Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours

Description

La collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours est un ensemble de 402 objets recueillis lors d'interventions archéologiques effectuées en 1996 et 1997 dans le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours. Les plus anciens datent de l'occupation amérindienne, mais le plus grand nombre est associé à l'occupation européenne, notamment au premier lieu de culte construit sur ce site au XVIIe siècle. Complets ou fragmentaires, les objets sont constitués de différents matériaux tels que la terre cuite, la pierre, le verre, le métal et les matériaux organiques comme l'os. L'ensemble compte notamment des accessoires personnels, des accessoires vestimentaires et des parures, des armes et des munitions, des éléments de bâtiments, des objets religieux, ainsi que des objets liés au commerce et aux échanges, à l'alimentation et à la conservation des aliments et boissons, au travail du textile et à la communication écrite. Il comprend aussi divers outils. La collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours est conservée à la Réserve d'archéologie du Québec, à Québec, et au musée Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux. Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours, dont ils sont issus, est classé site patrimonial.

Provenance archéologique :

  • BjFj-96

Nombre de biens :

402

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2014-11-10
Prise d'effet : 2013-11-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2013-11-14
 

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Valeur patrimoniale

La collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site ou ont été découverts ces artéfacts aurait été occupé dès le Sylvicole moyen ancien, période s'étendant de 2400 à 1500 ans avant aujourd'hui. Dès 1655, Marguerite Bourgeoys (1620-1700), fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de Montréal, une communauté religieuse enseignante non cloîtrée, émet le souhait d'élever une chapelle de pèlerinage. Le premier lieu de culte en bois n'est finalement érigé qu'en 1670 et il est dédié à Notre-Dame de Bon-Secours. Il est remplacé par un bâtiment en pierre en 1675. Au tournant du XVIIIe siècle, le faubourg Bonsecours se développe rapidement. Jacques Testard de Montigny (1663-1737), un officier, fait construire sa maison en bois tout près de la chapelle, en 1693. Elle est refaite en pierre 31 ans plus tard. En 1709, le périmètre du secteur de la ville protégé par une palissade est agrandi, et il inclut désormais la chapelle. Un violent incendie détruit complètement la chapelle et la maison Testard en 1754. La reconstruction du lieu de culte ne constitue pas une priorité en contexte de guerre et de changement de régime. Un entrepôt surnommé « La Friponne » est érigé en 1759 sur le terrain où s'élevait la maison Testard. Une nouvelle chapelle, beaucoup plus grande que la première, est finalement érigée de 1771 à 1773. Un corps de logis contigu à la chapelle est bâti en 1784 et 1785. C'est ce bâtiment qu'occupe l'école Bonsecours à partir de 1838. Cette dernière sera reconstruite en 1893 et demeurera un établissement scolaire jusqu'en 1968. L'ancienne école est occupée depuis 1998 par le centre et le musée Marguerite-Bourgeoys, tandis que le lieu de culte conserve ses fonctions d'origine. Les objets issus de ce site constituent de précieux témoins de l'histoire de Montréal et de l'évolution de ce secteur de la ville.

La collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Ces objets sont issus des interventions archéologiques effectuées en 1996 et 1997. Ils permettent de documenter différentes phases d'occupation du site. Par exemple, plusieurs éléments liés à la présence amérindienne à différentes époques au cours de la préhistoire ont été découverts, entre autres de la poterie et des outils lithiques. Certains rappellent aussi la présence de la congrégation de Notre-Dame de Montréal, comme la cuillère portant l'inscription « CND ». Les objets évoquent les différentes fonctions du site qui se sont succédé ou qui ont coexisté à cet endroit au fil des siècles, dont les fonctions religieuse (crucifix, lampion, chapelet, bénitier), domestique (ustensiles, assiettes, verres, peigne, brosse à dents), militaire (pierres à fusil) et scolaire (crayons, plumes). Plusieurs éléments de la collection permettent de mieux comprendre l'histoire des bâtiments qui ont été élevés sur le site. Ils témoignent notamment de l'intensité du brasier de 1754 et des matériaux utilisés à diverses époques. Des appliques retrouvées lors des fouilles rappellent le décor sculpté effectué en 1823 et remplacé à la fin du XIXe siècle par un décor peint. La collection constitue donc un atout important pour la compréhension de l'histoire du site, et, plus largement, de celle de Montréal. Par ailleurs, plusieurs pièces sont aujourd'hui mises en valeur au musée Marguerite-Bourgeoys.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la collection d'objets du site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- la présence de 402 objets, entiers ou fragmentaires, recueillis lors d'interventions sur le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours, dont des accessoires personnels, des accessoires vestimentaires et des parures, des armes et des munitions, des éléments de bâtiments, des objets religieux, divers outils ainsi que des objets liés au commerce et aux échanges, à l'alimentation et à la conservation des aliments et des boissons, au travail du textile et à la communication écrite;
- les matériaux, dont divers types de céramique et de terre cuite, les métaux, la pierre et les autres matières minérales, le verre et les matériaux organiques;
- les objets associés à la période préhistorique, dont des pièces de poterie amérindienne (non décorées ou décorées d'empreintes ondulantes, de lignes incisées ou d'autres incisions) et des outils (en argilite, en cornéenne, en roche volcanique, en grès, en quartzite et en calcaire);
- les objets associés à la chapelle construite en 1675 et à la maison Testard, dont des épingles, des perles, une jatte, un pichet, des pipes et une pierre à fusil;
- les objets liés à l'incendie de 1754, à la période d'abandon et à la démolition de la chapelle de 1675, dont un verrou, une charnière, une clé, des épingles, des boutons, des crampons, une pipe, des pichets, une assiette, un gobelet, du verre, des pièces de monnaie et une pierre à fusil;
- les objets associés à la couche du remblai de la tranchée de construction de la chapelle actuelle (vers 1771), dont des perles, une boucle, une jatte, des flacons, des bouteilles, une burette, un bénitier, des ciseaux, une pierre à fusil, un hameçon et des pièces de monnaie;
- les objets retrouvés dans les latrines (1830-1893), dont des pipes, des boucles, des perles, un bouton, un dé à coudre, une chaussure, une pièce de monnaie, des grains de chapelet, des billes, un encrier, une soucoupe, une tasse, des bouteilles et une fiole;
- les objets associés au remblai d'une tranchée de canalisation (vers 1893), dont un verrou, des ossements et un bracelet;
- les objets découverts dans la couche d'occupation correspondant à la période postérieure à 1893, dont un tuyau, une crémaillère, des verrous, des carreaux, des crochets, un mouvement de sonnette, des appliques, des éléments de grille et de clôture, des clous, une valve, des morceaux de vitraux, des supports de gouttière, une poignée, une tête de pic, une pierre à fusil, des assiettes, un contenant à couvercle, une cuillère portant l'inscription « CND », un couteau, un verre à tige, une fourchette, une théière, des gobelets, des perles, des épingles, des épingles à linge, des boutons, une chaussure, un fuseau à dentelles, une monture de lunettes, un savonnier, une brosse à dents, un peigne, un pot à plante, des pièces de chandelier, une mèche de lampe, des chandelles, un lampion, un crucifix, une bague de cierge, un étui à chapelet, une balle, une médaille, un grelot, des allumettes, des chandelles, des crayons, un stylet et des plumes.

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Informations historiques

La collection est composée de 402 objets recueillis lors d'interventions dans le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bon-Secours. La première occupation humaine du lieu remonte vraisemblablement au Sylvicole moyen ancien, soit la période qui s'étend de 2400 à 1500 ans avant aujourd'hui. L'endroit est habité ou fréquenté à différentes époques durant la préhistoire.

