les fenêtres à battants à grands carreaux;
- les souches de cheminée placées dans le prolongement des murs pignons et disposées symétriquement sur l'arête faîtière;
- les larmiers retroussés et les galeries couvertes;
- la cuisine d'été et la remise en bois dans un corps de bâtiment secondaire attaché au corps de logis initial;
- le four à pain dans la cuisine d'été;
- les armoires encastrées et les trois foyers dans la maison.

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Informations historiques

EnEn 1699, les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal, concèdent les premières terres de la côte Saint-Michel située au nord-est de l'île, dans la paroisse du Sault-au-Récollet. Le peuplement débute alors et la famille Dagenais figure parmi les premiers occupants. En 1704, Pierre Dagenais y loue une ferme dont l'emplacement n'est pas connu. Près de trente ans plus tard, en 1731, il est établi sur la terre où sera construite la maison Dagenais. Joseph-Michel Dagenais puis François Dagenais père occupent tour à tour la ferme de la côte Saint-Michel. En 1774, François Dagenais père cède à son fils François, en retour d'une rente viagère, sa propriété qui comprend, en plus de la terre, une maison en bois. La maison de pierre est érigée entre 1774 et 1787 pour François fils en remplacement de l'ancienne demeure en pièce sur pièce. Elle reste la propriété de la famille jusqu'au début des années 2000.

La maison est modifiée aux XIXe et XXe siècles pour s'adapter aux besoins de ses occupants. Ainsi, l'espace d'entreposage du grenier est subdivisé en chambres au XIXe siècle, phénomène fréquent dans les maisons rurales à cette époque et qui se reflète à l'extérieur par la présence de lucarnes. À la suite d'un incendie en 1930, la charpente de la toiture est refaite en madriers. La cuisine d'été et la remise adossées à la façade arrière auraient également été reconstruites après l'incendie de 1930.

Cette résidence évoque aujourd'hui l'histoire du peuplement de la côte Saint-Michel et les activités agricoles qui s'y sont déroulées.

La maison Dagenais est reconnue en 1981. Elle est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Saint-Léonard

Adresse :

  • 5555, rue Jarry Est

Lieux-dits :

  • Saint-Léonard

Latitude :

45° 35' 9.636"

Longitude :

-73° 35' 24.449"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Paroisse de Sault-au-Récollet Absent 396 subd. 74 ptie
71
72
73

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Maison Dagenais ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 161-161.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Service de planification du territoire. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal: architecture rurale. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1986. s.p.
  • D'AMOUR, Valérie et Alan M. STEWART. La maison François Dagenais père, 1947 boulevard Gouin Est : étude historique et patrimoniale. s.l. 2004. 82 p.
  • Ville de Montréal. Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine. Bureau du patrimoine et toponymie. Évaluation du patrimoine urbain. Arrondissement de Saint-Léonard. Montréal, 2005. s.p.

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