Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Pierre-de-La Vernière

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Date :

  • 1872 – 1881 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (7)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1872 à 1881 et considérablement agrandi de 1900 à 1903. Cet édifice en bois d'influence néogothique présente un plan en croix latine composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés. Sa façade comprend au centre une tour-clocher octogonale demi-hors-oeuvre dotée de contreforts et surmontée d'une flèche. Le choeur est ceinturé d'une sacristie prenant la forme d'un déambulatoire qui épouse son plan. Une tourelle coiffée d'un toit conique se greffe à la sacristie dans l'axe de la nef. L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière est implantée en bordure de la route, sur un vaste terrain dégagé où est aménagé un cimetière. Dominant le paysage et surplombant le golfe du Saint-Laurent, elle se situe dans la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, sur l'île du Cap-aux-Meules.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1992-03-13
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu de culte intègre vraisemblablement la plus ancienne église des îles de la Madeleine à subsister. L'archipel, qui dépendait du diocèse de Québec depuis la fin du XVIIIe siècle, passe sous la juridiction de celui de Charlottetown en 1829. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, il comprend une seule paroisse, celle de Havre-Aubert, et plusieurs missions, dont celle de Lavernière (L'Étang-du-Nord). Au début des années 1870, une demande est adressée à l'évêque de Charlottetown pour la création d'une paroisse à La Vernière. La construction de l'église est amorcée en 1872. Les travaux sont interrompus en 1874, mais repris dès l'année suivante. La paroisse, érigée canoniquement en 1875, est placée sous la protection de saint Pierre. Achevée en 1881, l'église est considérablement agrandie de 1900 à 1903 à l'initiative du curé Jérémie Blaquière (1865-1941), qui souhaite en faire le plus grand temple catholique des îles de la Madeleine. Une grande nef dotée d'un clocher central est annexée perpendiculairement au long-pan nord, alors qu'un choeur entouré d'une sacristie est construit du côté sud. Ainsi intégré, l'ancien bâtiment fait office de transept. De plus, la façade est désormais orientée vers le nord. En 1946, la paroisse est rattachée au diocèse de Gaspé. L'église, avec son cimetière, représente le témoin le plus ancien du noyau institutionnel de La Vernière.

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice est représentatif de l'architecture religieuse d'influence néogothique des Maritimes. Diffusée dans des temples de confessions diverses, celle-ci est caractérisée par sa simplicité et son interprétation particulière de ce style. L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière en est une illustration par sa structure en bois et ses éléments néogothiques, tels que la tour-clocher centrale demi-hors-oeuvre surmontée d'une haute flèche, les fenêtres en arc brisé, les contreforts et les croisillons des baies. Elle possède toutefois des caractéristiques rares : une sacristie formant un déambulatoire ainsi qu'une chapelle-tourelle située dans l'axe de la nef. Ces éléments de même que son volume imposant la distinguent des temples plus modestes. Le lieu de culte figure parmi les plus grandes églises en bois du Québec.

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Complété en 1914, le décor architectural illustre aussi l'influence néogothique par sa fausse voûte d'ogives, ses piliers fasciculés et l'ornementation élaborée du tabernacle du maître-autel. En outre, la répétition du motif en arc brisé, notamment dans le lambris du choeur, les garde-corps des galeries et des tribunes, les bancs et la chaire, contribue à l'unité de ce décor.

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. Surnommée la « cathédrale des Îles », celle de Saint-Pierre-de-La Vernière est l'un des rares édifices monumentaux de l'archipel. Située sur la côte sud de l'île du Cap-aux-Meules, sur un terrain surélevé, elle domine le paysage et constitue un important point de repère terrestre et maritime.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Saint-Pierre-de-La Vernière liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation sur une élévation surplombant le golfe du Saint-Laurent;
- son emplacement en bordure de la route, sur un vaste terrain dégagé;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur plus étroit terminé par une abside à pans coupés, le toit aigu à deux versants droits ainsi que la sacristie en forme de déambulatoire et sa tour demi-hors-oeuvre dans l'axe de la nef;
- ses matériaux, dont le parement en bardeaux de cèdre ainsi que la couverture en tôle à baguettes;
- ses composantes d'influence néogothique, dont la tour-clocher centrale demi-hors-oeuvre surmontée d'une haute flèche, les contreforts ainsi que les ouvertures en arc brisé;
- la sacristie et sa tour coiffées d'un toit à croupes;
- le décor architectural intérieur, dont la fausse voûte d'ogives du vaisseau central dotée de liernes et de tiercerons, la voûte en cul-de-four du choeur, les arcs-formerets, la colonnade formée de piliers fasciculés séparant le vaisseau central des collatéraux, les colonnes engagées ainsi que le lambris du choeur, les galeries latérales et la double tribune arrière ornées de motifs en arc brisé;
- le maître-autel doté d'un imposant tabernacle, la chaire et son escalier ornés de motifs en arc brisé ainsi que la table de communion aux motifs néogothiques;
- les bancs ornés de motifs en arc brisé.

