Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Antoine-de-Tilly

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-Antoine-de-Padoue

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Antoine-de-Tilly

Date :

  • 1786 – 1788 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (19)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly est un lieu de culte catholique construit de 1786 à 1788 et doté d'une nouvelle façade en 1902. L'édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur terminé par une abside en hémicycle. La façade est composée d'une tour centrale demi-hors-oeuvre, surmontée d'un clocher et encadrée par deux tourelles couronnées d'acrotères. Une sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi, coiffée d'un toit à deux versants légèrement retroussés, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Elle est reliée au bras nord du transept par un chemin couvert. L'église de Saint-Antoine-de-Tilly est implantée en biais de la voie publique, à proximité à proximité du fleuve Saint-Laurent. Elle située dans un ensemble institutionnel, au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Antoine-de-Tilly.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1963-05-28
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte est représentatif des églises catholiques rurales construites au Québec dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Entre 1760 et 1790, l'absence de main-d'oeuvre spécialisée et la faible immigration britannique font de l'architecture du Régime français l'unique objet de référence. L'évêque de Québec, Jean-Olivier Briand (1715-1794), encourage fortement l'utilisation du plan en croix latine, entre autres pour des raisons de solidité. L'église de Saint-Antoine-de-Tilly, avec sa nef à vaisseau unique, ses chapelles latérales servant également de contreforts, son choeur en hémicycle et ses murs bas en maçonnerie crépie, correspond au modèle proposé par Mgr Briand et inspiré de l'architecture religieuse du Régime français. Par ailleurs, l'édifice témoigne de transformations courantes dans les églises au tournant du XXe siècle. Une nouvelle façade est construite en 1902, selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Elle est représentative des façades conçues par Ouellet, notamment par son imposante tour centrale demi-hors-oeuvre, le clocher massif qui la surmonte, les deux tourelles qui l'encadrent et son ornementation éclectique. Cette façade rappelle la volonté de conférer un prestige au lieu de culte en le mettant au goût du jour.

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor, conçu par Thomas Baillairgé (1791-1859), est réalisé par le menuisier et sculpteur André Paquet (1799-1860) entre 1837 et 1840. Il est caractéristique de l'esthétique classique proposée par Baillairgé pour les intérieurs d'église. La logique architecturale repose sur la rigueur et l'ordonnance classiques. Les divers éléments, tels que le retable couronné d'un fronton, la fausse voûte à arc surbaissé et l'entablement, forment un ensemble homogène. L'intérieur de l'église de Saint-Antoine-de-Tilly est l'une des oeuvres les plus complètes de Paquet. En plus de la fausse voûte et du retable, il exécute le maître-autel, la chaire et le banc d'oeuvre. Ce mobilier liturgique a été conservé presque intégralement. En 1867, un nouveau tabernacle, sculpté par Raphaël Giroux (1815-1869), remplace celui de Paquet. Ces oeuvres de Paquet et Giroux, deux anciens élèves de Baillairgé, évoquent l'influence du maître. Le décor de l'église de Saint-Antoine-de-Tilly illustre l'importance des principes et du vocabulaire néoclassiques dans la conception des intérieurs d'église au milieu du XIXe siècle.

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Antoine-de-Tilly est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. La situation du bâtiment à proximité du fleuve Saint-Laurent, en biais par rapport à la voie publique, contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Antoine-de-Tilly liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- son implantation à proximité du fleuve Saint-Laurent, de biais à la voie publique;
- son intégration à un ensemble institutionnel catholique;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants légèrement retroussés (pourvu de croupes au transept), la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur et le chemin couvert reliant la sacristie et le bras nord du transept;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre crépie, la façade ainsi que ses chambranles et ses chaînes d'angle en pierre de taille, la couverture en tôle à la canadienne de l'église et de la sacristie ainsi que la couverture en tôle à baguettes du chemin couvert;
- les composantes de la façade, dont l'imposante tour demi-hors-oeuvre de plan carré surmontée d'un pignon (pourvue d'une porte à double vantail au tympan cintré, d'un portail en pierre composé de pilastres doriques supportant un entablement et un fronton ainsi que d'une fenêtre en plein cintre sur le devant et d'une porte au tympan cintré sur les côtés), le clocher massif (doté d'une base et d'une chambre des cloches carrées, d'une flèche polygonale, d'une croix et d'un coq), les tourelles couronnées d'acrotères encadrant la façade, les fenêtres cintrées ainsi que les chaînes d'angle et les chambranles;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées, la porte à double vantail et imposte vitrée, les chambranles en bois mouluré, le revêtement en planches verticales de l'abside et la cheminée latérale partiellement recouverte de tôle;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants légèrement retroussés, le revêtement en planches à clins, le porche d'entrée, les fenêtres à battants et à grands carreaux, les lucarnes à croupe, les portes à panneaux, les chambranles à fronton en bois ainsi que les planches cornières;
- les composantes du chemin couvert, dont le parement de planches à clins, le toit à deux versants droits, les fenêtres à grands carreaux ainsi que la porte à panneaux et les chambranles en bois;
- le décor architectural intérieur, dont les détails dorés, la fausse voûte à arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux, de gloires et de feuilles d'acanthe), le retable du choeur (composé de pilastres cannelés d'ordre corinthien et d'un fronton à base interrompue orné d'une colombe en gloire), l'entablement du choeur se prolongeant dans la nef, les trophées en bas-relief, les retables latéraux (dotés de pilastres cannelés, d'un entablement et d'une frise), les tribunes arrière (la tribune inférieure comportant un garde-corps à panneaux et la tribune supérieure à balustrade logeant l'orgue Casavant), l'entablement de la nef et les trophées en bas-relief;
- le maître-autel (avec un imposant tabernacle doré), les autels latéraux (composés d'un tabernacle surmonté d'une niche recevant une statue), la chaire (composée d'une cuve circulaire ornée d'un bas-relief, d'un abat-voix en forme de coquille couronné d'une croix ainsi que d'un escalier et d'une galerie au garde-corps à panneaux ajourés) et le banc d'oeuvre (au dorsal composé de pilastres cannelés d'ordre ionique et d'un fronton cintré à base interrompue).

