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Deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec

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Synthèse

Le 30 avril 1963 marque le début de la deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec alors que la société d'État Hydro-Québec amorce l'achat des actions de onze compagnies privées. Hydro-Québec devient ainsi la plus importante entreprise publique du Québec.

La première phase de nationalisation de l'électricité, réalisée en 1944, a permis à Hydro-Québec de devenir propriétaire de la compagnie privée Montreal Light Heat and Power Consolidated et de ses filiales. La société d'État fait alors partie de plus de 40 compagnies d'électricité cohabitant au Québec. Des entreprises privées telles que la Shawinigan Water and Power Company (SWPC), la Gatineau Power Company et la Southern Canada Power Ltd. détiennent les monopoles de l'électricité dans les différentes régions du Québec. N'étant pas soumises à la concurrence du marché, ces compagnies peuvent se permettre de faire payer des tarifs d'électricité exorbitants aux consommateurs, spécialement dans le cas où ceux-ci vivent dans des régions à faible taux de population, situées loin des sources de production. La coexistence de plusieurs entreprises d'électricité mène à une multiplication des coûts de transport, de production et d'administration, alors que le service offert demeure insatisfaisant.

En 1962, René Lévesque (1922-1987), ministre des Richesses naturelles sous le gouvernement libéral de Jean Lesage (1912-1980), amène l'idée d'intégrer sous une même gestion la production hydroélectrique et la distribution de l'électricité. Un des arguments est que les différents réseaux de transport devraient être unifiés de manière à servir équitablement et à juste prix l'ensemble des citoyens québécois. Selon René Lévesque, ces changements doivent être réalisés par le biais de l'État, et plus précisément par Hydro-Québec. Plutôt que de viser uniquement l'accumulation de bénéfices, une entreprise publique utiliserait les richesses naturelles du Québec pour le bien de la collectivité. Le gouvernement du Québec tout comme les Québécois bénéficieraient des retombées économiques de la société d'État.

Une lutte de relations publiques acharnée s'amorce alors entre le gouvernement, avec René Lévesque comme porte-parole, et les compagnies privées d'électricité, en particulier la SWPC. L'affrontement est également politique, puisque la question de la nationalisation de l'électricité devient l'enjeu principal de la campagne électorale provinciale de 1962. En plus de revêtir un caractère social important, le projet d'étatisation de l'électricité est intimement lié au développement économique du Québec. Avec le slogan « Maîtres chez nous », l'administration Lesage souhaite briser les obstacles qui se dressent devant l'essor économique des Canadiens français.

C'est en votant que les citoyens décident de la nationalisation. Le 14 novembre 1962, le gouvernement libéral de Jean Lesage est réélu. Après maintes négociations concernant le prix d'achat des actions des compagnies privées, le projet de nationalisation de l'électricité est mené à terme le 30 avril 1963 alors qu'Hydro-Québec amorce l'achat de onze compagnies d'électricité. En décembre de la même année, la société d'État achète 45 coopératives d'électricité. Entre 1963 et 1977, Hydro-Québec acquiert 27 réseaux privés ou municipaux et les intègre à son propre réseau. La deuxième phase de la nationalisation de l'électricité se fait donc sous la forme d'achats graduels d'actions de gré à gré.

À l'issue de cette deuxième phase de nationalisation de l'électricité en 1963, Hydro-Québec favorise le français comme langue de travail, emploie une dizaine de milliers de personnes, dessert plus de 1 350 000 clients et détient des actifs de plus de deux milliards de dollars. En quelques années, Hydro-Québec réduit les tarifs d'électricité pour la clientèle résidentielle et uniformise aussi bien sa gestion administrative que le service d'électricité offert dans toute la province.

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Références

Notices bibliographiques :

  • Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
  • BELLAVANCE, Claude. « Un long mouvement d'appropriation de la première à la deuxième nationalisation ». BÉLANGER, Yves et Robert COMEAU. Hydro-Québec : autres temps, autres défis. Les leaders du Québec contemporain. Québec, Université du Québec, 1995, p. 71-78.
  • BOLDUC, André, Alain CHANLAT et Daniel LAROUCHE. Gestion et culture d'entreprise : le cheminement d'Hydro-Québec. Montréal, Québec Amérique, 1984. 250 p.
  • BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
  • JOBIN, Carole. Les enjeux économiques de la nationalisation de l'électricité (1962-1963). Montréal, Éditions Coopératives Albert Saint-Martin, 1978. 206 p.
  • SAVARD, Stéphane. Hydro-Québec et l'État québécois, 1944-2005. Québec, Septentrion, 2013. 435 p.

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