Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Phare du Pilier-de-Pierre

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Phare du Pilier Sud

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Jean-Port-Joli

Date :

  • 1843 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine maritime et fluvial

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Aides fixes à la navigation > Aides lumineuses (phares))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (1)

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Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

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Inventaires associés (1)

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Carte

Description

Le phare du Pilier-de-Pierre est une installation côtière d'aide à la navigation construite en 1843. La structure est composée d'une tour tronconique en maçonnerie de pierres s'élevant sur trois niveaux et surmontée d'une lanterne cylindrique peinte en rouge. Coiffée d'un toit conique, la lanterne est ceinturée d'une galerie protégée par un garde-corps métallique. Deux fenêtres rectangulaires à carreaux percent la tour au premier et au deuxième étages, tandis qu'une porte en bois est disposée au premier niveau dans un tambour en pierre coiffé d'un toit à deux versants. Le phare est situé sur un îlet rocheux du fleuve Saint-Laurent, au large de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli.

Ce bien est un immeuble patrimonial classé. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur du phare, ainsi qu'à son terrain.

Plan au sol :

Circulaire

Nombre d'étages :

3

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2022-06-16
Prise d'effet : 2021-06-23

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2021-06-23
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Jean-Port-Joli) 2014-08-07
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

Le phare du Pilier-de-Pierre présente un intérêt pour sa valeur historique. Il s'agit de l'un des plus anciens phares érigés au Québec. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges commerciaux entre la colonie et la métropole, le gouvernement du Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec pour assurer la sécurité de la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. L'organisme supervise notamment le pilotage et la mise en place des bouées, des phares et des fanaux. Le phare du Pilier-de-Pierre est construit en 1843, sur un îlet rocheux au large de Saint-Jean-Port-Joli, pour baliser le chenal sud du fleuve Saint-Laurent. Caractérisé par de dangereux hauts-fonds et de forts courants, cet endroit est associé à de nombreux naufrages de l'histoire de la navigation sur le fleuve. Le phare du Pilier-de-Pierre, dont le fonctionnement a été automatisé en 1960, sert toujours comme aide à la navigation.

Le phare présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Il est représentatif des premiers phares bâtis au Québec. Conçu à l'été 1842 par Charles Atherton, un ingénieur civil de Montréal, le phare est ensuite construit par l'entrepreneur montréalais Joseph Andrew. Érigé avec des blocs de pierre calcaire taillés en Écosse, le phare du Pilier-de-Pierre se présente comme une tour de forme tronconique de 15,90 mètres de hauteur surmontée d'une lanterne cylindrique. Le phare a été conçu pour loger toutes les fonctions à l'intérieur d'une seule structure. Ainsi, le rez-de-chaussée était utilisé pour l'entreposage, tandis que les deux étages servaient à l'origine de résidence aux gardiens. Plusieurs éléments anciens se retrouvent encore à l'intérieur du phare, dont des murs de brique peints en blanc et un escalier à vis en bois desservant les trois niveaux. La tour a connu peu de modifications depuis sa construction.

Le phare présente également un intérêt pour sa valeur ethnologique. Il témoigne du métier de gardien de phare, qui a été pratiqué par les membres de familles originaires de Saint-Jean-Port-Joli, notamment les Bourgault et les Leclerc. L'isolement du phare, loin de la rive, a imposé aux gardiens et à leurs familles une existence austère. Le dernier gardien de phare, Antonio Bourgault, est demeuré en poste jusqu'en 1960. Des inscriptions gravées dans la pierre par ce dernier sont toujours visibles au bas de la tour.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2022.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du phare du Pilier-de-Pierre liés à ses valeurs historique, architecturale et ethnologique comprennent, notamment :
- Sa situation sur un îlot rocheux du fleuve Saint-Laurent nommé Le Pilier de Pierre, au large de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli;
- Son volume, dont le plan circulaire composé d'un corps tronconique de 15,90 mètres de hauteur, s'élevant sur trois niveaux et surmonté d'une lanterne cylindrique coiffée d'un toit conique et ceinturée d'une galerie;
- Les matériaux, dont la structure en maçonnerie de pierre calcaire d'Écosse, le cuivre de la lanterne et de la toiture peint en rouge, ainsi que le garde-corps métallique de la galerie;
- Les ouvertures, dont les deux fenêtres en bois à six grands carreaux;
- L'ornementation sobre, dont les linteaux en anse-de-panier, les bandeaux de pierre, la corniche arrondie et les éléments peints en rouge;
- Le tambour d'entrée en pierre, dont son volume rectangulaire, son toit à deux versants, sa porte en bois à panneaux et sa fenêtre rectangulaire;
- Les caractéristiques intérieures du phare, dont le parement en brique des murs peint en blanc et l'escalier à vis en bois desservant les trois niveaux.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2022.

