Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Domaine Cataraqui

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Cataracoui

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1850 – 1851 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (12)

Personnes associées (15)

Carte

Description

Le domaine Cataraqui est une propriété de notable dont la construction s'est étalée des années 1850 jusqu'aux années 1930. Le domaine est un ensemble architectural et foncier constitué d'une villa néoclassique, de plusieurs dépendances (la maison du régisseur, les serres, la remise, le poulailler, le garage, le logement du fermier, l'écurie, la grange-caveau, la glacière et l'atelier) et d'un terrain d'une superficie d'environ 11 hectares aménagé en boisés, jardins, pelouses et pré. Les bâtiments aux murs jaune pâle sont en brique ou couverts de planches de bois à clins et coiffés d'un toit argenté en tôle ou en bardeaux de cèdre gris. La plupart d'entre eux occupent le centre du terrain. Ils sont environnés d'un épais boisé, qui couvre notamment toute la partie ouest du terrain, et d'un vaste pré, à l'est. À partir du chemin Saint-Louis, qui limite la propriété au nord, se succèdent une rangée d'arbres matures d'espèces variées, l'espace ouvert des serres et des anciens potagers, le groupement compact des dépendances, la villa, les grandes pelouses et la falaise boisée en bordure du fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site archéologique euroquébécois est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1975-10-08
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-02-05

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

Le domaine Cataraqui présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne de la prospérité économique qui a marqué la première moitié du XIXe siècle à Québec. Durant cette période, les marchands de bois, attirés par le pittoresque des panoramas, implantent de grands domaines sur le promontoire de Sillery, qui domine leurs anses à bois et leurs chantiers navals. Les deux premiers propriétaires de Cataraqui figurent parmi les barons du bois. La villa est aussi liée à l'histoire politique canadienne. Entre 1860 et 1863, elle devient, en effet, la résidence d'été du gouverneur général du Canada-Uni et accueille des visiteurs illustres comme le prince de Galles. Par la suite, des propriétaires tels que Charles Eleazar Levey (1793-1880), fondateur de la Banque d'Union du Bas-Canada, ou les peintres Catherine Rhodes (1888-1972) et Percyval Tudor-Hart (1873-1954) contribuent à développer le domaine ainsi qu'à entretenir la réputation de ses aménagements paysagers. Par ailleurs, ce domaine est représentatif des propriétés de notables implantées au XIXe siècle en banlieue des villes et dans les lieux de villégiature. Il est un exemple achevé de ce type qui se compose d'une résidence luxueuse, de plusieurs dépendances et d'un vaste terrain aménagé. La villa, conçue dans le style néoclassique en vogue au milieu du XIXe siècle, comporte plusieurs pièces. Elle domine les nombreuses dépendances environnées de boisés, jardins, pelouses et pré. Tous ces éléments bâtis et paysagers forment un ensemble complet et exceptionnel qui traduit le mode de vie de la haute bourgeoisie, et plus particulièrement de celle de la région de Québec au XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle. Ayant remarquablement bien conservé son caractère d'origine, Cataraqui est le dernier domaine résidentiel bourgeois du site patrimonial de Sillery et l'un des derniers exemples de ces vastes propriétés au Québec.

Le domaine présente aussi un intérêt patrimonial pour la valeur architecturale des bâtiments qui le composent. La villa a été conçue par l'architecte Edward Staveley (1795-1872), qui a dessiné de nombreux édifices publics et religieux de Québec. Elle constitue un exemple parfait des villas néoclassiques construites au Québec au XIXe siècle. Le corps de logis initial est caractérisé par un plan presque carré, une élévation de deux étages et demi, un toit en pavillon à quatre versants de faible pente percé de deux souches de cheminée trapues, une façade symétrique, une galerie et une avancée centrale. L'intérieur, riche de ses plâtres et de ses boiseries, est divisé selon un plan symétrique et hiérarchisé. La villa et ses dépendances forment un ensemble d'une unité remarquable.

