Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-18

Statuts antérieurs

  • Proposition de statut national, 2018-02-15
 
Identification Personnage historique Municipalité (Longueuil) 2017-11-21
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Né vers 1626 à Dieppe, en France, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est le fils de Pierre Le Moyne, aubergiste, et de Judith Du Chesne.

À l'âge de 15 ans, Charles Le Moyne arrive en Nouvelle-France et oeuvre auprès des Jésuites, en Huronie. Il y travaille pendant quatre années et développe une bonne connaissance des langues amérindiennes. En 1645, il sert à la garnison de Trois-Rivières en tant qu'interprète, commis et soldat. L'année suivante, il s'établit à Ville-Marie. Il participe à plusieurs escarmouches contre les Iroquois, mais agit aussi comme interprète pour les autorités coloniales.

En 1651, Le Moyne est nommé garde-magasin du fort de Ville-Marie. Il s'initie alors au commerce. Il participe aussi en 1653 à la négociation d'une paix avec les Iroquois qui durera cinq ans. Il reçoit en 1654 de la part du gouverneur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve, une parcelle de terre sur la rue Saint-Paul, où il établit sa résidence, ainsi qu'une concession de 90 arpents, qu'il nomme Pointe-Saint-Charles. En 1657, Jean de Lauson lui concède un arrière-fief de 5 000 arpents dans la seigneurie de La Citière, territoire à l'origine de ce qui deviendra plus tard Longueuil. D'autres terres lui sont ensuite octroyées, dont l'île Sainte-Hélène, l'île Ronde ainsi qu'un établissement au Sault Saint-Louis.

Dans la décennie de 1650, les activités marchandes de Le Moyne s'intensifient. Associé de Médard Chouart des Groseilliers et de son beau-frère, Jacques Le Ber, Le Moyne devient l'un des principaux commerçants de fourrures de Montréal. Le rayon d'action de ses activités commerciales englobe la baie d'Hudson et les Grands Lacs. Le Moyne retirera une fortune de ces activités.

En 1663, Le Moyne reçoit l'office de procureur du roi à la sénéchaussée de Montréal. Dans les années suivantes, il participe à plusieurs expéditions militaires avec le régiment de Carignan-Salières. Il devient de plus un diplomate important des gouverneurs de la Nouvelle-France. À l'été 1665, il est fait prisonnier par les Iroquois et c'est le chef des Onontagués qui procède à sa libération. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. En tant qu'interprète, il accompagne ensuite Louis de Buade de Frontenac au lac Ontario afin d'établir le fort Cataracoui (Kingston).

En 1672, le gouverneur Frontenac et l'intendant Jean Talon confirment à Le Moyne la possession des titres de la seigneurie de Longueuil. L'année suivante, Frontenac lui accorde également la seigneurie de Châteauguay, ainsi que l'île Bernard (île de Châteauguay). En 1676, les possessions foncières de Le Moyne sont regroupées grâce à l'intendant Jacques Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault qui prolonge la seigneurie de Longueuil.

En 1682, Le Moyne obtient de la part du gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre la concession de la traite et des transports au fort Cataracoui, conjointement avec Jacques Le Ber. Il devient également actionnaire de la Compagnie du Nord. En 1684, il acquiert le fief de L'Île-Perrot et prend une part active aux négociations avec les Iroquois qui se concluent par la paix de l'anse de La Famine. Avant son décès, il est recommandé par le gouverneur de La Barre pour être le prochain gouverneur de Montréal.

Il est décédé à Montréal le 30 janvier 1685. Il est inhumé dans la crypte de l'église Notre-Dame de Montréal.

Il avait épousé à Montréal, le 28 mai 1654, Catherine Thierry dit Primot, fille de Guillaume Thierry et d'Elizabeth Messier. Plusieurs de leurs deux filles et douze fils se sont illustrés dans le développement de la Nouvelle-France.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:

« Soldat, interprète, marchand prospère et seigneur, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est un personnage illustre de la Nouvelle-France. Arrivé à Ville-Marie en 1646, il se signale d'abord dans la défense de l'établissement, puis dans le commerce des fourrures. Grâce à son activité qui s'étend jusqu'à la baie d'Hudson et aux Grands Lacs, il amasse une fortune considérable et devient l'un des principaux marchands de Montréal. Il acquiert également des terres sur la rive sud de Montréal qu'il met en valeur, soit les seigneuries de Longueuil en 1657, de Châteauguay en 1673 et de l'Île-Perrot en 1684. Parallèlement à ces occupations, il participe à quelques campagnes militaires et agit, en raison de sa connaissance des langues autochtones, comme interprète pour les autorités coloniales. Il participe notamment à la négociation de deux paix avec les Iroquois, conclues respectivement en 1653 et en 1684. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. Ensemble, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay et son épouse, Catherine Thierry dit Primot, sont considérés comme des pionniers de Montréal et les fondateurs de Longueuil. Leurs 2 filles et 12 fils, parmi lesquels figurent le baron Charles Le Moyne de Longueuil et l'explorateur Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, se sont illustrés à leur tour dans l'administration et la défense de la colonie. »

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Références

Notices bibliographiques :

  • LEFEBVRE, Jean-Jacques. « Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • Société d'histoire de Longueuil. Marchands et notables de Longueuil, 1850-1915. Longueuil, 1979. 39 p.
  • TRUDEL, Marcel. « Les débuts d'une société: Montréal, 1642-1663. Étude de certains comportements sociaux ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 23, no 2 (1969), p. 185-208.
  • Vieux-Montréal. Maisonnée Le Moyne - Thierry (en 1681) [En Ligne]. http://vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=112

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