Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Phare de l'Île-Verte

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Phare de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Date :

  • 1806 – 1809 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine maritime et fluvial

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Aides fixes à la navigation > Aides lumineuses (phares))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (8)

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Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le phare de l'Île-Verte est une installation côtière d'aide à la navigation construite de 1806 à 1809. La structure est composée d'une tour tronconique en maçonnerie de pierres s'élevant sur trois niveaux et couverte de planches verticales peintes en blanc. Elle est surmontée d'une lanterne polygonale peinte en rouge, coiffée d'un toit arrondi et ceinturée d'une galerie protégée par un garde-corps métallique. Un tambour d'entrée en bois est aménagé au pied de la tour. Le phare est entouré de plusieurs dépendances, dont deux résidences pour le gardien et son assistant, la cabane de la corne de brume, deux poudrières et deux canons. Il est situé sur le littoral rocheux, à l'écart du noyau villageois et du côté nord de l'île Verte, dans la municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il fait aussi partie, avec les autres composantes qui l'entourent, du site patrimonial du Phare-de-l'Île-Verte.

Plan au sol :

Circulaire

Groupement :

Détaché

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2022-06-16
Prise d'effet : 2021-06-23

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2021-06-23
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1974-01-01
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Sept-Douleurs) 2007-06-01
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2022-06-16
Prise d'effet : 2021-06-23

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2021-06-23
 

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Valeur patrimoniale

Le phare de l'Île-Verte présente un intérêt pour sa valeur historique. Il s'agit du plus ancien phare érigé au Québec et du deuxième au Canada. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges entre la colonie et la métropole, le gouvernement du Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec, qui est chargée d'assurer la sécurité de la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. L'organisme s'occupe notamment de la supervision du pilotage et de la mise en place des bouées, des phares et des fanaux. En 1806, le gouvernement ordonne la construction du phare de l'Île-Verte, à l'entrée du chenal sud, un lieu caractérisé par de dangereux hauts-fonds et de forts courants. Le phare est opérationnel à compter de 1809. Il demeure l'unique phare du Saint-Laurent jusqu'en 1830, alors qu'est mis en service le phare de Pointe-des-Monts. Le métier de gardien de phare se transmettant souvent de père en fils, le phare de l'Île-Verte est ainsi gardé par quatre générations de la famille Lindsay de 1827 à 1964. Au fil du temps, les systèmes de signalisation visuelle et sonore du phare sont modifiés et modernisés. En 1969, son fonctionnement est automatisé. Le phare de l'Île-Verte est ainsi un témoin de première importance de l'histoire maritime du Québec.

Le phare présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Il est érigé en pierre par le maître maçon Edward Cannon, qui est connu pour avoir construit des fortifications, des bâtiments gouvernementaux et divers ouvrages en pierre au Québec et au Canada. De plan circulaire, la tour de 18 mètres s'élève sur trois niveaux, avec au sommet, une lanterne de cuivre polygonale au toit arrondi et ceinturée d'une galerie. Le phare de l'Île-Verte est lambrissé de planches horizontales en 1850, puis recouvert de planches verticales en 1904. Sa silhouette est représentative des phares construits dans la première moitié du XIXe siècle. Par ailleurs, le phare sert vraisemblablement de modèle pour les autres structures construites par la Maison de la Trinité de Québec, notamment à Pointe-des-Monts et à l'île Bicquette en 1841. De nos jours, le phare conserve encore plusieurs éléments anciens, dont des murs recouverts de crépi, un escalier en bois à vis desservant les trois niveaux, des armoires encastrées et des pièces d'équipement nécessaires à l'éclairage.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2022.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du phare de l'Île-Verte liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur le littoral rocheux du côté nord de l'Île-Verte, sur un site dénudé entre le fleuve et la forêt, dans la municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs;
- son volume, dont le plan circulaire composé d'un corps tronconique s'élevant sur trois niveaux et surmonté d'une lanterne polygonale au toit arrondi ceinturée d'une galerie;
- les matériaux, dont la structure en maçonnerie de pierre calcaire, le parement de planches verticales peintes en blanc, le cuivre de la lanterne et de la toiture ainsi que le garde-corps métallique de la galerie, peints en rouge;
- les ouvertures, dont les trois fenêtres carrées en bois à seize carreaux;
- le tambour d'entrée en bois, dont sa porte en bois à vitrage;
- la girouette surmontant la lanterne;
- les caractéristiques intérieures du phare, dont les murs recouverts de crépi, l'escalier en bois à vis desservant les trois niveaux, les armoires encastrées et l'ancien équipement nécessaire à l'éclairage du phare.