Le domaine présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Il constitue un témoin important de l'influence du pittoresque au Québec durant le XIXe siècle. L'effet pittoresque est notamment rendu par les boisés denses, la longue allée curviligne et ombragée donnant accès à la villa et l'intégration des bâtiments à l'environnement paysager. La composition irrégulière des boisés et des pelouses, les jeux d'ombre et de lumière rendus par la végétation et le tracé sinueux des allées créent un paysage caractéristique de ce courant. Cataraqui, qui a vu se succéder des jardiniers talentueux et réputés, comprend des aménagements paysagers inspirés du jardin à l'anglaise issu du pittoresque. Le domaine a remarquablement bien conservé son caractère d'origine, préservé entre autres dans le tracé des chemins et la relation entre les espaces naturels et les bâtiments.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du domaine Cataraqui liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- l'implantation sur un promontoire dominant le fleuve Saint-Laurent;
- la présence d'une villa monumentale de deux étages et demi, ainsi que l'annexe de deux étages et demi à l'arrière;
- la présence d'un jardin d'hiver à l'ouest de la villa;
- la présence de dépendances (la maison du régisseur, les deux serres, la remise, le poulailler, le garage, le logement du fermier, l'écurie, la grange-caveau, la glacière et l'atelier), regroupées à l'arrière de la villa et leur implantation ainsi que l'allée de service leur donnant accès;
- l'unité de l'ensemble obtenue, entre autres, par le ton jaune pâle des murs en brique ou recouverts de planches de bois à clins, le gris argenté des toits couverts de tôle ou de bardeaux de cèdre, l'utilisation de baies à petits ou grands carreaux (parmi lesquelles des fenêtres à guillotine, des fenêtres à battants et des lucarnes) et la sobriété architecturale;
- le terrain aménagé d'une superficie totale de 10,8 hectares comprenant les boisés, les jardins, les pelouses et le pré;
- les caractéristiques de la villa, dont la façade symétrique, comprenant cinq ouvertures à chacun des deux étages, dont le portail monumental, l'avancée centrale surmontée d'un pignon dans la toiture et la galerie au rez-de-chaussée, l'utilisation de la pierre de taille pour la villa (notamment pour l'assise, l'escalier menant à la galerie en façade, les chaînages d'angles, les encadrements d'ouverture); le plan presque carré, le toit en pavillon à quatre versants de faible pente percé de deux souches de cheminée trapues, la distribution symétrique et hiérarchisée des pièces, de part et d'autre d'un hall central;
- les galeries, les baies en saillie et les portes-fenêtres;
- la richesse de l'intérieur de la villa, dont les dimensions et les proportions des pièces, les boiseries, les moulures, les détails ornementaux des plâtres, les manteaux de cheminée, l'escalier principal, les planchers de bois et la hauteur des plafonds;- l'unité formelle de la plupart des dépendances, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, les toits à croupes basses, le vert émeraude de la majorité des détails architecturaux (assises, portes, encadrements d'ouverture, soffites, lanternons), les fenêtres et les ouvertures des lanternons terminées par un arc en plein cintre ainsi que la composition presque identique de l'écurie et du garage (notamment leur fronton, leurs lucarnes et leur lanternon);
- les éléments décoratifs des dépendances, dont les arches et l'avancée centrale à fronton de la glacière, le toit ornementé au-dessus de la porte de la résidence du fermier ainsi que les éléments décoratifs de la maison du régisseur (colonnes, pilastres et corniche denticulée);
- l'intégration des bâtiments à un environnement naturel et paysager;
- la relation entre les bâtiments et les espaces naturels et paysagers;
- les boisés denses;
- la longue allée curviligne et ombragée donnant accès à la villa;
- les aménagements de type jardin à l'anglaise;
- les serres horticoles et viticoles, le pré à l'est du domaine, les pelouses, les rocailles et les terrasses au sud de la villa;
- le tracé des anciens chemins;
- l'intégrité du terrain;
- le site archéologique euroquébécois.

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Informations historiques

Au XIXe siècle, la seigneurie de Sillery, qui appartenait aux Jésuites, est subdivisée en cinq grandes propriétés vendues par le gouvernement du Bas-Canada. Certaines sont acquises par des marchands de bois qui, attirés par le pittoresque des panoramas, s'établissent sur le promontoire dominant leurs anses à bois et leurs chantiers navals. L'un d'eux est James Bell Forsyth (1802-1869), qui baptise son domaine Cataraqui, nom amérindien de Kingston (Ontario), son lieu de naissance. Il y fait construire une demeure, Cataraqui Cottage. Le bâtiment disparaît en 1850 lorsque Henry Burstall, un autre marchand de bois de Québec, achète la propriété.

