Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de Sillery

Carte

Description

Le site patrimonial de Sillery couvre un territoire à caractère résidentiel et institutionnel. Il se distingue, entre autres, par son patrimoine bâti et paysager représentatif de toutes les périodes de son développement depuis le Régime français. Ce territoire linéaire d'environ trois kilomètres et demi se divise en trois zones principales, soit la terrasse fluviale, l'escarpement et le sommet de l'escarpement. Il est ponctué de nombreux boisés, de prairies et d'arbres matures isolés.

Le site comprend environ 350 bâtiments. Sur la terrasse fluviale du fleuve Saint-Laurent subsistent la maison des Jésuites-de-Sillery, témoin des premières occupations, et des maisons ouvrières du XIXe siècle parsemées le long du chemin du Foulon. L'église Saint-Michel, son presbytère ainsi qu'un noyau de maisons ouvrières sont regroupés dans le secteur de la côte de Sillery. Sur le sommet de l'escarpement, entre le chemin Saint-Louis au nord et l'escarpement au sud, se trouvent de luxueuses villas, dont plusieurs ont été construites pour les barons du bois au XIXe siècle, et des propriétés institutionnelles remontant au tournant du XXe siècle.

Enclavé dans un milieu aujourd'hui fortement urbanisé, le site patrimonial de Sillery conserve de nombreux boisés, qui forment notamment deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement. Ces boisés s'ajoutent à ceux des domaines privés et institutionnels, à ceux des cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick ainsi qu'aux prairies pour constituer une importante réserve d'espaces verts.

Le site patrimonial, qui se trouve dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec, est approximativement délimité par l'avenue De Laune à l'est, la côte à Gignac à l'ouest, le chemin Saint-Louis et la Grande Allée Ouest au nord ainsi que la ligne de basse marée du fleuve Saint-Laurent et la cime de l'escarpement au sud.