Ville-Marie est fondée en 1642. Marguerite Bourgeoys (1620-1700) s'y établit en 1653, dans le but d'y fonder une communauté religieuse enseignante non cloîtrée, qui prendra le nom de congrégation de Notre-Dame de Montréal. Dès 1655, elle évoque son souhait de dédier à la Vierge une petite chapelle de pèlerinage près du fort. Vers 1657, des matériaux sont amassés pour la construction de la chapelle, mais le bâtiment n'est pas achevé et le projet demeure sans suite jusqu'en 1670. À ce moment, un petit lieu de culte en bois est érigé à quelques centaines de pas à l'est des limites de Ville-Marie. En 1675, la chapelle de bois est remplacée par un lieu de culte en pierre.

Le faubourg Bonsecours se développe au cours du dernier quart du XVIIe siècle et une grande proportion de sa population est composée d'artisans. Jacques Testard de Montigny (1663-1737), un officier, fait construire sa maison en bois tout près de la chapelle, en 1693. Il la reconstruit en pierre en 1724.

En 1709, les autorités royales décident d'agrandir le secteur protégé par une palissade de bois. Cette dernière est accolée à l'abside de la chapelle, qui est de ce fait intégrée dans la ville.

De 1734 à 1737, le lieu de culte est aussi utilisé par les religieuses de l'Hôtel-Dieu. À la fin de l'année 1734, neuf hospitalières meurent d'une maladie contagieuse et sont inhumées sous la chapelle.

En 1754, un violent incendie détruit complètement la chapelle. La reconstruction du lieu de culte ne constitue pas une priorité pour le clergé catholique, qui doit composer avec le contexte économique et social difficile. L'incendie ayant aussi fait disparaître la maison Testard, la propriété est vendue et l'entrepôt surnommé « La Friponne » y est érigé en 1759.

En 1771, les Sulpiciens, la fabrique de Notre-Dame de Montréal et les paroissiens décident de reconstruire la chapelle. La cérémonie de bénédiction de la chapelle se déroule le 30 juin 1773. Un corps de logis contigu à la chapelle est bâti en 1784 et 1785. L'école Bonsecours y ouvre ses portes en novembre 1838.

À la fin du XIXe siècle, la chapelle centenaire est mise au goût du jour. Une nouvelle façade est érigée contre l'ancienne et un décor peint remplace le décor sculpté de 1823. En 1893, un nouveau bâtiment est construit à la place de l'ancien corps de logis latéral, pour accueillir l'école Bonsecours. Il conserve cette vocation jusqu'en 1968.

En 1950, le premier musée Marguerite-Bourgeoys est aménagé dans la voûte sous le choeur de la chapelle, dans la foulée de la béatification de la fondatrice.

Des travaux visant à réaménager le musée dans l'ancienne école Bonsecours et à modifier le sous-sol pour accueillir des espaces de rangement et divers locaux sont amorcés à la fin de l'année 1996. Deux découvertes majeures sont rapidement faites, soit des vestiges de l'occupation préhistorique et les ruines de la chapelle détruite en 1754. Les travaux sont revus afin de permettre la mise en valeur de ce riche patrimoine archéologique et une stratégie de fouille est établie. D'autres fouilles archéologiques sont effectuées en 2005.

La collection des 402 objets les plus significatifs qui ont été extraits du site lors des interventions de 1996 et 1997 est classée en 2014. Le site archéologique de la Chapelle-Notre-Dame-de-Bonsecours, la chapelle et trois biens mobiliers associés à cette dernière sont classés au même moment. Les objets extraits du site archéologique sont conservés à la Réserve d'archéologie du Québec, à Québec, et au musée Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.

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Références

Notices bibliographiques :

  • POTHIER, Louise et Patricia SIMPSON. Notre-Dame-de-Bon-Secours - Une chapelle et son quartier. Montréal, Fides, 2001. 151 p.

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