Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ancien palais de justice de Québec

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Édifice Gérard-D.-Levesque

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1883 – 1887 (Construction)
  • 1895 – 1906 (Agrandissement)
  • 1922 – 1927 (Agrandissement)
  • 1927 – 1934 (Décoration intérieure)
  • 1927 – 1934 (Restauration)
  • 1983 – vers 1983 (Restauration)

Période :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Thématique :

  • Patrimoine institutionnel et civil

Usage :

  • Services et institutions (Palais de justice et bureaux d'enregistrement)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Fait partie de :

Autres biens associés :

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Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (2)

Personnes associées (15)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'ancien palais de justice de Québec est un édifice institutionnel d'influence Second Empire construit entre 1883 et 1887. Cet imposant bâtiment en pierre de quatre étages adopte un plan en forme de V et est coiffé d'un toit mansardé. L'avant-corps central, disposé à angle, est doté d'une tour d'horloge au toit en pavillon à terrasse faîtière et comprend un portique à trois arcades. Deux ailes terminées par des tours d'angle se développent de part et d'autre. À l'extrémité de chacune d'elle, une courte aile se déploie vers l'intérieur. L'ancien palais de justice de Québec est situé sur un terrain comportant une déclivité, ce qui dégage le soubassement à l'arrière. L'édifice, érigé sur un coin de rue, borde la place d'Armes et la rue Saint-Louis, dans l'arrondissement de La Cité, dans la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'édifice, et pas au terrain.

L'ancien palais de justice de Québec fait partie du site patrimonial du Vieux-Québec.

Plan au sol :

En «U»

Nombre d'étages :

4

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement

Saillies :

  • Avant-corps
  • Contrefort
  • Escalier
  • Lanterneau
  • Mât
  • Porche
  • Tour
  • Tourelle
  • Vestibule

Fondations :

  • Pierre

Toit :

  • Forme : À croupes
    Matériau : Cuivre à baguettes
  • Forme : Mansardé
    Matériau : Cuivre à baguettes

Porte principale :

  • métallique, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte et à baies latérales

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Lucarne(s) :

  • À fenêtre pendante

Éléments architecturaux :

  • Applique
  • Arc
  • Armoiries
  • Bandeau
  • Bas-relief
  • Cartouche
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Clé
  • Corniche à consoles
  • Crête faîtière
  • Éléments polychromes
  • Épi
  • Fleuron
  • Jeu de briques
  • Niche
  • Ornement sculpté
  • Pilastre
  • Pinacle
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1984-07-09

Catégories de conservation

  • 1 - Extérieur exceptionnel
  • 4 - Intérieur exceptionnel
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1980-01-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

L'ancien palais de justice de Québec présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'occupation des lieux reflète l'évolution du système judiciaire au Québec et au Canada. Dès 1651, le tribunal seigneurial de la Compagnie des Cent-Associés, nommée sénéchaussée, a siégé dans un bâtiment situé à cet endroit. De 1663 à 1667, le Conseil souverain qui administre désormais la justice s'installe dans ce bâtiment. L'emplacement est ensuite occupé par le monastère des Récollets, qui est incendié en 1796. Le premier palais de justice de Québec est construit sur ce site entre 1799 et 1804, à la suite de l'adoption de la Loi de la judicature de 1793 qui divise le Bas-Canada en trois districts judiciaires (Montréal, Québec et Trois-Rivières). Il comprend de nombreuses cours de différents niveaux de juridiction. Incendié en 1873, il est remplacé par l'édifice actuel, érigé au même endroit entre 1883 et 1887. Le bâtiment perd toutefois sa fonction judiciaire en 1979 alors qu'elle est déménagée dans un nouvel immeuble. L'ancien palais de justice de Québec témoigne donc de plus de 300 ans d'administration de la justice à Québec.

