Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Village historique de Val-Jalbert

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Village fantôme de Val-Jalbert

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Chambord

Date :

  • 1901 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Usines de pâtes et papiers)
  • Fonction résidentielle (Maisons de compagnie)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (70)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (3)

Personnes associées (2)

Carte

Description

Le village historique de Val-Jalbert est un ancien village industriel créé en 1901 autour d'une usine de production de pâte de bois et déserté durant les années 1930. Le village historique de Val-Jalbert est situé au sud-ouest du lac Saint-Jean, dans la municipalité de Chambord, à l'extérieur du noyau villageois.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection inclut un territoire de près de deux kilomètres carrés qui suit l'axe nord-sud de la rivière Ouiatchouan, depuis la chute Maligne jusqu'à son embouchure. Le site comprend un ensemble de 94 bâtiments, dont une usine de pâte à papier, des édifices institutionnels et commerciaux, des habitations, des installations touristiques ainsi que de nombreux vestiges. Un site archéologique est associé au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1996-08-08
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le village historique de Val-Jalbert présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La Compagnie de pulpe Ouiatchouan est créée en 1901 par l'homme d'affaires Damase Jalbert (1842-1904) pour répondre aux besoins croissants des marchés britanniques et américains pour le papier journal. Devenue propriété de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1909, sous la direction de Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), l'entreprise est l'une des rares industries de pâte à papier financée par des Canadiens français dans la province. Val-Jalbert constitue donc un lieu important pour l'histoire de ce type d'industrie et témoigne d'une époque pendant laquelle des Canadiens français tentent de se tailler une place dans l'économie québécoise et mondiale.

Le village historique de Val-Jalbert présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur urbanistique. Les villes de compagnie sont composées de bâtiments et d'infrastructures qui appartiennent aux entreprises qui les ont créées. Val-Jalbert comprend deux secteurs, la haute et la basse ville, le premier étant résidentiel et le second, industriel, commercial et institutionnel. Les premières maisons sont construites dès 1902, mais le village se développe véritablement à partir de 1904, selon un plan d'urbanisme établi par le nouveau propriétaire, la Ouiatchouan Falls Paper Company, une société américaine. Les quatre modèles d'habitations ouvrières conçus par cette compagnie sont cependant réalisés par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, qui lui succède en 1909. Ces deux entreprises fournissent également des services publics au village, comme un réseau d'égouts, d'aqueduc, d'électricité et de téléphone. L'artère principale est macadamisée et plantée d'arbres, les rues bordées de trottoirs de bois et éclairées. Val-Jalbert reflète toujours le caractère particulier qu'il avait dans les années 1920, soit celui d'une enclave moderne en milieu rural.

Le village historique de Val-Jalbert présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Au tournant du XXe siècle, les industries de pâte de bois mécanique s'installent à proximité de cours d'eau capables de fournir l'énergie hydraulique nécessaire au fonctionnement de la machinerie. Val-Jalbert est implanté au coeur d'un site naturel exceptionnel comprenant, entre autres, la rivière Ouiatchouan et ses chutes hautes de près de 72 mètres. De plus, le secteur forestier ceinturant la rivière constitue une immense réserve de matière première. L'emplacement du village a donc été choisi de manière à profiter au maximum des avantages de la rivière et constitue un témoignage éloquent des pratiques de l'industrie de la pâte à papier à cette époque.

Le village historique présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. En raison de la brièveté de son occupation, le site a subi peu de transformations, ce qui permet de lire son organisation spatiale initiale tout en retrouvant des exemples des divers bâtiments. L'usine et les équipements uniques qu'il contient, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et des presses hydrauliques, permettent également de reconstituer le procédé de production de la pâte mécanique utilisé dans les années 1920. Pris en charge par l'Office du tourisme dès 1960, puis par la MRC Le Domaine-du-Roy, le village fait l'objet d'une mise en valeur depuis plus de 50 ans et permet une meilleure compréhension des agglomérations industrielles du tournant du XXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments-clés du village historique de Val-Jalbert liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère et technologique comprennent, entre autres :
- les deux quartiers, soit la haute et la basse ville;
- le réseau de rues;
- les bâtiments et les vestiges résidentiels, dont les habitations en bois des ouvriers construites selon quatre modèles et les vestiges de la maison de l'intendant;
- les bâtiments secondaires, dont les granges et les vestiges d'écurie;
- les bâtiments commerciaux, dont le magasin général-hôtel et la boucherie;
- les bâtiments institutionnels, dont le couvent-école en bois, les fondations de l'église Saint-Georges de la Ouiatchouan, les vestiges du presbytère et ceux de la première chapelle;
- les vestiges d'un ancien moulin à farine;
- la rivière, les chutes et le secteur boisé;
- le moulin de pâte à bois mécanique en pierre;
- les équipements fixes du moulin, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et un ramasse-pâte, un tamis, des presses et des contrepoids hydrauliques;
- les autres installations, dont les vestiges du barrage, de la conduite forcée, de l'amenée de bois et du débarcadère ferroviaire;
- le site archéologique amérindien et euroquébécois.