Ce bien est déclaré site patrimonial. Il comporte des biens patrimoniaux classés et huit sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il possède également un potentiel archéologique qui résulte de la présence amérindienne et euroquébécoise.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-02-05
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Sillery présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce territoire se caractérise par l'ancienneté de son occupation et la diversité des activités qui s'y sont succédé. Depuis la période de la préhistoire, des groupes amérindiens fréquentent ce territoire. Dès 1637, les Jésuites s'établissent dans l'anse Saint-Joseph pour sédentariser et christianiser les Amérindiens qui y pratiquent la pêche. Au cours des années suivantes, les terres sont concédées en fief et seigneurie. À la suite du blocus continental imposé par la France à la Grande-Bretagne en 1806, l'occupation du territoire s'accentue. Grâce à ses anses abritées, Sillery devient un lieu important pour le commerce du bois et pour la construction navale. Sur les hauteurs, les barons du bois et les notables britanniques se font construire de luxueuses villas, tandis que près des anses apparaissent des habitations ouvrières. Avec le déclin du commerce du bois, les grands domaines sont acquis par les communautés religieuses entre 1869 et 1947. De nos jours, le patrimoine bâti et paysager, plusieurs sites archéologiques et de nombreux éléments de l'aménagement urbain témoignent de la riche histoire du lieu.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ses composantes, exceptionnelles en milieu urbain, permettent de retracer le passé de Sillery. Ainsi, les limites de certaines propriétés et le tracé du chemin du Foulon et de la côte de Sillery illustrent les premiers établissements et le découpage des terres sous le Régime français. Le secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du secteur Bergerville évoquent par la densité des habitations la réalité ouvrière de l'ère des anses à bois. Les grands domaines boisés, aménagés sur le sommet de l'escarpement dans l'esprit du courant pittoresque, constituent le trait dominant du paysage. Grâce à eux, le site patrimonial constitue un espace vert unique avec ses boisés, ses prairies, ses parterres d'apparat et ses arbres matures isolés. Situés sur d'anciennes grandes propriétés, les cimetières constituent également une composante majeure du site patrimonial avec leurs aménagements qui permettent un dialogue entre les boisés, les espaces libres et gazonnés, les bâtiments et les monuments. L'image emblématique du site est formée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Le cadre bâti se compose de quelques constructions du Régime français, de maisons ouvrières du XIXe siècle, de villas bourgeoises du XIXe siècle et d'édifices institutionnels du XXe siècle. Les bâtiments du Régime français, dont la maison des Jésuites-de-Sillery est le meilleur exemple, se caractérisent par leur corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol. Dans les secteurs à plus forte densité, les maisons ouvrières comportent un ou deux étages et présentent un plan simple et des dimensions réduites. Les villas bourgeoises s'inscrivent quant à elles dans les courants de l'architecture néoclassique et pittoresque. Elles se distinguent par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, par leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions et par leur ornementation souvent élaborée. Les communautés religieuses, qui ont acquis ces propriétés bourgeoises au tournant du XXe siècle, y ont érigé des édifices institutionnels à trois ou quatre niveaux, souvent en brique. Cette architecture institutionnelle est enrichie par l'aménagement de plusieurs monuments commémoratifs et religieux ainsi que de lieux de repos et de recueillement. La valeur architecturale du site est aussi caractérisée par l'église de Saint-Michel, construite en grès de 1852 à 1854. Cette église est l'un des premiers lieux de culte d'une architecture néogothique dans la région de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Sillery liés à ses valeurs historique, paysagère et architecturale comprennent, entre autres :
- sa situation le long du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery de la ville de Québec;
- la prédominance des fonctions résidentielle et institutionnelle;
- les sites archéologiques amérindiens et euroquébécois connus, parmi lesquels les vestiges d'une mission amérindienne, d'un ancien hôpital et d'un moulin à vent;
- le potentiel archéologique encore enfoui dans le sol;
- les caractéristiques liées aux établissements et au découpage des terres sous le Régime français, dont les limites de certaines propriétés perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent ainsi que les tracés du chemin du Foulon sur la bande riveraine, du chemin Saint-Louis et de la côte de Sillery délimitant le fief de Saint-Michel et la seigneurie de Sillery;
- les caractéristiques liées au commerce du bois et à la construction navale au XIXe siècle, dont les d'habitations ouvrières du secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du chemin Saint-Louis du secteur Bergerville;
- les caractéristiques liées aux marchands de bois, dont les grands domaines aménagés dans l'esprit du courant pittoresque et ponctués de boisés, illustrés par le domaine Cataraqui, le parc du Bois-de-Coulonge, les propriétés des communautés religieuses ainsi que les cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick;
- les boisés formant deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement;
- l'image emblématique du site, constituée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé;
- les multiples points d'observation sur les environs et notamment les percées visuelles et les panoramas remarquables à partir de la terrasse fluviale et du sommet de l'escarpement;
- la présence de bâtiments d'inspiration française caractérisés par un corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol ainsi qu'un toit à versants droits;
- la densité d'occupation des secteurs ouvriers et la présence de maisons ouvrières caractérisées par une élévation d'un ou deux étages, un plan simple, des dimensions réduites, un toit à deux versants ou mansardé et une ornementation dépouillée;
- la présence de villas bourgeoises caractérisées par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, leur architecture d'inspiration néoclassique et pittoresque, leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions ainsi que leur ornementation souvent élaborée;
- la présence de grands édifices institutionnels à trois ou quatre étages sur de vastes terrains paysagers.

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Informations historiques

Différents groupes amérindiens ont fréquenté le secteur du site patrimonial depuis des milliers d'années. Lors des premiers contacts entre les Européens et les Amérindiens dans la région de Québec, des groupes algonquiens fréquentent l'anse Kamiskoua Ouangachit pour y pratiquer la pêche. En 1637, bénéficiant de l'aide du prêtre Noël Brulart de Sillery (1577-1640), les missionnaires jésuites s'installent dans cette anse nommée Saint-Joseph, en espérant ainsi évangéliser et sédentariser les Amérindiens. En 1640, les Augustines de la Miséricorde de Jésus établissent un hôpital à proximité de l'anse.

