Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Autels latéraux

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Autels secondaires

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • 1800 (Dorure)
  • 1800 (Production)
  • vers 1960 (Dorure)
  • vers 1960 (Modification ou transformation de l'objet)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Autel et son environnement

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Description

Les autels latéraux de l'ancienne église de Saint-Pierre sont deux pièces de mobilier religieux semblables, liées à la célébration de l'eucharistie. Réalisés en 1800, ils mesurent respectivement 253 cm de hauteur, 176 cm de largeur et 87,5 cm de profondeur. Chaque autel latéral est constitué d'un tombeau et d'un tabernacle en bois sculpté. Les tombeaux, peints et dorés, présentent un plan rectangulaire et un profil galbé. Les tabernacles dorés sont composés de trois parties superposées, soit un gradin au centre duquel se trouve une réserve eucharistique dotée d'une porte ornée d'un ciboire, un étage intermédiaire comprenant une niche d'exposition centrale et rythmé de panneaux sculptés, de colonnettes et de pilastres, ainsi qu'un étage du couronnement comprenant des pots à feu, des reliquaires et une croix. Les autels latéraux sont ornés de plusieurs motifs végétaux d'inspiration rocaille.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux. Ils sont associés à l'ancienne église de Saint-Pierre, classée immeuble patrimonial.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2017.420.1-2
  • Numéro d'accession : 2017.421.1-2

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Capitale-Nationale > Québec

Dimensions :

  • Hauteur (Mesurée / intégral) : 253 centimètre(s)
  • Largeur (Mesurée / intégral) : 176 centimètre(s)
  • Profondeur (Mesurée / intégral) : 87,5 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois
  • Peinture
  • Métal
  • Fibre

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Doré
  • Peint

Représentation iconographique :

  • Ciboire
  • Croix
  • Feuilles
  • Fleurs
  • Rinceaux

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-09-08
 
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1958-11-05
 

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Valeur patrimoniale

Les autels latéraux de l'ancienne église de Saint-Pierre présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Ces pièces de mobilier religieux témoignent de l'importance de la célébration de l'eucharistie dans la religion catholique. Les églises construites jusqu'au milieu du XXe siècle sont habituellement dotées de plusieurs autels permettant aux prêtres de célébrer leurs messes quotidiennes. Au Québec, les autels latéraux sont traditionnellement placés dans des chapelles aménagées de part et d'autre du choeur. Ces meubles se composent d'un tombeau supportant la table où est célébrée l'eucharistie et d'un tabernacle destiné à conserver le ciboire et les hosties consacrées. Ces autels ont des dimensions plus modestes que celles du maître-autel où sont célébrées les messes principales. Les autels latéraux sont souvent dédiés à la Vierge et à saint Joseph, mais d'autres saints sont parfois choisis en raison des dévotions populaires ou locales. Malgré la fermeture de l'ancienne église de Saint-Pierre en 1955, les autels latéraux sont conservés « in situ ». Ils rappellent l'importance de ces meubles au coeur des pratiques liturgiques catholiques.

Les autels latéraux présentent également un intérêt patrimonial pour leur valeur artistique. Ces pièces de mobilier sont réalisées en 1800 par Pierre Émond (1738 – 1808), un menuisier et sculpteur ornemaniste ayant principalement oeuvré dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Né à Québec, Émond apprend le métier dans l'atelier de François-Noël Levasseur (1703 – 1794) et Jean-Baptiste-Antoine Levasseur (1717 – 1775) ou dans celui de Jean Baillairgé (1726 – 1805). Reproduisant les modèles du Régime français, il travaille principalement pour les communautés religieuses de Québec où il réalise surtout des travaux de menuiserie. À partir de 1785, il se consacre davantage à la statuaire et à la sculpture ornementale et réalise quelques pièces de mobilier religieux, dont ces autels latéraux. Pour réaliser ces meubles, Pierre Émond s'inspire du maître-autel qu'il a lui-même réalisé en 1795 pour cette même église. Il reprend la forme générale du tabernacle, mais, compte tenu des dimensions plus petites, il doit modifier la composition en retirant un des gradins. La réserve eucharistique est donc intégrée au centre du premier gradin et du stylobate de l'étage de l'ordre. La forme du tombeau, au profil galbé, est exactement la même que celle du tombeau du maître-autel. L'ornementation des deux meubles diffère cependant de celle du maître-autel. Les deux tombeaux ne sont décorés que de moulures alors que les tabernacles présentent des motifs végétaux d'inspiration rocaille rappelant les ouvrages du Régime français. Les autels latéraux forment un ensemble harmonieux et constituent des témoins privilégiés du travail de cet artiste.

