Chénier, Jean-Olivier
Type :
Personne (Homme)
Date :
- 1806‑12‑09 – 1837‑12‑14
Occupation :
- Militaire / Paramilitaire
- Médecin / chirurgien
- Organisateur politique
Patrimoine immobilier associé (6)
-
Église de Saint-Eustache
-
Maison Chénier-Sauvé
- Dénomination toponymique
- Monument des Patriotes - Représentation iconographique
- Cénotaphe de Jean-Olivier Chénier - Représentation iconographique, Mention
Patrimoine mobilier associé (1)
- Urne funéraire du docteur Jean-Olivier Chénier - Item destiné
Plaques commémoratives associées (4)
Événements associés (2)
- Rébellions des patriotes du Bas-Canada (1837 – 1838) - Participation
- Bataille de Saint-Eustache (1837) - Participation importante
Groupes associés (1)
Statuts
| Statut | Catégorie | Autorité | Date |
|---|---|---|---|
| Désignation | Personnage historique | Ministre de la Culture et des Communications | 2026-05-11 |
| Inventorié | -- | ||
Synthèse
Né le 9 décembre 1806, probablement à Lachine, ou peut-être à Montréal, Jean Olivier Chénier est le fils de Victor Chénier, cultivateur, et de Cécile Morel.
Il entreprend son apprentissage de la médecine en 1820 auprès de René Joseph Kimber, médecin de Montréal. Admis à la pratique en 1828, il s'établit la même année dans le village de Saint-Benoît (Mirabel), puis à Saint Eustache en 1834.
Chénier s'intéresse à la politique et appuie le Parti patriote qui réclame une réforme des institutions coloniales. Il devient un pilier de l'organisation du parti dans le comté d'York, puis de Deux-Montagnes. Il participe à l'élection des députés William Henry Scott en 1829, Jacques Labrie en 1830 et Jean-Joseph Girouard en 1831 et en 1834. Il est aussi membre de différents comités, dont celui formé en 1832 par des électeurs du comté de Deux-Montagnes pour veiller aux intérêts des Canadiens. Il fait également partie de ceux qui invitent la population à boycotter les marchandises britanniques.
En 1836 et 1837, les patriotes organisent de grandes assemblées pour protester contre le refus des autorités coloniales d'apporter les changements souhaités au régime politique. Chénier prend part à l'organisation de plusieurs d'entre elles. L'assemblée de Saint-Benoît du 1er octobre 1837 décide de procéder à l'élection des juges de paix et de laisser les miliciens de chaque paroisse élire leurs officiers. Lors de l'assemblée subséquente qui a lieu le 15 octobre à Sainte-Scholastique, Chénier est secrétaire d'assemblée et figure parmi les 22 magistrats qui sont élus. Les 23 et 24 octobre 1837, il participe à la grande assemblée des six comtés, à Saint-Charles-sur-Richelieu. Il y apparaît comme le deuxième chef patriote de Saint-Eustache, après William Henry Scott.
En novembre 1837, les autorités coloniales lancent des mandats d'arrêt contre les chefs patriotes, dont Chénier, en vue d'éviter le renversement de l'ordre établi. Après avoir d'abord vaincu les troupes britanniques à Saint-Denis le 22 novembre, les patriotes connaissent une première défaite à Saint-Charles trois jours plus tard. Plusieurs estiment alors la victoire hors de portée. Les 2 et 3 décembre, au camp de Saint-Eustache commandé par Chénier, des chefs locaux plaident pour l'abandon des combats. Les troupes rebelles subissent alors de nombreuses désertions, au grand dam de Chénier qui souhaite poursuivre la lutte. L'arrivée de renforts provenant de l'arrière-pays au cours des jours suivants vient toutefois compenser en partie ces départs.
Le 14 décembre 1837, 1500 soldats britanniques et volontaires loyaux arrivent à Saint-Eustache. Plusieurs patriotes choisissent alors de battre en retraite ou de prendre la fuite. Lorsque les Britanniques lancent leur offensive, il ne reste que 250 rebelles à Saint-Eustache, dont Jean-Olivier Chénier à leur tête. Celui-ci, accompagné de 60 hommes, se réfugie dans l'église du village qui est rapidement encerclée. Ils résistent aux assauts des Britanniques qui incendient finalement l'église après plusieurs heures de combats. Chénier est abattu dans le cimetière en tentant de sortir du lieu de culte en flammes.
Chénier est ainsi décédé à Saint-Eustache, le 14 décembre 1837. Après plusieurs péripéties, ses restes ont été inhumés dans le cimetière de Saint-Eustache en 1987.
Il avait épousé à Saint-Eustache, le 26 septembre 1831, Zéphirine Labrie, fille de Jacques Labrie, journaliste, médecin, officier de milice, auteur et homme politique, et de Marie-Marguerite Gagnier.
Intérêt patrimonial
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Jean-Olivier Chénier est une figure marquante du mouvement patriote et des rébellions de 1837-1838 au Bas-Canada. Médecin de profession, il s'établit à Saint-Benoît (aujourd'hui Mirabel) en 1828, puis à Saint-Eustache en 1834. Engagé activement dans les campagnes électorales et les assemblées populaires, il devient rapidement un pilier de l'organisation politique du Parti patriote dans le comté de Deux-Montagnes. Le 1er octobre 1837, il compte parmi les 22 magistrats qui sont élus en vue de remplacer les juges de paix et les officiers de milice nommés par le gouverneur. En novembre 1837, il fait ainsi partie des chefs patriotes visés par un mandat d'arrêt lancé par le gouvernement colonial, déterminé à préserver l'ordre public. Commandant du camp de Saint-Eustache, Chénier affronte l'armée britannique le 14 décembre 1837 lors de la bataille de Saint-Eustache, au cours de laquelle les patriotes sont vaincus. Fidèle à ses idéaux, Chénier y trouve la mort, les armes à la main, aux côtés de plusieurs compagnons. Son militantisme ardent et son destin tragique lui confèrent un statut héroïque dès le XIXe siècle et son nom est célébré dans des œuvres littéraires, dont un long poème de Louis Fréchette. Traversant le temps, le souvenir de Chénier est encore bien vivant dans la société québécoise, comme en témoignent les monuments et autres repères commémoratifs qui lui sont dédiés.
Références
Notices bibliographiques :
- AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
- BERNARD, Jean-Paul. « Chénier, Jean-Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
- GREER, Allan. Habitants et patriotes : la Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada. Montréal, Boréal, 1997. 370 p.
- LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896. Montréal, Fides, 2000. 572 p.

Inscrit au Registre du patrimoine culturel