Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de La Prairie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Arrondissement historique de La Prairie

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • La Prairie

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (189)

Personnes associées (2)

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Carte

Description

Le site patrimonial de La Prairie couvre une superficie de 96 hectares et comprend notamment l'ancien noyau villageois qui occupe le cinquième de la superficie de ce territoire. Des quartiers suburbains jouxtent de part et d'autre le vieux bourg, tandis que le reste du site patrimonial se compose d'une aire fluviale comprise dans le petit bassin de La Prairie et d'une zone sans affectation particulière qui borde la rivière Saint-Jacques. Le site patrimonial est délimité par le fleuve Saint-Laurent (petit bassin de La Prairie) à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud. Le territoire est constitué de basses terres fertiles au relief peu accusé.

La Prairie se situe sur la rive sud du fleuve, face à l'île de Montréal. La ville occupe les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine. Le lieu est particulièrement bien desservi par un réseau hydrographique qui facilite l'accès à la rivière Richelieu et donc à tout le territoire au sud de Montréal. Le vieux bourg est de forme trapézoïdale. L'emplacement de l'église paroissiale a été considérablement rehaussé.

Le site patrimonial de La Prairie comprend 55 sites archéologiques amérindiens et euroquébécois inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec8. Il compte quelque 330 bâtiments dans son secteur le plus ancien, dont environ 120 édifices anciens, 65 édifices plus récents et 145 dépendances.

Ce bien est déclaré site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1975-07-23
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de La Prairie présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce site est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. La seigneurie de la Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites en 1647 et, vingt ans plus tard, ces derniers fondent la mission Saint- François-Xavier-des-Prés. La Prairie joue un rôle stratégique pour la défense de Montréal avec l'érection d'une palissade en pieux de 1687 à 1689. Le bourg s'impose aussi dans le réseau des échanges commerciaux. La paroisse, créée en 1692, est l'une des plus anciennes de la région de Montréal. Après la Conquête (1760), des commerçants britanniques s'installent à La Prairie et prennent en main l'économie. Son expansion est accélérée par la mise en place du premier chemin de fer canadien en 1836, puis ralentit après l'incendie de 1846. De nos jours, le site patrimonial témoigne du passé de La Prairie et de son importance dans l'histoire du Québec.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Les sites recensés permettent de documenter les campements amérindiens préhistoriques, la mission jésuite, le fort français ainsi que le cadre bâti durant le régime seigneurial et au XIXe siècle. Les archéologues ont notamment mis au jour les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle de tradition médiévale peut-être unique au Québec. Le patrimoine archéologique illustre le système défensif en Nouvelle-France, documente les échanges sociaux et économiques entre les Amérindiens et les colons et évoque la vie domestique et les pratiques religieuses. Il témoigne de l'importance géographique du lieu au cours de l'histoire et de l'ancienneté de son occupation.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique associée à l'intégrité de sa trame villageoise associée à son histoire. Le réseau actuel du vieux bourg, formé de rues anciennes, étroites et irrégulières, rappelle le tracé trapézoïdal de l'ancien fort. La rue Saint-Ignace et le chemin de Saint-Jean, tracés dès le XVIIe siècle, sont les deux principales artères du site. Les bâtiments occupent des lots étroits et profonds, et ils sont implantés en bordure de la rue ou avec une faible marge de recul de la voie publique. Malgré l'incendie de 1846, la forme urbaine ancienne de La Prairie a été préservée. Enfin, une digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle retrace l'emplacement initial du rivage avant les remblayages occasionnés par la construction de la voie maritime du Saint-Laurent et d'une autoroute.

Le site présente en outre un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci repose en bonne partie sur les nombreuses résidences en bois et en pierre construites dans les années qui suivent l'incendie de 1846. L'introduction importante de la brique à la fin du XIXe siècle constitue aussi un patrimoine résidentiel singulier, notamment avec ses fins détails ornementaux. La valeur architecturale du site patrimonial est aussi caractérisée par l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge, conçue en 1840 par Pierre-Louis Morin, dont la façade est achevée en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau. Parmi les autres bâtiments remarquables figurent l'édifice en brique rouge du Vieux-Marché construit au milieu du XIXe siècle et l'ancien bureau de poste en pierre érigé en 1892.

