Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Carré Curé-Hébert

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Carré Havre Hébert
  • La Place-du-Monument-Hébert
  • Site du patrimoine de Notre-Dame-de-L'Assomption

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Hébertville

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (4)

Personnes associées (7)

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Images

Carte

Description

Le carré Curé-Hébert est un ensemble religieux de tradition catholique aménagé à partir de 1854. Il comprend une église, un presbytère et une place commémorative. Le lieu de culte en pierre se compose d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle à laquelle se greffe une sacristie de plan rectangulaire. Un monument du Christ-Roi est implanté devant l'église. Le presbytère en brique, de plan rectangulaire à deux étages et demi, est coiffé d'un toit en pavillon tronqué. La place commémorative, de forme triangulaire, comprend un monument composé d'un socle en pierre surmonté de statues en bronze représentant les fondateurs de la localité. L'ensemble est situé sur une élévation de terrain, dans le noyau villageois de la municipalité d'Hébertville.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Hébertville) 2009-06-15
 

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Valeur patrimoniale

Le carré Curé-Hébert présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'ensemble témoigne des origines et du développement de la municipalité d'Hébertville. L'endroit est peuplé au milieu du XIXe siècle par une société de colonisation, l'Association des comtés de L'Islet et de Kamouraska, dirigée par le curé Nicolas-Tolentin Hébert (1810-1888). Celui-ci explore la région en 1849 et choisit le territoire du canton de La Barre pour établir un nouveau village, à proximité de la rivière des Aulnaies. Un premier lieu de culte est érigé près du cours d'eau en 1852. Il est remplacé en 1854 par une chapelle en bois construite sur une élévation de terrain, plus au sud. La municipalité, nommée Hébertville en l'honneur de son fondateur, connaît une croissance démographique importante dans les décennies suivantes. Divers travaux sont effectués sur l'église, dont l'ajout d'une sacristie en 1875. Le lieu de culte, devenu trop petit pour la population grandissante, est remplacé par une église en pierre érigée sur le même emplacement. Le gros oeuvre est terminé en 1881 et l'édifice est consacré en 1883. En 1926, la municipalité inaugure un monument à la mémoire du curé Hébert sur le terrain de la résidence connue aujourd'hui sous le nom de maison Rémi-Hudon. Ce monument comprend des statues en bronze réalisées par le sculpteur français Arthur Guéniot (1866-1951). En 1942, le monument Hébert est déplacé près de l'ancien couvent, puis, en 1962, sur une place aménagée près de l'église et du presbytère. Ce lieu commémoratif rappelle les origines de la municipalité et témoigne de la reconnaissance des habitants d'Hébertville envers le curé fondateur et les premiers colons qui l'accompagnaient. Le carré Curé-Hébert souligne donc l'importance de ce pôle religieux dans l'histoire de cette municipalité considérée comme le berceau de la région du Lac-Saint-Jean.

Le carré Curé-Hébert présente également un intérêt patrimonial pour la valeur architecturale des bâtiments qui le composent. Ils témoignent des formes en vogue dans l'architecture religieuse du tournant du XXe siècle. Le lieu de culte, construit selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915), témoigne de l'influence du courant éclectique. L'éclectisme est un assemblage d'éléments architecturaux et ornementaux puisés dans divers styles historiques et associés plus librement, dans une recherche de monumentalité et d'effets visuels nouveaux. L'église de Notre-Dame-de-l'Assomption est représentative de ce courant, notamment par sa façade imposante présentant une tour centrale surmontée d'un haut clocher. Il s'agit en outre du premier lieu de culte en pierre de la région du Lac-Saint-Jean. Le presbytère, érigé selon les plans des architectes Alfred Lamontagne (1883-1967), Armand Gravel (1895-1980) et Sylvio Brassard (1898-1975), présente des formes répandues dans l'architecture domestique québécoise dans la première moitié du XXe siècle, dont le plan rectangulaire à deux étages et demi, le toit en pavillon tronqué percé de lucarnes et la galerie couverte longeant la façade. La maison curiale est aussi représentative de ce type de résidence à caractère religieux par ses grandes dimensions et son ornementation soignée tirée du vocabulaire classique. Le presbytère rappelle ainsi la place importante de cet édifice dans la vie paroissiale.

