Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Ensemble industriel E. B. Eddy

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site industriel E. B. Eddy

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Gatineau

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Usines de pâtes et papiers)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (7)

Groupes associés (2)

Personnes associées (4)

Inventaires associés (1)

Description

L'ensemble industriel E.B. Eddy est un important complexe reconnu d'abord pour sa manufacture d'allumettes et celle d'articles domestiques en bois, pour sa production de bois d'oeuvres et surtout pour son usine de pâtes et papiers. L'ensemble industriel est situé depuis 1854 sur les îles de la chute des Chaudières, de part et d'autre de la rivière des Outaouais, le long des rues Laurier et du boulevard Taché. Formé d'une trentaine de bâtiments divisés en quatre secteurs, l'ensemble industriel E.B. Eddy est, à l'exception de l'usine de la rue Laurier, inoccupé depuis 2007. La multinationale Domtar en est propriétaire pour le moment (2013).

Le plus ancien secteur, sis à l'ouest de la rue Eddy, comprenait plusieurs bâtiments, construits selon différentes techniques de construction (pierre, béton, acier, bois), datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. On y trouve notamment le bâtiment no 8 qui logeait des mélangeurs à pâtes mécanique et chimique. Le terrain où est situé ce bâtiment est le lieu où, déjà avant 1808, Philemon Wright, y avait fait construire un marteau à bascule et une scierie, puis une forge, une tonnellerie et d'autres ateliers d'artisans.

Du côté sud du bâtiment no 8, se trouvent trois bâtiments en pierre recouvert de métal (no 11, 12, 13) qui longent la rue Eddy dont l'usage était consacré à la confection d'articles de bois comme les cuves et des tonneaux, et à l'entreposage. Au sud-ouest de ceux-ci, il reste les vestiges de la centrale hydroélectrique E.B. Eddy, construite en 1912-1913. Deux autres centrales hydroélectriques sont entre celle-ci et l'aval des chutes de la Chaudière : les vestiges de la centrale de Hull-1 construite en 1901, et la centrale de Hull-2, construite de 1912 à 1920 et toujours en opération.

Du côté nord-ouest du bâtiment no. 8, un long bâtiment composé à l'origine de 6 bâtiments longe le boulevard Taché. Il a été érigé sur le site de la manufacture de portes et fenêtres, d'une forge et d'un entrepôt au coin des rues Eddy et Taché. L'édifice en pierre identifié par les numéros 1, 2 et 3, est coupé de l'édifice no 6. Il logeait les premières machines à papier. Les trois premiers ont été construits en 1883 à la suite de l'incendie de 1882. L'entrepôt et atelier de finition, le no 6, toujours en pierre et coiffé d'un toit Second Empire, emblème du site industriel, a été construit en 1892. L'ensemble de ces bâtiments a été classé par le ministère de la Culture, des communications et de la Condition féminine le 19 octobre 2012.

Le deuxième secteur de l'ensemble E.B. Eddy, est situé à l'est de la rue Eddy entre la rue Laurier jusqu'au pont du Portage. Le bâtiment principal de ce secteur a logé jusqu'en 2007, la machine no 14 pour la fabrication de papier fin. Plusieurs bâtiments sur ce site datent du début du XXe siècle, mais deux d'entre-eux datent des années 1880. Une partie du bâtiment no 14 a été, de 1870 à 1928, la manufacture d'allumettes. Après l'installation de la papetière du côté ouest de la rue Eddy, plusieurs des activités reliées à la confection d'articles en bois ont été transférées dans des bâtiments sur le côté est de la rue Eddy, sur ce site.

Le troisième secteur de l'ensemble se trouve entre le pont du Portage et le pont Alexandra sur la rive québécoise de l'Outaouais. La manufacture de papier Kruger, encore en activité, a été construite par E.B. Eddy dans les années 1930. Sur le site du Musée canadien de l'histoire, jadis, s'élevait l'usine de bisulfite de la E.B. Eddy. Il reste de cette usine que la tour de lessivage à l'état de vestige.

Le quatrième secteur de l'ensemble industriel E.B. Eddy fait partie du complexe industriel des Chaudières du côté ontarien. En 1942, la Compagnie E.B. Eddy acheta l'ancienne Compagnie J.R. Booth, son principal compétiteur. C'est dans ce secteur que la compagnie E.B. Eddy établit ses bureaux, après la démolition du bureau chef en 1970, pour y prolonger la rue Laurier vers le boulevard Taché.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

En 1803, Philémon Wright (1760-1839), fondateur du canton de Hull, profite de la force hydraulique et de la configuration de la chute des Chaudières sur un ensemble d'îles pour y établir des infrastructures manufacturières et industrielles. Il érige un bâtiment pour un marteau à bascule, une forge, un moulin à scie et une cimenterie. En 1829, son fils Ruggles, qui fait partie de Philémon Wright and Sons, introduit sur les lieux un glissoir à bois qui permet de faire passer les cages de bois sans les démonter du haut en bas des chutes. C'est une première au Canada.