L'ancien palais de justice de Québec présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'immeuble est représentatif de l'influence Second Empire. D'origine française, ce style apparaît sous le règne de l'empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre (1852 à 1857). Introduit d'abord en Angleterre et aux États-Unis, il apparaît dans l'architecture canadienne à la fin des années 1860 et est préconisé par le département des Travaux publics de la province de Québec à cette époque. Jean-Baptiste Derome (1837-1910), architecte en chef de ce département, conçoit les plans du palais de justice alors que les élévations sont dessinées par l'architecte Eugène-Étienne Taché (1836-1912). L'influence Second Empire est illustrée entre autres par les élévations en pierre qui adoptent une composition hiérarchisée et symétrique, la façade disposée à angle soulignée par un avant-corps central surmonté d'une tour d'horloge, les tours d'angle aux extrémités des ailes ainsi que par le toit mansardé coiffant l'ensemble. De plus, des motifs héraldiques élaborés par Taché ornent la façade ainsi qu'un « ordre québécois » symbolisant les nations fondatrices. L'ancien palais de justice recourt au vocabulaire architectural Second Empire pour asseoir le prestige et la respectabilité de l'institution, alors que l'ornementation héraldique affirme son appartenance québécoise et canadienne. De plus, l'aménagement et le décor intérieurs soulignent aussi l'importance de l'institution. Ces éléments ont été entièrement réalisés entre 1927 et 1934 d'après les plans de l'architecte du département des Travaux publics de la province de Québec Sylva Frappier (1874-1951), assisté de Léopold Fontaine (1899-1975). Conçu dans l'esthétique Beaux-Arts, le décor est notamment caractérisé par l'utilisation de matériaux nobles (marbre, bois et laiton) ainsi que par sa polychromie. Il est concentré dans les espaces de circulation, les pièces autrefois utilisées comme salles de cour, bibliothèque et salle du Barreau et bureaux des juges en chef. Le hall d'entrée de plan elliptique comprend entre autres un escalier monumental en U et des murs recouverts de marbre, des portes en laiton et des plafonds garnis de rosaces. Les corridors du rez-de-chaussée et du deuxième étage possèdent des plafonds à caissons richement peints et dorés ainsi que des pilastres engagés à chapiteau orné. Plusieurs salles sont pourvues de lambris en bois, de moulures de plafond, de puits de lumière et de détails en plâtre dorés et polychromes. Ce décor, qui forme un ensemble homogène, figure parmi les plus riches intérieurs d'édifices publics au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'ancien palais de justice de Québec liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation en bordure de la place d'Armes et de la rue Saint-Louis, sur un terrain en pente, au coeur de l'arrondissement historique du Vieux-Québec;
- le volume, dont le plan en forme de V avec retours d'angle et décrochements, l'élévation à ordonnance régulière comportant quatre niveaux et le toit mansardé;
- l'avant-corps central pourvu d'une tour d'horloge au toit en pavillon et d'un portique (formé de trois arcades dotées de clés de voûte, de pilastres ornés de symboles nationaux, d'écoinçons et de tables aux motifs végétaux et d'armoiries) ainsi que son ornementation (composée de motifs végétaux et géométriques, d'armoiries et de fleurs de lys, de roses et de feuilles d'érable);
- les ouvertures rectangulaires, à arc surbaissé et cintrées disposées de façon ordonnée et symétrique ainsi que les lucarnes pendantes (encadrées de pilastres ornés supportant un entablement surmonté d'un fronton-pignon);
- les façades des ailes latérales (l'une étant bordée d'une cour anglaise dégageant le soubassement) pourvues de pilastres (avec insertions régulières de pierre à bossages), de bandeaux séparant chaque étage ainsi que de tours d'angle en saillie à chaque extrémité (ornées de chaînes d'angle et coiffées d'un toit en pavillon à grille décorative) et présentant une travée centrale en saillie couronnée d'une lucarne plus ornée;
- la façade arrière comportant une cheminée et une tour-poivrière;
- les matériaux, dont la maçonnerie des élévations (le grès vert et le granite gris du soubassement, la pierre de taille lisse revêtant presque toute la façade d'angle et formant les chaînes et les bandeaux ainsi que la pierre à bossages des élévations) et le cuivre du toit;
- la disposition, la forme et les proportions généreuses des pièces (rectangulaires, ovales, circulaires, occupant un ou deux niveaux, disposées le long de passages centraux desservis par des escaliers);
- les revêtements intérieurs, dont les planchers en marbre et en terrazzo, les murs en marbre ainsi que les lambris en bois verni moulurés, sculptés et à panneaux;
- les plafonds, dont ceux à caissons, dorés et polychromes, à motifs sculptés et ornés de moulures en plâtre;
- les ornements, dont les pilastres engagés à chapiteau orné, les motifs en plâtre et sculptés, dorés et peints ainsi que les blasons en bois, plâtre ou métal;
- les puits de lumière;
- les portes massives en bois et celles en laiton, ainsi que leurs chambranles travaillés en bois, en marbre ou en métal;
- les garde-corps en fer forgé des escaliers;
- l'escalier d'honneur en marbre, avec ses murs en marbre rythmés par des pilastres classiques et percés d'ouvertures rectangulaires, ses dorures, son plafond à médaillons ainsi que l'arcade au sommet;
- les biens immobiliers par destination, dont ceux de l'ancien bureau du juge en chef, de l'ancienne salle d'audience de la cour criminelle ainsi que des anciennes salle et bibliothèque du Barreau (étagères en fonte et en laiton).