Haut de la page

Informations historiques

L'histoire du village de Val-Jalbert débute par la fondation de la Compagnie de pulpe Ouiatchouan par Damase Jalbert, en 1901. À cette époque, une maison, un moulin à farine, un moulin à scie et une boutique de forge existent déjà à cet endroit. Une partie de ces équipements est donc adaptée et incorporée au nouveau complexe industriel.

En 1904, l'entreprise connaît d'importantes difficultés financières. Elle est alors acquise par des actionnaires américains et devient la Ouiatchouan Falls Paper Company. À l'origine du premier plan d'urbanisme du village, les nouveaux propriétaires, aux prises à leur tour avec des problèmes financiers, la revendent à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1907. Le directeur général de cette dernière, Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), homme d'affaires bien connu de Chicoutimi, entreprend rapidement des travaux d'expansion du complexe industriel et du village. Celui-ci prend le nom de Val-Jalbert en 1913, en mémoire de son fondateur. À l'été 1915, le gouvernement du Québec fait préparer un nouveau plan pour le village et l'érige alors en municipalité, à la demande des citoyens.

Le plus grand concurrent de Dubuc, la Price Brothers, se porte acquéreur de la moitié des obligations émises par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1922 et fait ainsi son entrée à son conseil d'administration. Ce coup de théâtre entraîne la démission de Dubuc un an plus tard. L'usine de Val-Jalbert devient propriété de la Quebec Pulp and Paper Mills Ltd en 1926.

Dès 1927, la Quebec Pulp and Paper Mills rencontre des difficultés. Elle ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour moderniser l'usine et pour construire une usine de fabrication de papier, ce qui aurait permis la survie de Val-Jalbert. Elle ferme donc ses portes, laissant des centaines d'ouvriers sans travail. La compagnie a, par ailleurs, des dettes envers le gouvernement du Québec depuis 1923, parce qu'elle n'a pas payé sa part des travaux d'aménagement d'un réservoir au lac Kénogami. Pour se rembourser, le gouvernement la met donc en faillite en 1942 et récupère les équipements de l'usine de Val-Jalbert. L'Office du tourisme rénove le site dans les années 1960 et en assure la gestion. Le village « fantôme » de Val-Jalbert est dès lors ouvert au public. Il passe entre les mains de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) en 1987, qui s'associe à la MRC Le Domaine-du-Roy en 1998 pour poursuivre sa mise en valeur.

Le village de Val-Jalbert est classé en 1996.

À partir du tournant du XXIe siècle, plusieurs bâtiments sont restaurés, dont le magasin général et des maisons de la rue Saint-Georges, transformées en lieu d'hébergement. Plusieurs interventions archéologiques ont également lieu sur le site.

En 2009, la MRC du Domaine-du-Roy devient l'unique propriétaire du village historique de Val-Jalbert. Le site constitue un attrait touristique majeur de la région.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Le Domaine-du-Roy

Municipalité :

  • Chambord

Adresse :

  • rue Saint-Georges

Lieux-dits :

  • Val-Jalbert

Latitude :

  • 48° 26' 16.5"

Longitude :

  • -72° 9' 58.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 068 202
  • Lot 5 007 664
  • Lot 5 007 665
  • Lot 5 007 667
  • Lot 5 007 668
  • Lot 5 007 669
  • Lot 5 007 670
  • Lot 5 007 874
  • Lot 5 007 875
  • Lot 5 007 884
  • Lot 5 009 477
  • Lot 5 306 406
  • Lot 5 628 750
  • Lot 5 628 751

Code Borden

DcFa-14 DcFa-2    

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BELLEMARE, Yvon. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une histoire d'appartenance. Québec, Les Éditions GID inc., 2001. 304 p.
  • BOUCHARD, Russel. Val-Jalbert : un village-usine au royaume de la pulpe. s.l. Société historique du Saguenay, 1986. 42 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FORTIER, Robert, dir. Villes industrielles planifiées. Montréal, Boréal / Centre canadien d'architecture, 1996. 320 p.
  • GAGNON, Gaston. « Val-Jalbert, Ghost Town and Living History Museum ». Bulletin of The international committee for the conservation of the industrial heritage. No 78 (2017), p. 9-11.
  • GIRARD, Camil et Normand PERRON. Histoire du Saguenay-Lac Saint-Jean. Les Régions du Québec, 2. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. 665 p.
  • s.a. « Village de Val-Jalbert ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 6.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013