Au moment où le commerce du bois d'oeuvre remplace le bois équari, un nouvel entrepreneur arrive à Hull. En 1854, l'américain Ezra Butler Eddy initie la production d'allumettes dans le bâtiment du marteau à bascule de Wright, profitant de la coupe de bois des douves de la tonnellerie voisine. En 1856, Eddy fabrique des chaudières et des seaux dans cette tonnellerie puis entreprend, à partir de 1858, le commerce du bois d'oeuvre dans la scierie louée de Ruggles Wright.

Eddy ajoute une manufacture de portes et fenêtres en 1867. L'augmentation de la production l'amène à construire d'autres bâtiments, entrepôts, forges, ateliers de finitions, etc. Vingt ans après son arrivée, Eddy a déjà acheté toutes les propriétés des Wright et est devenu le plus important employeur de la ville de Hull, avec ses 680 employés. Pendant près d'un siècle, plus de 2 000 travailleurs par année y seront engagés.

Eddy transfère ensuite les manufactures d'allumettes, de chaudières, la scierie et des bâtiments connexes à l'est de la rue Eddy. Les nouveaux édifices construits à compter de 1883 à l'ouest de la rue Eddy, sur la chute des Chaudières sont pour y faire de la pâte mécanique et du papier. On y retrouve notamment les machines pour transformer les billes de bois en pâte mécanique. À l'été 1889, l'associé de Eddy et futur président, George Millen, inaugure une nouvelle usine pour la pâte au bisulfite sur le même terrain. En 1890, la première machine à papier entre dans l'usine.

Une grande partie des murs de pierre des édifices tiennent debout dans la conflagration de 1900. Eddy reconstruit sur ces murs et reprend, dès 1901, ses activités manufacturières. En ce début de siècle, Eddy produit 45 tonnes de pâte mécanique et 40 tonnes de pâte chimique par jour, et possède sept machines à papier, soit plus que toute autre usine au Canada. E.B. Eddy meurt en 1906, laissant la majorité des parts de sa compagnie à son épouse, Jennie Gahl Hunter Shirreff, et donnant la présidence de la compagnie à ses principaux collègues et associés, Cushman et Millen.

Si la compagnie E.B. Eddy est généralement connue pour sa production de papier journal, elle a en réalité fabriqué toutes sortes de papiers, des papiers fins pour la correspondance, pour l'imprimerie et pour les commerces, des papiers brun d'emballage, une grande variété de cartons, des boîtes d'emballage, et aussi du papier noir utilisé dans la construction. Il faut ajouter les papiers hygiéniques et les serviettes de papier. Chacun de ces papiers exigeaient des machines particulières, des ateliers et des entrepôts. Pour déplacer les stocks d'un bâtiment à un autre, le complexe E.B. Eddy était parcouru de rails sur lesquels circulaient des trains.

En 1912-1913, la compagnie E.B. Eddy fait construire la centrale électrique qui remplacera graduellement l'usage des turbines hydrauliques pour man¿uvrer les machines. Par la suite, les transformations faites aux bâtiments répondent à l'évolution des technologies, et à la croissance économique durant la Seconde Guerre mondiale. En raison d'une certaine baisse de production dans les années 1950, la compagnie E.B. Eddy réduit son occupation du site. Elle emploie malgré tout près de 2 000 personnes en 1985. La compagnie E.B. Eddy est achetée par Domtar en 1998 qui a cessé d'occuper les lieux en 2007, mettant fin à la principale industrie de l'Outaouais pendant un siècle et demi.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Gatineau

Municipalité :

  • Gatineau

Adresse :

  • boulevard Alexandre-Taché

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Références

Notices bibliographiques :

  • Ethnotech inc. Ville de Hull. Étude d'ensemble du patrimoine. Identification, analyse et évaluation des potentiels. Recommandations de sauvegarde et de mise en valeur. Hull, 1988. s.p.
  • GUITARD, Michelle. E.B. Eddy, site industriel. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 1999. s.p.
  • Les architectes Thompson Brandt. Le site E.B. Eddy. Étude architecturale et historique. s.l. Ville de Hull, 1997. s.p.
  • PRÉVOST, Michel. « Un survol historique et patrimonial du secteur Hull de Gatineau ». Bulletin de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel. Vol. 22, no 1 (2011), p. 6-12.

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