À partir de 1651, le territoire de l'actuel site patrimonial est subdivisé en fief et seigneurie. La seigneurie de Sillery est composée des terres des Jésuites et des Amérindiens et de l'ancienne terre des Augustines, qui devient l'arrière-fief de Monceaux. À l'est, les terres du Cap-aux-Diamants se composent du fief de Saint-Michel, du fief et châtellenie de Coulonge et de la terre de Saint-Denys. À la fin du Régime français, ces terres sont la propriété du Séminaire de Québec, des Jésuites et de la famille Ruette d'Auteuil.

Au lendemain de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le Séminaire de Québec vend quelques-unes de ses terres à des fonctionnaires et militaires du gouvernement britannique, dont James Murray (1721/1722-1794), premier gouverneur britannique de Québec. Ayant servi de refuge et d'hôpital aux soldats américains pendant le siège de Québec en 1775-1776, la maison de Samos, agrandie et rénovée, est nommée Woodfield. En 1780, le général Henry Watson Powell (1733-1814) fait construire sa demeure, nommée Powell Place, sur l'ancienne terre Belleborne. Malgré l'achat d'une partie des propriétés des Jésuites et du Séminaire de Québec par l'élite locale, le territoire demeure agricole jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Les anses de Sillery s'animent à la suite du blocus continental imposé par Napoléon Bonaparte (1769-1821) à la Grande-Bretagne en 1806. Coupés de ses sources d'approvisionnement traditionnelles en mer Baltique, les Britanniques se tournent alors vers leurs colonies pour se fournir en bois équarri. Les grandes propriétés de Sillery sont peu à peu occupées par des marchands de bois et des constructeurs de navires, qui établissent leurs chantiers en contrebas de leur propriété érigée sur le sommet de l'escarpement.

En 1815, le manoir Kilmarnock domine le chantier naval McNider. La résidence Powell Place est renommée Spencer Wood et l'année suivante, le domaine Woodfield est agrandi jusqu'à la limite de l'ancien fief de Saint-Michel. Entre 1830 et 1850, le domaine seigneurial de Sillery est divisé en vastes propriétés (Beauvoir, Clermont, Cataraqui, Benmore et Sous-les-Bois).

Au pied des grandes propriétés, les chantiers attirent de nombreux travailleurs qui s'installent en bordure du chemin du Foulon et dans les noyaux d'habitation lotis en périphérie des domaines. À la fin des années 1840, le marchand de bois irlandais Patrick McInenly lotit une bande de terre en bordure de la côte de Sillery pour y construire des maisons d'ouvriers. En 1854, l'église de Saint-Columba (aujourd'hui Saint-Michel) est érigée pour desservir la population ouvrière catholique, composée de Canadiens français et d'Irlandais.

À la fin du XIXe siècle, le commerce du bois et la construction navale périclitent, ce qui entraîne la vente de la plupart des grandes propriétés de Sillery. Entre 1869 et 1947, elles sont cédées à des communautés religieuses, qui y construisent de grands édifices institutionnels, à l'exception des domaines Kilmarnock, Cataraqui et Spencer Wood (Bois-de-Coulonge).

Le site patrimonial de Sillery est déclaré en 1964, dans le but de freiner le lotissement des grandes propriétés. De nos jours, le site patrimonial de Sillery est un territoire à caractère résidentiel et institutionnel, ponctué par de grands espaces verts et offrant des percées visuelles et panoramas remarquables.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Sainte-Foy - Sillery

Latitude :

46° 46' 38.5"

Longitude :

-71° 14' 45.5"

Code Borden

CeEt-1 CeEt-27 CeEt-270 CeEt-806
CeEt-875 CeEt-876 CeEt-899 CeEt-903
CeEt-920 (en réservation) CeEt-921 (en réservation)    

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Documents

Références

Notices bibliographiques :

  • BERNIER, André. Le Vieux Sillery. Les cahiers du patrimoine, 7. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 167 p.
  • DION-MCKINNON, Danielle. Sillery, au carrefour de l'histoire. Ville LaSalle, Boréal, 1987. s.p.
  • GAGNON-PRATTE, France. L'architecture et la nature à Québec au dix-neuxième siècle : les villas. Québec, Ministère des Affaires culturelles / Musée du Québec, 1980. 334 p.
  • LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Sillery. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. 45 p.
  • RENY, Claude. « Arrondissement historique de Sillery ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 221-225.

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