Source : Municipalité d'Hébertville, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du carré Curé-Hébert liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur une élévation de terrain dominant la vallée de la rivière des Aulnaies, en bordure de la voie publique, au coeur du noyau villageois;
- la présence d'une église, d'un monument du Christ-Roi, d'un presbytère et d'une place commémorative;
- les caractéristiques de l'église de Notre-Dame-de-l'Assomption, notamment son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants droits et le campanile au-dessus du choeur, les matériaux, dont le parement en pierre, la couverture en tôle posée à la canadienne ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois et en pierre, les caractéristiques de la façade, dont la tour-clocher centrale demi-hors-oeuvre (ornée de frontons et surmontée d'une chambre des cloches carrée à deux niveaux, d'une flèche polygonale et d'une croix), les trois portails cintrés (composés de portes à double vantail surmontées d'un tympan vitré), les fenêtres cintrées, les chambranles en pierre de taille, les corniches moulurées, les retours de corniche, les chaînes d'angle, ainsi que la pierre portant l'inscription « 1881 », les caractéristiques des longs pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées, les soupiraux, les chambranles en pierre de taille et la corniche moulurée ornée de consoles, la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit brisé couvert de tôle, le parement en planches horizontales, les fenêtres cintrées à trois baies, les fenêtres rectangulaires et les portes, ainsi que les souches de cheminées recouvertes de tôle;
- les caractéristiques du presbytère, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le toit en pavillon tronqué, la galerie couverte et la véranda surmontée d'un balcon, les matériaux, dont le parement en brique, la couverture en tôle à baguettes ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois, les ouvertures, dont la porte à double vantail surmonté d'une imposte vitrée, les fenêtres rectangulaires à battants et à petits carreaux (certaines inscrites sous un arc cintré), les soupiraux, les lucarnes à fronton, la lucarne cintrée, les appuis et les plates-bandes ornées de clés décoratives, les éléments ornementaux, dont le fronton cintré, la corniche à modillons, les chaînes d'angle, ainsi que les supports et le garde-corps menuisés, l'annexe latérale, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le toit en pavillon tronqué, la galerie couverte, l'avant-toit, le parement en brique, la porte surmontée d'une imposte vitrée, les fenêtres rectangulaires à petits carreaux, les appuis, les plates-bandes ornées de clés décoratives, la corniche à modillons et les chaînes d'angle;
- les caractéristiques de la place du monument Hébert, notamment son implantation à proximité du presbytère et de l'église, la forme triangulaire du terrain planté de quelques arbres, le monument, dont le socle en pierre orné à la base d'un bas-relief et décoré au sommet de quatre feuilles d'érable ainsi que les statues en bronze représentant deux hommes debout (l'un, vêtu d'une soutane, pointant l'horizon et l'autre portant une hache sur l'épaule).

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Informations historiques

Le carré Curé-Hébert est situé dans un secteur peuplé à partir du milieu du XIXe siècle. À cette époque, plusieurs sociétés de colonisation sont créées afin de peupler de nouveaux territoires et contrer l'exode des Canadiens français vers les États-Unis. L'Association des comtés de L'Islet et de Kamouraska, fondée en 1849 et dirigée par le curé Nicolas-Tolentin Hébert (1810-1888), avait pour objectif de coloniser l'actuelle région du Lac-Saint-Jean.

Le 14 février 1849, les autorités gouvernementales octroient à cette association des terres dans la vallée du lac Saint-Jean. En juin de la même année, le curé Hébert, accompagné de quelques hommes, explore la région afin de trouver un lieu propice à l'établissement d'une colonie. La présence d'un cours d'eau offrant une source d'énergie hydraulique favorise le choix du territoire du futur canton de La Barre. En 1851, deux moulins sont construits près de la chute de la rivière des Aulnaies et un village prend graduellement forme autour de ces constructions.