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Informations historiques

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière, surnommée la « cathédrale des Îles », est située dans l'ancienne municipalité de La Vernière (L'Étang-du-Nord), sur l'île du Cap-aux-Meules.

La construction d'une première chapelle est amorcée en 1828 pour le passage du missionnaire. Les îles de la Madeleine, qui dépendaient depuis la fin du XVIIIe siècle du diocèse de Québec, passent sous la juridiction de celui de Charlottetown en 1829. Achevée en 1830, la chapelle est placée sous le patronage de saint François Xavier. Devenue exiguë, celle-ci est remplacée en 1840 par un bâtiment érigé sur un autre emplacement.

Au début des années 1870, le curé de Havre-aux-Maisons, Georges-Antoine Belcourt (1803-1874), demande à Peter McIntyre (1818-1890), alors évêque de Charlottetown, la création d'une paroisse à La Vernière. La construction de l'église débute en 1872 sur un terrain cédé par Augustin Nadeau. La charpente a peut-être été bâtie avec du bois provenant d'un navire naufragé, scié au cours de l'hiver à l'occasion de corvées. En 1874, à la suite du décès du curé Belcourt, les travaux sont interrompus.

Le chantier reprend en 1875, dirigé par l'entrepreneur en construction Thomas O'Neil, de Guysboro en Nouvelle-Écosse. Une partie des travaux sont réalisés par James McCallum.
La paroisse est érigée canoniquement la même année et placée sous la protection de saint Pierre. L'église est finalement achevée en 1881 sous la cure du premier curé résidant, Joseph-Théophile Allard (1842-1912).

De 1900 à 1903, l'église de Saint-Pierre-de-La Vernière est considérablement agrandie. Le curé de la paroisse, Jérémie Blaquière (1865-1941), souhaite en faire le plus grand temple catholique des îles de la Madeleine. Il dessine les plans de l'agrandissement et en supervise les travaux. Une grande nef dotée d'un clocher central est annexée perpendiculairement au long-pan nord, alors qu'un choeur entouré d'une sacristie est érigé du côté sud. Ainsi intégré, l'ancien bâtiment fait office de transept. De plus, la façade est désormais orientée vers le nord. Le décor intérieur est complété en 1914. Durant cette campagne de travaux, un nouveau maître-autel est placé dans le choeur.

En 1946, la paroisse de Saint-Pierre-de-La Vernière est rattachée au diocèse de Gaspé.

En 1962 et 1963, l'extérieur de l'église est entièrement restauré. À l'occasion de ces travaux, les fenêtres latérales de la façade sont remplacées par des portes. Certains éléments disparaissent, dont le clocheton à la croisée du transept, les cheminées des croisillons ainsi que la corniche à modillons supportant le débord du toit. En 1969, le décor intérieur est simplifié et les boiseries sont camouflées d'après les plans de l'architecte de Trois-Rivières Jean-Claude Leclerc (né en 1934).

Au cours des années 1960 et 1970, l'environnement est profondément transformé. Dans le contexte de la réforme de l'enseignement, l'Académie Saint-Pierre (1913 à 1919), située à proximité, disparaît. En 1972, un incendie détruit entièrement le presbytère érigé à l'ouest de l'église. La salle paroissiale, implantée du côté est, connaît le même sort en 1976.

L'église de Saint-Pierre-de-La Vernière est classée en 1992. La même année, les boiseries sont dégagées, tandis que la chaire et la table de communion sont rétablies. L'édifice est restauré en 2000 et 2001. Le décor intérieur comprend une oeuvre peinte en 1888 par Naphtali-Octave Rochon, qui aurait été un élève de Joseph Chabert (1831-1894) et de Napoléon Bourassa (1827-1916).

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Adresse :

  • chemin de La Vernière

Lieux-dits :

  • L'Étang-du-Nord
  • La Vernière

Latitude :

47° 22' 14.369"

Longitude :

-61° 54' 25.921"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Îles-de-la-Madeleine Île-du-Cap-aux-Meules Absent 2584

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Centre d'archives régional des Îles. « L'église St-Pierre de Lavernière aux Îles-de-la-Madeleine ». Gouvernement du Canada, ministère du Patrimoine canadien. Musée virtuel du Canada [En ligne]. http://www.museevirtuel.ca/
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NAUD, Chantal. « 140 ans de loyaux services ». Le Radar, 29 janvier 2016, p. 21.
  • s.a. « Église de Saint-Pierre-de-Lavernière ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 10.
  • s.a. L'Étang-du-Nord, d'hier à aujourd'hui. s.l. s.l., s.d. s.p.
  • s.a. Paroisse Saint-Pierre de Lavernière, 1876-1976. Québec, Comité de l'album, 1976. 144 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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