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Informations historiques

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly est le troisième lieu de culte de la paroisse. En 1700, la seigneurie de Villieu est vendue à Pierre-Noël Legardeur de Tilly (1652-1720), capitaine des troupes de la marine. En 1702, une chapelle en bois est construite en bordure du fleuve Saint-Laurent. La même année, la paroisse est érigée canoniquement. En 1712, le seigneur fait don d'un terrain à la fabrique, à proximité de son manoir et du chemin du Roy. C'est là qu'est édifiée, en 1721, une nouvelle église en pierre. En 1759, pendant le siège de Québec, plus d'un millier de soldats anglais se retrancheront dans l'édifice.

En 1786, l'église actuelle est entreprise, à quelques mètres du lieu de la précédente. Louis Langevin, maître maçon, dirige les travaux, qui sont terminés en 1788. En 1794, des tribunes arrière sont ajoutées. En 1902, à l'occasion du bicentenaire de la paroisse, l'église est mise au goût du jour. L'ancienne façade très sobre, surmontée d'un clocher à deux lanternes, est remplacée par une façade conçue par l'architecte David Ouellet (1844-1915). Cette dernière, en pierre de taille, comporte une imposante tour centrale surmontée d'un clocher massif destiné à recevoir le nouveau carillon. En 1937, les bardeaux de cèdre peints en rouge de la couverture font place à de la tôle à la canadienne.

La première sacristie, probablement bâtie vers 1788, est remplacée entre 1820 et 1822 par une nouvelle construction. En 1837, des lucarnes lui sont ajoutées. En 1850, elle prend sa forme actuelle, alors que le carré est légèrement exhaussé et qu'elle est dotée d'un toit à deux versants légèrement retroussés.

En 1837, le sculpteur et menuisier André Paquet (1799-1860) commence le décor intérieur, selon les plans de l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859). Ce décor ainsi que le mobilier liturgique, incluant les autels, la chaire et le banc d'oeuvre, sont terminés en 1840. En 1867, un tabernacle sculpté par Raphaël Giroux (1815-1869) succède à celui de Paquet. En 1889, les bancs actuels remplacent les précédents, jugés trop étroits, tandis que de nouveaux autels, attribués à David Ouellet, prennent place dans les chapelles latérales. En 1931, la tribune arrière supérieure est agrandie, par les artisans menuisiers Odilon Lefebvre et Philippe Lacroix, afin d'y installer un orgue de la maison Casavant et Frères.

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly compte plusieurs oeuvres d'art. En 1817, Louis Raby, curé de la paroisse, propose aux marguilliers d'acheter quelques oeuvres européennes du fonds Desjardins. Quatre tableaux sont acquis. Le plus ancien, intitulé « La Sainte Famille », est d'Aubin Vouet (1595-1641). À celui-ci s'ajoutent « Les stigmates de saint François d'Assise », probablement peint par Claude François (1614-1685) dit frère Luc entre 1675 et 1680, « Jésus au milieu des docteurs » de Samuel Massé (1672-1753) et « La Visitation » de A. Oudry, datant probablement du milieu du XVIIIe siècle. Des pièces d'orfèvrerie ont aussi été réalisées par François Ranvoyzé (1739-1819), Guillaume Loir (mort après 1769), Laurent Amiot (1764-1839) et François Sasseville (1797-1864).

L'église de Saint-Antoine-de-Tilly est classée en 1963. En 1965, la voûte sculptée et ornée de dorures est restaurée. En 1997, des travaux de renforcement structural sont effectués. Cette église est le plus ancien lieu de culte subsistant dans le comté de Lotbinière et l'une des plus anciennes églises de la région de Chaudière-Appalaches.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Lotbinière

Municipalité :

  • Saint-Antoine-de-Tilly

Adresse :

  • chemin de Tilly

Latitude :

  • 46° 39' 52.229"

Longitude :

  • -71° 34' 23.03"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Lotbinière Paroisse de Saint-Antoine Absent 103-A

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERGERON, Solange et Lise DROLET-MICHAUD. Et du fleuve jusqu'à la fin des terres, 1702-2002, Saint-Antoine-de-Tilly. Cap Saint-Ignace, Éditions Cap Saint-Ignace, 2002. 600 p.
  • BROUSSEAU, Réjean. Saint-Antoine-de-Tilly, l'encadrement paroissial. s.l. 1988. 72 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DORION, Jacques. « Église Saint-Antoine-de-Tilly ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 409-410.
  • FOURNIER, Rodolphe. Lieux et monuments historiques de Québec et environs. Québec, Éditions Garneau, 1976. 339 p.
  • LAFRAMBOISE, Yves. Circuits pittoresques du Québec. Paysage, architecture, histoire. s.l. Éditions de l'Homme, 1999. 382 p.
  • LAVALLÉE, Gérard. Anciens ornemanistes et imagiers du Canada français. Art, vie et sciences au Canada français, 9. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1968. 98 p.
  • LORD, Dominique. Lotbinière: guide de sensibilisation au patrimoine. Sainte-Croix, Société de développement de Lotbinière, Municipalité régionale de comté de Lotbinière, 1897. 36 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • THIBAULT, Marie-Thérèse. Monuments et sites historiques du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 250 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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