Une première chapelle en bois est érigée en 1852, près de la rivière. À l'initiative du curé Hébert, un nouveau lieu de culte en bois est construit deux ans plus tard sur une élévation de terrain située plus au sud. En 1856, un premier presbytère est bâti à proximité, de l'autre côté de la voie publique. L'année suivante, Joseph Hudon devient le premier curé résident de ce village désormais appelé Hébertville en l'honneur de son fondateur, le curé Nicolas-Tolentin Hébert. La paroisse est érigée canoniquement en 1868 sous le vocable de Notre-Dame-de-l'Assomption. En 1875, la sacristie actuelle est construite par l'entrepreneur Eugène Pelletier, vraisemblablement selon les plans de l'abbé Pierre-Stanislas Vallée.

La population d'Hébertville croît rapidement et le lieu de culte en bois devient trop exigu. Une requête pour la construction d'une nouvelle église en pierre est envoyée à l'évêque de Chicoutimi en 1878. L'architecte David Ouellet (1844-1915) dresse les plans de l'édifice qui sera érigé sur l'emplacement de la chapelle de 1854. Les entrepreneurs Langlais, Pagé et Néron commencent les travaux en 1879. Après avoir rencontré des difficultés financières, ils renoncent à la construction du lieu de culte. Le chantier est repris en 1881 par Étienne Hébert, frère du fondateur de la localité. Cette première église en pierre de la région du Lac-Saint-Jean est consacrée en 1883.

L'intérieur est complété en 1914 selon les plans de l'architecte Joseph-Pierre Ouellet (1871-1959). Un orgue de la maison Casavant Frères est installé en 1915. L'année suivante, le peintre Charles Huot (1855-1930) livre sept tableaux religieux pour orner l'intérieur de l'église.

En 1926, un monument dédié à la mémoire du curé Hébert est érigé sur le terrain de l'actuelle maison Rémi-Hudon, au nord-est du lieu de culte. Le monument se compose d'un socle en granit surmonté de statues en bronze réalisées par le sculpteur français Arthur Guéniot (1866-1951). En 1930, le tracé de la rue Turgeon est modifié et le presbytère doit être déplacé. L'édifice est vendu à un particulier et une nouvelle maison curiale est érigée derrière l'église selon les plans des architectes Alfred Lamontagne (1883-1967), Armand Gravel (1895-1980) et Sylvio Brassard (1898-1975).

Le monument du curé Hébert est déplacé à deux reprises au cours du XXe siècle. Il est d'abord déménagé sur le terrain de l'ancien couvent d'Hébertville, puis est transporté sur la place aménagée près de l'église.

Le carré Curé-Hébert est constitué site du patrimoine en 2009. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Lac-Saint-Jean-Est

Municipalité :

  • Hébertville

Adresse :

  • rue Turgeon

Latitude :

  • 48° 23' 31.7"

Longitude :

  • -71° 41' 48.2"

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Références

Notices bibliographiques :

  • CÔTÉ, Dany. Hébertville : Pionnière du Lac-Saint-Jean, 1849-1999. Hébertville, Municipalité d'Hébertville, 1998. 282 p.
  • GIRARD, Camil et Laurie GOULET. « Colonisation des terres agricoles d¿Hébertville au XIXe siècle ». Institut national de la recherche scientifique. Encyclobec. Les régions du Québec : un passé et un présent à découvrir [En ligne]. http://www.encyclobec.ca
  • GIRARD, Camil et Laurie GOULET. « La société de colonisation du curé Hébert fonde Hébertville en 1852 ». Institut national de la recherche scientifique. Encyclobec. Les régions du Québec : un passé et un présent à découvrir [En ligne]. http://www.encyclobec.ca
  • SÉGUIN, Normand. « Hébert, Nicolas-Tolentin ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca

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