Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Château De Ramezay

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • École normale Jacques-Cartier
  • Government House
  • Hôtel de la Compagnie des Indes
  • Maison des Indes
  • Maison du gouverneur
  • Musée du Château Ramezay

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1756 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction commerciale (Entrepôts)
  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Musées)
  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))
  • Services et institutions (Collèges, séminaires et universités)
  • Services et institutions (Hôtel du Parlement et ministères)
  • Services et institutions (Immeubles de bureaux)
  • Services et institutions (Palais de justice et bureaux d'enregistrement)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Plaques commémoratives associées (2)

Événements associés (1)

Groupes associés (4)

Personnes associées (10)

Carte

Description

Le château De Ramezay est un hôtel particulier érigé en 1705 et 1706 et reconstruit en 1756. Une annexe est ajoutée en 1903. L'édifice en pierre, de plan en « L » et à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits percé de lucarnes à pignon. La façade principale est flanquée de murs coupe-feu. L'annexe érigée à l'extrémité présente en façade une tour à toit conique. Le château De Ramezay est situé sur un terrain accusant une légère pente, comportant des aménagements paysagers et délimité par un muret en pierre surmonté d'une clôture en fer. Il borde l'une des plus anciennes rues de Montréal, la rue Notre-Dame, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Le château De Ramezay est compris dans le site patrimonial de Montréal. Un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé à ce lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1929-03-29
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1949-01-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08
 

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Valeur patrimoniale

Le château De Ramezay présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il s'agit d'abord d'un témoin important de la Nouvelle-France. Au Régime français, aucune résidence officielle n'est prévue pour les gouverneurs de Montréal. Claude de Ramezay (1659-1724), qui est nommé à cette fonction en 1704, se fait donc ériger dès l'année suivante un hôtel particulier, rue Notre-Dame. À l'origine, le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d'agrément. La veuve de Ramezay, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu'en 1745, le château sert de résidence à l'intendant, lorsqu'il séjourne à Montréal, de bureau d'administration ainsi que de magasin du roi. En 1745, la vaste propriété est acquise par la Compagnie des Indes. Fondée en 1719 en vertu d'une charte royale, cette compagnie d'État bénéficie d'un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d'importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L'ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l'occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l'invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. La Société d'archéologie et de numismatique de Montréal s'y installe en 1895 et y établit son musée, l'une des plus anciennes institutions montréalaises à oeuvrer à la protection et à la mise en valeur du patrimoine. Par ailleurs, le château De Ramezay présente un intérêt pour l'histoire de la conservation du patrimoine québécois. Il s'agit de l'un des premiers immeubles protégés au Québec. En 1922, le gouvernement du Québec adopte la « Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique », ancêtre de l'actuelle Loi sur le patrimoine culturel. Au cours de l'année 1929, trois premiers bâtiments sont protégés en vertu de cette loi, soit le château De Ramezay, la maison des Jésuites-de-Sillery et l'église Notre-Dame-des-Victoires à Québec. Ainsi, le château De Ramezay évoque les premières mesures concrètes pour la conservation du patrimoine bâti au Québec.


Le château De Ramezay présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L'édifice est en effet l'un des rares témoins de l'architecture domestique du Régime français au Québec. Érigé en 1705 et 1706 par le maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715), il est détruit par un incendie en 1754. Sa reconstruction, qui intègre possiblement des vestiges du bâtiment original, est réalisée en 1756 par l'entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et les menuisiers Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d'origine. En 1903, une annexe dotée d'une tourelle est construite à l'extrémité est de la résidence. L'architecture du château De Ramezay est caractérisée par ses murs en pierre à moellons, son toit à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu, ses hautes cheminées en pierre, son asymétrie, ses chambranles et ses chaînes d'angle harpées en pierre de taille ainsi que ses esses en fer forgé. Le château De Ramezay, par ses dimensions et ses éléments architecturaux, témoigne du statut social de ses occupants.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du château De Ramezay liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation rue Notre-Dame, l'une des plus anciennes rues de Montréal, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal;
- sa situation dans le site patrimonial de Montréal;
- la présence d'un site archéologique;
- le volume du bâtiment, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi et le toit à deux versants droits;
- ses matériaux, dont la pierre à moellons des murs, la pierre de taille des ornements ainsi que la tôle à la canadienne et l'ardoise de la couverture;
- la disposition asymétrique des ouvertures, dont les lucarnes à pignon, les fenêtres rectangulaires en bois à petits carreaux ainsi que la porte d'entrée rectangulaire en bois et à imposte;
- les murs coupe-feu et les hautes cheminées en pierre;
- les ornements, dont les chambranles et les chaînes d'angle harpées en pierre de taille ainsi que la corniche moulurée en bois;
- les esses;
- les éléments de l'intérieur, dont les caves voûtées, les éléments menuisés (les chambranles, les plinthes, les corniches de plafond, les portes à panneaux ainsi que les boiseries sculptées en acajou du rez-de-chaussée), les manteaux de cheminée et le four à pain.