Source: Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2019.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des autels latéraux de l'ancienne église de Saint-Pierre liés à leurs valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- leur volume, dont leur hauteur de 253 cm, leur largeur de 176 cm et leur profondeur de 87,5 cm;
- leurs matériaux, dont le bois sculpté, la dorure, la peinture et le métal;
- leurs parties composantes, dont les tombeaux et les tabernacles (formés chacun d'un gradin, d'un étage de l'ordre et d'un étage du couronnement);
- les tombeaux, dont leur plan rectangulaire, leur profil galbé à la romaine et leurs moulures;
- l'unique gradin des tabernacles orné de rinceaux (comprenant des fleurs sur le tabernacle latéral droit) et, intégrée au stylobate de l'étage de l'ordre, la réserve eucharistique centrale fermée par une porte ornée d'un ciboire;
- l'étage de l'ordre des tabernacles, dont le stylobate à ressauts orné de motifs d'inspiration rocaille, les colonnettes et les pilastres cannelés d'ordre corinthien, les ailes latérales ornées de panneaux sculptés (comprenant sur l'autel gauche des volutes en S et en C, des feuilles stylisées et une petite fleur dans la partie supérieure et sur l'autel droit, une large fleur dans la partie inférieure surmontée d'une volute en C et entourée de feuilles stylisées), la niche centrale d'exposition à pans coupés flanquée de part et d'autre de deux colonnettes et d'un pilastre et ornée de panneaux sculptés (comprenant sur l'autel gauche une large fleur dans la partie inférieure entourée de feuilles stylisées et sur l'autel droit, une volute en S et du feuillage en gerbe) ainsi que l'entablement à ressauts;
- l'étage du couronnement des tabernacles, dont les faux reliquaires latéraux (comprenant un losange entouré de volutes et de feuillage), les faux reliquaires centraux (comprenant un cercle entouré de volutes en S ornées de feuilles stylisées et surmonté d'une croix) et les pots à feu.

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Informations historiques

Les autels latéraux sont conçus pour l'ancienne église de Saint-Pierre, située à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans. Ce lieu de culte est érigé de 1717 à 1719 afin de remplacer la première chapelle de l'endroit. Le décor intérieur de l'église, d'abord constitué du mobilier récupéré de l'ancienne chapelle, est modifié à plusieurs reprises au cours du XVIIIe siècle. En 1775, l'abside de l'église est agrandie, permettant ainsi le réaménagement du choeur et la réalisation d'un nouveau décor, dont de nouveaux autels.

Pierre Émond se voit confier la réalisation d'un nouveau maître-autel en 1795 et de nouveaux autels latéraux en 1800. Né à Québec, Pierre Émond apprend le métier dans l'atelier de François-Noël Levasseur (1703 – 1794) et Jean-Baptiste-Antoine Levasseur (1717 – 1775) ou dans celui de Jean Baillairgé (1726 – 1805). Reproduisant les modèles du Régime français, il travaille principalement pour les communautés religieuses de Québec où il réalise surtout des travaux de menuiserie. À partir de 1785, il se consacre davantage à la statuaire et à la sculpture ornementale et réalise quelques pièces de mobilier religieux, dont ces autels latéraux.

Pour réaliser ces meubles, Pierre Émond s'inspire de l'apparence du maître-autel. Il reprend la forme générale du tabernacle, mais, compte tenu des dimensions plus petites, il doit modifier la composition en retirant un des gradins. La réserve eucharistique est donc intégrée au centre du premier gradin et du stylobate de l'étage de l'ordre. La forme du tombeau, au profil galbé, est exactement la même que celle du tombeau du maître-autel. L'ornementation des deux meubles diffère cependant de celle du maître-autel. Les deux tombeaux ne sont décorés que de moulures, alors que les tabernacles présentent des motifs végétaux d'inspiration rocaille rappelant les ouvrages du Régime français. L'étage du couronnement, dans sa forme actuelle, pourrait être postérieur au travail de Pierre Émond.

Le tabernacle du maître-autel de l'ancienne église de Saint-Pierre est peint et doré par les Augustines de la Miséricorde de Jésus de l'Hôpital général de Québec en 1800.

Dans les années 1830 et 1840, André Paquet dit Lavallée (1799 – 1860) réalise un nouveau décor intérieur basé sur les plans de Thomas Baillairgé (1791 – 1859). Les autels latéraux sont toutefois conservés et intégrés au nouveau décor. La dorure des tabernacles est peut-être refaite à cette époque. Pour les formes sculptées, de la feuille d'or est appliquée sur un bolus gris et pour les fonds, la feuille est appliquée à la mixtion sur une sous-couche sablée.

Avec la construction à proximité d'une nouvelle église, l'ancienne église de Saint-Pierre est fermée au culte en 1955. Menacé de démolition, le bâtiment est acquis par le gouvernement du Québec en 1959, un an après le classement de l'ancienne église. Une campagne de restauration est alors entreprise. C'est probablement à cette occasion que les tombeaux sont repeints, faisant disparaitre leur faux fini imitant le marbre et les monogrammes IHS et AM respectivement sur les autels gauche et droit. La dorure des tabernacles est également refaite sur mixtion.

Les autels latéraux sont classés objets patrimoniaux en 1965, en même temps que plusieurs autres pièces de mobilier de l'ancienne église de Saint-Pierre.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • BÉLAND, Mario et Denis CASTONGUAY. « Oeuvres d'art de l'ancienne église de Saint-Pierre ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 79-83.
  • PORTER, John R. L’art de la dorure au Québec du XVIIe siècle à nos jours. Québec, Éditions Garneau, 1975. 211 p.

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