Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Notre-Dame-des-Victoires

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1688 – 1690 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (5)

Personnes associées (14)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Notre-Dame-des-Victoires est un lieu de culte de tradition catholique construit à partir de 1688 et modifié à plusieurs reprises par la suite. L'édifice en maçonnerie de pierre présente un plan rectangulaire composé d'une nef à un vaisseau terminée par un chevet plat et est coiffé d'un toit à deux versants droits. La façade est dotée d'un portail d'inspiration néoclassique encadré de deux fenêtres cintrées et est percée de deux oculi. Elle est couronnée d'un clocher surmonté d'une flèche. Une chapelle de plan carré est élevée contre le long-pan gauche. Le lieu de culte est situé au coeur du secteur Place-Royale, en bordure de la place du même nom, dans l'arrondissement municipal de La Cité de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est compris dans le périmètre du site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain, lui-même inclus dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1929-07-11
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1988-01-01
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2008-03-27

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Notre-Dame-des-Victoires présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'église est érigée de 1688 à 1690, sur les fondations de la seconde habitation de Champlain, pour servir de desserte à la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Dédiée à l'Enfant Jésus, elle change de nom en 1690, après la déroute de l'amiral William Phipps (1651-1695), et prend celui de Notre-Dame-de-la-Victoire. En 1711, à la suite du naufrage de la flotte anglaise commandée par l'amiral Hovenden Walker (vers 1666-vers 1728) près de l'Île-aux-Oeufs, l'édifice est renommé Notre-Dame-des-Victoires. La paroisse Notre-Dame-des-Victoires a été érigée très tardivement, en 1944. Elle redevient une desserte de la paroisse Notre-Dame-de-Québec en 1993.

L'église de Notre-Dame-des-Victoires présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'église remonte à 1688, et son aspect général la rattache au Régime français. Maintes fois modifiée, elle témoigne par ailleurs de l'influence du néoclassicisme dans l'architecture religieuse du début du XIXe siècle. Ce style apparaît en Europe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et est introduit au Québec par les architectes et les entrepreneurs britanniques. L'église de Notre-Dame-des-Victoires est mise au goût du jour par François Baillairgé (1759-1830) en 1816 et 1817. Le portail, composé d'une porte à tympan cintré encadrée de pilastres et d'un entablement, est alors refait. Les niches en façade sont remplacées par des ouvertures cintrées. Le pignon est abaissé et coiffé d'un petit clocher. Ces modifications illustrent l'adoption des formes néoclassiques par les architectes locaux dès le début du XIXe siècle, notamment à la suite de la construction de la cathédrale Holy Trinity (1800 à 1804), qui sert de modèle.

L'église de Notre-Dame-des-Victoires présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. L'ensemble constitue un bon exemple des décors du milieu du XIXe siècle. Réalisé de 1854 à 1857 par plusieurs anciens élèves de Thomas Baillairgé (1791-1859), notamment Raphaël Giroux (1815-1869), il se caractérise par la rigueur et l'ordonnance classique des éléments qui le composent. Le retable très haut créant un effet monumental, l'entablement se poursuivant dans la nef et les arcs doubleaux ornant la fausse voûte en arc surbaissé illustrent l'influence de Thomas Baillairgé au-delà de son retrait de la pratique, entre autres par l'entremise de ses disciples. Par ailleurs, la série de fresques exécutées en 1888 par le peintre décorateur Jean-Marie Tardivel témoigne de la popularité des décors picturaux à la fin du XIXe siècle.

Léglise de Notre-Dame-des-Victoires présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à la conservation du patrimoine. Il s'agit de l'un des premiers immeubles protégés au Québec. En effet, en 1929, le château De Ramezay à Montréal, la maison des Jésuites-de-Sillery et l'église de Notre-Dame-des-Victoires sont classés en vertu de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique, adoptée sept ans auparavant par le gouvernement québécois. L'église évoque ainsi les premières mesures concrètes pour la conservation du patrimoine bâti au Québec. En outre, l'édifice illustre le concept de restauration historique, qui propose le retour à un état antérieur jugé significatif. En 1967, des travaux visant à rétablir le caractère français du lieu de culte sont effectués. Le crépi et les retours de corniche sont retirés, tandis que le parvis et la porte sont modifiés. Ces travaux s'intègrent dans le projet de restauration du secteur de Place-Royale, qui constitue le plus important chantier de restauration des années 1960 et 1970 au Québec.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Notre-Dame-des-Victoires liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- son emplacement en bordure de la place, au coeur du secteur Place-Royale, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- sa situation dans le périmètre du site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain, sur les vestiges de la seconde habitation;
- son volume, dont le plan rectangulaire composé d'une nef à un vaisseau terminée par un chevet plat et d'une chapelle latérale de plan carré ainsi que le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierre et la couverture en tôle à la canadienne;
- les composantes de la façade, dont le portail central (composé d'une porte en bois à double vantail surmontée d'un tympan cintré et vitré, de pilastres et d'un entablement en pierre de taille), les fenêtres cintrées, les oculus, la corniche à denticules et les chambranles en pierre de taille et le clocher (doté d'une base et d'une chambre des cloches carrées, d'une flèche et d'une croix);
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées à carreaux inscrites dans des ouvertures en arc surbaissé;
- le décor architectural, dont les motifs dorés, la fausse voûte en arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux et de gloires), le retable du choeur (composé de colonnes et de pilastres corinthiens cannelés ainsi que d'un fronton cintré à base interrompue surmonté d'une croix), l'entablement du choeur se prolongeant dans la nef, les médaillons et la tribune arrière logeant l'orgue Casavant;
- le décor peint, dont les fresques du choeur et de la voûte représentant des scènes de l'histoire de la ville et du lieu de culte;
- le maître-autel (composé d'un tombeau rectangulaire et d'un imposant tabernacle évoquant l'architecture des châteaux forts), l'autel de la chapelle (doté d'un tombeau rectangulaire et d'un tabernacle doré) et l'ambon.