Le site présente enfin un intérêt pour sa valeur paysagère. Il est situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Jacques, sur un terrain relativement plat. La partie centrale du site patrimonial correspond à une légère élévation. Le clocher de l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge domine le paysage du site patrimonial, et il est historiquement son principal point de repère. Le bourg planté d'arbres adultes entretient, par ailleurs, une relation visuelle avec le fleuve Saint-Laurent. Le site patrimonial compte enfin plusieurs espaces verts.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de La Prairie liés à ses valeurs historique, archéologique, urbanistique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation stratégique sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à l'île de Montréal, sur les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine;
- les composantes archéologiques témoignant de l'occupation amérindienne du lieu, dont les vestiges de campements amérindiens du Sylvicole moyen et supérieur (principalement datés entre 500 après J.-C. et 1200 après J.-C.);
- les composantes archéologiques associées au Régime français, dont la mission jésuite et les vestiges de la palissade en pieux du fort français;
- les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle unique à ce jour au Québec;
- les composantes archéologiques témoignant du cadre bâti au cours du régime seigneurial, dont les vestiges du manoir seigneurial et d'un moulin banal;
- les composantes témoignant des fonctions domestiques, religieuses, commerciales et industrielles, dont les vestiges du vieux marché, d'une auberge, de bâtiments à vocation résidentielle et artisanale (briqueteries), de voies de communication, d'un cimetière et de bâtiments à caractère religieux et institutionnel;
- le tracé étroit et irrégulier des rues;
- l'implantation des bâtiments en bordure ou avec une faible marge de recul de la voie publique;
- les lots étroits et profonds;
- la densité d'occupation du sol;
- la situation de l'ensemble institutionnel dans la trame;
- la rue Saint-Ignace et le chemin Saint-Jean datant du XVIIe siècle;
- les rues Sainte-Marie et Saint-Georges datant du XVIIIe siècle;
- le mur de la digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle;
- les bâtiments résidentiels, dont deux maisons remontant probablement au Régime français (240 et 380, rue Saint-Ignace), les maisons en pierre, en brique ou en bois construites ou réaménagées après les incendies de 1846 et de 1901;
- les bâtiments publics et commerciaux, dont l'édifice du Vieux-Marché en brique (milieu du XIXe siècle), le bureau de poste de style richardsonien avec ses ouvertures cintrées et sa maçonnerie en pierre à bossage (1892), l'ancienne banque (dotée d'un toit en ardoise) et l'ancien magasin général;
- les édifices institutionnels, dont l'église (1840-1856), le presbytère (1910), le couvent de la congrégation de Notre-Dame (1902), la chapelle de l'ensemble conventuel des Soeurs de la Providence (deuxième moitié du XIXe siècle), le reste de l'ensemble conventuel des Soeurs de la Providence (après 1901), le charnier au nord-est de l'église (1834) et l'ancien muret du cimetière (1817-1861);
- les nombreux bâtiments secondaires.

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Informations historiques

Le site patrimonial de La Prairie demeure pendant longtemps la tête de pont d'un important couloir de communication entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Ce territoire est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. C'est pour eux un lieu de passage et de campement saisonnier avant de pénétrer à l'intérieur des terres.

En 1647, la seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites, soit l'une des premières concédées sur la rive sud de Montréal. Vingt ans plus tard, les Jésuites fondent la mission Saint-François-Xavier-des-Prés pour sédentariser les Amérindiens et les convertir au
christianisme. Parallèlement, les premières censives sont concédées. En 1676, les Jésuites déménagent la mission au Sault-Saint- Louis, puis sera finalement établie en 1716 à l'emplacement actuel de Kahnawake.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le noyau villageois prend forme. Un premier moulin à farine et une première église en bois sont construits respectivement en 1676 et en 1687. Lorsque la trêve avec les Iroquois est rompue en 1684, les habitants de La Prairie revendiquent la construction d'une palissade. En 1689, une enceinte entoure le village et deux ans plus tard, celle-ci résiste à l'assaut d'un contingent anglo-iroquois provenant de New York. Elle est partiellement réaménagée en 1705. En 1744, un fort de pierres de plus petite dimension est érigé.