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Informations historiques

Le phare de l'Île-Verte est le plus ancien phare du Québec. En 1805, dans un contexte d'intensification des échanges entre la colonie et la métropole, le Bas-Canada met sur pied la Maison de la Trinité de Québec. Cet organisme est chargé de sécuriser la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. Il supervise notamment le pilotage et fait placer les bouées, phares et fanaux nécessaires à la sécurité maritime. En 1806, la construction d'un premier phare est entreprise sur le côté nord de l'île Verte. Le maître maçon Edward Cannon (1739-1814) est responsable de la tour en maçonnerie. La fabrication de la lanterne en cuivre est confiée à George Robinson, à Londres. Le système d'éclairage, fonctionnant d'abord à l'huile de phoque ou de baleine, est l'oeuvre d'une autre entreprise londonienne, Brickwood and Daniels. Dès 1809, le phare est opérationnel et facilite la navigation dans cette zone caractérisée par les nombreux récifs et les forts courants créés par l'embouchure du Saguenay. Le premier gardien, Charles Hambelton (mort en 1827), occupe cette fonction jusqu'à son décès. Robert Lindsay (vers 1800-1875) lui succède alors.

Le phare de l'île Verte demeure l'unique structure du genre le long du fleuve Saint-Laurent jusqu'en 1830, alors qu'est mis en service le phare de Pointe-des-Monts. Celui de l'île Verte sert vraisemblablement de modèle pour les autres structures construites par la Maison de la Trinité de Québec. En effet, durant la première moitié du XIXe siècle, ce type d'installation est utilisé notamment à Pointe-des-Monts et à l'île Bicquette (1841). Au fil des décennies, plusieurs transformations sont apportées au phare. En 1850, la maçonnerie est lambrissée de planches horizontales, créant 15 côtés de 4 pieds de largeur. Trois ans plus tard, l'huile de phoque servant à chauffer les lampes est remplacée par un feu à vapeur de pétrole. En 1856, un premier système de signalisation sonore, constitué de canons de brume, est installé pour guider les navires par temps de brouillard.

En 1867, le fils de Robert Lindsay, Guilbert (mort vers 1891), prend la relève. Il exerce le métier de gardien jusqu'en 1888, alors qu'une chute du haut de la tour le laisse invalide. Son fils René (1872-1948), âgé de 16 ans, lui succède. En 1894, les canons à brume sont remplacés par une brimbale composée d'un mécanisme à bascule et d'une batterie électrique. Ce mécanisme provoque la détonation de cartouches de dynamite. Le phare est lambrissé de planches verticales en 1904. En 1913, la structure est à nouveau modernisée. Un manchon en tissu incombustible porté à incandescence sous une très forte chaleur remplace le système d'éclairage précédent. En 1927, Freddy Lindsay (1897-1989) devient le gardien du phare; il occupe cette fonction pendant 37 ans.

En 1945, une corne de brume remplace la brimbale. En 1960, deux demeures destinées au gardien et à son assistant sont construites sur le site et la vieille résidence du gardien est démolie. L'automatisation complète du phare est effectuée en 1969. Armand Lafrance, dernier gardien de phare de l'île Verte, quitte ses fonctions en 1972. La même année, un organisme destiné à la protection du phare est formé. En 1974, le phare est désigné Lieu historique national du Canada.
En 1982, la municipalité devient propriétaire de la plupart des bâtiments construits autour du phare. Trois ans plus tard, la Société de conservation de la baie de l'Isle-Verte est autorisée à utiliser les deux résidences et le site pour des activités pédagogiques et récréotouristiques. En 1996, la municipalité confie la gestion et l'animation du site à la Corporation des maisons du phare de l'île Verte. Des gîtes du passant sont aménagés dans les maisons du gardien et de son assistant. Un musée est installé dans la cabane de la corne de brume.

Le site patrimonial du Phare-de l'Île-Verte est cité par la municipalité en 2007.
Le phare de l'Île-Verte est classé en 2022, en même temps que site et ses composantes.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Adresse :

  • 2803, chemin du Phare

Latitude :

  • 48° 3' 4.1"

Longitude :

  • -69° 25' 27.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 351 027

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOUCHARD, Claude et George FISHER. Sentinels in the Stream : Lighthouses of the St. Lawrence River. s.l. The Boston Mills Press, 2001. s.p.
  • Comité des loisirs de l'île. Île Verte: avant-hier, au phare. Isle-Verte, Lévesque-Langlois, 1990. 51 p.
  • HALLEY, Patrice. Les sentinelles du Saint-Laurent. Sur la route des phares du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2002. 246 p.
  • LAFRENIÈRE, Normand. Gardien de phare dans le Saint-Laurent: un métier disparu. Toronto, Dundurn Press, 1996. 110 p.
  • MICHAUD, Robert. L'Isle-Verte vue du large. Montréal, Léméac, 1978. 354 p.
  • s.a. Notre-Dame-de-l'île-Verte: paroisse centenaire: 1874, souvenirs du passé; 1974, regards vers l'avenir. Île Verte, Fabrique de Notre-Dame de l'île Verte, 1974. 78 p.
  • TARDIF, Jean-Claude. Le grand livre d'or des Lindsay, 1936-1964: extrait des registres du phare de l'île Verte. Québec, GID, 2007. 271 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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