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Informations historiques

Le phare du Pilier-de-Pierre est l'un des plus anciens phares du Québec. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges entre la colonie et la métropole, le Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec. Cet organisme est chargé de sécuriser la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. Il supervise notamment le pilotage et fait placer les bouées, phares et fanaux nécessaires à la sécurité maritime. Les plans du phare du Pilier-de-Pierre sont conçus en 1842 par Charles Atherton, un ingénieur civil de Montréal. Les blocs de pierre calcaire destinés à l'édification de la tour sont taillés en Écosse par des prisonniers, puis numérotés avant d'être acheminés par bateau vers Québec, tout en servant de ballast. Les pierres sont ensuite transportées à l'emplacement choisi par la Maison de la Trinité pour ériger le phare, soit un îlet rocheux du Saint-Laurent appelé Pilier de Pierre, au large de Saint-Jean-Port-Joli. Avec quelques autres sentinelles comme le phare de l'Île-Verte, construit en 1806, le phare du Pilier-de-Pierre indique aux marins l'emplacement du chenal Sud, alors la principale voie navigable sur ce tronçon du fleuve. Caractérisé par de dangereux hauts-fonds et de forts courants, cet endroit est associé à de nombreux naufrages de l'histoire de la navigation sur le Saint-Laurent.

Le phare est construit en 1843 au coût de 4042 livres par l'entrepreneur montréalais Joseph Andrew. Une centaine d'hommes prennent part aux travaux. Conçu pour loger toutes les fonctions à l'intérieur d'une seule structure, le phare est utilisé comme entrepôt au rez-de-chaussée, tandis que les deux étages servaient à l'origine de résidence aux gardiens. Une maison séparée est construite en 1914 pour loger le gardien et sa famille, de même qu'un hangar, une remise à bateaux et quelques dépendances. Ces bâtiments sont incendiés en 1955.

La tour a connu peu de modifications depuis sa construction, outre l'installation d'une nouvelle lanterne en 1914, et le renforcement des murs intérieurs avec du béton à la même époque.

Le métier de gardien de phare a été pratiqué par les membres de familles originaires de Saint-Jean-Port-Joli, notamment les Bourgault et les Leclerc. Le dernier gardien du phare, Antonio Bourgault, est demeuré en poste jusqu'en 1960. En 2005, son petit-fils Pierre-Yves Bourgault entreprend des démarches auprès de Pêches et Océans Canada pour assurer la conservation du phare. Trois ans plus tard, la Corporation des Amis du Port-Joli, dont il fait partie, devient gestionnaire du site et réalise des travaux de restauration sur le phare.

En 2014, le phare du Pilier-de-Pierre est cité immeuble patrimonial par la municipalité. L'année suivante, le phare est désigné phare patrimonial par le gouvernement du Canada, et devient officiellement la propriété de la Corporation des Amis du Port-Joli. Pêches et Océans Canada demeure locataire de la tour, dont le fonctionnement a été automatisé et qui sert toujours d'aide à la navigation.

Des restaurations sont effectuées sur le phare en 2020 et 2021, dont le remplacement des fenêtres et la réfection des joints de la brique intérieure et des pierres extérieures.

Le phare du Pilier-de-Pierre est classé immeuble patrimonial en 2022.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • L'Islet

Municipalité :

  • Saint-Jean-Port-Joli

Latitude :

  • 47° 12' 20.686"

Longitude :

  • -70° 21' 34.387"

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Références

Gouvernement du Québec

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