À cette époque, La Prairie joue un rôle stratégique dans la défense de Montréal. Lors de la Conquête (1760), le village est notamment la voie de passage pour les détachements qui se rendent au fort Richelieu ainsi qu'un lieu de ravitaillement en vivres et en munitions. Après l'établissement du Régime britannique, l'emplacement demeure un point important pour la défense de la région et particulièrement en 1775 et 1812, lors des conflits armés contre les Américains.

La Prairie s'impose aussi dans le réseau commercial comme plaque tournante dans les échanges de produits avec les États-Unis. Pendant le Régime français, l'endroit est lié au commerce et à la contrebande de fourrures. Après la Conquête, des marchands britanniques s'y installent. L'expansion du transport maritime favorise l'ouverture d'auberges, de commerces et de petites industries, ce qui entraîne l'essor économique du village de La Prairie. Son développement est accéléré par la construction en 1836 du premier chemin de fer au Canada, constitué de rails de bois, qui relie La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu.

En 1840, une nouvelle église est construite selon les plans de l'architecte Pierre-Louis Morin (1811-1886); la façade et le décor intérieur seront réalisés en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). À cette époque, deux communautés religieuses catholiques sont établies dans le bourg, la congrégation de Notre-Dame arrivée depuis 1697 ainsi que les Soeurs de la Providence. Des congrégations anglicanes et presbytériennes tiennent également des assemblées dans le village au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1846, un incendie détruit presque entièrement les bâtiments du bourg de La Prairie, à l'exception de l'église et d'une dizaine d'immeubles. La reconstruction s'effectue rapidement dans les années qui suivent. Le nouveau bourg s'étend ensuite progressivement hors de l'ancienne zone palissadée. La croissance de La Prairie ralentit cependant au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Vers 1890, l'établissement de briqueteries donne un nouvel essor à l'économie. De nombreux immeubles en brique font leur apparition dans le bourg, en bordure duquel un mur de digue est construit pour protéger le village des crues du fleuve. En 1909, La Prairie obtient le statut de ville.

En 1975, le site patrimonial de La Prairie est déclaré. Depuis, les efforts se multiplient pour revitaliser le secteur.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Roussillon

Municipalité :

  • La Prairie

Localisation informelle :

Le site est délimité par le fleuve Saint-Laurent à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud

Latitude :

  • 45° 25' 14.7"

Longitude :

  • -73° 29' 41.5"

Code Borden

BiFi-11 BiFi-12 BiFi-13 BiFi-14
BiFi-15 BiFi-16 BiFi-18 BiFi-19
BiFi-20 BiFi-21 BiFi-22 BiFi-23
BiFi-26 BiFi-27 BiFi-28 BiFi-29
BiFi-3 BiFi-30 BiFi-31 BiFi-32
BiFi-33 BiFi-34 BiFi-35 BiFi-36
BiFi-37 BiFi-38 BiFi-39 BiFi-4
BiFi-40 BiFi-41 BiFi-42 BiFi-43
BiFi-44 BiFi-45 BiFi-46 BiFi-47
BiFi-48 BiFi-49 BiFi-5 BiFi-50
BiFi-51 BiFi-52 BiFi-53 BiFi-54
BiFi-55 BiFi-56 BiFi-57 BiFi-58
BiFi-59 BiFi-6 BiFi-60 BiFi-61
BiFi-62 BiFi-63 BiFi-7 BiFi-a (en réservation)

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRODEUR, Mario. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de La Prairie. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. s.p.
  • LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de La Prairie. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 103 p.
  • NOPPEN, Luc. « Arrondissement historique de La Prairie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 203-207.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
  • s.a. Arrondissement historique de La Prairie. Dossier de déclaration. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1975. s.p.
  • Société Technique d'Aménagement Régional inc. (SOTAR). Plan de mise en valeur du Vieux La Prairie. Laval, 1992. s.p.
  • TASCHEREAU, Sylvie. « La Prairie ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • Ville de La Prairie. Ville de La Prairie [En Ligne]. http://www.ville.laprairie.qc.ca

Multimédias disponibles en ligne :

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