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Informations historiques

Depuis le milieu du XVIIe siècle, plusieurs bâtiments à fonction judiciaire se sont succédé sur le site de l'ancien palais de justice de Québec. En effet, le tribunal seigneurial de la Compagnie des Cent-Associés, connu sous le nom de sénéchaussée, a siégé dans un bâtiment situé à cet endroit entre 1651 et 1663. Le Conseil souverain, qui administre ensuite la justice, s'est installé dans ce bâtiment jusqu'en 1667, avant d'être transféré au palais de l'intendant. À compter de 1693, l'emplacement est occupé par l'église et le monastère des Récollets, qui sont détruits par les flammes en 1796. Le premier palais de justice de Québec est construit sur les lieux entre 1799 et 1804, d'après les plans de François Baillairgé (1759-1830), à la suite de l'adoption de la Loi de la judicature de 1793 qui divise le Bas-Canada en trois districts judiciaires (Montréal, Québec et Trois-Rivières). De nouvelles cours de justice sont alors créées et le système des tribunaux supérieurs et inférieurs apparaît, jetant les bases de l'organisation judiciaire actuelle. Les districts forment des divisions administratives autonomes qui se subdivisent en comtés. Le chef-lieu de chaque district doit être pourvu d'un palais de justice et d'une prison. Les tribunaux supérieurs, constituant la cour du banc du roi au civil et au criminel, ont juridiction dans les causes criminelles et civiles importantes.

Le premier palais de justice est incendié le 2 février 1873 et est remplacé par un palais de justice temporaire aménagé dans l'hôpital militaire (début XIXe siècle, démoli). En 1877, un arrêté en Conseil autorise la construction d'un nouvel édifice. Il est érigé au même endroit que le précédent d'après les plans de l'architecte en chef du département des Travaux publics de la province de Québec, Jean-Baptiste Derome (1837-1910). Toutefois, les élévations sont dessinées par l'architecte Eugène-Étienne Taché (1836-1912), qui a réalisé l'Hôtel du Parlement (1879-1884). Les travaux, amorcés en 1883, sont interrompus afin de doter l'édifice d'une structure intérieure incombustible. De plus, la charpente des combles est constituée de fermes métalliques. Ainsi, le palais de justice est l'un des premiers édifices publics à l'épreuve du feu à Québec. Il est inauguré le 21 décembre 1887 par le premier ministre Honoré Mercier (1840-1894).

Entre 1895 et 1906, l'édifice est creusé en sous-sol afin de pallier le manque d'espace. En 1906, le grès verdâtre de La Malbaie, utilisé pour les pilastres et les chapiteaux des façades principales, est remplacé par du calcaire de Deschambault en raison de sa détérioration. En 1909, l'étage des combles est aménagé pour loger les Archives de la province.

Le palais de justice est doté d'une nouvelle aile entre 1922 et 1927 d'après les plans du bureau d'architectes Tanguay, Chênevert, Beaulé et Morissette. L'extérieur de la partie ancienne est restauré alors que son décor intérieur est entièrement refait dans le style Beaux-Arts (décor sculpté, décor peint et mobilier). Ces travaux sont réalisés entre 1927 et 1934 d'après les plans de l'architecte du département des Travaux publics de la province de Québec Sylva Frappier (1874-1951), assisté de Léopold Fontaine (1899-1975). Plusieurs artistes y collaborent, dont les sculpteurs Louis Sorbonne et Alyre Prévost, l'atelier Villeneuve ainsi que les peintres du studio Louis White.

Le bâtiment perd sa fonction judiciaire en 1979 alors qu'elle est déménagée dans un nouvel immeuble situé à la basse-ville.

L'ancien palais de justice de Québec est désigné lieu historique national du Canada en 1980. À partir de 1983, des travaux de restauration sont entrepris d'après les plans des architectes Dorval et Fortin.

L'ancien palais de justice de Québec est classé en 1984. La protection n'inclut pas l'aile ajoutée entre 1922 et 1927. L'édifice abrite les bureaux du ministère des Finances du Québec depuis 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 39, rue des Jardins
  • 43, rue des Jardins
  • 12, rue Saint-Louis

Latitude :

  • 46° 48' 43.401"

Longitude :

  • -71° 12' 24.469"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 298

Code Borden

CeEt-423 CeEt-424 CeEt-425 CeEt-426
CeEt-621      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • CARTER, Margaret, dir. Les premiers palais de justice au Canada. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1983. 264 p.
  • CHASSÉ, Béatrice. Le palais de justice de Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DUBOIS, Martin, dir. Recyclage architectural à Québec: 60 réalisations créatives. Sainte-Foy (Québec), Les Publications du Québec, 2004. 159 p.
  • JACOB, Henri-Louis et Robert LEDOUX. « À la découverte des pierres de construction et d'ornementation du Vieux-Québec: un circuit pédestre ». Université Laval. Département de géologie et de génie géologique. Département de géologie et de génie géologique [En ligne]. http://www.ggl.ulaval.ca/ledoux/accueil.html
  • JOBIDON, Hélène, Luc NOPPEN et Paul TRÉPANIER. Québec monumental, 1890-1990. Sillery / Montréal, Septentrion / Ordre des architectes du Québec, 1990. 191 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. « Taché, Eugène-Étienne ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. « Ancien palais de justice ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 319.
  • NOPPEN, Luc. « Québec. L'ancien palais de justice ». Continuité. No 36 (1987), p. 21-24.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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