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Informations historiques

L'église de Notre-Dame-des-Victoires est érigée de 1688 à 1690 sur les fondations de la seconde habitation de Champlain. Les plans de cette desserte de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec ont vraisemblablement été réalisés par Hilaire Bernard de La Rivière (vers 1640-1729), mais ils sont parfois attribués à l'entrepreneur Claude Baillif (vers 1635-vers 1698), qui a réalisé une partie de la maçonnerie. D'abord dédiée à l'Enfant Jésus, l'église change de nom en 1690, après la déroute de l'amiral William Phipps (1651-1695), et prend celui de Notre-Dame-de-la-Victoire. En 1711, à la suite du naufrage de la flotte anglaise commandée par l'amiral Hovenden Walker (vers 1666-vers 1728) près de l'Île-aux-Oeufs, l'édifice est renommé Notre-Dame-des-Victoires.

En 1723 et 1724, le parachèvement de l'église est effectué par l'architecte et maître maçon Jean-Baptiste Maillou (1668-1753). Le lieu de culte est agrandi par l'avant et une nouvelle façade est érigée. Il est détruit, comme les maisons voisines, pendant le bombardement de Québec, le 9 août 1759. Seuls les murs calcinés subsistent. Jean Baillairgé (1726-1805) reconstruit l'église de 1763 à 1766. Son fils François (1759-1830) la met au goût du jour en 1816 et 1817. Il abaisse l'angle du pignon, réduit la pente du toit, et la charpente est refaite. Les niches de la façade sont remplacées par des fenêtres cintrées et un second oculus est percé dans le pignon. Le portail est agrandi. Une quatrième fenêtre est aménagée dans le long-pan droit. Le clocher, qui s'élevait auparavant au-dessus du choeur, couronne désormais la façade. Durant la même période, le sculpteur montréalais Pierre Séguin réalise un intérieur, qui disparaît entre 1854 et 1857 lorsqu'un décor est conçu et exécuté par Raphaël Giroux (1815-1869) et d'autres élèves de Thomas Baillairgé (1791-1859). Un nouveau retable orne le choeur, et la fausse voûte en bois est traitée comme une voûte en maçonnerie.

Des travaux sont également effectués de 1858 à 1861. L'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903) conçoit un clocher. Le parvis est modifié et est ceinturé d'une clôture en fonte. En 1878, un maître-autel, dessiné par l'architecte David Ouellet (1844-1915), est installé dans le choeur. Dix ans plus tard, lors du deuxième centenaire de l'édifice, l'intérieur est orné d'une série de fresques illustrant des épisodes de l'histoire de la ville et de l'église, qui sont réalisées par le peintre décorateur Jean-Marie Tardivel.

La paroisse Notre-Dame-des-Victoires est érigée très tardivement, en 1944. Elle redevient une desserte de la paroisse Notre-Dame-de-Québec en 1993.

L'église de Notre-Dame-des-Victoires est classée en 1929. Elle constitue, avec le château De Ramezay à Montréal et la maison des Jésuites-de-Sillery, l'un des premiers immeubles protégés par le gouvernement québécois en vertu de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique (1922). La même année, le bureau d'architecte Raoul Chênevert (1889-1951) effectue la réfection de la maçonnerie et le plancher fait place à une dalle de béton. En 1967, sous la direction de Pierre Mayrand, des travaux visant à rétablir le caractère français du lieu de culte sont réalisés. Le crépi et deux sections de corniche sont retirés, tandis que le parvis et la porte sont modifiés. En 1986 et 1987, la structure est consolidée, la toiture est refaite et les fenêtres sont remplacées. Un plancher de bois recouvre la dalle de béton. L'église est désignée lieu historique national par le gouvernement du Canada en 1988. Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain est classé en 2008.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • place Royale

Latitude :

  • 46° 48' 46.353"

Longitude :

  • -71° 12' 9.839"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 212 791 Ptie

Code Borden

CeEt-9      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • CHAPDELAINE, Claude, Norman CLERMONT et Jacques GUIMONT. L'occupation historique et préhistorique de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 76. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1992. 426 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CÔTÉ, Renée. Place-Royale: quatre siècles d'histoire. Images de sociétés. Québec, Saint-Laurent, Musée de la Civilisation, Fides, 2000. 188 p.
  • DURANLEAU, François. La Place Royale: deux siècles et demi d'histoire. Québec, Ministère des affaires culturelles, Direction des communications, 1981. 30 p.
  • GAUMOND, Michel. La Place Royale : ses maisons, ses habitants. Série Place Royale. Québec, Ministère des Affaires Culturelles, 1976. 98 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Foi et patrie : Art et architecture des églises à Québec. Québec, Les Publications du Québec, 1996. 179 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Lieux de culte situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Ville de Québec, 1994. s.p.
  • NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.
  • NOPPEN, Luc. « Église Notre-Dame-des-Victoires ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 130-133.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • NOPPEN, Luc. Notre-Dame-des-Victoires à la place Royale de Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1974. s.p.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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