Pour les plans de sa résidence de style néoclassique, Burstall retient les services de l'architecte Edward Staveley (1795-1872), qui a dessiné de nombreux bâtiments publics et religieux de Québec. Composée du corps de logis et de la moitié ouest de l'annexe actuelle, elle est érigée en 1850 et 1851. Le maître maçon George Blaiklock II (vers 1815-1883) et le maître charpentier Simon Peters (1815-1896/1897) participent à la construction. En 1856, Staveley et Peters érigent une serre contre le mur ouest de la villa, qui sera remplacée à deux reprises.

En mars 1860, le feu détruit la résidence d'été du gouverneur général du Canada-Uni située à Spencer Wood (Bois-de-Coulonge). Edmund Walker Head (1805-1868), qui occupe alors cette fonction, se reloge à Cataraqui et agrandit la villa. Il fait ériger l'aile est et doubler la superficie de l'annexe en l'agrandissant vers l'est. Celle-ci comprend alors les pièces de service ainsi que les appartements des domestiques. Durant son séjour, Head reçoit la visite du prince de Galles, le futur roi Edward VII (1841-1910). En 1861 et 1862, le nouveau gouverneur général, Charles Stanley Monck (1819-1894), occupe la villa.

En 1863, le domaine passe aux mains de Charles Eleazar Levey (1793-1880), fondateur de la Banque d'Union du Bas-Canada. En 1866, afin d'équilibrer la façade de la villa, il demande à Staveley de concevoir l'aile ouest et un jardin d'hiver attenant, qui remplacent la serre. Il fait également ajouter la galerie contre l'aile est. Passionné d'horticulture, Levey embauche Peter Lowe, ancien jardinier en chef de Spencer Wood, qui oeuvrera à Cataraqui durant une quarantaine d'années comme jardinier et régisseur. Lowe bénéficie de deux serres érigées en 1880 au nord de la villa, dont l'une est consacrée à la culture des vignes. James MacPherson Le Moine (1825-1912) louangera les jardins dans « Picturesque Quebec ».

C'est en 1905 que Godfrey William Rhodes (1850-1932), dont la famille est propriétaire du domaine voisin (Benmore), achète Cataraqui. Rhodes s'intéresse aussi à l'horticulture. Il embauche un nouveau jardinier et régisseur, George Anthony Penney (1876-1944), qui perpétue la renommée des jardins. La maison du régisseur, à l'entrée du domaine, est reconstruite en 1914. À partir des années 1920, les Rhodes vivent à temps plein au domaine avec leur fille Catherine (1888-1972). Formée à Paris auprès du peintre Percyval Tudor-Hart (1873-1954), qu'elle épouse en 1935, Catherine héritera du domaine et l'habitera jusqu'à sa mort.

C'est en 1928 que la villa prend son apparence définitive avec le remplacement du jardin d'hiver par une serre au profil galbé. En 1929, Mary Stewart, architecte-paysagiste réputée, aménage en collaboration avec Catherine les grandes rocailles, fort originales pour l'époque. Tudor-Hart apporte des modifications majeures à l'aménagement du domaine. Il conçoit les terrasses et les pelouses en face de la villa et fait construire une annexe à la glacière pour y installer son atelier où il travaille jusqu'à sa mort.

Le domaine Cataraqui est reconnu en 1975 et est acheté par le gouvernement du Québec l'année suivante. Il est devenu classé à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Sainte-Foy - Sillery

Adresse :

  • 2141, chemin Saint-Louis

Latitude :

  • 46° 46' 23.2"

Longitude :

  • -71° 15' 11.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 074 873

Code Borden

CeEt-270      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BRUNELLE, Sylvie et Bernard GENEST. Cataraqui, rapport d'enquête orale. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1985. 149 p.
  • CHASSÉ, Béatrice. « Domaine Cataraqui ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 226-227.
  • CHASSÉ, Béatrice. La villa Cataraqui à Sillery. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 32 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAGNON-PRATTE, France. L'architecture et la nature à Québec au dix-neuxième siècle : les villas. Québec, Ministère des Affaires culturelles / Musée du Québec, 1980. 334 p.
  • s.a. Les jardins de Cataraqui : étude. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1985. 60 p.
  • SMITH, Frédéric. Cataraqui : histoire d'une villa anglaise à Sillery. Québec, Les Publications du Québec, 2001. 131 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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