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Informations historiques

Le château De Ramezay est érigé en 1705 et 1706 à l'initiative du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay (1659-1724). Puisqu'aucune résidence officielle n'est prévue pour les gouverneurs de Montréal, Ramezay se fait bâtir un hôtel particulier dont l'architecture et l'emplacement dans la ville reflètent son statut social. La vaste résidence est située sur un petit coteau de la rue Notre-Dame, acquis de Nicolas d'Ailleboust de Manthet (vers 1663-1709), offrant une vue panoramique des environs. Les travaux sont confiés au maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715). Le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d'agrément. Ramezay occupe sa résidence jusqu'à sa mort, survenue en 1724. Sa veuve, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu'en 1745, le château De Ramezay sert de résidence à l'intendant, lorsqu'il séjourne à Montréal, de bureau d'administration ainsi que de magasin du roi.

En 1745, la vaste propriété est cédée à la Compagnie des Indes par les héritiers Ramezay. Fondée en 1719 en vertu d'une charte royale, cette compagnie d'État bénéficie d'un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d'importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de l'acquisition de la résidence, la Compagnie y effectue des réparations et érige, à l'ouest de celle-ci, un hangar doté d'une cave voûtée. En 1754, un incendie détruit l'ancienne demeure de Ramezay. Elle est reconstruite en 1756 par l'entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et intègre possiblement des vestiges de la structure incendiée. Les travaux de menuiserie sont réalisés par Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence en pierre crépie se distingue par ses dimensions et occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d'origine.

À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L'ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l'occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l'invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. La résidence, endommagée, nécessite d'importants travaux par la suite. En 1778, le gouvernement s'en porte acquéreur.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. Elle abrite notamment le ministère de l'Instruction publique, l'École normale Jacques-Cartier, les facultés de médecine et de droit de l'Université Laval à Montréal, les quotidiens La Presse et La Minerve, le palais de justice, la Cour du recorder et la Cour des magistrats. En 1895, la Ville de Montréal acquiert l'édifice et le loue à la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal, qui y établit un musée.

Durant le XIXe siècle, la résidence subit des transformations. Une aile en brique de quatre étages est érigée du côté est en 1848 et 1849. À la fin du siècle, la forme du toit est modifiée à la suite d'un incendie. En 1903, l'aile en brique est démolie et remplacée par une annexe dotée d'une tourelle.

Le château De Ramezay est classé le 29 mars 1929. Il figure, avec la maison des Jésuites-de-Sillery et l'église Notre-Dame-des-Victoires à Québec, parmi les trois premiers bâtiments classés au Québec. La même année, la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal en devient propriétaire. Le château De Ramezay est restauré entre 1997 et 2002. Il abrite encore aujourd'hui le Musée du Château Ramezay.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 280, rue Notre-Dame Est
  • 290, rue Notre-Dame Est

Latitude :

45° 30' 31.455"

Longitude :

-73° 33' 11.677"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 181 806

Code Borden

BjFj-2      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • CLOUTIER, Nicole. « Château de Ramezay ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 38-40.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Montréal / Québec, Publications du Québec / Société de développement de Montréal / Ville de Montréal; Min. de la Culture et des Comm. du Québec, 2004. 292 p.
  • HISTART. Château de Ramezay. Rapport historique. Montréal, Histart inc., 1972. s.p.
  • LAGRAVE, Jean-Paul De. « Un livre d'histoire: le château Ramezay ». Cap-aux-Diamants. No 30 (1992), p. 59.
  • MORIN, Victor. Château de Ramezay Montréal, Canada 1705-1955. Montréal, 1957. 132 p.
  • MORIN, Victor. Les Ramesay et leur château / The Ramesay family and château. Montréal, Société d'archéologie et de numismatique, 1955. 127 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
  • ZOLTVANY, Yves F. « Ramezay, Claude de ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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